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17/09 au 27/09

19/09

La fin du trajet en transsibérien s’est déroulé dans les mêmes conditions, c’est à dire entourée de jeunes gamins insupportables. Nous voilà à Irkoutsk, libérées de ces chieurs sans cervelle. Après une petite marche de 30 minutes, dans la nuit noire, puis une galère de 30 autres minutes pour trouver l’auberge située à l’arrière d’un bâtiment soviétique, nous découvrons le Baikaler. Micro auberge de jeunesse tenue par de horribles demoiselles qui ressemble comme deux goutte d’eau à Anastasie et Javote.

Nous dînons du pain et du fromage pour continuer notre intense régime, allons parcourir Irkoutsk, ville fantôme, à la recherche d’un bar, sans succès.

Nous dormirons en compagnie d’une jeune fille asiatique parlant dans son sommeil.

 

20/09

Jetlag absolu (7h de plus qu’en France), le réveil est très difficile et je décide enfin de me lever aux alentours de 14h. Nous déjeunons de la purée et des bons légumes. Justine, je te recommanderai auprès d’ A. Passard.

Nous allons nous balader dans la ville obscure d’Irkoustk, ville au nom imprononçable, sous un brouillard, une bouillie de pluie et dans le grand froid.

Nous rencontrons quelques églises et y rentrons pour les voir certes mais aussi pour nous réchauffer !

Une petite dame, fervente croyante nous jette à l’intérieur de l’église et nous voilà dans le cercle des fidèles où le patriarche circule autour de nous en nous encensant.

Nous sommes trempé et nous nous arrêtons dans un bar ou le barman est endormi et où nous ne pouvons pas utilisé les toilettes. Nous reprenons donc chemin en quête d’un autre café et nous arrêtons dans une cave à bière belge. Justine prend un café. Je découvre que Justine n’a pas la fibre du jeu des allumettes et des suites logiques.

Nous partons nous réchauffer à l’auberge et repartons, déterminées à trouver la soirée du samedi soir à Irkoutsk.

Nous avons écumé la ville d’ouest en est et du nord au sud. Nous nous arrêtons dans 3 bars différents, tous moins bien les uns que les autres.  C’est un échec.

Justine a pris exemple sur l’asiatique et parle dans son sommeil. Je crois qu’elle dit qu’elle m’aime beaucoup.

 

21/09

Balade le long de la rivière d’Irkoustk, dîner et rencontre de Xavière et Julie, Chloé et Jérémie à l’auberge.

 

22/09

Départ pour l’île d’Olkhron avec Xav et Julie, Nicolas et Sergueï qui nous amène sur place. Sergueï a vécu en France et a rencontré sa femme dans le cimetière de Sainte Geneviève des bois. Ils ont construit cet été une maison sur l’île et ont 3 enfants super mignons.

Nous arrivons 6h après chez Nikita’s Homestead: The place to be sur l’île. Nous partons dîner et participons à un petit concert de guimbarde animé par l’un des habitants de Nikita. Nous découvrons ensuite le bistro français de l’auberge déserte. Nicolas nous l’a vendu comme le meilleur endroit où faire la fête sur l’île. Nous buvons quelques bières, jouons à la coinche et partons nous coucher, épuisées par cette longue journée et appréhendant la suivante. Et aussi parce qu’à 00h, le bar ferme.

 

23/09

Réveillée par une souris à 5h30 du matin, ne pas se rendormir, se lever et aller se laver dans un sauna géant avec des bassines d’eau brûlante, prendre son petit déjeuner et partir louer des vélos pour faire 90 km sur une route toute cabossée, jusqu’ici tout allait bien.

Et puis la roue de Justine s’est voilée après une bonne dizaine de km. Les 5 premiers km étaient d’une grande souffrance pour moi, Ô grande sportive mais j’avais vite finit par m’y habituer et nous étions enfin arrivée le long de la côte avec une vue sur un chouette paysage et des chemins plaisants. Nous essayons par tous les moyens de réparer et de resserrer la roue, sans succès.

Pour célébrer notre superbe journée, nous partons nous baigner topless dans le lac Baïkal à 10 degrés.

Nous poussons le vélo à tour de rôle pendant 2h environ avant de craquer et d’appeler Nicolas pour qu’il vienne à notre secours.

Après dîner nous trouvons le Bistro français bien animé et rencontrons Gorka: basque habitant à Paris depuis 7 ans, Sophie et Mathieu: les belges incestueux parti en road trip pendant 3 semaines. La soirée est bien arrosée. Justine se fait surnommer 9 ongles. (Souvenez-vous, elle s’était enlevé elle-même un de ses ongles quelques semaines avant)

 

24/09

Nous fêtons nos 3 semaines et partons en excursion à travers la forêt, nous longeons la côte et arrivons à une jolie petite crique. Un chinois a l’ambition d’amener son diable de matériel photographique faire la balade avec lui. Il le laissera dans la forêt après quinze minutes de marche.

Les chauffeurs ont préparé un super déjeuner : soupe de légumes et poisson fumé, salade de tomates, oignons et poivrons, du thé à volonté, un petit sandwich au beurre et fromage. Le beurre est collé en gros morceau sur le fromage et seulement les français l’étale…

Pendant notre pause déjeuner nous croisons les belges qui partent camper. Le temps se gâte et le vent est bien violent.

Nous retrouvons Chloé et Jérémie, rencontré l’avant veille à Olkhon, qui Ô combien bénis, me ramène le Lonely – également appelé la bible – oublié à Irkoutsk. Ils n’ont malheureusement pas su que c’était ma serviette qui était aussi resté à l’auberge. Il semblerait qu’une partie de mon cerveau ait été ailleurs le jour du départ.

Nous jouons aux cartes rapidement car le Bistro ferme à 00h et partons retrouver Morphée.

 

25/09

Justine, Xav et Julie partent peindre bénévolement la barrière de Sergueï qui s’est construit une maison sur les hauteurs d’Olkhon en 3 mois. Quant à moi, je m’en vais à la rencontre des pêcheurs de la ville, le long de la côte.

Nous déjeunons tous ensemble et partons nous balader à nouveau sur cette même côte, déserte et sans vie.

Certains d’entre nous ramassent des cailloux. Vous me direz ce que vous en avez fait dans quelques mois.

Justine, Julie, Xac, Chloé, Jérémie & moi partons pour un Bania (selon la légende, la bania aurait vu le jour en 1071 lorsqu’une sorcière aurait donné l’âme aux hommes après un bain de vapeur). La tradition veut qu’on se fouette vigoureusement avec des branches séchées de bouleau ou de chêne. Vous pensez bien que nous avons honoré la tradition, avec des branches de pin je crois et avons fredonner un chant indien remasterisé avec le roi lion.

Une vidéo existe … Vous me donnez quoi en échange ? 😉

NB : Julie, mes excuses sincères pour avoir pris à la lettre le mot « vigoureux ».

Quatre d’entre nous finissent par plonger nus dans le lac, seulement des filles, dont Justine (est-ce nécessaire de rappeler qu’il est évident qu’elle relève tous les défis ?), Xav (se jeter dans le lac Baïkal nue, avec ses règles et un tampon, après s’être fait fouetter dans un Bania?: CHECK), et moi-même, bien sûr.

En route vers le Spoutnik, super marché ou marché super.

Julie fait du grand Julie : « Rien n’est vraiment loin mais tout est grand ». Merci pour ce moment.

Nous achetons de la vodka au miel et au piment et, après un copieux dîner où je supplie la dame de me racler le fond de la purée, nous jouons au Loup Garou où la petite Sarah anime le jeu d’une main de fer.

Je suis déchaînée et je mène la team sur la route de la vérité. Oui Oui. Ca irrite légèrement Justine.

Comme tous les soirs, nous nous faisons éjecter à 00h par Roman : brave et beau garçon de 27 ans qui a bu son premier shot de vodka il y a deux jours. Tu parles d’un Russe ?! …

Quelques verres après, Xavière, Justine et moi inventons une chorégraphie digne de Mia Frye.

Enfin prêtes, nous appelons notre dévoué public à venir assister au show des 3 Seals (ou 3 phoques). Nous sommes super synchro, la choré est au Max et d’un coup Xavière se déboite l’épaule et devient verte. Hallelujah, Chloé est ostéo et nous la remet d’appoint rapidement. Malheureusement Xavière reste verte.

Je possède également la vidéo.

Nous allons boire un dernier verre à sa santé sur la crique, après l’avoir mise au lit.

 

26/09

C’est le grand départ et mon ventre fait des remous.

En route pour 8h de bus avec les françaises et les belges.

Nous descendons au mauvais endroit mais réagissons à temps pour remonter dans le bus et déposer chaque passager devant leurs hôtels, dont des chinois qui nous ralentissent d’un bon quart d’heure. Ils ont choisi un hôtel en pleine banlieue d’Irkoutsk.

Arrivés au Baikaler, on recharge les batteries et je commence à avoir la chiassounette. Il neige. Les filles vont dîner dans un restau russe, les belges s’en vont en Mongolie et je retourne aux toilettes passer une bonne partie de ma soirée.

 

27/09/14

Lever très tôt. Il faut prendre le train pour Oulan-Oude. Dernière étape russe, le train est désert ce qui nous ravit.

Nous retrouvons notre Samovar, notre pain et notre fromage.

Nous améliorons notre chorégraphie devant les yeux ébahis et il faut bien le dire les yeux très impressionnés des passagers.

Quelques immodium plus tard et vous épargnant le détail des rails de Russie laissées après mon passages aux toilettes, nous découvrons un magnifique paysage.

Le train longe le Lac Baïkal, nous en profitons une petite heure et après s’être épuisée à jouer aux cartes, tombons dans un sommeil profond.

Nous nous réveillons et le paysage est grisâtre. En gros, on a pris le train de jour exprès pour admirer le paysage et on s’est endormie.

Nous arrivons à l’auberge où Xav et Julie nous rejoignent 30 minutes après. Elles ont pris le train suivant.

Nous partons chez Spoutnik, qui n’est pas le même que celui d’Olkhon puisqu’il ressemble à l’Epicerie du Bon Marché (avec ses prix) : Cochon entier congelé (pattes, groin, visage, oreilles etc), fromage de toutes les couleurs.

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Péripéties et nouveaux amis sur l’île d’Olkhon

Chapitre 1. Duel sur l’ile. Vélo : 1, Justine : 0

Tout avait pourtant si bien commencé. Un trajet dans la voiture de Serguei, russe d’une quarantaine d’années, sympathique et cultivé, habitant l’île depuis 9 ans, qui nous complimente sur nos « yeux de bébés phoques » (cela dit, comment ne pas douter de la sincérité des propos de quelqu’un qui dit avoir rencontré son épouse dans le cimetière russe de sainte Geneviève des bois ?!?).  A bord, une équipe de passagers 100% française : Nicolas, photographe vivant sur l’île et Xavière et Julie, parisiennes rencontrées à Irkustk et copines de voyage jusqu’à la Mongolie.

Malgré les 5h de route pour rejoindre l’embarcadère,  le périple passe à vive allure, nous bavardons, rions et contemplons  le paysage qui passe des forets de bouleaux et mélèzes aux steppes et collines habitées par des chevaux sauvages. Nous prenons beaucoup de photos à travers le pare brise aux 1001 trous de Serguei, toutes foirées il va sans dire, mais nous sommes tellement excitées que nous nous extasions sur une fourmi rouge où un chemin mal débroussaillé. C’est alors que nous apercevons un coin de bleu étincelant à l’horizon.  Enfin, il est là le lac Baikal, point d’orgue de notre séjour en Russie, majestueux, lumineux et vraiment impressionnant. Dix minutes de bac plus tard et nous voilà sur l’ile, où nous prenons nos quartiers chez Nikita, auberge pionnière dans le développement du touriste sur Olkhon. Nous passons la soirée à redemander des délicieuses brioches à l’une des serveuses du restaurant, à écouter un concert de guimbarde autour d’un feu et à jouer à la contrée.

Après une nuit mouvementée par la visite d’une souris dans notre chambre (et les longues tergiversations qui en ont suivi sur le plan d’action à adopter pour faire fuir l’ennemi), nous sommes fin prêtes pour notre escapade à vélo.  Nous partons pour 2 jours, 90 km,  longerons toute la côte ouest puis dormirons à la station météorologique sur la côte est (la plus sauvage)  avant de regagner Khoujir, le hameau principal.

Partir est finalement la seule chose du programme que nous avons réussi à faire. Au bout d’une heure et demi, la roue arrière de mon vélo commence sérieusement à faire des siennes.  Si j’avais jusqu’alors attribué ses mouvements à mes difficultés à rouler dans le sable en montée (ce qui revient à peu près à reculer) je dois me résoudre à l’évidence ; à la prochaine descente elle va vraisemblablement se décrocher et je vais finir à faire de la haute voltige à 10 mètres au dessus du Baikal. Avec Marie, nous tentons d’utiliser toutes les pinces et clés possibles mais les choses ne font qu’empirer, ce sont maintenant les rayons qui se décrochent un à un ; un vrai cauchemar. Après avoir essayé en vain de héler des camionnettes qui nous contournent (selon Marie involontairement, selon moi, sciemment, mais à ce moment de l’histoire, je commence à être vraiment en mode schtroumpf grognon, peu objective et  facilement irritable) nous allons nous rafraichir/congeler les idées dans le lac  (10°).  Puis décidons de rentrer en vaincues en trainant mon vélo à tour de rôle pendant près de deux heures, avant d’appeler Nicolas à la rescousse, qui vient gentiment nous chercher dans son Uaz. Pour les néophytes que vous êtes et qui pensez qu’en Russie il n’y a que des Lada, Il s’agit d’un véhicule improbable, bruyant et tape cul,  qui risque de tomber en miette à chaque nid de poule, qui paraît avoir 150 ans lorsqu’il en a 12, et qui était surement utilisé pour transporter les méchantes personnes vers le goulag à l’époque soviétique, en espérant qu’elles meurent de frayeur en chemin ;).

Conclusion : moi j’aime pas Olkon d’abord. Ni les vélos. Et les brioches, elles sont pas si terribles.

 

Chapitre 2.  Quand le vélo est cassé, mieux vaut prendre ses pieds (et faire la danse des canards).

Tout avait pourtant si mal commencé. Après le petit déjeuner, je renverse l’intégralité de ma gourde fraichement remplie dans mon sac de promenade.  C’est parfait, ma mauvaise humeur m’avait manquée.  Et puis je crois que j’avais secrètement envie d’une surprise pour fêter nos trois semaines de voyage.

Nous partons avec Marie, Xavière et Julie faire une promenade sur la côte que nous n’avons pas réussi à voir la veille, celle de la « grande mer ».  Effectivement après 45 minutes de tape-cul et une marche dans la forêt qui a ici complètement revêtu ses habits d’automne, nous nous retrouvons face à une étendue d’eau spectaculaire, qui ressemble fortement à la mer, tant on ne voit rien d’autre à l’horizon que de l’eau, toujours de l’eau. Seul le fait que les vaches viennent s’y abreuver nous rappelle que c’est un lac. Hier mer d’huile, il est aujourd’hui beaucoup plus agité. Nous nous félicitons d’avoir fait notre bain la veille quand nous marchons à flanc de falaise contre vents et … laquées ? (aucune allusion au canard du titre). Un pique nique nous attend à notre retour avec une soupe de poisson faite par notre chauffeur. En subissant les « sluuuuuuurp » et braillements incessants de nos voisins chinois, j’ai de plus en plus de mal à imaginer comment je vais bien pouvoir les supporter pendant plus d’un mois prochainement  (et je lis la même pensée dans le regard de Marie :p).

Nous revenons au village voir le traditionnel coucher de soleil que nous avions jusqu’alors snobé. Fabuleux spectacle dont ne témoignent malheureusement pas mes photos, malgré avoir utilisé tour à tour toutes les options du menu. Le diner se passe sur fond d’accordéon joué par un vieil homme russe. Tout fier de nous annoncer qu’il connaît une « french folk song », il se met à nous jouer la danse des canards, en nous sommant de venir faire une démonstration. Presque tout le monde se défile mais Julie et moi n’y coupons pas : on se retrouve donc à se secouer le bas des reins et faire coin coin sous le regard amusé des russes et chinois de la salle (et empathique des autres français).

 

Chapitre 3. Peinture, banya et vodka

Nous avons maintenant  quatre nouveaux amis sur l’île : Mathieu et Sophie, des belges (« quoi çaaa ? » des belges :p), et Chloé et Jérémie, des français.

Ce matin, nous sommes allées aider Serguei (alias le barbu du chapitre 1) à peindre la barrière de sa nouvelle maison. Il a commencé depuis plusieurs années à instaurer un système d’entraide en accueillant des voyageurs en échange de services. Et nous avons mis notre tout petit pinceau à l’édifice, sous l’objectif d’un couple de chinois qui a adoré nous prendre en photo dans cet exercice. Pendant ce temps là, Marie préfère aller à la rencontre des marins d’Olkhon sur le port.

Nous avons ensuite fait l’expérience de la banya, le sauna russe. Une petite bicoque sur la plage ressemblant à une roulotte est alimentée par du bois. A l’intérieur, nous six et des pierres chaudes. Toutes les dix minutes, nous sortons en trombe nous jeter dans le Baikal avant de revenir suer à grosses gouttes et nous fouetter avec des branches de je ne sais quoi. C’est une chouette expérience et nous avons maintenant artères revigorées, peau douce et quelques traces rouges un peu partout sur notre corps raffermi.

En soirée, la petite fille d’un couple de français faisant le tour du monde nous avait imploré de jouer au loup garou. Nous nous accomplissons donc et Marie, la sorcière, met en place un plan diabolique pour liguer les uns et les autres contre moi et me tuer dès les premiers tours.  Elle mourra peu de temps après et c’est bien fait pour elle.  Sortie du jeu, je noie mon chagrin dans de la vodka au miel et au poivre.

La soirée ne se termine pas sur une danse des canards mais le déboitement d’épaule de notre copine Xavière, alors que nous avions inventé une superbe chorégraphie spontanée. Heureusement qu’on a une ostéo dans l’équipe; en deux temps trois mouvements, l’épaule est remise et Xavière, mi jaune-mi verte part se coucher pendant que nous finissons notre vodka sur la dune en regardant les étoiles.DSCN4506

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15/09 au 19/09

15/09

Quelle journée harassante que ce lundi 15 septembre dans le Transsibérien : lecture, thé, regards d’intenses réflexions sur le paysage, pain au fromage, lecture, toilettes, thé, films, pâtes, toilettes, sieste, pain au fromage, thé, gâteau, lecture…

Le train s’apprête à faire une longue pause, les toilettes sont déjà fermées lorsque Justine doit s’y rendre. Pressée, elle sort du train et demande aux passants dans son grand russe : Gdié Toualiett ? Da Da Daaaaa.

Des annonces se font entendre, Justine panique, ne trouve pas les toilettes et remonte dans le train en pensant qu’il va partir. Hé non ! Justine ressort du train et, grâce a son œil avisé, s’aperçoit que du pipi coule d’un wagon voisin. Elle revient soulagée.  Le train redémarre, nous reprenons nos activités dans les odeurs de pieds, de bouffe, de chaleur. Je rappelle qu’en plus notre super cabine est la plus proche des toilettes.

Le train fait une halte tardive, un petit groupe monte et s’avère être  nos voisins. L’un d’entre eux prendra pendant un bon moment une partie de mon lit comme son siège. Une super nuit m’attend.

 

16/09

Arrivées à Novossibirsk, on se rue en direction des toilettes que le responsable des toilettes avaient fermées presqu’une heure avant l’arrivée du train. Elles sentent bon et son propres. C’est un plaisir de faire pipi.

Nous appelons Denis, notre Couchsurfeuse Novossibirskien, qui nous donne les indications pour rejoindre son appartement : prenez un premier métro, puis un second, de là, prenez un mini bus et arrêtez vous au terminus. Avec nos sacs de 20 et 16 kg et après 36h de train, nous arrivons une bonne heure après a destinations par une chaleur égale à 10°. Nous rappelons Denis pour lui faire part de notre arrivée sur les lieux et il nous raccroche au nez. Une fois, puis deux, puis trois. Nous finissons par être interpellée de loin : hééééé, interpellée entre plusieurs cris, nous suivons deux personnes que nous supposons être Denis et Anna, sa copine. Personne ne nous adresse la parole, ils sont tout transpirants, les gens crient toujours, Anna ferme la porte de l’immeuble et les gens frappent fort dessus en poussant des hurlements affolants. Allons-nous au coupe-coupe ?

Sur le pas de l’appartement, Denis pousse Justine vers l’intérieur, Anna nous montre rapidement l’appartement et la nourriture dans le frigo et nous dit de manger pendant qu’eux vont prendre leur douche. Nous installons nos affaires et préparons du thé en les attendant pour dîner.

Une fois propre, Denis nous aboie :

« Pourquoi vous n’avez pas mangé ? »

« On vous attendait »

« Ici chacun fait sa vie, vous avez faim vous manger, nous on est fatigué on va se coucher »

Nous aussi on est fatigué, on dîne et puis on dit à Anna qu’on leur préparera un dîner typiquement français le lendemain.

Une bonne douche, on se brosse bien les dents, on s’installe dans le tout petit canapé lit et on essaye de dormir.

 

17/09

Nous sommes clairement en Jetlag. Nous avions eu du mal avec les 2h qui nous séparaient de Moscou à la France, Nous avons maintenant 3h de plus, soit 5h de décalage avec la France. Le réveil est super dur.

Nous faisons une lessive, la machine se trouve dans la salle de bain, Justine se prend un petit jus. Elle est mignonne les yeux hors des orbites et les cheveux dressés sur la tête.

Petit déjeuner et douche, Denis rentre déjeuner et nous propose de nous faire visiter le centre scientifique de Novossibirsk ce que nous acceptons avec plaisir. Ce sont des bâtiments de bétons et des routes. C’est comme si je vous emmenais voir les immeubles du côté de Rueil Malmaison.

Denis retourne au travail, il est programmeur Software dans la plus grande banque de Russie et nous, nous nous dirigeons dans le centre de Novossibirsk, ville construite autour d’un pont traversant l’Ob (rivière). Carrefour commercial entre le nord et le sud de la Sibérie et entre l’ouest et l’est de la Russie, Novossibirsk fait partie du book du Guiness des records pour être une des villes les plus développée 120 ans après sa construction. Elle est d’après Vladimir Poutine « la capitale de la Sibérie ».

Cette ville est particulièrement grise, sale et moche. Il est vrai que la balade le long de l’Ob est plutôt agréable. Nous y croisons d’ailleurs le mémorial du pont qui se trouve être un petit bout de pont et par la même occasion le seul mémorial du pont au monde.

Nous nous rendons également devant le plus grand opéra-théâtre d’Europe, bâtiment typiquement soviétique, sans couleurs et avec des grosses colonnes sans intérêt. Heureusement qu’il y a une immense statue de Lénine devant pour lui donner un peu de cachet.

Nous avons déjeuné au Cardamon, super petit restaurant roots avec des toilettes à la turque bordées de mosaïques, nous explosons le budget.

Nous rentrons et faisons les courses, où nous explosons à nouveau le budget, et nous hâtons de préparer un crumble de ratatouille et un gâteau au chocolat.

Denis et Anna rentrent vers 21h et sont fatigué, ils ont en plus déjà mangé et vont se coucher. Ça la fout mal franchement. Anna nous apporte des petits cadeaux : un pendentifs en forme de cœur bleu pour moi et des boucles d’oreille en forme de cœur pour Justine, elle nous fait une scène de grande tristesse et nous hug 2 ou 3 fois chacune. Nous finissons notre repas seules, enfin accompagnées de bière pour nous réconforter et regardons un film sympathique (sous la jupe des filles). Justine part dans un rêve terrifiant.

 

18/09

Nous préparons nos affaires, essayons de nous remplir le ventre avec le reste de crumble de ratatouille et de gâteau au chocolat. Denis rentre pour récupérer les clés. Il nous hug, bizarre alors qu’il nous a pas dit bonjour, et direction la gare. C’est parti pour 30h de train, direction Irkoutsk. Je suis super contente de retrouver ma place près des toilettes. Un groupe de jeunes footballeurs entre 12 et 14 ans, occupant la majeur partie du wagon, sont insupportables. Ils veulent nous parler, nous mate lorsqu’on va chercher du thé, restent près de nous, ricanent entre eux. La nuit approchant, il courent dans le couloir et claquent la porte des toilettes pendant une bonne partie de la nuit et nous regardent dormir. Nous sommes clairement des bêtes de foires. C’est réellement exubérant.

Nous avons évidemment très mal dormi.

 

18/09

J’adore le train mais j’ai vraiment envie qu’il s’arrête. J’ai envie de leur mettre mes tampons de sang dans chacun de leur lit et de leur renverser l’eau bouillante du Samovar sur leurs gueules et de leur tirer les cheveux jusqu’à ce qu’ils se détachent de leur crâne.

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11/09 au 14/09

11/09

En quittant l’appartement d’Ann et Kostia, Justine a commencé à avoir des remous au bidon. Heureusement il y a Smecta. Dîner avec Nina et ses collègues/amis en terrasse d’un restaurant géorgien. Excellent pains au fromage.

Direction la gare, nous sommes le dernier wagon. Contrôle des passeports et des billets, entrée dans le transsibérien. Il n’y a pas de lumière. Nous installons nos lits avec l’aide de notre charmante voisine de cabine. Celle-ci nous indique par de grands gestes et un sourire à deux dents que ce que nous prenons pour la couette est en fait le matelas. Nous avons pris l’option ‘draps’ qui contient une serviette, deux draps, une taie d’oreiller, une serviette. Une fois les lits faits, la lumière s’allume, le train démarre, il est 00h15. Les cabines sont faites de 6 couchages : deux en bas, deux au dessus (nous avons ceux-là), et deux autres l’un au dessus de l’autre dans la continuité du couloir.  Je me ramasse bien en montant dans mon lit, mes pieds ont oublié de comprendre comment monter.  Ça fait marrer Justine. Enfin installées, un bruit d’une intensité sonore retentissante se fait entendre, c’est notre charmante voisine qui ronfle. Je pense que tout le wagon en souffre voire même les wagons alentours. Je siffle gentiment puis, remarquant que l’effet dure 1 seconde, je prends les boules quiès, ce qui malheureusement n’atténue que légèrement cet affreux son. Justine a du mal à s’endormir, même avec les boules quiès.

Ablutions matinales, thé chaud grâce au Samovar placé à côté des toilettes, lecture, arrivée à 13h à Kazan.

 

12/09

Dépôt des sacs à la consigne de la gare de Kazan. Arrivée à l’office de tourisme, visite du Kremlin et de sa mosquée ou je dois me déguiser pour pouvoir entrer (écharpe sur la tête car c’est la tradition,  gilet manches longues car j’ai les épaules découvertes, tablier car j’ai un trou dans mon pantalon, sur-chaussures payantes car il ne faut pas salir la mosquée). Justine gardera précieusement les sur-chaussures bleues prétendant pouvoir y mettre des sandwichs ou autre nourriture. Elle les gardera environ 30h avant de les jeter.

Nous sommes un vendredi et le vendredi c’est… le jour du mariage en Russie! Tous les mariés se sont donnés RDV devant le ministère de l’agriculture pour se faire prendre en photo. Lieu qui semble incontournable lorsqu’on se marie à Kazan.

On récupère les sacs, on boit une bière, il est 21h on a RDV avec Lily, notre couchseurfeuse Kazanne (?). Nous arrivons dans son appartement lumineux, bien aménagé et très accueillant. A part peut-être l’immense canapé en plein milieu du salon. Lily nous prépare un dîner merveilleusement sain. Tous les fruits et légumes proviennent du jardin de ses parents. Nous dînons une salade de tomates, poivrons farcis de riz et de viande et buvons du thé (de baies fraîches). C’est délicieux et ça nous change des pâtes.

 

13/09

Déjeuner de pancakes au fromage de chèvre, thé des baies de ses parents. Sur recommandation de Lily, qui part faire les courses pour sa crémaillère, Justine et moi allons au Parc Gorky, ou franchement il n’y a pas grand chose à voir, à part des mariés. Les jets des fontaines sont rythmés par une musique d’ascenseur à plein tube.

En route pour l’appartement, nous partons faire des courses et achetons un moule (type moule à soufflé) sur lequel j’ai jeté mon dévolu. Il est trop mignon. Justine n’en voit pas l’utilité mais je crois qu’au fond elle le trouve aussi mignon.

Nous l’offrons à Lily, qui, honnêtement, semble ravie de ce moule (on l’a quand même conditionné en lui disant qu’effectivement elle n’en aurait peut-être pas grande utilité).

C’est parti, les françaises à la cuisine ! Justine nous prépare un super cake (dans le mignon moule à soufflé), des super crêpes, et moi un super gâteau au chocolat. Et oui, tout était super !

Les invités arrivent, tous âgés entre 24 et 30 ans, nous sommes une vingtaine dont 3 hommes russes mariés et un chilien (voyageur lui aussi), qui, a son entrée dans la soirée à fait un effet monstre et toutes les filles ont minaudé. Je pense que nous aussi, parce qu’en plus il est plutôt canon, grande gueule mais franchement pas mal. La plupart des filles sont soit mariés, soit divorcés (comme Lily).

Tout le monde est beau tout le monde est gentil. On fait un jeu avec des gages, Justine se met à boire son verre comme un chien, le chilien doit imiter la mort d’Ivan le Terrible, je change de Tshirt avec un russe, une autre doit tirer la langue pendant un tour, l’autre ne doit parler que par poèmes, une autre encore doit appeler une banque et lui parler de glue (ça semble très drôle, en russe), une autre doit faire des compliments à chaque personne autour de la table…

 

14/09

Après un petit thé, en route pour un restaurant tatare typique dans le centre de la ville de Kazan. Toutes les spécialités sont à base de viande,  dommage Justine. Lily mange en supra vitesse, elle a RDV un dimanche pour son travail. Nous l’attendons en regardant les pigeons et écoutant les indiens (oui, ceux-là même que vous voyez dans chaque ville avec leurs costumes d’Amer-Indiens et leurs instruments à sonorité perçante).

Lily arrivent un peu plus de 2h après, en route pour l’aérodrome où nous allons monter dans l’avion d’un de ses amis pilote.

Comme vous l’imaginer, on est plutôt hyper excitée à l’idée de conduire un Cessna 172, petit avion a 4 places.

Justine et moi montons en première, Lily et sa copine iront après.

Justine est devant pour le décollage, le pilote lui laisse prendre les commandes, elle a le big smile et nous fait des super longs virages à droite et à gauche. On dirait qu’elle a fait ça toute sa vie.

Nous changeons de place dans les airs, je passe devant, toute cette aventure semble irréelle. Le pilote Victor nous fait une démonstration de perte de gravité, j’ai hurlé de peur, Justine, notre masochiste adorée, en redemande. Après une quinzaine de minutes, nous redescendons, j’assiste en première position à l’atterrissage d’un avion. C’est une sensation formidable. Il me faudra toute la soirée pour me remettre de cette expérience extraordinaire. Au tour de Lily et sa copine, je sens que Justine a envie d’y retourner et comme il y a 4 places dans l’avion je la laisse y aller. Elle est toute contente, encore des pertes d’altitude, encore !!!

Après un bout de chemin à 6 dans une voiture et quelques courses, nous rentrons chez Lily, préparons nos affaires, dînons des pâtes avec notre ami Chilien venu nous saluer et parler Visa et Champignons cueillis dans la forêt a 5h du matin. Au revoir bien triste. C’est plus en plus déchirant pour moi de saluer nos hôtes ou les rencontres que nous faisons.

Il est 2h du matin, nous sommes à la gare, prêtes à affronter nos 36h de train pour rejoindre Novossibirsk.

Le train arrive de Moscou, des personnes dorment déjà à bord, nous avons pris des couchages en bas cette fois et à côté des toilettes (il ne restait que ça). Nous installons nos lits, le train bouge beaucoup, je m’endors la tête pleine de rêves de pilote en herbe, personne ne ronfle mais Justine n’arrive pas à s’endormir et continue sa lecture de Mange Prie Aime.

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En direct du transsibérien

Il est minuit passé à la gare de Moscou (enfin, l’une des sept). Un peu anxieuses à l’idée de ne jamais trouver la voie 9 trois quarts nous conduisant à Kazan, première étape de notre périple transsibérien, nous avons pressé tout le monde en fin de soirée et marchons maintenant d’un pas décidé. Extérieurement, l’animal a tout d’un train corail français, sauf qu’il est plus sobre.  A  l’entrée du wagon, le contrôleur cherche un long moment nos noms étranges sur sa petite liste. En essayant de les prononcer, il rattrape de justesse nos billets en train de tomber sur la voie. Il sourit, et c’est rare pour un russe en uniforme (le ou la russe en uniforme se définit par son manque d’amabilité chronique, parole d’un moscovite), alors nous apprécions.

A l’intérieur de la « plastkart » (troisième, ou dernière, classe)  c’est un Corail Lunéa, samovar et promiscuité en plus. Imaginez un open space d’environ 20 mètres sur 4, avec 54 couchettes à l’intérieur. Sur un côté, des « compartiments » de 4 lits ouverts sur le couloir. De l’autre, deux lits superposés collés à la fenêtre.  Celui du bas peut, en un tour de main (et certainement pas mal de doigts coincés dans l’histoire du transsibérien) se convertir en deux sièges et une table. Bien pratique car passer plus de 12h en station allongée, sans pouvoir s’asseoir ni aller nulle part, peut se révéler pénible. Nous en avons fait l’expérience, en choisissant, faute de places suffisantes, les deux couchettes du haut pour nos treize premières heures de voyage. Une fois réveillées, il nous faudra alors compter sur la générosité de nos voisins du bas, pour nous prêter un bout de leur couchette, sur laquelle nous nous assiérons gaiement et profiterons du grand luxe de la table centrale. Elle a ronflé toute la nuit, lui est un molosse chauve d’une soixantaine d’années. Malgré ses grognements du début, il a fini par nous offrir un Twix.

Dans le transsibérien, on apprend à se faire comprendre par gestes. Faire un signe de croix avec les deux doigts en montrant les toilettes pour demander si  elles sont fermées (et tant qu’on y est pourquoi et quand elles ouvriront à nouveau), compter à plusieurs reprises sur ses doigts avec un regard interrogateur pour demander le temps d’arrêt en station (il oscille entre 2 et 50 minutes) et le plus souvent sourire comme une idiote en disant « da ».

On boit du thé et puis on mange des soupes lyophilisées. Et beaucoup de graines de tournesol, allez-savoir pourquoi. Peut être est-ce parce que c’est long à décortiquer et que la moindre activité qui prend du temps est salutaire. Le samovar étant notre seul allié pour cuisiner, les possibilités d’expériences culinaires sont très limitées. Ceci dit, on peut faire soupe au déjeuner et pain et fromage au diner et inverser le lendemain. Voilà qui est drôle et audacieux.

Nous sommes maintenant en deuxième étape, de 36h cette fois. Aguerries, nous avons choisi les couchettes du bas. Il est plus de 4h du matin et je peine à trouver le sommeil tandis que Marie dort profondément, malgré les sauts que son corps fait à son insu. En effet, les ronflements du premier trajet ont fait place aux soubresauts du train qui doit au moins rouler à la vitesse fulgurante de 70km/h,  ainsi qu’au va et vient incessant de nos co-passagers. Car ayant acheté nos billets deux jours seulement avant le départ, nous sommes placées à côté des toilettes, place maudite entre toutes.  Peut être qu’une fois arrivées en Argentine, on aura compris quand et comment se procurer la place idéale.

Au réveil,  le paysage de lacs et forêts est vraiment joli. Avec l’avancée du train, c’est l’automne qui s’installe un peu plus. Les arbres rougissent et les cheminées fonctionnent. Il faut dire que notre prochaine étape est Novossibirsk, « capitale » de la Sibérie. A l’arrivée on aura perdu 15 degrés et trois heures par rapport à Moscou (comprendre qu’au moment où vous lisez ce post ô combien intéressant, il est 5h de plus chez nous).

C’est marrant comme on apprend vite à modifier notre rythme, en fonction du nombre d’heures qu’on doit passer dans le train.  Cet après midi, je prends un quart d’heure pour aller laver mon bol en plastique. Je lis 3 pages puis contemple par la fenêtre ou dors vingt minutes avant de reprendre la lecture.  J’ai réussi à avoir une conversation de 15 minutes avec le chef de wagon. Ca avait pourtant mal commencé quand, après être passé à plusieurs reprises devant nous, il s’est enfin lancé et a proclamé un « guten tag » avec son plus grand sourire (ah ben non raté, ça c’est pas du français). Il a ensuite déclamé l’ensemble des personnalités françaises qu’il connaissait (Gerard Depardieu, Alain Delon, Desire Less, Louis de Funes, Hélène et les garçons) puis nous avons fait des dessins de train et de Russie.

Mon plus bel acte de ce voyage: munie d’un guide Berlitz et sous les sourcils froncés de mon voisin du dessus qui se demandait pourquoi je répétais sans cesse en détachant les syllabes « je n’ai rien à déclarer »,  j’ai enfin appris à lire le russe! Je sais maintenant que «  Pectopah » ne se prononce pas pectopa, contrairement à ce que nous dirait notre bon sens, mais «  ristorane ». Encore une fois, à ce rythme là, arrivée en Argentine, je saurais peut être demander en russe à quelle heure il ferme ce restaurant ?

 

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03/09 – 10/09 : Moscou

3/09

C’est le grand départ, RDV à l’aéroport, Justine a 20 kg sur le dos, moi 16kg. Nous sommes donc bien loin des 10 kg fixés. Nos sacs sont ultra compact, il n’y a plus de place du tout.

Escale à Berlin,  puis arrivée à Moscou où la grisaille et le froid sont au RDV, bus puis métro jusqu’à Chystie Prudy où nous avons pris un chocolat (qu’on pensait être similaire à nos chocolats chauds mais qui ressemblaient plus à une tasse de chocolat fondu). 20h, Nina (amie d’une amie de Justine) nous rejoint et nous amène diner dans un restaurant … italien. Nous arrivons chez elle, accueillies par l’hymne russe et quelques verres de vodka. Il faut honorer la tradition pardi !

 

4/09

Grande balade dans Moscou, 12 millions d’habitants, superficie 10 fois plus grande que la France. Photos autour de la célèbre cathédrale Basile Le Bienheureux, vue très limitée sur la place rouge, elle est encombrée par les tribunes pour fêter la 867 année de Moscou, Kremlin fermé, déjeuner sur le pouce, Chocolat au fameux Café Pushkine (qui a été crée suite à la chanson de Gilbert), visite d’un tout petit monastère, pause devant le théâtre Bolshoï tout autant encombré que la place rouge, arrêt devant une église et ses multitudes de fleurs et de bouteilles d’eau (on sait maintenant qu’il s’agit d’eau est bénite …), pause devant la magnifique église du Christ Saint Sauveur. Balade à travers la forêt pour atteindre l’université d’où nous avons une magnifique vue sur la ville de Moscou. RDV avec Nina, dîner de pâtes, vodka, dodo.

 

5/09

Musée Tolstoï, ou musée avec une gardienne dans chacune des 20 pièces,

Grande balade dans Moscou, centre commercial GUM, églises, domaines, monastères, périphérique.

Paquetage du sac à dos, en route pour rencontrer Sergueï, 31 ans. Course dans le métro pour arriver à l’heure. Direction son appartement, assez grand, un peu sobre et sombre, manque cruel de décoration et de personnalisation. Frigo vide. Sergueï nous confie que c’est sa copine qui fait à manger, que lui ne sait faire que des spaghettis. Nous faisons des pâtes, Sergueï n’a pas de passoir. Le gentil Russe nous prête son lit et dort sur un très petit canapé –lit. Grande baignoire façon Jacuzzi. En route pour rencontrer ses amis, direction une cafeteria ou nous bénéficions de 50% sur l’addition entre 23h et 00h. Bar ou nous rencontrons une communauté de couchsurfers, excellente soirée, et retour en taxi sauvage. Eh oui les moscovites ont besoin d’arrondir leur fin de mois.

 

6/09

Réveil difficile. Petit déjeuner très limité, hé oui Sergueï n’a que des crackers. Il part rejoindre sa copine avec qui ça semble être compliqué dans la datcha familiale (maison de campagne russe). Nous allons faire des courses et mangeons des pâtes.

En route pour le Parc Gorki, imaginez être à 10m sous terre, la gueule de bois et être oppressée par une foule de dingue, tellement oppressée que vous ne pouvez pas rentrer dans le métro et que lorsqu’il part vous voyez votre copine Justine vous faire un signe de la main, depuis le métro. Retrouvaille à la station suivante et direction le parc ou nous croisons les colossales statues de bronze de Staline, Lénine, Gorki & Cie.

Arrivée près de l’Eglise St Sauveur, cette fois elle est ouverte. Cérémonie incroyable, tout le monde est debout et embrasse le même petit tableau. Beurk. Sons, chants, dévotion, signe de croix, une atmosphère dérangeante s’en dégage. Les prêtres sont tous de jaune vêtus, les femmes toutes avec un voile sur la tête. Je n’ai jamais vu de cérémonie religieuse avec autant de ferveur.

Un ami d’un couchsurfeur que nous avons contacté mais qui était  en vacances, nous a gentiment dirigé vers un de ses amis pour nous faire visiter la ville. Vladimir. Nous imaginons Vladimir blond aux yeux marron, avec des lunettes.

Vladimir est corréen, brun aux yeux marron, sans lunette. Vlad est accompagné de son ami Oleg. Nous nous baladons et allons au château de Catherine La Grande, magnifique château, magnifique par cet maginifique lac. Il fait nuit. Nous allons dîner dans une cafétéria. Oui encore. J’ai pris du Bortsh (Le bortsch, également bortch ou borsch, est un potage national ukrainien. Il contient habituellement de la betterave, qui lui donne une forte couleur rouge, et de la viande). C’est très bon. Nous sommes parti boire un dernier verre avec les garçons et sommes rentrées très enthousiastes de cette soirée.

 

7/09

Réveil assez tôt, il faut aller au Nord de Moscou à Sergueï Posad. Douche, fuite de la baignoire (selon Sergueï c’est normal, selon nous non ; il verra en revenant…), métro, train, arrivée dans ce superbe monastère ou nous faisons la queue pendant 1h30 pour rentrer dans l’église et se rendons compte que c’est pour refaire des bisous sur le tombeau d’un certain Serge. Finalement cette attente a rentabilisée notre déplacement car nous y sommes resté à peine 3h, et il faut compter 15 minutes pour se rendre au Monastère depuis la gare.

Chemin inverse donc : gare, métro (difficile à trouver), Justine se rend à la Galerie Moderne de Moscou où elle se retrouve face à un établissement fermé. Pleine d’espoir elle se dirige vers un musée ou seulement deux petits écriteaux seront écris en Anglais.

Dîner de pâtes.

 

8/09

Aujourd’hui le Kremlin est enfin ouvert ! Stéphanie R. je pense à toi.

Nous voulons faire une visite guidée et partons nous renseigner. La réponse est assez brève mais concise cependant : NôoooOOooooO ! It is impossible !

Entre les coups de sifflets et les hurlements des multiples gardes lorsque l’on tente de traverser hors des passages piétons, nous parvenons à faire notre petit tour. Puis direction l’intérieur magnifique de la Cathédrale Basile le Bienheureux, financée en partie par les remords d’Ivan le Terrible pour avoir tuer son fils (car la femme de son fils ne portait pas de vêtements descend à son goût, il l’a frappée, son fils est intervenu, et il l’a tué – en plus de faire faire une fausse couche à sa femme ; jolie histoire non ?)

Direction Monastère Novodevitchi où une toute aussi joyeuse histoire nous attend. L’endroit est connu pour avoir accueillit Sophie, la sœur de Pierre le Grand, celui-ci l’a fit emprisonné suite à un complot et assassina tous ses servants devant elle.

Nous prenons nos sacs chez Sergueï et direction le nord de Moscou ou notre prochain Couchsurfer nous attend. RDV devant Charles de Gaulle.

Ann et Kostia sont des hôtes très sympathiques vivant dans un appartement très sombre et très encombré par de multiples bibelots.

Ils nous proposent gentiment une pizza maison et un chablis qu’ils semblent avoir payer 50Euros, ce qui entre nous est completely delirious.

Nous rions de bon cœur et décidons de nous convertir au Pastafari prochainement.

 

09/09

De bon matin, nous nous rendons au Mausolée de Lénine, voir ce corps conservé depuis 90ans. S’ensuit une joyeuse discussion: et toi tu veux qu’on fasse quoi de ton corps après ta mort ?

Balade à travers le grand Moscou sous un grand soleil.

Visite de la Gallery Tretiakov, joyau de la peinture Russe.

Arrêt à un café, après maintes explications, Justine n’obtient pas les crêpes qu’elle a demandé. Grosse frustration.

Révélation de la signification d’Holyday : Jour Sacré.

Nos gentils hôtes, qui mettent THE devant tous les noms des pays (the Moscow, the Paris, the London) nous proposent de dîner dans un restaurant typiquement Russe où les serveuses sont habillées de manière traditionnelle, test de graisse de cochon mélangée avec de l’huile et de la mayonnaise, envie de gerber intense.

Nous avons finalement vu les 7 bâtiments construits par Staline sous le modèle New Yorkais en 10 fois plus gros, je suis ravie !

Nous rentrons en voiture en traversant Moscou By Night avec la charmante musique de Unchained Melody, sous la pleine lune, et un sentiment de bien-être et de liberté nous envahit.

 

10/09

Réveil difficile, nous partons pour Souzdal à 9h30.

Justine mange du maïs acheté à la sauvette pour fêter notre première semaine.

Dans le bus, nous commençons enfin nos livres : Mange/Prie/Aime pour Justine (grande lecture oui oui) et Guerre et Paix pour moi.

Arrivée à l’auberge du joli nom de Godzillas après quelques aventures dans les rues de ce petit hameau, 5h après avoir quitter Moscou. Rencontre d’un chinois ne connaissant que le chinois, puis d’un belge en vacances vivant entre Moscou et la Belgique.

Visite du Kremlin, montée en haut d’une tour où une femme nous crie dessus (il fallait payer ?). Vue sur 3 dômes, le lonely s’enflamme : vue sur les bulbes dorés comme une constellation le ferait des cieux nocturnes.

Quelques courses et en route pour l’auberge. Le belge a trop fait à manger et nous propose de diner avec lui. Vous ne devinez pas ce qu’on a mangé ? Et oui ! encore des pâtes, accompagnés de Vodka (pour moi, Justine restera à la bière – pour ceux qui la prendrait pour une alcoolique).

Morale de la soirée : il vaut mieux avoir des regrets que des remords.

 

11/09

Nuit fraiche à la campagne. PDJ en compagnie de notre ami belge qui termine ses pâtes à 8h du matin.

Direction le couvent de l’intercession où la première femme de Vassili III fut envoyée en raison de sa stérilité supposée. Quand elle tomba enceinte, il était trop tard pour éviter le divorce. Elle donna naissance à un fils. Craignant qu’il soit un rival dangereux pour les héritiers que pourrait engendrer la nouvelle femme de Vassii, elle le fit adopter secrètement et prétendit qu’il était mort. Elle eu sans doute raison car la seconde femme de Vassili lui donna bien un fils : Ivan le Terrible.

Visite d’un monastère ou nous avons voulu feinter la dame de la cathédrale en lui tendant notre ticket pour la prison du monastère. Notre ruse a échouée et tout le monastère a été averti. Quel dommage !

RDV à la gare de Souzdal, bus jusqu’à Vladimir, Train jusqu’à Moscou où le soleil me brûle le visage.

 

Ce soir, dîner avec Nina puis l’aventure débutera enfin avec le Transibérien ! Direction Kazan, le pays des tatares !

 

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Ya ni ga va ru pa rouss kiy

Ca veut dire « je ne parle pas russe » et c’est la seule phrase qu’on a réussi à maitriser-non sans peine-après trois journées moscovites. Il faut dire que la langue russe est assez complexe. Comme toute langue à déclinaisons, un mot s’écrit et se prononce différemment selon sa fonction dans la phrase. Il en est de même pour les noms propres. Aussi, que l’on veuille dire « avec Justine », « de Justine », « chez Justine » ou « c’est Justine », et bien le suffixe sera différent. Et comme on ne reconnait même pas la racine, on est complètement perdues (vous aussi d’ailleurs alors que cet article se veut écrit en langue française).

Moscou d’un point de vue linguistique est donc difficilement accessible. Pour parvenir à déchiffrer les noms des stations de métro, écrits en cyrillique, et donc trouver celle à laquelle on doit descendre, on doit généralement s’y reprendre à plusieurs fois. Mais comme s’écoulent systématiquement près de cinq minutes entre deux stations, on a tout le loisir de froncer les sourcils et de rester béates, le nez devant notre plan. Moscou est immense. Dix fois la superficie parisienne. Déjà de longues heures de marche derrière nous et une tendinite en gestation pour Marie. Ne vous fiez pas au « non ce n’est pas loin » d’un russe; ce sera au bas mot à 45 minutes, et j’exagère à peine. Parfois, en empruntant les passages souterrains pour traverser les artères à 6 voies, on a l’impression d’être sorties de la ville, alors qu’on est encore dans le centre. On a donc tantôt une sensation euphorisante de liberté, tantôt l’impression qu’on n’arrivera jamais nulle part.

Contrairement aux clichés sur les vestiges de l’époque soviétique, Moscou n’est pas grise, elle est colorée. Surtout de par les dômes des églises qui rivalisent en couleurs criardes et vis à vis desquelles on est intarissables en comparaisons. « On dirait la maison d’Aladin » – « Mais non plutôt un berlingot » – « le pantalon d’Obélix? »- « ou bien des boules de Noel ». C’est très joli et on a l’impression de croiser des Kremlin à chaque coin de rue. Les parcs sont omniprésents. Le moindre square d’immeuble prend des allures de forêts.

Moscou est accueillante. Mis à part les caissières qui sont globalement antipathiques, les habitants sont curieux, ouverts et généreux. Généralité peut être mais nous avons déjà noué des liens avec plusieurs autochtones. Nina (elle n’est pas vraiment russe mais presque) et Serguey qui nous hébergent tout à tour, Vladimir et Oleg qui prendront une demi journée pour nous montrer leurs endroits préférés, Dimitri qui parle trois mots d’anglais mais essaiera de nous raconter sa ville, les attentats de 2010, les coutumes, les endroits où sortir. Et puis tous ceux qui nous ont aidé à retrouver notre chemin.

Moscou est historique et me donne la même sensation qu’en visitant Berlin: chaque lieu fait l’objet de nombreuses anecdotes, a été démoli puis reconstruit, à changé de nature plusieurs fois, a souffert et évolue aujourd’hui a une allure folle.

Moscou est surprenante et on est déjà tombées sous le charme. Ici on peut prendre le télésiège pour redescendre de l’université, les messes orthodoxes sont un vrai spectacle avec les fidèles qui font des signes de croix et baisent des icônes toutes les cinq minutes. Ici on accueille les gens chez soi en leur offrant une vodka sur fond d’hymne national, ici on aime bien les français -malgré la pénurie de roquefort dans les supermarchés- alors nous on s’y sent bien!