Les Belles Hugues: la rencontre vue par Marie

Les Belles Hugues: la rencontre vue par Marie

Un beau studio refait à neuf, un super job, des chouettes copains et elle fait quoi? Elle a décidé de partir faire le tour du monde ? Mais pourquoi?

Parce que j’ai à peine 25 ans et que ma vie est déjà rythmée par métro-boulot-dodo, parce que toutes mes copines tombent enceintes et que j’ai l’impression que c’est contagieux, parce que je me suis dit qu’un jour je le ferais et de là, il fallait que je le fasse. Alors tous ceux qui en rêve vont ils passé à l’action? Manque d’argent, manque de temps, c’est la crise je ne retrouverai pas de travail … Tant pis pour vous. Voyage Forum bonjour !

Après plusieurs discussions, dont une assez concluante avec un garçon je me suis quand même demandée avec qui j’allais partager mes histoires de vernis, d’épilation, de tampon et de garçons. Mon téléphone a vibré, quelqu’un venait de répondre à l’annonce, un message de quelqu’un d’alphabétisé enfin ! Et oui, vous n’imaginez pas les horreurs que j’ai pu croiser. La prophétie, BIM contact, BIM rencontre. 

J’étais stressée mais chut. Je crois même que j’ai fait attention à ce que j’avais mis le matin.

Justine. Justine a la voix plutôt grave, lorsqu’elle vous parle, faites attention à ce que vous dites car elle n’hésitera pas à vous déstabiliser, soyez sûr(e) de maîtriser le sujet dont vous parler, vous avez en face de vous Jack Bauer. Justine est très jolie, elle a une poitrine volumineuse (plus que la mienne alors je suis contente), Justine a les dents de la chance c’est craquant, Justine est très sympathique et généreuse, Justine et moi avons des points communs sur le plan sentimental, sur le plan budgétaire, sur le plan familial. Justine boit bien mais n’aime pas la viande. Justine est gentille et m’inspire confiance. J’ai un bon pressentiment et je fais confiance à Balzac : « Les femmes ont des pressentiments dont la justesse tient du prodige » (La Comédie Humaine). 

Justine porte des lentilles de contact, nous pourrons partager nos galères de yeux. Enfin, c’était avant que ma folie ne reprenne le dessus. 20 jours environ avant la fin de mon CDI, mon orthoptiste me remet la puce à l’oreille concernant l’opération des yeux. J’en parle à mon acolyte Justine qui ne semble pas réceptive à la révolution que cela pourrait être dans notre voyage. Le temps presse, la mutuelle ne sera pas éternelle, 10 jours après me voilà sur le billard. Adieu les lunettes, les lentilles. Quelques mois après et avec un dégagement presque naturel: tu me donnerais le numéro de ton ophtalmo? Et 3 mois jour pour jour après mon opération, Justine était opérée. 

Il a tout de même fallu passer par la case « La Boule » pour nous retrouver et nous détendre.

J’aime son brin de folie et sa détermination. J’ai peur de sa folie et de sa determination. 

« Ah ! c’est qu’il est difficile de trouver un homme qui ait de l’espace dans la pensée, qui vous donne la sensation de ces grandes haleines du large qu’on respire sur les côtes de la mer. » – Bel Ami – Maupassant

Il semblerait que j’ai trouvé mon homme 😉

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Casse tête russo-chinois : l’enfer des visas

Moi qui pensais qu’il n’y avait qu’une forteresse, l’européenne, et que j’avais la chance d’avoir la nationalité d’un de ses pays, les grands manitous des modalités migratoires russes et chinoises viennent de me prouver le contraire. Quand les premiers ont érigé le « voucher touristique « en sacré Graal, les seconds excluent que l’on puisse entrer sur leur territoire autrement que par l’avion. Résumé de notre quête de visas.

Marie et moi, dans notre souci de division des tâches pas toujours des plus efficaces, avions décidé que je gérerais les russes et elle les chinois. Après avoir enfin trouvé le site officiel de l’ambassade de Russie en France et écumé les forums et sites d’aide à l’obtention de visas, je prend conscience de la tâche qui m’attend.  J’y apprends, entre autre,  que le « visa touristique ordinaire » (heureusement que l’on n’a pas choisi le multi-entrées, voire le visa touristique extraordinaire…) « est délivré sur la base d’un contrat dûment établi de prestation de services touristiques et d’une attestation d’accueil d’un touriste étranger établie par une organisation russe exerçant des activités de voyagiste (tour-opérateur) ». Zut. Sachant qu’on n’a encore aucune idée de là où on va atterrir à Moscou ni des étapes qui seront les nôtres sur le parcours du Transsibérien, ça s’annonce un brin compliqué. Pas d’affolement (un petit peu quand même, surtout à l’heure où les sanctions russes à l’égard de l’UE et vice-versa vont crescendo). Quelques retours d’expérience de plus et je comprends qu’il va falloir que je paie un tour opérateur pour me faire un programme factice, puis que je réserve et paie à l’avance les hôtels sur l’intégralité de mon séjour si je veux pouvoir un jour voir la place rouge. Toujours pas d’affolement – tout le monde connait mon niveau constant d’anxiété 🙂 Il y a donc des dizaines d’entreprises russes, françaises, russo-françaises, dont la seule raison d’être est de délivrer, en échange de rémunération évidemment, les fameux « vouchers » indispensables à n’importe quel dossier de demande de visas. Je choisis « Russie autrement« , un peu par hasard et parce que quand même, je veux un voucher touristique alternatif moi! Je dois leur donner un programme prévisionnel détaillé jour par jour, le nom de tous mes hôtels et quelques données personnelles supplémentaires, pour que quelques beaux tampons et un joli numéro d’agrément viennent transformer un vulgaire programme bidon en un voucher. Cela vous fera 40 euros, sans assurance que le centre de visas se contente du nom des hôtels. Ma référente me fait en effet comprendre que je peux tenter de faire ma demande comme ça, mais qu’aujourd’hui dans la plupart des cas, le centre des visas demande  les preuves de paiement et de réservation.

Munies de nos passeports et photocopies, photos d’identité, vouchers, programmes prévisionnels, attestations d’assurance et de rapatriement, nous nous rendons donc au centre des visas pour la Russie. Arrivées une heure trente après l’ouverture, il doit y avoir au moins 30 personnes dans la pièce, et une longue rangée de guichets dont seulement deux semblent ouverts. Dans l’ascenseur, je croise une dame qui me demande si je viens pour la première fois;  me voyant lui dire oui avec une moue d’étonnement, elle me rétorque « bon courage, moi ça fait la quatrième fois que je viens et je n’ai toujours rien ». Comptant sur ma chance et armée de mon plus beau sourire, je me dirige vers la demoiselle blonde aux yeux bleus de l’accueil (évidemment puisqu’elle est russe), lui tends mon dossier bien rangé dont je suis très fière et demande à déposer ma demande. « Vous avez rendez-vous »? « Non. Il fallait prendre rendez-vous? Je n’ai pas vu cette mention sur le site ». « On ne peut pas tout marquer sur le site, mais oui évidemment il faut prendre rendez-vous ». « Très bien, je vais prendre rendez-vous ». « Il n’y a pas de place avant octobre ». « C’est embêtant je pars le 3 septembre ». « Et bien restez-là et essayez de passer entre les rendez-vous, vu l’heure, vous avez une chance sur mille de passer ». « Très bien – pensant c’est beaucoup une chance sur mille, j’ai bien fait de compter sur ma chance- je vais attendre ».

Entre temps, Marie s’était déjà faite recaler pour être venue avec le contrat d’assurance et non l’attestation d’assurance (« vous comprenez il n’y a ni marqué Russie ni le tampon »). Je croise une deuxième personne qui me dit qu’en tout elle a déjà attendu 8 heures pour un visa de transit (iequelques heures à Moscou).  Evidemment, je ne passe pas le matin et reviens l’après midi, toujours la même ruée des hommes et femmes à pochette dans l’ascenseur à l’ouverture des portes, toujours le même sourire à la même demoiselle blonde et russe. Il faut croire qu’il y a payé puisque seulement une heure et demi plus tard, elle me fait signe de passer au guichet 2. J’étais dans le même état que pour l’oral du bac français, sauf que ma fine connaissance de Candide n’allait pas m’aider. Une deuxième blonde et russe prend mon dossier, me regarde, regarde mon dossier, me reregarde, reregarde mon dossier, et ainsi de suite pendant 5 minutes pour finir par me grogner que « ce n’est pas parce que je prend votre dossier que vous aurez le visa. Allez payer au guichet d’à côté et revenez dans 10 jours ».  « Merci madame, très aimable ».

Bref, j’ai eu mon visa russe. Pour le chinois, n’ayant aucun billet d’avion aller-retour à montrer ni réservation d’hôtel, on a finalement décidé que l’ambassade de la République populaire de Chine à Oulan Bator nous porterait chance avec cette fois, une difficulté supplémentaire, le doux rêve d’obtenir un visa double entrée ! La suite début octobre.

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Les Belles Hugues: la rencontre vue par Justine.

C’était le 3 avril dernier. Après de longues heures à errer chacune de notre côté sur voyage forum et quelques mails échangés sur le transsibérien, nous nous étions donné rendez-vous à la fontaine Saint-Michel. Pour la reconnaître j’avais les indices suivants : « NB (où est Charlie): j’ai une jupe, des collants noirs, une écharpe dorée, je suis grande ». Et elle avait ceux-là : « pas grande, cheveux courts frisés, jean et certainement assise quelque part vu mon énergie du jour ».  Je ressentais un mélange de stress et d’excitation, « comme lors des RDV adopte » lui avais-je dit dès les premières minutes (et Marie de me regarder avec un étonnement non dissimulé).  Nous avons atterri dans un bar à cocktails qu’elle connaissait, fait confiance au subtil nez du barman et munies de son Iphone, avons commencé à nous promener sur la carte du monde en long, en large et en travers. Les nouvelles destinations fusaient, les « c’est où ça? » aussi. Une belle leçon de géographie et de mixologie à base de rhum. Quatre heures  plus tard, attablées devant une pizza partagée, Marie m’a présentée à son ami le serveur comme sa compagnonne de voyage. Ça m’a paru assez fondé finalement. Le lendemain matin, j’ai reçu un texto d’elle qui disait « j’ai du poivre dans mon porte monnaie. Je suis ultra motivée », et j’ai gardé le sourire et une énergie folle toute la journée. Je ne suis plus retournée sur la discussion tour du monde septembre 2014 de voyage forum, j’avais décidé/parié que ce serait-elle qui partagerait cette aventure avec moi.