15/09 au 19/09

15/09

Quelle journée harassante que ce lundi 15 septembre dans le Transsibérien : lecture, thé, regards d’intenses réflexions sur le paysage, pain au fromage, lecture, toilettes, thé, films, pâtes, toilettes, sieste, pain au fromage, thé, gâteau, lecture…

Le train s’apprête à faire une longue pause, les toilettes sont déjà fermées lorsque Justine doit s’y rendre. Pressée, elle sort du train et demande aux passants dans son grand russe : Gdié Toualiett ? Da Da Daaaaa.

Des annonces se font entendre, Justine panique, ne trouve pas les toilettes et remonte dans le train en pensant qu’il va partir. Hé non ! Justine ressort du train et, grâce a son œil avisé, s’aperçoit que du pipi coule d’un wagon voisin. Elle revient soulagée.  Le train redémarre, nous reprenons nos activités dans les odeurs de pieds, de bouffe, de chaleur. Je rappelle qu’en plus notre super cabine est la plus proche des toilettes.

Le train fait une halte tardive, un petit groupe monte et s’avère être  nos voisins. L’un d’entre eux prendra pendant un bon moment une partie de mon lit comme son siège. Une super nuit m’attend.

 

16/09

Arrivées à Novossibirsk, on se rue en direction des toilettes que le responsable des toilettes avaient fermées presqu’une heure avant l’arrivée du train. Elles sentent bon et son propres. C’est un plaisir de faire pipi.

Nous appelons Denis, notre Couchsurfeuse Novossibirskien, qui nous donne les indications pour rejoindre son appartement : prenez un premier métro, puis un second, de là, prenez un mini bus et arrêtez vous au terminus. Avec nos sacs de 20 et 16 kg et après 36h de train, nous arrivons une bonne heure après a destinations par une chaleur égale à 10°. Nous rappelons Denis pour lui faire part de notre arrivée sur les lieux et il nous raccroche au nez. Une fois, puis deux, puis trois. Nous finissons par être interpellée de loin : hééééé, interpellée entre plusieurs cris, nous suivons deux personnes que nous supposons être Denis et Anna, sa copine. Personne ne nous adresse la parole, ils sont tout transpirants, les gens crient toujours, Anna ferme la porte de l’immeuble et les gens frappent fort dessus en poussant des hurlements affolants. Allons-nous au coupe-coupe ?

Sur le pas de l’appartement, Denis pousse Justine vers l’intérieur, Anna nous montre rapidement l’appartement et la nourriture dans le frigo et nous dit de manger pendant qu’eux vont prendre leur douche. Nous installons nos affaires et préparons du thé en les attendant pour dîner.

Une fois propre, Denis nous aboie :

« Pourquoi vous n’avez pas mangé ? »

« On vous attendait »

« Ici chacun fait sa vie, vous avez faim vous manger, nous on est fatigué on va se coucher »

Nous aussi on est fatigué, on dîne et puis on dit à Anna qu’on leur préparera un dîner typiquement français le lendemain.

Une bonne douche, on se brosse bien les dents, on s’installe dans le tout petit canapé lit et on essaye de dormir.

 

17/09

Nous sommes clairement en Jetlag. Nous avions eu du mal avec les 2h qui nous séparaient de Moscou à la France, Nous avons maintenant 3h de plus, soit 5h de décalage avec la France. Le réveil est super dur.

Nous faisons une lessive, la machine se trouve dans la salle de bain, Justine se prend un petit jus. Elle est mignonne les yeux hors des orbites et les cheveux dressés sur la tête.

Petit déjeuner et douche, Denis rentre déjeuner et nous propose de nous faire visiter le centre scientifique de Novossibirsk ce que nous acceptons avec plaisir. Ce sont des bâtiments de bétons et des routes. C’est comme si je vous emmenais voir les immeubles du côté de Rueil Malmaison.

Denis retourne au travail, il est programmeur Software dans la plus grande banque de Russie et nous, nous nous dirigeons dans le centre de Novossibirsk, ville construite autour d’un pont traversant l’Ob (rivière). Carrefour commercial entre le nord et le sud de la Sibérie et entre l’ouest et l’est de la Russie, Novossibirsk fait partie du book du Guiness des records pour être une des villes les plus développée 120 ans après sa construction. Elle est d’après Vladimir Poutine « la capitale de la Sibérie ».

Cette ville est particulièrement grise, sale et moche. Il est vrai que la balade le long de l’Ob est plutôt agréable. Nous y croisons d’ailleurs le mémorial du pont qui se trouve être un petit bout de pont et par la même occasion le seul mémorial du pont au monde.

Nous nous rendons également devant le plus grand opéra-théâtre d’Europe, bâtiment typiquement soviétique, sans couleurs et avec des grosses colonnes sans intérêt. Heureusement qu’il y a une immense statue de Lénine devant pour lui donner un peu de cachet.

Nous avons déjeuné au Cardamon, super petit restaurant roots avec des toilettes à la turque bordées de mosaïques, nous explosons le budget.

Nous rentrons et faisons les courses, où nous explosons à nouveau le budget, et nous hâtons de préparer un crumble de ratatouille et un gâteau au chocolat.

Denis et Anna rentrent vers 21h et sont fatigué, ils ont en plus déjà mangé et vont se coucher. Ça la fout mal franchement. Anna nous apporte des petits cadeaux : un pendentifs en forme de cœur bleu pour moi et des boucles d’oreille en forme de cœur pour Justine, elle nous fait une scène de grande tristesse et nous hug 2 ou 3 fois chacune. Nous finissons notre repas seules, enfin accompagnées de bière pour nous réconforter et regardons un film sympathique (sous la jupe des filles). Justine part dans un rêve terrifiant.

 

18/09

Nous préparons nos affaires, essayons de nous remplir le ventre avec le reste de crumble de ratatouille et de gâteau au chocolat. Denis rentre pour récupérer les clés. Il nous hug, bizarre alors qu’il nous a pas dit bonjour, et direction la gare. C’est parti pour 30h de train, direction Irkoutsk. Je suis super contente de retrouver ma place près des toilettes. Un groupe de jeunes footballeurs entre 12 et 14 ans, occupant la majeur partie du wagon, sont insupportables. Ils veulent nous parler, nous mate lorsqu’on va chercher du thé, restent près de nous, ricanent entre eux. La nuit approchant, il courent dans le couloir et claquent la porte des toilettes pendant une bonne partie de la nuit et nous regardent dormir. Nous sommes clairement des bêtes de foires. C’est réellement exubérant.

Nous avons évidemment très mal dormi.

 

18/09

J’adore le train mais j’ai vraiment envie qu’il s’arrête. J’ai envie de leur mettre mes tampons de sang dans chacun de leur lit et de leur renverser l’eau bouillante du Samovar sur leurs gueules et de leur tirer les cheveux jusqu’à ce qu’ils se détachent de leur crâne.

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3 thoughts on “15/09 au 19/09

  1. J’adore vous lire! Ça me fait rire par moment, ce n’est pas toujours drôle, bon courage les filles vous etes les meilleures!!!
    Oxana

  2. étranges vos hôtes quand même… des attentions mignonnes mais de légères difficultés à communiquer.. bon sinon, crumble de ratatouille au ptit déj, ça passe bien? 🙂 – courage pour supporter d’être une expo universelle en mouvement, vous êtes les stars, en fait!

  3. . Je n’imaginais pas le train comme ça, pittoresques les transports. Ces mini-reportages sont excellents, continuez à nous faire rêver Amuse toi mon cœur et soyez prudentes.
    Enormes bisous.

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