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Du 15/11 au 23/11

15/11 – Lijiang

Nous partons en direction de la gare et arrivons devant un immense bâtiment où grouillent des centaines voire des milliers de chinois et franchement ça fait peur. Ca hurle de tous les côtés, ça se racle le fond de la gorge et puis ça crache, ça t’agresse et ça te crie : élauuuuuu.

Nous achetons nos provisions dans un petit shop et je trouve ça assez difficile de faire un choix entre les mains de poulet, les légumes non identifiés sous vide et les viandes séchées.

Après un long temps d’attente, nous découvrons le train chinois.

A la différence du train Russe ou Mongole, le train chinois se compose de compartiments ouverts possédant chacun 3 couchettes à gauche et 3 à droite. Le couloir sert uniquement à ce que les occupants des lits du milieu et du haut puissent s’asseoir. Malheureusement il n’y a que 2 sièges pour chaque compartiment dans le couloir, il y a donc toujours deux personnes (à moins de connaître les passagers des lits du bas) qui peuvent s’asseoir. Nous avons les lits du haut et par chance nous arrivons à nous asseoir sur ces sièges. A partir de ce moment il ne faut plus espérer aller aux toilettes ou se lever chercher quelque chose sur son lit car qui va à la chasse …

Le trajet se déroule bien et je dors comme un bébé malgré les brusques ralentissements. Le lendemain, nous prenons un bus pour la gare de bus et donc, par conclusion, prenons un autre bus, qui nous emmène à Lijiang (qui signifie beau fleuve).

Nous débarquons dans une magnifique petite ville, classée au patrimoine Mondial de l’Unesco et qui a conservé un paysage urbain authentique. Son architecture est un mix de plusieurs cultures réunis sur plusieurs siècles.

Nous marchons pratiquement une heure avant de trouver l’hôtel recommandé par le guide, qui en à peine un an, à changer de nom et est en rénovation. Le réceptionniste nous dirige vers un autre hôtel plus proche de la vieille ville et tout aussi charmant (Garden Inn).

Les vêtements lavés et nous aussi, nous explorons les petites ruelles et découvrons une vie nocturne très très animée bien qu’il soit 20h et que nous soyons dimanche!

Difficile de trouver un petit restau sympa sans que la musique chinoise nous perce les oreilles. Nous finissons par dîner sur une charmante terrasse toute en bois, bercé par le son de la rivière à proximité. En sortant du restaurant 2 heures plus tard, la ville est beaucoup plus calme mais quelques restaus/bars résistent encore (et toujours ?).

Nous décidons de nous installer dans l’un d’entre eux et nous assistons au cabaret Chinois : jonglage avec une bouteille de vodka et un verre, karaoké, interprétations de chants par des filles en tenue de Dracula, le public est excité. Les chinois sont accaparés par ces attractions et j’ai l’impression d’être dans un Zoo où tout le monde tente de remporté les lots proposés par les animateurs (les mêmes qu’à la Foire : peluches, fleurs …).

16/11 – Je veux un chiot

En route pour la visite de la vieille ville, le temps est avec nous et il fait presque chaud, nous nous dirigeons vers la Roue à Aubes, puis le parc de l’ancienne ville qui coûte une fortune et qu’on décide donc de zapper, on rencontre Adeline et Adrien (couple de français rencontré à Chengdu), le guide indique un restaurant français qui propose des sandwich exceptionnels à très bon prix, on cherche pendant 1 bonne heure et on finit par trouver. Je tente le sandwich végétarien avec du bon pain c’est franchement pas mal. Il y’a aussi le sandwich au saucisson que Ben, notre budy amércain prend sur nos recommandations. Manque de pot, ça ressemble à tout sauf à du saucisson français, heureusement qu’il n’en a jamais vu avant !

On continue notre balade et décidons d’aller à la Pagode, qui elle aussi s’avère bien trop chère. On rebrousse chemin et découvrons un magnifique point de vue sur Lijiang.

Au marché, il y a un homme qui vend des chiots, ils sont trop mignons, il en prend un par la nuque comme s’il prenait un lapin et en dispose un dans les bras de Ben et de Justine, moi je vais partir en courant avec le chien s’il en dépose un dans mes bras alors je refuse. Et puis je m’attarde sur celui de Justine et essaye de la persuader qu’il faut qu’on l’adopte, on le prénomme Hugo et pour 10 euros il pourrait être à nous. Grand moment d’hésitation, Justine s’est aussi accrochée à lui, si vous l’aviez vu, il était bien trop mignon. Mais on l’a laissé à son propriétaire avec regret. Paix à ton âme brave bête.

Nous achetons quelques provisions et nous dirigeons vers l’hostel, Justine et moi partons dîner dans un petit restaurant typique ou nous commandons des nouilles aux œufs et aux tomates, ce qui est normalement un plat de PDJ. Le ventre plein, nous partons nous coucher.

18/11 – les gorges du saut du tigre 1

En route pour les gorges du saut du tigre. Un Russe de 29 ans un peu bizarre fait la route avec nous.

Il y a plusieurs petits boui-boui sur notre chemin. On peut y trouver des fruits, des boissons, des snacks et de l’herbe !

On croise des cochons et Ben nous apprend qu’il existe des lunettes spéciales pour cochons, des lunettes qui leur ferait voir tout en rouge pour ne pas les effrayer à la vue du sang quand leurs frères et sœurs se feront égorger pour venir dans nos estomacs.

Nous arrivons à l’auberge après 6 heures de marche et un petit détour. L’auberge qui se nomme Half Way est très agréable même si l’accueil est très froid et manque cruellement de sourire et de sympathie. La terrasse et les toilettes ouvertes nous offrent une vue magnifique sur les gorges, l’eau est bouillante, la nourriture très bonne et peu chère, les dortoirs très propres mais putin l’amabilité c’est pas ça.

Nous jouons aux cartes et nous rigolons déjà bien quand Ben perd l’une des siennes et quand après maintes recherches, et après de nombreuses phrases cultes il nous sort la suivante: « This is why I think Magic is real ». Remis dans son contexte et avec son air très sérieux, j’ai cru que l’expression mourir de rire allait prendre tout son sens. Et c’est avec cette phrase en tête et le sourire jusqu’aux oreilles que j’irais voir Morphée.

19/11 – les gorges du saut du tigre 2

La descente a été bien plus rapide puisqu’en une heure nous rejoignons le point de RDV des bus. Nous avons donc près de 5heures à patienter lorsque nous apercevons Emilie (avec qui nous sommes parties à Jihuzaigou). On part descendre vers le saut du tigre et le gérant de la Guest House, où nous achetons nos billets pour Lijiang – le retour, nous propose de nous déposer à l’entrée du chemin.

Il faut payer ! C’est une blague, pas le choix, on décide de payer sinon on doit rebrousser chemin. La descente est bien abrupte, je pense déjà à la remontée et ça me fait peur, et puis avant d’arriver tout en bas, il faut payer de nouveaux, cette fois on prend sur nous et nous remontons. Arrivés au départ du chemin, plus personne, on comprend alors que ce charmant vendeur nous a piégé et a appelé ses copines pour qu’elles viennent nous quémander de l’argent sous pretexte que ce sont eux qui ont bâti les routes. Ben jettera le panneau où ces phrases sont inscrites.

Nous déjeunons et patientons au soleil que le bus arrive.

De retour à Lijiang, nos gros sacs récupérés et une course intense pour attraper le bus, nous arrivons à la gare. C’est presque gelés que nous montons dans le train. Cette fois, nous avons tous des lits en bas. Je m’endors avant que le train ne démarre.

20/11 – massage par des aveugles

Arrivée à Kunming sans problème, nous logeons à l’hostel Cloudland, très très propre et très agréable mais avec un accueil très limite. Justine et moi allons directement à l’ambassade du Vietnam ou nous déposons nos dossiers sans aucun problème et où nous aurons nos Visa l’après-midi même contre un fric fou. Aucun prix n’était affiché, se serait-on fait berné ? Ce grand mystère reste entier. Nous partons à la gare acheter nos billets pour Guilin. Une longue file d’attente et quand vient notre tour de passer commande le guichet ferme. Et ça 3 fois de suite avant d’enfin pouvoir acheter les billets, toujours équipés de notre petit papiers traduisant : on veut être en bas.

Le guide du routard indique qu’il y a une place où des aveugles effectuent des massages en blouse blanche pour pas cher. On hèle une femme dans la rue pour qu’elle communique avec les non voyants et le résultat est le suivant : massage du dos pour 1h contre 30 Yuan (4 euros). On a eu un pauvre massage de 20 minutes. Va négocier avec un aveugle en chinois. Pour me consoler, je vais chez Starbuck acheter un chocolat et puis on va jouer au Ping Pong sur la terrasse d’une auberge pas loin.

21/11 – Il s’agit d’une très longue journée

Après un bon petit déjeuner, nous partons vers 9h pour La Foret de Pierres à Shilin (environ 90 km de Kunming). On met près de 2h30 pour y arriver et puis on achète nos tickets où je me fais passer pour étudiante avec ma carte de plongée. Après 30 nouvelles minutes de marche pour arriver à l’entrée principale, on découvre un immense royaume de pierres : des grandes, des gigantesques, des petites, des formes étranges et ciselés, toutes en calcaire gris comme la couleur de la pierre ponce. Certains pitons rocheux se dressent à plus de 30 m et un sentier super bien aménagé permet de les frôler et de passer entre. C’est de la vrai contorsion dans certains passages, mais svelte comme je suis je n’ai aucun problème J

Le saviez-vous ? Comment s’est formé ce désert de pierre ?

Il y a 270 millions d’années la mer recouvrait cette partie du Yunnan et quand elle s’est retirée, Mère Nature a continué son œuvre. L’étendue du site couvre 26 000 Ha mais la partie ouverte au public est de 80 Ha.

A 13h, on décide tous les 3 de se séparer et de se trouver à l’entrée du parc à 17h. Je fais ma Dora et je pars explorer chaque parcelle de roche. Tout se passe sous un temps magnifique, peu de touriste dans la partie arrière appelée ‘les champignons géants’, superbes balades. Je croise Ben une fois à la Bougie étincelante et puis je le retrouve vers 16h50 au point de rendez-vous. On se met sur un banc où tout le monde nous voit, on est inratable. J’ai mangé une banane depuis qu’il est 9h du matin, j’ai hâte que Justine arrive pour vite retourner à Kunming et mangé un bon repas.

Ben attend depuis 16h30 et à 17h30 quand on aperçoit toujours pas Justine on se dit qu’elle a du aller à l’entrée du site nous attendre. On marche 30 minutes pour y aller et a 18h20 quand on voit toujours pas de Justine, Ben part en courant à la gare et moi je continue d’attendre devant l’entrée du site. Il revient bredouille. On retourne dans le parc en prenant une navette cette fois, toujours personne et personne ne parle anglais. Le dernier bus est à 19h, et il est bientôt 19h. On commence à s’inquiéter. Elle ne pouvait pas nous louper à l’entrée du parc, Ben y était 30 minutes avant et on a été voir partout. A 19h passés lorsque les bus ne circulent plus, on prévient la responsable qu’il se peut que notre copine se soit perdue dans le parc. Je n’imagine pas Justine rentrée à l’hôtel sans nous et Ben non plus. La police arrive et nous demande si on a essayé de l’appeler : oh non tiens ! Heureusement que vous êtes là pour m’y faire penser ! Police chinoise qui me demande une photo de Justine, je donne mon téléphone et il regarde toutes les photos sauf celle de Justine. Vers 20h, je suis de plus en plus inquiète et lorsque la police me demande l’âge de Justine et explose de rire à la réponse, ça me met hors de moi : je leur hurle qu’il a pu lui arriver quelque chose et qu’il faut absolument aller chercher dans la forêt. Ben commence à me faire flipper, il me dit qu’il l’a croisé près d’un grand champignon et qu’il y avait un vide de 100 mètres. Je commence à être parano et à me dire qu’il l’a poussé dans le vide.

La police préfère aller demander aux gens dans la ville de Shilin s’ils n’ont pas vu une européenne dans le coin, on va au poste, on nous demande nos passeports ce qui n’avance toujours rien et vers 20h45, enfin, on rentre dans le site et on va regarder les vidéos de surveillance. Je commence vraiment à stresser. On nous repère sur les vidéos mais à la troisième impossible on nous perd de vue.

Les policiers veulent absolument que je fasse une annonce dans le parc, vous voyez lorsque votre enfant se perd au supermarché et que vous annoncez : la petite Justine est attendue par ses parents à l’accueil et ben ma voix résonne sur tous les hauts parleurs et par conséquence sur toutes les pierres et ils veulent que je dise : Justine si tu m’entends appel au secours et décroche les téléphones que tu trouves partout dans le parc. Je sais que c’est débile, j’essaye de la réconforter et je l’imagine comme dans 127heures en train d’attendre que quelqu’un la sauve quelque part où elle est coincée. « Ne t’inquiète pas, on regarde les vidéos de surveillance, on va arriver, je lâcherais pas, tiens bon, garde espoir et surtout ne meurs pas s’il te plaît ».

Avec Ben on se dit que si jamais elle a prit le bus elle doit être rentrée à 21h, on appelle l’hôtel depuis 19h30 pour savoir si elle est rentrée, et si à 21h elle ne l’est pas alors c’est qu’elle est vraiment dans la forêt. Je recule l’heure jusqu’à 21h30 et à 21h30, je suis sûre qu’elle est blessée ou sans vie dans la forêt.

Les policiers s’amusent à nous prendre en photo et ça m’exaspère, je demande à ce qu’on mette la vidéo de surveillance de sortie à partir de 16h30. Ca prend à temps fou et je me rends compte qu’ils se sont plantés dans les jours, il faut tout se retaper.

A 22h, je vois Justine sur la caméra de surveillance qui nous attend à 17h de l’autre côté de la sortie. Les sentiments se mélangent en moi : elle est vivante Youpi ! Comment a-t-elle pu prendre le bus sans nous ?! Mais surtout comment a-t-elle pensé qu’on prendrait le bus sans elle ?! A ce même moment le téléphone sonne, Justine au bout du fil, en chair et en os.

Elle est passée du stade de vivante à morte à vivante. Je crois qu’en fait c’est un fantôme.

Mais voilà, il est maintenant 23h à Shilin, on n’a toujours rien mangé, tout est fermé, toutes nos affaires sont à Kunming et on est fatigué de toutes ces émotions et plus de bus pour nous ramener. La police nous amène à l’hôtel du site ou le prix d’une chambre est de 230 Yuan (30euros). Je ne vais pas payer 30 euros alors que j’ai un lit douillet qui m’attend à 100 bornes. La police négocie à 180 Yuan (23euros). Je dis à Ben qu’on va devoir dormir sur les bancs de l’entrée de la gare de bus. On prend place, gelés et affamés et puis la police revient et nous annonce 120 Yuan (15 euros). Banco, il fait trop froid ici. On découvre une super chambre avec deux vrais lits, une grande télé, des chaussons, des peignoirs et des grandes serviettes, des brosses à dent, du thé, tout ce qu’il faut sauf du chauffage. Je décide de prendre ma douche pour me réchauffer et rebelotte, pas d’eau chaude à minuit. Je me couche le ventre vide, tremblante de froid et d’émotions plein le corps.

22/11 – une journée beauté presque ratée

A 8h, on est sur le pied de grue attendant le premier bus qui ne paraîtra pas avant 45 minutes.

On achète un peu de croissant à la boulangerie une fois arrivés à Kunming et à la gare, on prend le bus mais on trouve pas l’arrêt donc on prend un taxi et on rentre à l’hôtel.

Justine pensait qu’on était parti sans elle et voyant que le dernier bus était à 18h, avait décidé de le prendre. En fait elle était juste sortie du parc avant que Ben ne prenne place sur le banc au milieu de tout le monde et comme on l’a pas vu et qu’on pensait impensable qu’elle parte sans nous, on s’est complètement enflammé.

Ben part passer la journée à WallMart qu’il nous vend évidemment comme ‘the best place in the world’ et Justine et moi partons pour trouver un centre esthétique pour nous se reposer de nos émotions.

D’abord on va remettre sa doudoune et mon Jean à une couturière près de l’auberge. Justine est persuadée qu’elle ne la reverra pas (sans raison, tout était clean et sympa), elle rêvera même qu’on lui vole sa doudoune, mais elle l’a récupérera le lendemain sans problème et bien cousue.

Le samedi après-midi, on trouve un Spa où il nous offre du thé sans nous parler et puis nous présente un laser pour nous épiler : euh non la cire ça suffit. Mais la communication est impossible, dans ce centre où un autre alors on va se faire masser par des voyants cette fois : le dos d’abord, puis les pieds et le tout pour pas cher et franchement c’est trop bien.

Le soir on boit du pastis à l’hostel et puis on part découvrir la vie nocturne de Kunming. On se retrouve dans une boîte electro rempli de mecs chinois, et puis on apprend que pour trouver des européens il faut aller au Laowan. Il s’agit d’un club hip hop super agréable mais un peu vide tout de même. Y’a des renoi qui font des battles de dance, des asiat qui jouent au billard et au baby-foot, des français qui clopent et qui boivent, les américains qui s’endorment. On fera pas long feu cette nuit, de retour à l’auberge vers 2h30, c’est dodo.

23/11 – Rien de fou. Ha si ! WallMart.

En route pour WallMart où nous faisons des courses pour le train de ce soir, Ben y court et ne veut plus en partir. Main sur le cœur et larme à l’oeil, nous partons de ce supermarché géant et allons préparer nos affaires. Tout s’enchaîne assez vite, à la gare on se met devant la grille d’entrée au quai où les chinois s’entassent comme des sardines et se bousculent et se poussent comme s’ils allaient voir leur idole. Ce n’est que pour prendre le train.

Le train est assez calme et pas complètement rempli. Nous sommes sur les lits du bas avec de la bonne bouffe, en direction de Guillin pour rejoindre nos amis Dotch du trip désertique mongoliens. En route !

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Cure de pierres dans le Yunnan

Quelques 13h de train et 9h de bus après avoir quitté le Sichuan, nous arrivons dans le Yunnan, prêtes à y passer une semaine. La grisaille de Chendgu fait ici place à un beau soleil et l’on peut enfin s’alimenter sans avoir les oreilles qui chauffent à chaque bouchée.

Lijiang, l’encrier qui ne désemplit jamais.

Baptisée ainsi car ses nombreux canaux seraient à l’image des filets de liquide coulant dans tous les sens après la chute d’un encrier, la vieille ville de Lijiang est une merveille. Partout des minuscules ruelles, des maisons en bois et des ponts enjambant des canaux et ruisseaux ; puis quand on grimpe sur les hauteurs, une mer de toits en tuiles sur fond de montagnes enneigées. C’est agréable de retrouver une ville à taille humaine et, devant ce décor, la fatigue du long voyage que nous venons de faire est très vite oubliée. Nous sommes dimanche et Lijiang fourmille de touristes chinois. Grace au sens de l’orientation aiguisé de Marie, nous trouvons notre hôtel dans ce labyrinthe puis partons flâner dans les rues les plus animées. Il est à peine 20h et les chinois sont déjà en train d’enflammer les pistes de danse ou de faire des vocalises dans des gigantesques cabarets/boites de nuit modernes. Presque poussés à l’intérieur de l’un d’entre eux par un rabatteur de rue, nous nous retrouvons attablés au milieu de serveurs déguisés, de ballons et d’apprentis chanteurs, et commandons deux bières pour trois, notre budget ne pouvant s’aligner sur les tarifs exorbitants de la carte des boissons. Comme si les chinois ne faisaient naturellement pas suffisamment de bruit, ils ont ici à leur disposition les classiques triples mains applaudisseuses en plastique (j’ai beau chercher, je crois qu’il n’existe aucun terme pour désigner ledit objet) ainsi que des gros morceaux de bois pour manifester leur joie en tapant sur la table. Nous tentons tant bien que mal de comprendre ce qui se passe sur scène, entre défis, jonglages avec des cocktails, parodies et chanteurs se prenant visiblement au sérieux, tandis que certains de nos voisins se risquent à venir nous dire « hello » avant de repartir à leur table en ricanant. Je regarde avec de grands yeux autour de moi en me répétant que la Chine c’est vraiment dépaysant.

Virée dans les gorges du saut du tigre

A une centaine de kilomètres de Lijiang, se trouvent les gorges les plus hautes et spectaculaires de Chine (et même du monde vous dirait le Lonely Planet, cependant le routard est plus avare en superlatifs). Leur nom provient d’une légende selon laquelle un tigre, poursuivi par un chasseur, aurait franchi d’un bond le fleuve dans sa partie la plus étroite (30 mètres). Convaincus que nous pouvons faire pareil, si ce n’est mieux, nous partons faire la randonnée de deux jours, qui nous a été presque unanimement recommandée par des voyageurs croisés en route. Toujours accompagnées par Ben, notre nouvel ami américain qui, comme tout américain qui se respecte, trouve que tout sur son passage est « awesome », ou « amazing » voire « fucking crazy » dans les jours les plus fastes, nous intégrons à la troupe Serguei, un russe. Et commençons l’ascension en nous plantant de sentier…C’est comme cela qu’ à peine une heure après être partis, on se retrouve à devoir marcher sur des grillages et se battre contre les ronces pour regagner le sentier officiel. Le paysage n’en est pas moins spectaculaire, déjà. On surplombe le fleuve, des rizières et face à nous, on peut entrevoir quelques pics enneigés. La première journée de marche est assez éprouvante, le chemin étant étroit et caillouteux et les dénivelés assez importants. La vue d’un décor de plus en plus beau récompense nos efforts et pour couronner le tout, on a les gorges pour nous tous seuls ; j’en conclue donc, peut être un peu trop hâtivement, que le chinois est flemmard. Sur la route, on croise quelques petits stands qui proposent essentiellement trois produits : des noix, des snickers et du cannabis (qui pousse visiblement assez facilement), chacun coutant 5 yuan, soit l’équivalent de 80 centimes d’euro. En fin d’après midi, nous arrivons à l’auberge « de mi-parcours » (qui devrait, pour plus de véracité, s’appeler celle des trois quarts mais j’imagine que ça sonne moins bien), charmante à tous égards, si ce n’est celui des propriétaires, acariâtres au possible. Depuis la terrasse « inspirante », on peut contempler des sommets de plus de 5000m. C’est époustouflant et Ben est tellement enjoué que lorsque nous échangeons nos chaussons (les miens étant trop grands et les siens trop petits), il dit avec le sourire que c’est le plus beau jour de sa vie.

Le lendemain, il nous faut à peine plus d’une heure et demi pour retrouver la route principale et, avec elle, Emilie, notre amie française rencontrée à Chengdu, qui nous fait de grands signes en sortant du bus. Frustrés de ne pas avoir atteint notre quota d’heures de marche journalier, nous faisons avec elle une balade en descendant vers le fleuve. Nous pestons contre les nombreux péages improvisés par des riverains soutenant que le gouvernement il est méchant et que les sentiers ils les construisent et les réhabilitent eux même. D’abord. Et si tu essaies de passer sans payer, je te tape ; bien que je sois une petite vieille dame bossue et que toi jeune américain impertinent, tu mesures 1m85…Puis nous regagnons Lijiang où nous attend notre train pour Kunming.

Kunming et la forêt de pierres où Marie m’a crue morte

Du bruit, des artères à huit voies, des véhicules et des panneaux publicitaires partout, ca y est nous voilà de nouveau dans une bourgade chinoise moyenne de 4,5 millions d’habitants. Kunming n’a pas grand intérêt si ce n’est quelques temples, un marché aux oiseaux (qui est en fait une gigantesque animalerie à ciel ouvert où l’on peut, pour des sommes dérisoires, faire l’acquisition d’un serpent, d’un cochon, d’une mygale ou de mignonnes petites grenouilles fluo) et des aveugles en blouse blanche proposant des massages dans la rue piétonne. C’est pourquoi dès le lendemain, nous nous rendons à la célèbre forêt de pierres, principale attraction du Yunnan, classée au patrimoine de l’UNESCO. Il s’agit d’un vaste ensemble de rochers karstiques gris aux formes ciselées et tailles diverses (certains font plusieurs dizaines de mètre), collés les uns aux autres, composant ainsi un labyrinthe dans lequel on peut se perdre pendant des heures. Nous décidons de partir chacun de notre côté et choisissons, au hasard, parmi les nombreux sentiers balisés que compte cette « forêt ». Bien que ce soit l’un des spots les plus touristiques du pays, l’ensemble est gigantesque et le chinois flemmard (et hop je passe d’un jugement hâtif à une vérité intangible), si bien que très vite, je me retrouve seule en compagnie de quelques papillons désespérés de trouver la sortie. C’est assez irréel d’emprunter ces sinueux et étroits sentiers au milieu de tous ces pics. Parfois, les passages sont tellement étroits qu’il me faut me contorsionner pour les franchir. Et puis je se retrouve sur un point en hauteur, dominant l’ensemble et de là, des pics à perte de vue et le bruit du vent dans les pins. Les formes des pitons évoquent aux chinois une multitude d’objets ou d’animaux et sur les panneaux d’indication, l’on peut voir le fruit de leur imagination débordante. Là où ils voient un rhinocéros contemplant la lune, une femme attendant son époux, ou encore un sphinx chevauchant l’éléphant (ou le chameau, ou bien guettant le vieillard en promenade je ne sais plus), moi je ne vois que des cailloux. Magnifiques certes, mais des cailloux quand même. Au bout de quelques heures, revenue dans le centre de la forêt et bien mécontente d’avoir retrouvé le flot des touristes chinois (ceux qui crient, crachent, se bousculent, prennent trop de photos, sont flemmards.. ah peut-être en ai-je déjà parlé auparavant?), je décide de sortir pour attendre Marie et Ben au point de rendez-vous. Il est 16h10 et nous avons convenu de nous retrouver à 17h. A 17h15, ne les voyant pas arriver et considérant l’éventualité d’avoir mal compris le point de ralliement, je me rends à l’entrée principale puis à la station de bus. Toujours aucun des deux à l’horizon. Or, pendant que je monte dans le dernier bus, pensant que mes compères m’ont devancé pour une raison ou une autre, j’apprendrai plus tard que Marie est devant les caméras de vidéo-surveillance et parle dans les hauts parleurs à tous rochers qui voudront bien l’entendre, disant que je ne dois pas m’inquiéter si je suis blessée et qu’elle va me retrouver. Ben dirait certainement que c’est le plus gros malentendu de l’histoire des malentendus. En tout cas, Marie raconte à la perfection les quelques heures durant lesquelles je suis passée, dans son esprit, de l’égarement à la mort puis à la vie. Récit à suivre 🙂

 

 

 

 

Du 09/11 au 14/11

09/11

Arrivées à l’aéroport nous voyons une multitudes de pandas en peluches dans des vitrines, ça annonce la couleur.

Nous rejoignons l’hôtel assez facilement après avoir pris un bus et le métro. Nous découvrons notre dortoir et décidons de se réchauffer par un bon chocolat chaud. Dans la salle commune ou le froid est roi, nous faisons la connaissance de 3 couples français. Après une après-midi relax, un bon dîner et les parcours racontés, nous partons nous dormir dans notre dortoir, sans chauffage.

 

10/11

Je pars participer à la visite gratuite du quartier organisé par l’hôtel et je rencontre Aki, un japonais en voyage (c’est tellement rare que je me sens le devoir de le notifier !). Notre guide s’appelle Yang Ya et son nom traduit est Mary, vous connaissez donc mon nom chinois. Sexy, hein ?

La visite est très agréable, nous passons au travers d’un marché qui vend fruits et légumes à même le sol, une femme donne des coups de pieds dans une tortue en laisse pour vérifier qu’elle est vivante ce qui me met hors de moi.

Plus loin dans la balade, nous voyons un homme qui jette des boulettes de riz dans ce qui semble être de la chapelure, nous faisons un petit tour autour d’un temple les mains jointes pour avoir de la chance, jetons une pièce dans une fontaine, brûlons de l’encens, ça pue, y’a rien à faire ça me pique les narines, même si le rituel est sympa. Espérons que toutes ces démonstrations me porteront chance !

L’après-midi nous partons tous les deux (le jap et moi) explorer le temple Qinyang Gong dont l’entrée est assez difficile à trouver. Ce temple dont la traduction signifie Temple des Chèvres de Bronze doit son nom à une apparition de Laozi sous la forme de deux chèvres. On les aperçoit devant le palais des Trois Puretés, devant lequel les deux célèbres chèvres sont accroupies, polies par la caresse de milliers de mains. Celle qui cornue est bizarre car son corps est une combinaison des 12 animaux du zodiaque chinois : oreilles de rat, patte de tigre, queue de serpent etc.

Nous nous dirigeons dans les petites rues derrière le temple et nos ventres commencent à gargouiller aucun street food ou restaurant inspirants. Nous achetons quelques gâteaux pour patienter. Nous en achetons d’abord 2 et le prix annoncé était tellement bas qu’on a presque dévalisé la boutique !

Nous nous dirigeons ensuite vers le temple des 3 royaumes (Wuhou Ci) et nous baladons dans le grand jardin et les ruelles où je finis chez Starbuck, un panini dans une main et un chocolat chaud dans l’autre. Nous continuons notre balade le long des rivières et des sentiers peu balisés et tombons sur une chorale de cuisinier. On aura tout vu !

Aventuriers du bus chinois, nous nous arrêtons devant la plus haute statue de Mao au Monde (Routard tu t’y mets aussi ?!) et rentrons à pied où nous dînons un bon repas chaud avant de rejoindre nos chambres gelées.

11/11

Réveillée à 1h du matin par notre colocataire de dortoir qui allume la grande lumière puis qui commence à parler au téléphone en se mettant dans son lit. Je tousse gentiment pour lui faire comprendre qu’elle n’est pas toute seule dans la chambre, puis un peu plus fort puis je dis « excuse me » puis je cogne sur le lit et, une demi-heure plus tard, n’ayant toujours pas compris qu’elle me dérangeait, j’ouvre le rideau et notre discussion prends la tournure suivante :

  • «  Excuse moi, tu peux sortir pour téléphoner ? »
  • Je ne parle pas fort, ça ne devrait pas te déranger
  • « Ca me dérange, donc tu sors ou tu arrêtes »

Elle a tiré son rideau violemment et a arrêter de téléphoner.

Le lendemain matin elle s’est levée très tôt et je ne l’ai pas vu. Je me suis aussi levée tôt aussi et suis allée voir les pandas à la base de reproduction des pandas de Chengdu. La Chine a depuis longtemps adopté cette espèce pour mascotte, synonyme de lutte pour la protection des animaux.

Clairement les pandas sont trop trop trop (trop ?) mignons.

Le panda est une grosse peluche qu’on a envie de prendre dans nos bras. Le panda ne chasse pas, il mange du bambou assis ou allongé avec un air pataud ce qui lui confère un aspect ultra sympathique (plus que celui des ours, car oui, le panda fait partie de la famille des ours). Il est tout arrondi et semble tout mou, bref le panda me fait craquer.

Sur le chemin, mon ami japonais Aki rencontre une indienne qui dort aussi à l’auberge. Nous finissons la balade en sa compagnie et repartons pour le centre de Chengdu où nous déjeunons dans un bouï bouï. Déjeuner est un bien grand mot puisqu’à part du poulet avec des os ou des morceaux de poulet froid je ne mange que du riz à moitié froid avec des infimes morceaux de maïs. Aki m’apprend que les signes chinois pour panda veulent en fait dire bear cat (chat ours) et que les signes pour ordinateurs sont perfect brain (cerveau parfait). En japonais Marie voudrait dire : vrai bénéfice. Pour qui pour quoi, suspens !

Nous passons l’après-midi avec Agiya, ma nouvelle copine indienne qui me raconte des tas d’histoires et de légendes passionnantes sur l’Inde. Agiya part l’après-midi même et nous nous faisons un gros câlins promettant de nous revoir incessamment sous peu en Inde ou ailleurs. Prête à partir, je m’aperçois que je reconnais la valise qu’elle tient à la main, c’est en effet cette même valise qu’il y avait dans ma chambre la nuit précédente, et à part Justine, il n’y avait qu’une seule autre personne. Et oui, c’est bien sur elle que j’avais hurlée la nuit précédente. L’avait-elle deviné ? C’est un mystère qui restera en suspend.

La journée se termine tranquillement et notre tour pour Jiuzhaigou booké ainsi que l’heure de départ dévoilé : 4h du matin, nous partons vite nous coucher.

12/11

Plusieurs personnes ayant fait interruption dans notre chambre à des heures différentes, je n’ai malheureusement pas pu dormir et le levé à 3h n’a pas été si rude que prévu. Tous prêts, nous partons avec Emilie et Simon, rencontrés à l’auberge Mix Hostel à Chengdu, dans un petit van attendre notre bus a quelques km de l’hôtel. 1h d’attente dans le froid plus tard, nous faisons la connaissance de Ben, un américain qui était prof d’anglais à Séoul ainsi que Shin, un Malaysien qui parle et chinois et anglais et qui se propose de faire notre traducteur pendant ces 3 jours.

Le bus arrivé et nos compatriotes chinois rués dedans, nous prenons places et pensons dormir tranquillement sauf que le bus n’est pas chauffé ! Mon jean est de plus en plus troué et j’ai vraiment froid. Nous faisons un stop à 9h30 pour prendre le déjeuner, du riz, des carottes, du cèleri, de la viande non identifiée, des champignons tout gras et d’autres

aliments à l’aspect répugnant. Notre guide nous informe que ce sera le meilleur repas. Ça promet !

De nouveaux dans le car avec nos amis chinois, nous partons pour Minugu, le temps n’est pas au rendez-vous, il fait froid et gris mais la balade autour des chutes d’eau est agréable.

Le guide ne s’arrête pas de parler, mais il parle en chinois et les hauts parleurs sont au-dessus de chaque tête dont la mienne, et lorsqu’il se met à chanter, je perds tout espoir de réconfort. J’essaie de m’endormir quand le guide nous fait savoir qu’il ne faut pas somnoler lors de la montée, ça provoquerait des mots de tête.

C’est gelée que je finis par arriver à l’hôtel. Une grande chambre avec des matelas électriques. La propreté n’y est pas et les draps surement utilisés plus d’une fois.

Une bonne douche chaude, c’est ce que j’espérais pour me réchauffer et c’est toute nue, tremblant de froid que je comprend que l’eau est aussi chaude que la température extérieure. J’apprends plus tard qu’il y a des horaires pour l’eau chaude. Vivement 20h !

Nous partons assister à un show très rudimentaire de villageois. Les hommes d’un côté et les femmes de l’autre, nous avons en très petites portions devant nous quelques patates, des algues, de la viande de yak et du pain rassis.

Nos hôtes se mettent à chanter (crier est plus exact) et nous devons sans cesse hurler Tachitere (je ne sais pas ce que ça signifie, mais probablement merci en tibétain).

Nous achetons une bière à 9 degrés pour nous réchauffer et allons dîner du riz, des légumes sans goût et de la viande non identifiée. C’est vraiment mauvais.

Nous jouons aux dés le soir dans une chambre sans chauffage, prenons une douche chaude certes mais sans pression et entrons dans des sacs de couchages chauffés grâce aux matelas électriques.

13/11

Se lever quand la température de la chambre est identique à la température extérieure c’est à dire 0 degré est un défi que je réalise avec beaucoup de difficulté, d’autant plus à 7h du matin.

Le PDJ n’est pas meilleur que le dîner de la veille, une sorte de pain tout mou et tout mauvais avec une soupe au riz.

Le temps se lève et révèle un soleil somptueux.

En route pour la réserve naturelle de Jiuzhaigou (ravin aux neuf villages). La vallée doit son nom aux neuf villages tibétains qui y sont disséminés. Selon la légende tibétaine, un dieu offrit un miroir à la déesse qu’il aimait. La déesse laissa tomber le miroir qui se brisa en 118 morceaux, formant autant de lacs. En vrai ce sont des avalanches qui ont interrompu le cours des rivières pour former les lacs. C’est le calcaire d’un ancien plancher océanique qui constitue l’élément géologique principal. Sa dissolution donne aux eaux leur nuance émeraude ou turquoise en fonction de la lumière du jour. Nous passons la journée ébahit devant ses couleurs magnifiques et ce si grand parc si bien aménagé. Très peu d’occidentaux et beaucoup de chinois qui considèrent le lieu comme magique et on les comprend.

Sur le chemin de retour au bus, nous passons devant plusieurs petits shops de gâteaux au sésame, gâteaux pour lesquels je craque complètement (Muss, il vaut mieux que tu ne passes jamais par là).

Après le même dîner que la veille, nous partons assister à un vrai spectacle tibétain avec de vrais décors, costumes et chants. Sur chaque siège est déposé une main en plastique, qui, quand on l’agite faite beaucoup de bruit et remplace l’applaudissement. Ça me fait beaucoup rire et je l’agite sans arrêt, je voudrais bien la ramener à la maison.

14/11

Il est 6h30 quand une première personne vient nous crier dessus car nous n’avons pas daigné nous rendre au PDJ.

Et puis à 6h55, une autre personne nous hurle qu’il est temps de partir (c’est une supposition, je ne me suis pas encore réveillée bilingue dans la langue du pays dans lequel je suis). Le départ est à 7h, nous avons une minute de retard lorsque nous montons dans le car et tout le monde fait la gueule.

Le bus a gelé, en grattant la vitre on aperçoit de la glace. Cette fois j’ai pris mon duvet, Hallelujah.

Nous faisons une courte pause dans un village tibétain ou une guide, super équipée parle dans un micro sans s’arrêter. Plus d’1 heure sans s’arrêter, décrivant chaque objet de la pièce dans laquelle nous nous trouvons (bracelet, ceinture, bol…). Même le guide s’endort !

J’ai faim mais les madeleines que j’ai achetées sont périmées depuis le 11/08.

Nous rentrons à Chengdu sans problème, retrouver le froid de l’hostel et de la chambre. Demain, nous partons pour Lijiang.

 

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Dépaysement dans le Sichuan

L’arrivée à Chengdu est un peu morose ; il pleut des cordes et nous avons perdu au moins dix degrés par rapport à Hong Kong. L’achat des billets de bus pour rejoindre le centre ville se révèle être un casse tête. Après trois semaines hors de Chine continentale, on avait presqu’oublié que la maitrise de l’anglais basique pour les touristes désorientées que nous sommes y est encore perfectible !

L’arrivée au mix hostel me remonte le moral ; une ambiance chaleureuse, des lampions rouges comme je les aime accrochés un peu partout et puis trois couples de français adorables, ayant à peu près le même itinéraire que nous. Je passerai les jours suivants en compagnie de l’un d’entre eux, Emilie et Simon, montpelliérains d’adoption.

Une demi journée avec les pandas

Le lendemain de notre arrivée, je me lève aux aurores pour aller gambader avec Emilie et Simon dans la seule réserve de pandas au monde. Nous sommes au pied de guerre à 6H50 et partons sans attendre que le brouillard veuille bien tomber. Confiants d’être parmi les premiers, nous constatons devant la grille de la réserve qu’une trentaine de chinois nous a encore devancés. Qu’à cela ne tienne, nous courons avec eux pour ne pas manquer le réveil de l’effigie de la province du Sichuan. Réveil qui se fait attendre : presque partout où nous allons, nous ne trouvons que le personnel en bottes et ciré, affairé à nettoyer et ravitailler les enclos en bambous. Les pandas roux se réveillent les premiers. On ne sait toujours pas à quoi ces derniers doivent leur titre de pandas car ce que l’on a en face de nous semble être un croisement entre un renard et un raton laveur. Mignon tout de même. Puis nous voyons enfin notre premier « vrai » panda, qui sort nonchalamment de son abri nocturne pour venir s’asseoir en face de nous et nous offrir, tel un roi à sa cour, le spectacle de son petit déjeuner. On est partagés entre rires et attendrissement devant ce qui ressemble à un adolescent avachi devant la télé (beaucoup de pandas mangent presque allongés sur le dos!) en train de dévorer plusieurs paquets de mikados. C’est tout simplement génial. Certains montent aux arbres et semblent avoir des difficultés à en redescendre, d’autres se chamaillent gentiment. Le panda est un animal assez passif à tous points de vue, il passe environ la moitié de sa journée à mastiquer du bambou et l’autre à dormir. Il a une très faible activité sexuelle à tel point que dans la réserve on force sa reproduction à coup de fécondations in vitro. Le clou du spectacle après quelques heures d’émerveillement (et un léger ras le bol du flot de chinois maintenant en masse sur le site qui hurlent et se donnent des coups de bâtons à selfie) : la nurserie où dorment à poings fermés une dizaines de bébés pandas, âgés d’à peine quelques mois.

 

Le graaaand buddha de Leshan

 Maintenant accoutumée aux réveils matinaux, je renouvelle l’expérience le lendemain pour me rendre à Leshan, en théorie à deux heures de Chengdu, en pratique à plus de quatre heures. On y trouve l’une des attractions principales du Sichuan, un buddha de soixante dix mètres de haut, sculpté à même la roche. Fruit d’un caprice d’un moine il y a plus de mille trois cent ans, il visait à protéger la vallée des inondations fréquentes. Cela a visiblement fonctionné et c’est aujourd’hui un lieu de pèlerinage important dans toute la Chine. Comme la veille, il nous faut jouer des coudes pour gagner nos dix centimètres d’espace vital et faire quelques clichés de sa majesté, dont les orteils font près de six mètres de long. Il y a un embouteillage monstre dans le petit escalier en colimaçon qui nous permet de passer de la tête aux pieds. En chemin, plusieurs chinois nous demandent de poser sur leurs photos. C’est désormais notre quotidien, pauvres stars occidentales à notre insu, dans cette région de Chine où les touristes étrangers se font encore relativement rares. Une fois le bain de foule passé, nous nous éloignons pour visiter les temples attenants et tombons sur un groupe de moines en train de chanter des cantiques. Le spectacle visuel et auditif est assez émouvant et je regrette de ne pouvoir filmer ces prières lancinantes.

 

Vis ma vie de touriste chinois

 Nouvelle escalade dans l’heure du réveil : 3h30 le lendemain, direction Jiuzhaigou, un parc naturel au nord de la province. Toujours accompagnées d’Emilie et Simon, ainsi que de Benjamin, un américain de l’Alabama rencontré en chemin, nous avons , pour des motifs économiques ainsi que d’acculturation, choisi de faire l’expérience du tour organisé chinois. Vous vous êtes toujours demandé ce que ça faisait que de se retrouver au milieu d’un car rempli de chinois, les vrais de vrais avec leur(s) appareil(s) photo, suivant le guide qui a micro et parapluie de ralliement intégrés ? Et bien nous l’avons testé pour vous.

Etre touriste chinois c’est d’abord poireauter entre 4h et 5h du matin sur un boulevard, en mangeant des œufs durs et en achetant des coussins gonflables. C’est ensuite, lorsque le car pointe enfin le bout de son nez, courir à toute allure, au risque de se faire écraser, pour dépasser ses compères et monter en premier (quand bien même il y a au moins dix places de plus dans le car que de passagers). Nous restons interloqués et prenons sans rechigner les places du fond. C’est parti pour 10 h de trajet. Le guide parle (hurle ?) régulièrement dans le micro et doit certainement dire des choses extrêmement passionnantes, dont nous ne saisissons évidemment pas la moindre bribe ni même idée globale du contexte. De temps en temps, il va jusqu’à pousser la chansonnette. Mon voisin de gauche est séduit et s’en donne à cœur joie pour reprendre à tue tête les refrains et applaudir. Ensuite, il crache dans un seau, mais je ne sais pas vraiment si je dois en tirer un lien de cause à effet. Nous nous arrêtons pour déjeuner à 9h30 (comme on est levés depuis plus de cinq heures on fait comme si  c’était une heure honnête pour le déjeuner). Nous dévisageons les plats arriver sans pouvoir identifier leur nature. Je goute un champignon gluant et ce que je pense être une nouille avant d’essayer de recracher le tout discrètement dans mon bol. Je me console avec le riz, là au moins il n’y a jamais de mauvaise surprise. Dans l’après midi, nous arrivons au premier parc naturel où de jolies cascades nous attendent, puis continuons notre route vers notre hôtel, à l’entrée du parc de Jiuzhaigou. La chambre que nous partageons avec Emilie nous paraît luxueuse au premier abord, avant que nous ayons le malheur de vouloir déplacer quelques meubles. Partout des tas de poussière accumulés depuis des années et des entrelacs de fils dénudés. Nous réaliserons vite que le seul luxe de la chambre tient au matelas chauffant, invention que nous trouvons géniale alors quand c’est l’unique source de chaleur et qu’il fait moins de cinq degrés à l’extérieur.

En début de soirée, nous avons droit à ce qu’on comprend être un show tibétain (le Tibet n’est qu’à quelques centaines de kilomètres du parc et l’influence dans les rites et l’architecture des villages est assez notable). En réalité, c’est une vaste blague avec des pseudo cérémonies et une chinoise avec une casquette de panda rose qui chante plus que faux et finira par nous inviter à danser sur de la techno Sichuannaise !

Le diner est à la hauteur du déjeuner : infect. Le riz est mon meilleur allié.

Après une fin de soirée à jouer aux dés et aux cartes avec nos amis français et américain et une nuit à se demander si l’heure n’est pas venue pour nous de finir électrocutées, nous retrouvons notre guide braillard et nos voisins cracheurs pour aller à l’assaut du parc. La journée est alors un émerveillement continu : des lacs aux mille nuances d’eaux turquoises, des forets vertes, oranges et rouges s’y reflétant comme dans un miroir, des cascades sur fond de sommets enneigés. Les mots nous manquent à chaque nouvel arrêt : pour Benjamin, l’américain, c’est « hogwild » (comprendre « cochon sauvage », l’équivalent de notre « oh la vache »), pour Simon « ça claque la cha… » (censuré par l’auteur). Pour tous, c’est du jamais vu et nous ne voyons pas le temps passer. Un second show nous attend en fin de journée, un peu plus professionnel cette fois, avec des chanteurs chantant un peu moins faux et des dragons dansants. En réalité, nous sommes davantage séduits par l’objet que nous avons à notre disposition pour applaudir (trois petites mains en plastique verte, rouge et jaune, reliées entre elles) que par ce qui se passe sur scène.

Malheureusement pour nous, le tour ne prévoit qu’une journée dans le parc et nous reprenons notre bus le lendemain – aux aurores vous l’aurez deviné. A nouveau près de dix heures de trajet : il gèle (au sens propre) dans le bus, le guide chante, le voisin crache, j’adore le riz, on me bouscule, les paquets de souvenirs s’accumulent dans les couloirs. Pas de doute, je suis toujours dans un car de touristes chinois.

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Du 03/11 au 09/11

03/11

Levées à l’aurore pour prendre les métros et rejoindre l’aéroport d’Osaka, nos sacs y sont empaquetés comme des sacs de reines, avec vachement de soin et d’attention. Et oui, jusqu’au dernier moment le Japon a été impeccable.
Nous voyageons avec Cathay Pacific qui n’a pas la même classe que Japan Airlines. Pas de glace Häagen Dazs.
Arrivées à Hong Kong, les salutations des employés sont bien moindres qu’à notre arrivée au Japon, nous voici de retour à la réalité.
Nous arrivons à rejoindre l’appartement d’Elin et Gaël situé dans le quartier bourgeois d’Happy Valley. C’est un vrai plaisir que de retrouver ma jeune fille au pair, mon baby-sitter et leur 3 magnifiques enfants dans un appartement super cosy. Un colis plein de fromage, de foie gras, de saucisson et de mots fléchés (il fallait calmer les ardeurs de Justine) est arrivé le jour même ! Merci Muss ! Merci Papa.
Elin me montre une baguette pour accompagner tous ces mets, mon cœur s’emballe, il faut que je repère où Eric opère, ce que nous partons faire très rapidement. Une fois le chemin de la boulangerie Eric Kayser imprimé dans ma mémoire, nous buvons un verre et fêtons nos retrouvailles dans un bar irlandais peuplé d’occidentaux.
Nous nous délectons de dumplings faits maison, de fromage et de vin ainsi que de pain ! J’aime déjà Hong Kong.

04/11

Dans le Star Ferry nous apercevons les immenses buildings d’Hong Kong ainsi que la forêt qui encercle cette ville si particulière. Hong Kong qui signifie « port aux parfums » est la capitale de la finance et du commerce. La ville obéit au principe « un pays, deux systèmes », qui lui permet de conserver son système légal, sa monnaie, son système politique, et ses lois sur l’immigration.
Nous nous baladons sur l’avenue des stars le long de la côte ou les mains de Jackie Chan ou Bruce Lee rythment notre balade, sous un temps de grisaille.
Nous partons sur Nathan Road, l’avenue principale de la région de Kowloon, où une petite centaine de manifestants et de tentes persistent. Les manifestations sont menées par des militants pro-démocrates, ils s’opposent au gouvernement chinois et à son projet de limiter la portée du suffrage universel pour l’élection du chef de l’exécutive de Hong Kong en 2017. A la fin septembre, cette protestation prend le nom de révolution des parapluies en raison de l’utilisation de parapluies par les manifestants pour se protéger des gaz lacrymogènes. (Merci Wiki).
Je m’arrête m’adonner à ma nouvelle passion, le chocolat chaud de Starbuck ou des grandes questions continuent d’affluer dans nos esprits : pourquoi n’y a-t-il pas autant de Starbuck en France qu’à l’étranger ?
Nous nous dirigeons ensuite vers le marché aux fleurs ou Justine me demande ce que ça fait une plante carnivore. Je suis désolée de ne pas avoir de moustique à ma disposition, mais tu peux lui donner ton doigt, je crois que tu comprendras assez vite.
C’est également dans le quartier de Kowloon que nous nous rendons au marché aux oiseaux. Les oiseaux remplacent nos chiens et nos chats et font de la classe des Aves les animaux domestiques préférés des Chinois. Les alouettes, les coucous, les mésanges et bien d’autres sont enfermés dans des cages minuscules. Je ne m’appelle pas Brigitte mais ça me fait mal au cœur de les voir tous gazouiller si tristement.
Direction le ladies market, une grande rue pleine de fausses maroquinerie, de montres, de bijoux, de vêtements et d’accessoires ainsi que d’appareils électronique. Evidemment je suis fascinée, ce qui ne semble pas être le cas de ma compagne de voyage qui marche à vive allure sur ces quelques km.
Nous visitons le temple de Tin Hau qui sent l’encens de très loin et ça me fait mal au nez. Justine retrouve ses mochis japonais et est ravie.
De retour sur l’île, nous nous baladons dans les marchés aux poissons et découvrons l’horreur, un poisson dont la tête a été coupée bouge encore et dont le corps qui a été séparé en deux nous laisse entrevoir le cœur qui bar encore. C’est terrifiant. SCANDALEUX. Justine voudra me faire croire que ce sont des spasmes.
Nous rejoignons Gaël qui nous amène boire un verre en haut du Henessy Building où la vue sur la ville illuminée est magique.
3 cocktails plus tard, Gaël s’aperçoit que le temps à passé et qu’Elin nous attend depuis 30 minutes au restaurant Din Tai Fung (1 étoile au guide Michelin en ayant une capacité de couverts supérieure à celle de Chartier, en ayant les toilettes accessibles uniquement par escalateur et accessibles à tout le building, nous devons même cocher les plats choisis sur un bout de papier). Lorsque la nourriture arrive, je comprends immédiatement pourquoi cette étoile. Le service est rapide et gentil, les dumplings sont à tomber. Je vais en rêver quelques temps.

05/11

Debout à 7h pour être prêtes à l’ouverture de chez Kayser. Je ne me suis jamais levée avec autant de facilité depuis un moment! L’envie du bon pain frais et des croissants est trop forte pour rester dans mon lit.
Nous déjeunons comme des rois et partons pour le Peak ou la grisaille continue de nous suivre. La conversation tourne autour du saut à l’élastique, discussion présente depuis le début du voyage ceci-dit, mais là ça se rapproche vraiment.
En descendant la montagne, je trépasse et manque de dévaler la montagne en roulé boulé.
Nous prenons le funiculaire et nous dirigeons vers le ferry : en route pour l’île de Cheung Chau, île de marins pêcheurs avec un port magnifique, de superbes plages ainsi que d’une foret magnifique.
Lorsque nous revenons sur Hong Kong, c’est la folie à Central (équivalent du châtelet parisien en réellement 10 fois pire). Nous marchons sur des km et des km avant de pouvoir trouver le métro, et quand t’as envie de faire pipi, c’est forcément encore pire.
Rentrées, Elin a préparé des supers lasagnes, je mange pour 10, c’est délicieux, je dois ressemblée à une affamée. Après une rapide douche, car malgré le temps pourri il fait super lourd, nous partons pour les courses de chevaux. Je pensais y rencontrer un riche et vieil expat, malheureusement les courses n’ont pas repris ! Nous nous rabattons au bar du coin, toujours rempli d’occidentaux et où des hollandais, leur pinte à la main nous hurle dans les oreilles.

06/11

C’est parti pour Macau !
Je suis super motivée pour sauter tout de suite en arrivant mais Justine préfère aller se balader alors, nous partons nous balader !
Paradis du jeu, l’île est connu pour être le Las Vegas de l’Asie. Au milieu des hôtels de luxe et des casinos gigantesques, nous avons pu découvrir les très beaux vestiges laissés par les portugais, un régal pour les yeux, avec ses églises et ses petites ruelles.
Après ces quelques heures passées à errer dans les rues en gardant toujours la fameuse tour dans notre ligne de mire, nous nous y dirigeons. Arrivées dans le hall ou la sympathique vendeuse nous parle des différentes activités, je me sens oppressée, je crois que mon vertige m’empêchera de monter en haut. Justine achète son billet des l’entrée, car d’un point de vue financier, c’est intéressant. Les malins ! Tu n’as plus le choix maintenant. Et c’est parti, je vais en direction de l’atterrissage et j’attends. La première personne qui saute me fait hurler : WAAAAAAIIIIIIII ALLEEEEEZ, tout le mince public se retourne vers moi, je vais au devant du gros matelas, prête à accueillir Justine quand je vois qu’on « décroche » un homme. Me revoici la tête pliée en deux pour regarder le saut. Une autre personne se prépare, je repère asse vite que ce n’est pas Justine. Et la troisième ça y’est, je me sens mieux quand je la vois arriver avec un sourire qui ressemble au sourire de l’ange, ces lèvres vont mettre un bout de temps à retrouver leur moue, elle est toute excitée et heureuse ! J’ai envie de pleurer me dit-elle ! Allez viens faire un câlin !
Elle doit remonter pour aller chercher sa vidéo, je lui dis que je l’attends à l’atterrissage. Le temps passe, toujours pas de Justine.
C’est alors qu’un garçon qui réceptionne les fous vient fumer sa cigarette à côté de moi et que je reconnais dans le talkie wakie la voix de Justine et quelques secondes plus tard l’instructeur qui dit « one, two, three ». Je la reconnais presque immédiatement à ses cris de folie.
– « Justine qu’est ce que t’as pas compris dans ‘je t’attends à l’atterrissage, descendant de l’ascenseur’ ?!
Et puis comme ça suffisait pas elle l’a fait à l’envers. Avec qui suis-je partie ?
De retour sur notre île de résidence, je suis à la fois excitée d’avoir vécu ce moment privilégié en direct mais ai aussi quelques remords. Dans tous les cas je n’aurais même pas été capable de prendre l’ascenseur donc bon, ça aurait été compliqué. La prochaine fois sur une montagne ☺

07/11
En plus de la grisaille, la pluie a fait son apparition. Restée tranquille ce matin, je m’en vais à la poste rigoler avec la postière jusqu’à ce qu’elle m’annonce que j’ai à régler 40 euros, moment ou mon sourire se fige.
Revenue devant l’appartement, le gardien ou maître portier a disparu, je n’ai jamais utilisé l’interphone et essaye désespérément d’appeler un appartement sans que personne ne m’ouvre jamais. Je reste donc sous la pluie attendant que le Bon Dieu réponde, ce qui arrive assez vite heureusement.
C’est trempé que je rentre avec des victuailles qui m’ont coûté un bras. Des pâtes, des tomates cerises et de la fêta pour plus de 10 euros.
Nous nous régalons et je commence à regarder Charlie et la Chocolaterie quand Gaël fait son apparition et propose de nous emmener faire un tour. Les enfants rentrent et je me dis que je ne peux pas les couper de Charlie, je décide donc de rester ce que je ne regrette pas quand je vois l’averse qui surgit.
Elin rentrée, et les enfants prêts à se coucher, nous partons rejoindre Justine et Gaël dans un restaurant (après plus d’1 h de route). Enoteca à Soho. Nous y rejoignons Johann, un de leurs amis suédois, mais également Pauline (nièce d’amie de Gaël), son mari et un de leurs amis. Attablée à 8 dans un restaurant servant des tapas, le rire aux oreilles et un verre dans chaque main (une main par personne), je sens que la soirée promet d’être riche en émotion et je ne suis pas déçue. Justine et moi, les survivantes, finissons à l’aube dans un club à Soho.

08/11
Le réveil fut compliqué, cependant ce soir nous serons les Chefs et nous nous devons de donner le meilleur de nous même. Les courses faites et le porte monnaie vide, nous mettons tout notre cœur à l’ouvrage et réalisons des feuilletés aux tomates en apéro, accompagné du saucisson envoyé par papa et maman et de Champagne (oui encore un jour avec alcool), suivi du foie gras également envoyé par papa et maman, nous cuisinons une super salade de choux rouge (raisin, pomme, noix, chèvre, …) et un super cake (tomates cerise, fêta, olives), et en dessert un crumble pomme poire chocolat !
C’était très bon, je nous félicite encore pour ce souvenir qui a régalé mes papilles et j’espère celles de tout le monde !
Après cet excellent dîner ce sont les au revoir avec les enfants, et puis un gros dodo.

09/11
Merci pour tout Elin et Gaël, je reviendrais ☺
Belgrade ? Chicago ? Londres ? Rio ?
Je compte sur vous pour la destination 😉
China here we come !

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« Oh c’est haut ! C’est haut ! Hong Kong et Macau »

Où est ce qu’on appuie sur le bouton stop ?

Hong Kong compte plus de sept millions d’habitants sur mille kilomètres carré ; c’est dire s’il faut en mettre des gratte-ciel pour faire tenir tout ce monde. Sur la route qui nous mène de l’aéroport à l’île principale, nous avons un condensé de ce qu’est cette « région administrative spéciale » : de grands buildings à perte de vue, des entrelacs de routes et de ponts et tout autour des collines vertes, qui semblent presque intactes, comme délaissées par l’Homme.

Nous sommes accueillies et hébergées par un couple franco-suédois, Eline et Gaël (qui étaient les babysitters de Marie il y a vingt ans) et leurs trois enfants, Inès, Elias et Lovisa. Tous sont beaux, brillants et généreux, un vrai petit cocon où il fait bon vivre. En quête des lieux de visite à ne pas rater pendant notre séjour, Gaël nous répond qu’à Hong Kong il n’y a pas vraiment de musées ou de temples dignes d’intérêt. Il faut juste vire et sentir  Hong Kong  en s’y promenant.

C’est ce à quoi nous nous attelons dès le lendemain en commençant par prendre le « star ferry ». A l’instar du ferry boat marseillais (et oui, on a les références chauvines qu’on peut :p), c’est ici une institution. Le trajet coute 30 centimes d’euros, dure dix minutes et relie l’ile principale au continent. Une fois débarquées, nous parcourons la promenade des stars qui donne un magnifique point de vue sur la rangée de buildings d’en face. Malheureusement, le temps n’est pas avec nous et nous peinons à distinguer l’ensemble derrière la brume.

Terre de gratte-ciel, Hong Kong est aussi celle des contrastes. Derrière les rues des Cartier, Rolex et Giorgio Armani, se cachent des ruelles aux immeubles délabrés, aux panneaux lumineux chancelants et poussiéreux et aux petites échoppes peu ragoutantes. Les business man en costume passent, sans même plus les voir, devant les manifestants de la « révolte des parapluies ». Il reste encore une cinquantaine de tentes, bloquant la circulation sur l’avenue principale, mais il y a finalement beaucoup plus de passants et touristes en quête de clichés que de revendicatifs. Faute de concessions faites par le gouvernement chinois et devenant impopulaire auprès d’une partie de la population, le mouvement semble s’essouffler. Et les appels aux marches, au port de costumes et masques ou autres « happening » qui subsistent, sont désormais peu suivis.

La ville principale est le théâtre d’une pollution visuelle et sonore indescriptible. C’est à celui qui mettra le plus d’enseignes sur son morceau d’immeuble et qui klaxonnera le plus sans motif. Ca grouille en permanence ; il me faut jouer des coudes pour ne pas rester bloquée au point mort pendant dix minutes ou voir Marie disparaître dans la foule. La sortie des bureaux de la Défense n’a qu’à bien se tenir face à l’heure de pointe hongkongaise : je n’ai jamais vu autant de personnes entassées dans un même couloir. Les chassés croisés ont quelque chose d’angoissant, les régulateurs de foule, armés d’un micro et d’un rigolo panneau « stop », semblent complètement dépassés.

Après avoir testé l’effervescence, nous nous rendons, le deuxième jour, sur une petite île à une heure du port principal. L’ambiance est tout autre : des barques de pêcheurs, des sentiers où nous nous promenons seules. Même le tumulte des commerces de la rue principale nous semble apaisant. Il semblerait que le gratte ciel soit un animal inconnu, bien que la migration pendulaire pour aller travailler en ville est ici très répandue.

 

Hong Kong vue du ciel

Un soir à sa sortie de bureau, Gaël nous emmène boire un verre sur l’un des nombreux toits terrasse que compte la ville. Celui-là « n’est qu’au 31ème étage » nous dit-il. Une fois sorties de l’ascenseur, nous ne pouvons nous empêcher de crier « whaouuuuuuh » en cœur. Face à nous, un incroyable panorama de buildings à perte de vue et de lumières se reflétant dans l’eau. C’est magique et à ce moment précis, je me sens vraiment privilégiée. Il semblerait que la ville regorge de panoramas similaires et qu’à force, on en deviendrait blasés. Certains habitants rentrant chez eux le soir doivent, selon moi, avoir l’impression d’être dans un film. Il est si commun de vivre à un étage à deux chiffres que la question « êtes vous juif ? » est courante chez les agents immobiliers. J’imagine combien devoir remonter au 46ème à pied un soir de shabbat doit être embêtant.

 

Macau, OVNI asiatique

Bien que la plupart des gens autour de nous soient sceptiques sur l’intérêt de Macao, nous avons choisi d’aller y faire un tour. Et nous avons eu bien raison car cette journée restera longtemps gravée dans ma mémoire.

Tout à Macau est fait pour le tourisme des casinos. Débarquées du ferry, lorsqu’on demande, naïves, où est le bus de ville, on nous dévisage en nous rétorquant qu’il faut monter dans l’une des dizaines de navettes privées à l’effigie des hôtels/casinos de l’île. Nous choisissons MGM et son immense lion doré, plus parce qu’il part quelques minutes après que pour le lion. Les chinois continentaux viennent ici en masse car c’est le seul endroit où ils peuvent jouer librement. Il y en a partout, normal me direz-vous, ils sont chez eux ! Oui mais ceux-là ils crient, ils courent, ils rentrent dans un casino puis une bijouterie puis une pâtisserie, puis ils recommencent. On se croirait dans un dessin animé.

Nous partons explorer le centre colonial – enfin ce qu’il en reste – vestiges de l’époque portugaise. Même s’il est microscopique, il n’est pas dénué de charme : placettes aux arcades pastel et bâtiments anciens, quelques rues pavées, une forteresse d’où on a une vue imprenable sur l’île, et une cathédrale mondialement connue puisqu’il n’en reste que la façade. Ca ressemble encore une fois étrangement à un décor de cinéma et on y retrouve nos amis chinois, en train de prendre cinquante clichés à la seconde.

Je m’arrête devant une échoppe vendant des « pasteis de belem » ; ça me fait sourire, de même que les panneaux bilingues en portugais et cantonnais. Je suis complètement dépaysée et répète incessamment à Marie «  c’est fou, tu dirais que tu es où, quand tu regardes ce mélange absurde » ? Ce qui est complètement idiot car elle comme moi savons très bien où nous nous trouvons. Mais, pour ma décharge, voir du chinois sur un bâtiment européen du 17ème siècle ou encore le Grand Lisboa, un immmmmmmmense (je devrais même mettre autant de m que d’étages pour insister encore davantage) casino-hôtel doré, jouxtant un micro magasin de gâteaux portugais, c’est tout de même pas courant.

Et puis à Macau, il y a cette tour. Cette tour qui me fait de l’oeil depuis mon arrivée et qui m’a même obsédée dans mes rêves la nuit précédente. Il faut dire que depuis le début du voyage, lorsque Marie parle de notre itinéraire et mentionne Hong Kong, elle ajoute systématiquement « oui Justine veut y faire le plus haut saut à l’élastique du monde ». J’ai donc une pression énorme. Arrivée au pied de la tour et voyant quelqu’un en train de tomber (oui parce que vu de l’extérieur, cette personne ne saute pas, elle tombe et menace sérieusement de s’écraser), un premier « gloups ». Devant les tarifs des sauts et la vendeuse qui me confirme qu’il n’y a pas d’attente et que je peux le faire maintenant : un deuxième « gloups ». Pourtant je suis lancée, pas de remboursement possible. L’argument idéal à donner à la pingre que je suis devenue depuis le début du voyage !

En montant au 61ème étage, mes jambes flagellent et mon cœur bat assez vite. Marie m’a abandonnée à mon triste sort et m’attend sur l’aire d’atterrissage. Arrivée en haut, je suis déçue par tant de froideur du personnel. En y réfléchissant après coup, il est tout à fait sympathique et cordial, je dois juste vouloir à ce moment que chacun me prenne dans ses bras en me disant que tout va bien se passer. A peine dix minutes après, je me retrouve sur la plateforme extérieure, là même où les voitures ressemblent à des légo et les hommes à des fourmis. Je martyrise celui qui me prépare en voulant, à trois reprises, qu’il resserre les nœuds à mon harnais, ou en l’assenant de questions aussi incongrues les unes que les autres (« non mais comment vous expliquez que seul ce petit truc que j’ai sur le mollet puisse m’empêcher de m’écraser » ? « et ce mousqueton, quand vous allez retourner la corde, il va tomber non ? » le « rabbit neck vous connaissez ? c’est impossible hein ? »). Il reste néanmoins patient, me répète sans sourciller qu’ils sont professionnels du saut à l’élastique depuis plus de vingt ans et que tout est dans ma tête. Et bien oui justement ils sont nombreux dans ma tête à me hurler que je suis une folle furieuse inconsciente.

Pourtant c’est le moment d’y aller. Tout va très vite à ce moment là. Deux personnes m’aident à me déplacer jusqu’au bout de la plateforme (va marcher avec les pieds attachés et une forte envie de disparaître), l’un me demande ce que je fais dans la vie en France (subtile tactique pour me faire penser à autre chose que le vide devant moi), l’autre me crie « Adios ». Je tend les bras tel un oiseau apeuré et sans classe et le décompte n’est pas encore terminé que je me laisse tomber. Et là c’est indescriptible, je suis tellement effrayée qu’aucun son ne sort de ma bouche les premières secondes. Je me rattrape les suivantes lorsque je me rapproche du sol à une vitesse folle. Contrairement à ce que je m’étais imaginée, le premier rebond n’est pas trop dur pour le corps, j’arrive même à me remettre droite en suivant les conseils de mon instructeur. Arrivée en bas, Marie semble presqu’aussi tremblante et sous le choc que moi.

Je pars récupérer mes vidéos et photos lorsqu’on m’annonce que celle faite avec la Gopro n’a pas fonctionné et que je peux donc resauter gratuitement si je le souhaite. J’hésite quelques secondes en écoutant les supplications de mon corps meurtri par tant de stress, puis réalise que je n’aurai peut être pas d’autre occasion dans ma vie de sauter de 233 mètres. Et comme toute occasion est bonne à prendre, me voilà repartie sous le regard interrogatif des instructeurs qui me voient revenir m’asseoir au même endroit, à peine un quart d’heure après avoir sauté. La préparation n’est plus un supplice jusqu’à ce que l’on me propose de sauter à l’envers cette fois. Et comme toute occasion…on connaît la chanson. Juste le temps de lacérer l’avant bras de l’instructeur lorsque je réalise que je penche, dos au vide, la moitié des pieds en dehors de la plateforme, puis je tombe à nouveau. C’est encore plus terrifiant que la première fois, j’ai l’impression de ne pas du tout savoir dans quelle position je suis ni vers où, si en haut ou en bas, je me dirige. Je reprends mes esprits quand je vois à nouveau le sol. La sensation m’a semblé éternelle.

J’ai le sourire jusqu’aux oreilles lorsque Marie m’aperçoit, pendue à mon élastique, et doit se demander quelle dingue je fais. Je hurle que j’ai eu un deuxième saut gratuit et lui demande de faire coucou à la caméra. Je crois que je déraisonne. Je crois que douze heures après, je suis toujours sur la plateforme.

 

 

 

 

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du 26/10 au 02/10

26/10

Arrivée à Kyoto épuisées après une nuit presque blanche, un chauffeur qui parle sans arrêt et le film le dîner de con (que nous regardons installées moins bien que bien) qui nous aide à la relaxation. Il est 6h30 du matin lorsque le bus s’arrête et j’ai très peu dormi, surtout quand Justine à décidé que mon siège serait sien.

Justine va chez Mac Do et va donc à l’encontre de ses convictions (Maman de Justine si vous lisez, elle n’a pris qu’un café). Moi je n’ai rien pris! ( Ok, j’ai mangé un burger l’avant veille.)

Nous prenons le bus en direction de l’adresse donnée par le couchsurfer et à 8h, un dimanche matin, l’appelons, le réveillons, le faisons sortir du lit et l’agressons par nos questions. Questions qui ressemblent plus à une interview à la CIA : tu viens d’où ? T’as grandi ici ? Pourquoi t’as déménagé ? Où sont ta femme et ton enfant ? Pourquoi ils sont partis et pas toi ? Tu étais ou hier ? Tu es sorti ?

Akio est un jeune père de famille dont la fille à 4 mois (Kuoru ? je ne sais toujours pas si j’ai bien compris le nom même après l’avoir répété 10 fois. Akio est un grand japonais qui travaille dans le web design et crée des sites internet, il est également photographe et illustre les sites avec ses clichés. Nous buvons du thé, mon ventre gargouille 5 fois, j’ai faim et mes paupières tombent toutes seules. Akio doit travailler et de chez lui.

C’est donc avec joie et sans repos que nous partons a 10h30 pour la balade dans le quartier d’Higashiyama.

Nous prenons le bus et j’insère mon ticket dans la fente des billets. Le chauffeur est ravi, le bus prend du retard et les passagers japonais d’habitude si complaisants font les gros yeux.

Petites rues et boutiques de thés, gâteaux & glaces me remontent le moral. La glace au Matcha (thé vert japonais) semble avoir eu raison des gargouillements de mon estomac, il est relaxé et se tait désormais.

Le soleil brille, il fait au bien 28 degrés et on entendrait presque les oiseaux chanter.

Nous croisons des Geishas. Contrairement aux dires, la geisha est une dame de compagnie qui dédie sa vie à la pratique raffinée d’excellence des arts traditionnels japonais pour des prestations d’accompagnement et de divertissement et ceci pour une clientèle très aisée évidemment. Parce que cela à tout de même un prix.

Apprenties ou confirmées ? professionnelles ou touristiques ? Notre œil n’est pas assez aiguisé pour le dire.

Nous continuons notre balade à travers les temples et les petites ruelles jusqu’à tombé sur la plus belle rue d’Asie (encore une des folies folles du Lonely).

Nous nous dirigeons ensuite vers un immense monastère bouddhiste qui est majestueux. Après la communication nous nous perdons réellement. Je me baladais dans le cimetière, le cœur ouvert à l’inconnu, j’avais envie de dire bonjour à n’importe qui. N’importe qui et je n’ai plus trouvé la sortie.

Après 5 ou 6 messages, je finis par retrouver Justine et nous nous dirigeons vers l’appartement d’Akio.

Il doit partir à une fête qui à lieu en bas de chez lui et nous recommande quelques bons restaurants aux alentours. Nous le remercions et allons au super marché où nous achetons des pâtes (ça commençait à faire trop longtemps) ainsi que quelques légumes et du fromage. Notre repas est divin et à 23h, depuis bien longtemps, nous nous endormons pour plus de 8h de sommeil.

27/10

Akio nous emmène visiter à vélo quelques temples au nord de la ville. Un jardin Zen composé uniquement de caillasse blanche retiendra toute mon attention et me rendra très très zen.

Akio part au travail et nous nous baladons à vélo entre différents temples avant de rejoindre l’appartement et de nous préparer un bon déjeuner. Vers 14h30, Akio, sa femme et sa petite fille nous rejoigne. L’enfant dont le nom m’échappe toujours mais qui signifie l’odeur de l’été (si quelqu’un sait comment on dit ça alors on retrouvera le nom). Le bébé est trop mignon.

Nos affaires paquetées nous nous dirigeons vers notre Hostel en plein cœur de Kyoto. Kahosan Youth Hostel, très propre, très confortable.

Justine part se balader et je me repose profitant de ces instants pour faire à nouveau une machine, qui je l’espère, cette fois pourra sécher rapidement.

Un garçon est assis devant la télé avec un chapeau et ne quittera pas sa place jusqu’à notre départ deux jours plus tard. Un illuminé ? un hypnotisé ?

Justine revenue, nous dînons un repas riches en fruit et je m’endors devant un film après que Justine soit partie dormir aux alentours de 21h, ce qui pour ceux qui la connaisse est assez étrange.

28/10

Ca sent le saucisson dans la chambre, nous emballons les affaires car nous devons en changer, heureusement. En plus il y avait une fenêtre qui donnait sur un mur c’était assez oppressant.

En route pour la bambouseraie d’Arashiyama décrite par le Lonely comme ‘un endroit d’un autre monde’, et qui plus est, fait la couverture de celui-ci. Nous ne restons pas insensible à ces arbres géants mais ne sommes pas « envoutées par les fûts rayonnants à l’infini ». Il s’agit d’un chemin balisé entre quelques bambous, non ce n’est pas l’Amazonie des bambous.

Nous visitons la résidence d’Okochi Denjiro (Okochi Sanjo). La villa est jolie et les jardins sont magnifiques, le tarif reste excessif car nous payons 10 euros pour une balade de 20 minutes, un thé verdâtre et presque froid ainsi qu’un gâteau tout sec. Nous continuons notre promenade bercée par ‘Wherever you are’ (Céline Dion – Titanic), va savoir pourquoi.

Rentrée à l’auberge, l’après-midi, je pars à la recherche d’un centre esthétique qui utilise de la cire, c’est avec grande difficulté et l’aide de l’ Hostel que je finis par dénicher une adresse. Deux mois que nous sommes parties et deux mois que mes poils poussent dans tous les sens. Il faut faire quelques chose et pas question d’utiliser le rasoir pour oublier toutes ces années à dépenser du fric dans les instituts.

Je me présente devant ladite adresse et: rien. Le site internet était bien fait et même traduit en anglais, je décide d’appeler pour continuer à me ruiner. Une gentille personne me répond et après 10 minutes de conversation dans un anglais assez limité, elle décide de venir me chercher. C’est alors que j’aperçois Aï, une jeune fille au crane rasé sur les côtés avec une petite crête au milieu, sans sourcil (enfin, les sourcils épilés), une blouse qui devait être blanche mais qui a légèrement jauni.

Aî m’emmène dans un parking en sous sol, puis nous prenons l’ascenseur, marchons dans un couloir labyrinthique avant d’arriver à une porte d’appartement. L’appartement est ultra clean, des posters de Victoria Secret partout. Elle m’explique à sa façon sa manière de travailler, m’installe dans une chambre et commence le travail avec une spatule de la taille de mon auriculaire. L’épilation de mes jambes qui normalement ne prend que 10 minutes (car mes poils sont sympas) a pris deux heures. Et le prix a suivi.

Me voilà tout de même plus légère et pouvant lever mes bras avec le sourire.

Nous allons diner un Okonomiyaki (ces grosses omelettes sur des plaques brûlantes devant nous) et rejoignons le bar de l’Hostel qui se situe dans un autre Hostel. Nous faisons la connaissance de Florelle, française qui travaille dans une agence de voyage au Vietnam depuis 3 ans. Nous buvons du saké chaud, ce qui nous fait tourner la tête. Nous rencontrons également Raymond, qui nous décrit Nara, notre prochaine destination en hurlant le mot ‘Deer’ et en imitant, je veux dire en essayant d’imiter, un animal avec des cornes. On finit par en déduire que nous croiserons des cerfs à Nara.

29/10

En route pour Nara à 1h de Kyoto, le trajet se passe très bien et nous tournons 45 minutes, les gros sacs sur le dos, avant de trouver l’Hostel repéré dans la bible. L’Hostel est complet et avec l’aide un peu trop intrusive d’un américain et de la responsable, nous nous mettons à nouveau en route pour l’hôtel recommandé, le Park Deer Hostel. Dans le bus nous comprenons que le Deer est le Daim et qu’il y en a partout livrés à eux-mêmes!

L’Hostel à l’air très confortable mais sombre et un peu cher (20 euros la nuit).

Nous partons nous balader dans le parc et croisons plein de shop ou nous pouvons acheter de la nourriture pour Daim et un shop à proximité d’un lac où nous pouvons acheter de la nourriture pour tortues. Nous les apercevons entourées de têtards et c’est alors que je m’élance dans cette affirmation avec un souffle d’admiration pour la nature « et dire qu’un têtard devient tortue, c’est fou». Il nous faudra un bon moment avant de nous remémorer la transformation du têtard en grenouille. (N’ayez pas honte pour nous)

Nous nous mettons en route pour le Todai-Ji, le plus vieux temple en bois de la planète (je précise selon le Lonely). Celui-ci abrite un des bouddhas en bronze les plus grands au monde (toujours selon le Lonely). Le bouddha appelé ici le Daibutsu, nous fait vraiment forte impression, il est immense ! Sa narine mesure 50 cm. C’est grandiose, et dire qu’il était recouvert de feuilles d’or avant.

Je pars aux toilettes et laisse Justine entre les pates des daims. Lorsque je reviens : Tragédie, le daim à voulu manger la bible mais après un combat acharné sous les yeux japonais, Justine parvient à remporter la victoire.

Nous rentrons à l’auberge et cuisinons un bon repas, dans le froid car l’hôstel est neuf et le chauffage n’existe pas encore bien que la plupart des personnes qui logent ici sont des personnes âgés du 3ème âges. Est-ce que les vieux ronflent plus facilement ? La nuit fut courte, c’était un vrai concert !

30/10

Bisous aux daims et en route pour Osaka.

Nous découvrons notre Hostel – Toyo – un peu crado et sentant le renfermé mélangé à cet odeur pas délicate du tout, celle de l’encens au savon.

Les chambres sont petites mais individuelles ! Bizarre de dormir sans Justine L

Je pars avec ma folle compagnonne de voyage monter sur la grande roue 112m, (l’une des plus grande au monde ; source : le Lonely).

Justine veut évidemment attendre la cabine transparente. A peine montée, mes mains sont moites, je panique mais essaye de me relaxer alors que Justine vacille entre les deux fauteuils.

Après tant d’émotions, nous rompons notre pacte et allons se réchauffer d’un saké avant de rentrer à l’auberge.

31/10

Métro, Train, Funiculaire, Bus, Chocolat Chaud à un prix fou mais nous avons besoin de réconfort, il pleut et il fait frois, nous sommes au Kansai à 2heures de Kyoto.

Nous nous promenons dans les bois sillonnant au travers d’un immense cimetière.

Drôle d’atmosphère avant d’arriver à l’immense monastère où l’encens se fait sentir à des km à la ronde. Je suis intoxifiée. Je n’aime pas l’encens.

Retour à l’auberge où nous retrouvons Florelle (rencontrée plus tôt à Kyoto). J’essaye de siester sans succès jusqu’à ce que mon estomac grouille et que je descende dans la salle commune ou nous faisons connaissance de Tanja et Patrick, couple suisse en voyage, qui nous propose de partir vivre l’aventure d’halloween à Osaka.

Osaka, vous êtes les meilleurs. Sauf peut-être toi, jeune fille de 20ans en train de mourir sur le trottoir.

Les costumes semblent réels, l’expérience est indescriptible.

01/10

En route pour découvrir Nanaé, notre hôte japonaise.

A la station de métro, une dame nous interpelle pour nous aider à chercher l’appartement de notre couchseurfeuse. Elle demande de l’aide aux guichetiers qui sont ravis de lui donner des informations puis se renseigne auprès des passants et nous guide jusqu’au pied de l’immeuble immaculé de blanc.

Nous montons les 4 étages, sonnons et la porte s’ouvre laissant apercevoir deux yeux marrons, le reste du visage caché par un masque de pollution.

Nanaé ne parle pas très bien anglais et semble intimidé de nous recevoir. Les premiers échanges sont difficiles et Justine et moi essayons d’alimenter la conversation au mieux sans grand succès.

L’appartement est assez grand, environ 50m2, deux chambres un grand balcon, toilette séparée, un grand salon sur une cuisine ouverte. Hormis la décoration kitch japonaise, à savoir des dizaines de grigris monstrueux sur les étagères, un puzzle de Madonna accroché au mur et de la mousse sur la cuvette des chiottes, l’appartement est très propre et bien rangé. 460 euros en plein centre d’Osaka. Allô Paris ?

Notre hôte part travailler une heure après notre arrivée et nous en profitons pour aller faire des courses.

Elle nous a préparé une petite place dans le frigidaire.

Nous préparons un bon repas plein de légumes avec du saumon, et tombons à nouveau sous le charme de Jack en regardant Titanic. Et puis nous chantons à plein poumons Wherever you are, I beliiiiiiiiiiieve that my heaaaaaaaaart will go ooooooooooooon…. Neeeaaaaar, faaaaaar …

Après une après-midi larmoyante, nous partons retrouver nos amis de la veille pour un dîner japonais. Au menu, Okonomiyaki qui régale tout le monde.

02/10

En route pour Kobé avec Nanaé, la journée s’annonce difficile en communication même si Nanaé est d’excellente volonté et d’une prévoyance remarquable. Elle nous a acheté la veille les billets pour le train et décide de nous guider à travers la ville.

Malgré ses efforts et sa gentille pure, Justine perd patience, quand à moi l’excitation de manger du bœuf m’occupe l’esprit à 100%.

Nous tentons un premier restaurant ou la pièce de bœuf est à 80 euros, j’essaye d’expliquer à notre hôte que même si mon budget est déjà explosé et que je souhaite absolument en manger, je pourrais le faire pour moins cher en France. Elle se confond alors en excuse et réserve un restaurant sur le point de fermé devant lequel nous sommes passé pendant notre balade matinale dans Kitano, le quartier européen de la ville.

Nous arrivons au restaurant Ishida ou les employés n’attendent que nous. Les prix restent élevés mais beaucoup plus raisonnables. S’ensuit un grand spectacle. Les serveurs font cuire la viande et les légumes devant nous et d’une manière très classe. Je salive déjà mon verre de rouge dans la main. On nous apporte une petite salade en guise de mise en bouche puis le serveur prépare une assiette avec deux sortes de sels différents (du Japon et d’Amérique du sud), du poivre, de la moutarde et de l’ail séché. La viande découpée en fins morceaux et une fois cuite, il la dépose délicatement dans l’assiette puis fait cuire les légumes : patates douces, carottes, haricots et un légume non identifié qui se voudrait être de la patate d’un gluant sans nom et d’un dégout identique. Le premier morceau de viande dans ma bouche et c’est tout mon cœur qui tremble, c’est vraiment très bon. Et même si l’attente rend plus savoureuse les choses, la viande est d’une tendresse incomparable (sûrement parce que les bœufs écoutent de la musique classique), elle est cuite parfaitement dans sa graisse, et parce que c’est génial d’être à Kobé et de manger du bœuf de Kobé.

Après s’être régalé, du moins Nanaé et moi, Justine a fait grève de la faim, nous partons nous promener le long du port qui fait partie des plus grands du Japon.

Je sens que Justine perd patience a essayer de comprendre Nanaé, il faut dire qu’elle essaye de faire des efforts mais c’est difficile de communiquer malgré la volonté. Elle est très calme et mets une dizaine de minute pour finalement nous dire « I don’t know ».

Nous allons en haut d’une tour, à hauteur de 132 mètres et bénéficions d’un magnifique point de vue sur Kobé lorsque la nuit tombe et que les lumières s’allument.

De retour à Osaka, après être passé au supermarché ou les légumes et les fruits sont totalement hors de prix (une tomate équivaut à 2euros environ), nous rentrons dîner et préparer nos affaires. Demain, nous quittons le pays du soleil levant au moment ou celui-ci se lève pour Hong Kong.