DSCN7378

Ferveur bouddhiste au Myanmar

Pour la premiere fois depuis le debut du voyage, quelqu’un m’attend a ma descente de l’avion. Giliane, ancienne collegue Croix-Rouge, arrivee la veille pour passer ces deux semaines birmanes avec moi, se cache derriere un petit panneau « juju’ et moi je ne cache pas mon grand sourire. Un bref resume de nos vies sur les quatre mois precedents et nous voila montees dans un taxi qui, pour changer, conduit comme un dingue. Direction chez Carine, copine de master qui vit ici depuis huit ans et qui nous prete son appartement pour nos quelques jours a Yangon (elle travaille a Nay Piy Taw, la capitale du pays depuis 2005, une des nombreuses lubies de la junte alors au pouvoir pour detacher le pays de son histoire coloniale, et par peur d’une eventuelle attaque par la mer). Apres avoir prononce assez fierement « sayama » a Oulee, le gardien de l’immeuble ( j’utiliserais ce mot pendant quelques jours en guise de bonjour, avant de comprendre qu’il sa’git d’un surnmom que Carine lui a donne et par consequent, de realiser que j’ai du etre un brin ridicule aux yeux des gens) et pose nos affaires, on part en quete d’un resto a 23h. Tous les hommes dans la rue portent un longji, une sorte de longue jupe a carreaux, et des dizaines d’ ouvriers travaillent sur des chantiers, malgre l’heure avancee. On erre sans but en regardant autour de nous quand deux jeunes birmans nous viennent en aide et nous mettent dans un taxi en donnant des instructions au chauffeur. On se retrouve dans un resto ouvert visiblement toute la nuit, autour de groupes de birmans qui nous regardent interrogateurs, buvons notre premiere Myanmar beer et mangeons des beignets de poisson. Maitrisant peu ou pas du tout l’anglais, les serveurs redoutent visiblement tous le moment de venir interagir avec nous et se refilent la corvee en rigolant. Il est plus de deux heures du matin quand on rentre chez Carine et, realisant qu’elle a oublie de nous donner une cle essentielle, on se retrouve penchees au chevet d’Oulee, a tenter de le tirer de son profond sommeil.

A la decouverte de Yangon

A l’instar de ses conseurs asiatiques, la ville principale du pays grouille d’animation. Les tuks tuks filent sur les trottoirs defonces, les gens dejeunent dans des echoppes de rue sur de minuscules chaises en plastique, les charriots de billets de loterie ou de fruits et legumes diffusent une musique criarde, le tout sur fond de prieres lancinantes crachees par des hauts parleurs geants aux quatre coins des temples. Le principal temple de la ville, la ‘paya Schwedagon’ est visible depuis de nombreux endroits de la ville. Sur conseil de Carine (et puis certainement du routard et du lonely planet, selon lesquels l’on devrait faire absolument toute visite au lever ou au coucher du soleil), on s’y rend en fin d’apres midi et le spectacle est magique. Deja parceque qu’a cote de cet ensemble, immense et dore, on se sent ridiculement petites, et puis parceque des centaines de birmans affluent pour prier. On reste pres de trois heures a contempler les moines en robes oranges, marrons, pourpres et roses, les generations qui se melangent, de la grand mere que l’ on sort de son fauteuil roulant et qui met immédiatement son front a terre, a l’enfant de quatre ans qui court partout. Il y a pas mal de rites, notamment selui de verser de l’eau sur l’animal correspondant au jour de la semaine de sa de naissance. Giliane verse avec ferveur de grands bols sur le tigre du mardi et moi je me contente de la prendre en photo, chagrinée de ne pas savoir mon jour ni mon animal (maintenant je sais, je suis le dragon du samedi et je crois que c’est particulierement chanceux un dragon :p). A la tombee de la nuit, tout le monde prend une bougie pour allumer des meches imbibees d’essence. On m’en tend gentiment une et je me mets conscencieusement a allumer ma rangee, entouree de quelques touristes photographes et de birmans qui recitent des prieres a haute voix. L’atmosphere est assez incroyable et c’est presqu’a regrets qu’on quitte le temple pour aller nous promener dans le quartier chinois et diner au bord du fleuve.

Le deuxieme jour commence aussi religieusement que la veille car on fait la connaissance de Mint, moine en devenir, a qui on pose toutes les questions qu’ on a accumulees en 24h et qui nous fait visiter le monastere ou il prie et étudie actuellement, pendant plus d’une heure. Ensuite, on se lance dans notre premiere experience d’achat d’un titre de transport, qui est ici loin d’etre une formalite. On a pourtant choisi une agence de voyage avec un nom anglophone et des affiches publicitaires ecrites en anglais. Cela n’empeche que lorsqu’on formule notre souhait de nous rendre en bus a Bagan (de loin la principale destination touristique du pays), les deux agents nous regardent comme si on venait de leur demander de rallier la lune en sous-marin. Ils enchainent les coups de telephone, entre lesquels on a droit a des « please wait », ils se levent de leur siege, font le tour du bureau puis viennent se rasseoir a la meme place sans avoir rien fait, ils nous proposent un horaire avant d’en changer au bout de trente secondes, et puis finalement, au bout de 45 minutes, on a notre graal, deux places dans un bus qui, sur la photo, semble confortable et flambant neuf.

Bagan, la perle photogenique du Myanmar

Le bus dans lequel nous montons a perdu de sa superbe, par rapport au moment de la photographie. Les sieges ne s’inclinent quasiment pas, les couvertures ont probablement été lavees pour la derniere fois au moment de l’independance et il doit faire six degres. Mais fort heureusement on a un sac pour cracher (je retrouve ici cette manie qui me plaisait temps en Chine, seule la couleur est differente, puisque beaucoup de birmans machent des noix de betel) et a la pause de 22h, le « stewart » nous tend une brosse a dents. Message subliminal?

Nous arrivons en plein milieu de la nuit a Bagan et sommes assaillies par une nuée de conducteurs de taxis, qui nous exposent des tarifs plus farfelus les uns que les autres, pour nous conduire au centre ville. J’essaie de leur expliquer (gentiment selon moi, un peu trop sèchement selon Gilliane) que devoir payer 15 dollars pour faire dix kilometres quand on vient de payer le meme prix pour en faire 500 me parait absurde, mais mon argument n’a pas l’effet escompté. Il est 4h30 et nous attendons donc assises sur nos micro chaises en plastique que d’autres touristes arrivent pour pouvoir monter avec eux une coalition contre cette injuste oligarchie. Le tourisme a Bagan a connu un essor incroyable au cours des dernières années et par consequent, plus que partout ailleurs dans le pays, les prix s’envolent. La nuit dans le moindre cagibi (ah non? c’est une chambre d’hotel?!) coute 40 dollars, l’accès aux temples vingt, la pomme un. Il n’y a que la location de vélos qui garde un prix dérisoire. C’est donc le moyen de locomotion que nous privilégions pendant notre séjour, d’autant plus que chaque soir, notre loueuse nous demande, avec son regard de chaton tombe du toit, si nous reviendrons le lendemain. Et nous craquons et revenons le lendemain quand bien meme mon vélo fait un boucan d’enfer et a les freins déréglés et celui de Gilliane crève au bout de quelques heures.

Fruit de la ferveur religieuse d’un roi birman au 12eme siècle,  Bagan compte près de 4000 temples. Presque tous sont construits sur le meme modèle: une base carre avec un buddha a chaque point cardinal, sur laquelle est dressée une structure pyramidale avec plusieurs terrasses superposées et au sommet une stupa. Seuls la taille et l’état de conservation des sculptures dans la pierre different. Et puis hors concours il y a les dorés, mes préférés. En route on a rencontre Fred, un français, et on part tous les trois sur nos vélos, ne sachant pas ou donner de la tete tellement il y en a partout autour de nous. On utilise donc la technique du repérage en hauteur. Montés sur la plus haute terrasse du premier,  on en choisit un second qui nous plait puis on remonte sur nos vélos et part dans sa direction, certains d’avoir repéré le bon chemin. Evidemment, une fois sur deux on arrive a l’exact opposé mais comme on finit par tous les confondre, ca n’a pas grande importance. On passe des heures a déambuler, a prendre en photo le panorama sous toutes les coutures, a s’arrêter jouer avec des enfants dont la mere balaie et le père essaie de vendre des peintures, a apprécier de se retrouver dans un temple injustement déserté par les touristes.

Toutefois, chacun surveille attentivement sa montre pour ne pas rater le coucher de soleil. Car a Bagan, le coucher de soleil est une institution. Le Lonely Planet a meme fait un top 5 des plus belles terrasses de temples depuis lesquelles le contempler. Vers 16h30, c’est amusant de voir les touristes commencer a marquer leur territoire sur l’élu de leur coeur (ou celui de leur guide) a coup de pieds d’appareil photo. A 17h, voyant le soleil baisser a vive allure, on est pris de panique car on n’a aucun plan, si ce n’est celui d’éviter la foule. On part donc en direction d’un petit temple qu’on avait particulièrement aime le matin, qu’on ne retrouve pas, bien entendu, et a 17h30, me voila qui jette mon vélo, pars en courant a travers les ronces comme si ma vie en dépendait, pour monter sur le premier qui entre dans mon champ de vision (il faut croire que le coucher de soleil a Bagan, ca rend un peu fou). C’est un succès: seulement trois touristes a notre arrivée, des temples très photogéniques face a nous, une lumière incroyable, une brume idéale. Seuls quelques poteaux électriques qui n’ont rien a faire la m’agacent un peu. Une fois le spectacle terminé et quelques “waouuuu” échangés, on remonte a toute vitesse sur nos vélos, partant la encore dans n’importe quel sens, de peur de finir ensablés et dans le noir.

Le rocher d’or ou le Lourdes birman. 

Un rocher recouvert de feuilles d’or et une stupa, qui semblent tenir par miracle tout en haut d’une colline, voila le lieu de pèlerinage par excellence des birmans, a quelques heures de route de la capitale. Carine nous avait recommandé la visite, plus pour le spectacle des fidèles qui s’y rendent en masse, que pour le caillou en lui meme. Comme nous avons un peu de temps avant de partir avec elle dans une autre region du pays, nous y faisons escale. Le bus deja annonce la couleur puisque la radio diffuse des prières en continu. Apres avoir âprement négocie un dollar de reduction dans la guesthouse de notre choix (ouf l’honneur est sauf :p) on monte, ou plutôt on s’entasse dans un camion, seule option pour se rendre au rocher, a moins de vouloir faire quatre heures de marche ardue. On s’accroche fermement a la barre en fer devant nous et comme la route est tout sauf plate et droite, on a l’impression d’être dans un parc d’attractions. Toutes les dix minutes, le camion s’arrête a la hauteur d’hommes munis de coupelles en argent, venant faire l’aumône avec pour seuls armes des discours monocordes et des regards dans le vide. Certains ont visiblement plus de succès que d’autres mais globalement les billets pleuvent. Nous, on ne comprend absolument rien et on sait qu’on va payer l’entree au rocher cent fois le tarif pour les locaux, alors on se contente de froncer les sourcils lors du discours puis de faire gentiment passer la coupelle a ceux qui veulent sauver leur âme. Arrivés en haut, les gens pressent le pas pour se rendre au célèbre rocher. Je suis tentée de les imiter, oubliant l’espace d’un instant qu’il n’ y a aucun coucher de soleil en jeu :p. On est finalement un peu décues: le rocher semble reposer sur une base somme toute solide et ne tient donc pas si miraculeusement en équilibre (enfin pour être plus precise, le miracle tiendrait a un cheveu de bouddha glisse a cet endroit), il est assez petit et surtout, les femmes ne sont pas autorisées a emprunter la passerelle pour s’en approcher et aller le couvrir de nouvelles feuilles d’or. Triste constat: meme le bouddhisme qui semble pour beaucoup être la plus cool des religions est donc profondément sexiste.

Heureusement, la vue est superbe et nous réconcilie avec l’endroit, de meme que le spectacle des pèlerins ayant pour la plupart parcouru une longue distance pour arriver la et qui, en famille, font la sieste sur des nattes, prient ou viennent toucher/prendre en photo le peu d’occidentaux égarés ici. La redescente a pied est elle aussi un regal. Tout le monde nous salue en souriant sur notre passage. Meme les touts petits enfants secouent la main et on comprend que le “ aaaaagggggaaaaaaaa” qu’ils prononcent (bonjour en birman, c’est ‘mingalaba’) nous est destiné. Puis on nous demande systématiquement d’ou l’ont vient et on récolte au mieux un “bounchour”, au pire un “ummm” très sérieux assorti d’un regard perplexe, mais toujours le meme sourire accroche aux lèvres. Bien qu’il y ait des stands sur toute la route, les gens n’insistent pas pour nous vendre quoi que ce soit. Ils sont juste curieux et bienveillants. Et je les ai deja adoptes.

 

IMG_9371

Mes 40 jours : Laos / Part 2

12/01 : J’adore les capitales ! 

Nous arrivons à Ventiane à 8h du matin et partageons un tuc tuc à plusieurs occidentaux pour rejoindre le centre. Comme à notre habitude nous visitons chaque auberge avant de faire notre choix et de déposer nos bagages. Sur le chemin nous croisons une boulangerie nommée le Croissant D’Or et nous nous régalons de pains au chocolat et d’un énorme petit déjeuner que nous estimons bien mérité. Nous partons ensuite nous faire épiler, dans la même cabine, l’intimité est à son apogée. Après la disparition de nos poils nous allons nous faire masser. Un super massage laotien ! Je suis super décontractée et je suis ravie de retrouver un vrai lit juste après.

Je décide de rester à Ventiane pour faire mon visa pour la Thaïlande, il semblerait que par voie terrestre il ne soit valable que 15 jours et je ne veux pas perdre de temps sur place à rallonger le mien. Je préfère perdre de l’argent et du temps à Ventiane, après tout être dans une capitale me réjouit : de la bonne nourriture, des bars, des occidentaux. Mais le soir même, après un dîner aux chandelles dans un grand restaurant italien, je me rend compte que le couvre feu retentit à 22h30. Tout le monde au lit ! WTF, même à Ventiane il y a un couvre feu ?!

13/01 : Visa or not Visa ?

Il est impossible d’envisager une séparation après ces 16 jours passés ensemble. Chloé qui ira aussi en Thaïlande décide de faire le visa en même temps que moi et ce matin, de bonne heure, nous nous rendons à l’ambassade. Le tout se goupille assez bien et nous y passons qu’une grosse heure. Nous rentrons à pied et sur le chemin nous passons dans un marché où les laotiens sculptent l’or et l’argent, des monuments magnifiques (ambassades, musées nationaux, le palais royal, des boutiques de textiles et de décoration). De retour dans le centre nous décidons de faire une sieste et je m’assoupie jusqu’au soir. Nous partons dîner dans un super chouette restaurant français, Couleur D’Asie: salade de courgettes au citron et à la menthe, entrecôte de bœuf sauce au vin et frites maison, verre de vin rouge et … et assortiments de desserts : gâteau au chocolat, crêpe, mousse au chocolat, crumble au pomme. Bref c’est magnifique, je me régale.

Chloé apprécie tellement la nourriture et pour me prouver que c’est une vraie, une dure, elle lèche le plat !

Nous rentrons à l’hôtel et nous installons dans nos sacs de couchage, prêtes à regarder Louise Bourgoin et Pio Marmaï (le nouvel homme de ma vie) dans le film ‘un heureux événement’.

14/01 : Pio Pio Pio !

Grasse matinée, Chloé part déjeuner pendant que je regarde un nouveau film avec Pio Marmaï. Mais qu’il est beau !!!

A l’heure du déjeuner nous partons récupérer nos visas et revenons au restaurant français où je me régale d’un hachis parmentier et de salade. Nous écrivons nos journaux respectifs toute l’après-midi et partons nous coucher tôt.

15/01 : Vang Vieng et ses Lady Boy

Les 7h de bus jusqu’à Vang Vieng se déroulent assez bien. Nous visitons beaucoup de bungalows (oui, encore et toujours, nous voulons le meilleur pour nous) et nous en choisissons un tout équipé (comprenez serviettes et eau chaude) près de la rivière. Nous sommes super bien placé. Nous rencontrons Marcello, l’ami que Chloé s’est fait aux 4000 îles. Un Israëlien d’une soixantaine d’année qui nous poursuit, et que Chloé avait également croisé à Ventiane. Il ne s’appelle pas vraiment Marcello mais nous renommons tout, y compris les personnes ayant déjà un nom. Et nous apprendrons son prénom que dans la soirée : Eric. C’est vachement moins glamour non ?

Nous admirons le coucher de soleil sur l’un des nombreux pontons flottants sur la rivière, une bière à la main, maillot de bain enfilés. C’est proche du paradis jusqu’à ce qu’un mec fasse tomber sa bouteille d’eau dans l’eau, saute sur mon ponton et se jette dans l’eau pour la récupérer avant de m’éclabousser avec. J’aurais du lui mettre là où vous savez sa bouteille d’eau !

Nous dînons dans un restaurant rempli d’américains ou de gros australiens et partons pour la soirée open bar (entre 21h et 22h) au Sakura. Nous rencontrons à nouveau Marcello qui nous dévoile sa réelle identité et nous discutons avec des malaysiens. Vang Vieng est remplie de Coréens, Malaysiens, Australiens, Anglais et Américains, nous les quelques français et … des Lady Boy déchainées ! Ils/Elles sont déchainé(e)s et dansent comme des folles en se frottant contre les touristes à qui ça ne semble pas tout à fait déplaire.

Un des malaysiens s’éprend de moi, ils sont tellement dans une bulle Hello Kitty que quand il décide de me faire sienne, sa technique est de mettre son bras autour de mon épaule. Le pauvre, c’est mignon mais non. Je crois qu’il est vexé, pauvre homme.

Nous sommes assis autour du feu car les nuits sont très fraîches, une fille manque de tomber dedans et la communauté de touriste se rue sur elle pour relever cette jeune dépravée ayant abusé des cocktails gratuits.

Nous terminons la soirée dans une boîte de nuit en compagnie des Lady Boy et nous y faisons la connaissance de médecins, qui ont eu comme professeur ma cousine Mahaut. Je trouve ça assez fou comme coïncidence.

16/01 : Fuyez tant qu’il est encore tant !

Ce matin il faut éponger : nous partons déjeuner et nous rassasions d’un gros burger. Nous allons nous balader le long de la rivière et nous dirigeons vers les caves de Vang Vieng. Des français nous abordent pour nous suggérer un chemin gratuit. Nous sommes preneuses, évidemment. Eviter de payer 1 euro et marcher dans la boue en traversant une rivière et en ayant les pieds qui s’enfoncent dans la vase, évidemment ! Nous arrivons aux caves mais elles sont trop sombres pour que nous tentions d’y rentrer. D’autant plus en tong. Sur le chemin nous rencontrons deux français qui sortent des grottes et qui sont tout en sueur, l’un d’eux commence à nous parler sans vouloir nous lâcher. Il s’avère que nous résidons (malheureusement) au même endroit, il souhaite que nous venions prendre une bière et Chloé, dans sa gentillesse naïve, leur répond que oui, nous viendrons.

Nous continuons notre superbe balade le long de la rivière, nous arrêtons manger un pancake à la banane et au lait concentré dans la rue, qui, ma foi, n’est pas trop mauvais même si le nutella aurait sûrement été mieux ;). Après notre longue balade et une bonne douche, nous nous apprêtons à partir dîner mais sur mon chemin, je croise ce drôle de français rencontré plus tôt : Alex. Il n’arrête pas de parler de lui, de lui et de lui. Son pote et la copine de son pote ont les idées bien figées. Il n’est presque pas possible d’avoir de discussion sensée avec eux. Ça me saoule et j’attends un regard de la part de Chloé pour partir dîner. Sauf qu’ils prennent les devants et nous proposent de dîner avec eux. Le repas est inintéressant au possible. Ces gens qui pensent tout connaître et avoir tout vu ça m’exaspère. Je me tais et fais mon frigo. A la sortie du restaurant, Alex, qui ne veut toujours pas nous lâcher nous suit au bar et me dis que je suis un glaçon. Je lui dis qu’il n’a qu’à partir. Ce qu’il fait lorsque nous sortons du bar, alors que Chloé et moi nous dirigeons vers la Jungle Party. Nous arrivons à la jungle donc, entourées de Coréens qui danse tous ensemble en cercle, pendant que l’un d’entre eux se dandine au milieu de tous, sous leurs applaudissements et sifflements de folie. C’est tout rose chez eux, ils s’amusent avec rien. Certains même se font des chorégraphies avec des bruitages. Imaginez quelqu’un dire Ta Ta Ta plusieurs fois et son pote faire une danse à la matrix. Ouai c’est particulier mais nous sommes fan. Un canadien de 22 ans ne me lâche plus, j’essaye de le fuir gentiment quand j’aperçois le gros Alex. Il prétend qu’il ne pouvait pas dormir. En réalité, il voulait revoir son glaçon qui, pas de chance, l’a bien évité. Au bout d’un moment et quand la fuite n’est plus possible, je décide de rentrer, d’autant que le lendemain le bus part tôt.

17/01 : Relax, take it easy 

Nous y sommes maintenant habituées, ou devrions y être habitué nous avons la poisse des places. Après avoir dormi 3h, nous nous retrouvons avoir les places à l’arrière du minivan. Coincées entre les valises, sans appui tête, il fait tour à tour une chaleur à crever et un froid de canard. Et pour couronner le tout, la route est entièrement cabossée. Je saute toutes les 10 secondes de mon siège et ai une envie de vomir incessante. Le reste d’alcool et le manque de sommeil ne m’aide pas. Lorsqu’on arrive dans le brouillard, qu’on n’y voit pas à 1 mètre devant soi et que le conducteur continue de rouler à toute allure, je finis par prendre mon sort à la légère mais un rebond manque de m’étouffer et oui, j’ai envie de tout envoyer valser. Le supplice prend fin un peu plus de 4heures après.

Nous sommes à Luang Prabang et je suis plus énervée que jamais. Nous devons y retrouver notre ami Brioche qui ne connaît qu’à moitié le nom de sa Guesthouse ce qui ne me détend pas vraiment.

Après un bref stop dans un petit restaurant, nous nous rendons sur place, trouvons par chance une chambre grâce à notre GO BriBri et savourons nos retrouvailles.

Nous allons dîner dans un petit restaurant de la rue du marché et lorsque je m’apprête à m’endormir, épuisée de fatigue, les occupants de la Guesthouse décident de faire la fête jusqu’au petit matin, s’ensuit le chant des Coqs, qui, s’ils étaient à côté de moi se feraient étriper, jeter contre le mur, dépecer puis cuire et je les donnerais à manger aux fêtards de la veille.

18/01 : Un mouchoir ou une écharpe ?

Aujourd’hui nous allons à la piscine avec Brioche et un autrichien rencontré à l’auberge. La détente est à son comble, le calme et le soleil sont au rendez-vous. Le soir nous dînons à la cantine du marché : un buffet gigantesque pour 1,50 euros. Je goûte un légume dans l’assiette de Chloé et cherche un mouchoir pour m’essuyer et trouve finalement un bout de tissus, qui s’avère en fait être une écharpe des cuisinières … Au moins, mes doigts sont propres ! …

C’est assez bon et une fois le ventre plein et la nuit tant attendue je pars me coucher. Mais ce soir les résidents ont également décidé de ne pas me laisser dormir. JE vous épargne mes pensées macabres, quoique non, je tiens à vous dire qu’ils étaient tellement horrible que si j’avais pu retrouver une de ces grenades laissées par les Américains et la leur balancer je pense que je l’aurais fait.

19/01 : La Cascade de Kuang Si 

Situées à une trentaine de kilomètres de Luang Prabang, nous nous rendons aux « grandes » cascades via minivan. Le trajet dure une bonne demi-heure et les françaises avec qui nous partageons le trajet, nous font aussi partager leur vie. L’une d’entre elle raconte à sa voisine que sa mère l’a eu à 27 ans, que son père est informaticien chez Bouygues, que sa mère travaille pour le compte de quelqu’un d’extrêmement riche … Je peux vous donner d’autres détails croustillants, n’hésitez pas.

Les chutes sont magnifiques, le parc extrêmement agréable, l’eau turquoise est une invitation à la baignade autorisée à certains endroits. Mais l’eau est bien trop fraîche, même pour Chloé la grande folle !

Pour nous rendre au sommet, nous passons par un mini-zoo où des ours noirs à collerette sont gardés. Ils ont l’air heureux et ont beaucoup d’espace, qui plus est, dans un superbe environnement.

De retour à l’auberge, je pars m’assoupir et me réveille avec des démangeaisons au cou. Lorsque je rejoins Chloé et la tripoté de français, j’assiste au dépeçage d’un cochon d’inde qu’un Laotien fait grillé sur le feu avant de s’en régaler. Miam Miam.

Ce soir nous décidons d’aller à Utopia qui semble être l’endroit branché de Luang Prabang. Pas de chance pour nous, à minuit, Utopia est déjà fermé.

A notre retour au Spicy Guesthouse mes démangeaisons laissent place à des boutons qui se répandent partout sur mon corps. Je pars me coucher en espérant que demain tout sera passé.

20/01 : Je mute

La nuit fut infernale, je n’ai pas dormi pour la 5ème nuit et les plaques apparaissent partout. Ça me démange, je gratte sans arrêt. Je pars à la pharmacie qui, à la vue de ma jambe, me donne l’antihistaminique le plus fort.

Je décide de changer d’hôtel et de prendre quelque chose de plus calme. Après un bon petit déjeuner je pars me reposer, au calme. Les démangeaisons ne s’atténuent pas et les plaquent continuent d’apparaître sur tout mon corps. J’ai peur ! Ma copine Chloé m’a rapporté à manger du marché mais je ne peux avaler que quelques bouchées et je pars m’endormir. Essayer du moins car je me réveille une dizaine de fois pour me gratter, jusqu’au sang parfois. C’est impossible de m’arrêter.

21/01 : La fin de la mutation

Ce matin j’en ai partout sur le visage, je commence sérieusement à m’inquiéter et décide d’aller à l’hôpital.

Deux femmes travaillent dans le même bureau et m’examine devant tout le monde : hommes, femmes et enfants confondus. Heureusement que ce n’est que le dos qu’elles regardent car l’enfant d’une dizaine d’années à côté se fait relooker le zizi sous toutes les coutures et devant tout le monde.

A l’issue de cette brève consultation, elle me donne une crème anti démangeaisons que j’applique de suite. Je vide le tube et les démangeaisons commencent à disparaître petit à petit.

Je ne ressemble pas à grand chose avec mes taches sur la figure mais décide d’y faire abstraction et de me balader avec Chloé toute la journée.

Le soir venu, nous décidons avec Brioche et Marie, une nouvelle arrivée, de nous rendre à Utopia, avant minuit cette fois. L’endroit est magnifique. Très beau bar avec une terrasse splendide sur la rivière Nam Khou où l’on peut s’allonger sur des futons. L’endroit est très relax, un peu hippie, la déco est éclectique. Il y a même un terrain de beach volley et nous apprenons qu’il y a des cours de yoga y sont même dispensés le matin et en fin de journée.

Je ne fais pas long feu à Utopia, mon corps continuant d’appeler mes mains pour le gratter et je rentre dans ma chambre, prend ma douche et me tartine une nouvelle fois de crème à la cortisone avant de passer la première nuit correcte depuis une semaine.

22/01 : Je veux un éléphant

Ce matin ça va mieux, les plaques ont pratiquement disparues et nous décidons de partir prendre le petit déjeuner à Utopia. Petit déjeuner qui, malgré un cadre exceptionnel, laisse à désirer par la lenteur de service et le rapport qualité/prix. Pour la petite anecdote nous avions demandé des œufs pochés coulants et nous avons eu une omelette.

Après de longues tergiversations avec des chauffeurs de tuc tuc nous nous rendons dans un magnifique village d’éléphants, bordé de cascades et de forêt sauvage. Le village est situé à une trentaine de kilomètre de Luang Prabang et une fois arrivé, il faut prendre une barque pendant 10 minutes pour enfin voir les éléphants.

Le spectacle est magique, il sont beaux et semblent bien traités. Les Mahouts (le maître, le guide et le soigneur de l’éléphant) leur parlent et ne les frappent pas. La montée est un peu chère et nous décidons de les nourrir en compagnie de jeunes moines. Quelle brave bête l’éléphant. C’est tellement mignon lorsque sa marche avec ses 4 genoux et ses grosses pates. Tout semble paisible pour lui. Il est calme et relaxé. Il mange tout le temps et vit en communauté. Bref, je voudrais bien un éléphant mais faudrait que je vive dans la savane et même si je pourrais peut être un jour envisager d’aménager mon 20m2 en centre ville, je ne suis pas sûre que la compagnie aérienne accepte une bête qui pèse près de 5 Tonnes.

On part faire une petite randonnée dans la forêt qui est très sauvage et on découvre de magnifiques cascades, peut-être plus belle que celle de Kuang Si parce que moins touristique. Mais moins haute aussi.

Après cette journée riche en émotions nous voilà de retour dans le centre ville, prête à finir la journée en beauté par du yoga à Utopia.

C’est la première fois pour moi et je vous assure que ce n’est pas si facile. Surtout cette satanée position de salutation au soleil. Si on réussit à se convaincre que le ridicule ne tue pas, c’est vrai qu’en sortant de la séance on se sent vraiment mieux, plus relaxé et plus mou.

Nous buvons une bière pour nous féliciter de ce sport intense et partons à la recherche d’un endroit cosy pour notre dernier dîner. On se trouve un barbecue et on trouve ça parfait pour se réchauffer. On mange à une vitesse de folie et on s’étonne des minces portions servies.

Les cocktails de ce restaurant sont chimiques mais le vin est fruité et plutôt bon ! Oui, c’est notre dernier soir alors on se lâche un peu.

De retour à l’hôtel, je salue tout le monde avant de rejoindre ma chambre et propose à Chloé de me raccompagner. Avec un étonnant enthousiasme, elle saute sur l’occasion mais après réflexion décide de rester. J’imagine que les adieux vont être déchirants !

23/01 : Séparation

La nuit fut courte mais bonne, je rejoins Chloé à son auberge où j’ai laissé mes affaires, fais mon sac et descend à la réception où le tuc tuc doit venir me chercher dans 5 minutes. Le tuc tuc est à l’heure et il faut se dépêcher, pas le temps pour les au revoir, ce qui n’est surement pas plus mal car Chloé c’est une grande histoire dont on ne peut pas se séparer sans émotions.

Ma Fatal Biouty, toi et moi on a tellement partagé ! Trop d’émotions, d’histoires, de repas, de chansons. On a tout renommé, Sweet B, Marcello, Bobbie, Josy La Truie, Robert, ton 3ème œil et bien d’autres… Ces Good Morning et ces discussions sur la vie à n’en plus finir.

Tu étais à mon chevet quand l’urticaire me rongeait et je t’ai soutenu quand cet indélicat d’infirmier t’a enlevé Croûtie à la pince à épiler. On a rigolé pour tout et pour rien, surtout quand il s’agissait de ton poignet ou de tes anomalies corporelles. Quand je louf*** et que tu le savais, quand tu faisais pipi la porte ouverte et quand tu me disais : aujourd’hui je me repose alors que tu te reposais depuis 3 jours déjà. Peut être que ça te déclenchera une larmichette parce que tu es sensible, auquel cas lâche toi, pleure une waterfall et n’oublie pas que tu es wonferfull ! Et n’oublie pas aussi … qu’un jour on achètera un bateau vert et blanc J

Après ce bref aparté, je me trouve donc dans mon tuc tuc direction la station de bus. Mais je me retrouve au port ! Quel enfoiré ce tourist information de l’auberge ! De toute façon cette auberge : Spicy Laos c’était de la merde. Je n’ai, à tort peut être, jamais laissé de commentaire nulle part pour rien mais là je vais me lâcher. J’ai payé une fortune mon billet pour faire deux jours de bateaux. Je suis contente bien sûr mais le fait que l’information soit erronée me rend folle.

Je me retrouve donc au port, prête à embarquer.

Il est tôt et lorsque le bateau démarre, j’ai beau être en doudoune, écharpe et legging, j’ai froid. Et je vois tous ces couples qui se réchauffent dans les bras les uns des autres. Et moi j’ai à côté de moi, une anglaise au physique disgracieux et peu plaisant, à l’accent incompréhensible qui, une fois lancée ne s’arrête pas de parler.

Je croyais que nous allions prendre le bus, je n’ai donc rien prévu à manger et je me retrouve à jeûner pendant 9h. Arrivée à Paksang, cette anglaise : Claire, me propose de partager une chambre, ce que j’accepte avec plaisir. Une fois l’auberge trouvée je me rue sur le premier restaurant, mange un bout et m’endors très vite après.

24/01 : Il était un petit navire

Réveillées tôt, nous prenons un bon petit déjeuner, et cette fois je prévois un gros sandwich et des gâteaux pour cette longue journée de bateau.

Les paysages sont magnifiques bien que peu variés.

Nous arrivons à Huay Xai (la frontière) sans problème 9heures plus tard et prenons un tuc tuc avec les occidentaux du bateau. Une dame suisse d’une bonne cinquantaine d’année, qui voyage seule, me hurle dans les oreilles dans le tuc tuc. Même avec des boules Quiiès j’aurais eu l’impression qu’elle hurlait. Je n’ai qu’une hâte, passer la frontière et rejoindre Chang Maï.

Je passe la frontière et ça y’est je suis en Thaïlande! Mais il n’y a plus de bus pour rejoindre Chang Maï.

Nous sommes une dizaine d’occidentaux dans le même cas et logeons tous dans la même auberge, l’anglaise et moi partageons à nouveau la même chambre.

Nous partons dîner tous ensemble et je suis à mon summum en terme d’insociabilité. Entre les uns qui hurlent et les autres qui se bécotent, je ne me sens pas à ma place et lorsque l’anglaise prise de froid décide de rejoindre l’hôtel, je saute sur l’occasion pour l’accompagner.

Nous passons au supermarché faire quelques provisions. Nous sommes bien en Thaïlande, enfin un supermarché avec un rayon produit frais ! Enfin un super marché tout court de toute façon ! Nous rentrons dans notre 10m2 et partons dormir pour finalement prendre le bus qui nous amènera à Chang Maï demain matin.

Mes 40 jours : Laos / Part 1

Mes 40 jours : Laos / Part 1

05/01 : La journée de l’arnaque

Pour rejoindre les 4000 îles au Laos, nous avons acheté nos billets à Kratie pour une somme de 16$ par personne. Oui c’est cher mais pour y aller il faut d’abord prendre un minivan puis un bus et enfin un bateau.

Nous voyageons avec un couple de suisse d’une quarantaine d’année qui sont en vacances. Le minivan est plein à craquer, nous sommes au fond du bus les uns sur les autres. Pas de place pour les bagages à l’intérieur, ils sont disposé sur un châssis à l’extérieur et nous roulons sur de la terre battue qui fait voler la poussière sur le camion et en recouvre nos sacs.

Notre jeune chauffeur s’aperçoit que rouler comme un fou n’est peut-être pas la meilleure solution au moment où la roue crève. Il fait une chaleur tropicale et nous sommes au milieu de nulle part. Le paysage est digne d’un décor de fin du monde : arbres et herbes brûlés, terre battue, pas une cabane à l’horizon, nous sommes totalement seuls au milieu de ce désert aride, sous un soleil de plomb. Heureusement, les cambodgiens qui sont des hommes à tout faire s’en tirent assez bien et assez vite. 30 minutes plus tard, nous revoilà entassés les uns sur les autres.

Nous, les 4 occidentaux sommes arrêtés à un restaurant, nos sacs déposés sur la route, et le chauffeur nous agite sa main pour nous dire au revoir.

Le serveur du restaurant nous indique que le bus arrivera d’ici 2heures. Nous attendons et 2 heures après, un bus de vietnamiens débarque et le chauffeur nous fait signe que nous partons avec eux. Sleeping Bus cette fois, c’est mieux. Arrivés à la frontière, le tamponneur me demande 2$ pour avoir mon tampon ce que je refuse. Et je lui donne mon passeport en lui disant que je sais que je n’ai pas à payer et qu’il doit tamponner mon passeport. Il arrache mon papier de sortie à l’intérieur et le tamponne, je marche alors jusqu’à la frontière côté Laos où je remplie tous les papiers et paye les 30$ demandés. Le contrôleur m’informe que mon passeport n’est pas tamponné côté Cambodge et qu’il faut que j’y retourne. Je remarche les 10 minutes qui me sépare de ces deux pays et m’apprête à insulter le contrôleur de tous les noms s’il ne me tamponne pas mon passeport. Il rend celui de Chloé en premier et garde le mien un peu plus longtemps. Pour me faire peur surement. Mais je n’ai pas payé.

Nous repartons côté Laos et le garde ne veut pas nous redonner nos passeports si nous ne payons pas 2$. Même cinéma je lui dis que je ne dois pas payer et que je sais que je n’ai pas à payer. Mais cette histoire prend du temps et le bus de vietnamiens s’impatiente. Les Suisses ont payés les 2$ chacun mais je ne veux pas céder et le garde finit par nous proposer de payer 1$ chacune et je continue de le regarder droit dans les yeux en lui disant que je ne suis pas d’accord et que je ne payerai pas. C’est du racket, même pour 2 pauvres dollars, ça m’emmerde.

Je suis contente de voir qu’il finit par sourire et je sens que c’est lui qui va finir par craquer.

De retour dans le bus, soulagés et contentes de n’avoir pas payé, nous patientons 30 bonnes minutes puis sommes de nouveau lâchés au milieu de nulle part.

Un panneau indique le lac et nous nous mettons en marche, nos gros sacs sur le dos, dans une direction inconnue.

10 bonnes minutes plus tard, nous sommes ravis d’apercevoir le Mekong au loin. Nous donnons nos billets au gérant de la compagnie de bateau qui nous informe qu’ils ne sont pas valables ici et que si nous souhaitons nous rendre à Don Det il faut payer 12$ par personne. Les Suisses n’ont que très peu de jours au Laos et décide d’y aller coûte que coûte et nous les accompagnons dépitées par cette journée.

Arrivées à bon port, nous découvrons une population où le sourire et l’action ne fait pas parti des moeurs. Ils sont mous et méchants. On finit par trouver une chambre dans une auberge pour pas trop cher, propre et avec eau chaude. Le soir on part boire dîner dans un bar raggae mais cette ambiance m’exaspère un peu et je m’apprête à partir lorsque le couvre feu retentit. Il est 23h, bienvenu au Laos !

06/01 : Une toute petite île parmi 4000

Ce matin et après un bon petit déjeuner, je loue un vélo pendant que Chloé, estropiée s’apprête à passer une journée repos. La femme me crie que le tour de l’île prend 3 heures et je pars bien préparée à cette aventure. Une heure plus tard je suis de retour en ayant pris le plus de temps possible sur le chemin. L’île est toute petite et sur le chemin je croise des enfants rieurs, le sourire jusqu’ aux oreilles, des ado de 12 ans en scooter, des cochons et des cultures de riz toutes sèches. Le spectacle est splendide. A mon retour et avec une grande motivation, Chloé et moi papotons le reste de la journée à refaire le monde. A notre retour dans la chambre nous apercevons une énorme araignée. Horrifiées, nous appelons tout de suite la reception, qui sans grande motivation et sans empressement arrive dans la chambre avec un balai, chasse et tue l’araignée et repars sans un mot ni un regard.

07/01 : Le Journal

Je l’avais presque oublié. C’est difficile de prendre du temps pour tout écrire et en ce 7 janvier je remets le blog à jour de mes aventures récentes. C’est une journée peu active mais riche en rire et en émotions. On regarde ‘Un indien dans la ville’ et, pendant que je continue mon récit, Chloé part se balader. A son retour nous partons dîner dans un bar où des slovaques nous invitent à jouer au billard. Malheur pour eux, nous sommes pires que nulles. Nous ne rentrons pas une boule dans un trou. Ils ne sont pas excellents non plus et après de nombreuses tentatives pour finir la partie nous décidons de dîner et ainsi de mettre fin au supplice.

A côté des toilettes Chloé s’éprend d’un petit singe en cage. Ses petites mains et son regard ressemblent tellement à ceux d’un enfant. Au travers d’un petit trou, il nous tend la main et c’est une sensation spéciale de sentir un animal vous agripper avec autant de force.

Nous rentrons bien joyeuse de cette soirée, un peu triste d’avoir laisser le petit singe dans sa cage malgré un plan d’évasion échafaudé, prêt à exécution, si nous étions sûres qu’il ne serait pas plus malheureux dans la nature.

Arrivée à l’hôtel, le wifi de nouveau intégré à nos téléphones, nous apprenons le triste attentat du magazine Charlie Hebdo. Vive La France. Vive La Liberté.

08/01: Une révolte, une grande émotion

Levées à l’aurore pour admirer le levée du soleil, nous partons faire le tour de l’île à pied et rencontrons un des slovaques qui se joint à nous pour admirer ce paysage rougeoyant.

A notre retour et pendant le petit déjeuner, toutes les deux collées à nos téléphones, nous comprenons mieux que l’attentat vise notre liberté d’expression et nos visages se liquéfient instantanément. Tous les réseaux sociaux sont mobilisés, c’est émouvant de voir que porter atteinte à l’un des principes fondamentaux de notre société rassemble et unifie tant de personne. C’est atterrant et horrifiant de voir que certains puissent se venger d’un dessin et tuer des journalistes pour ce qu’ils ont dessiné des années auparavant. Nous aussi, même de si loin ça nous révolte. Je pense que je voudrais être en France maintenant pour voir toute cette ferveur et toutes ces personnes se mobiliser pour notre liberté. Dans cette triste excitation, nous faisons nos sacs et partons direction Paksé. Après un bateau et un bus nous arrivons à destination et partageons un tuc tuc avec des allemands qui hurlent sur le chauffeur car il ne prend pas le chemin le plus rapide. J’ai envie de lui dire de fermer sa grande gueule de moche car elle a déjà fixé le prix. Peu importe le chemin qu’il prend.

Le gentil chauffeur nous dépose devant notre guesthouse : Sabaidee 2 où nous retrouvons notre ami Brioche du Cambodge.

Direction un petit restaurant où Chloé et moi déjeunons et partageons notre repas. Oui nous devenons intimes  (elle a même fait pipi la porte ouverte !)

Nous avons passé l’après-midi à lire et relire les rapports de presse concernant l’attentat #JeSuisCharlie. C’est crispé que je pars me faire masser pour oublier que s’exprimer en démocratie est, pour certains, un acte dénonciable.

A mon retour Brioche a rencontré un couple d’amis, nous dînons tous les cinq avant de rejoindre l’hôtel ou, avant de partir nous coucher, Brioche ne peut s’empêcher de faire d’innombrables compliments sur les poignets de Chloé.

09/01 : Le café c’est mal

Ce matin Chloé est stressée, nous allons partir pour le plateau du Bolaven et malgré ses nombreuses tentatives de retardement au départ : un café, un autre café, il faut apporter la lessive, aller chercher le scoot, je voudrais checker mes mails et mon compte bancaire, j’ai encore soif, il faut que je regarde ceci et cela, nous finissons par partir. Je suis au volant et tout se passerait mieux si elle ne me disait pas toutes les 30 secondes que rouler à 60 est bien suffisant. Le trajet se passe bien néanmoins et nous arrivons à Paksung 1 heure plus tard. Le problème c’est que l’intérêt de se promener le long du plateau de Bolaven c’est d’admirer les cascades avant Paksung et que nous n’en avons vu aucune. On va donc prendre un café et nous apprenons qu’une visite de plantation de café est en préparation. Nous rencontrons un hollandais d’une soixante d’année aux yeux défoncés, tout rouge, qui vit ici. Divorcé d’une laotienne, ils ont un enfant de 6 ans, Johnny. Un couple d’italien et de français nous rejoignent pour la visite et après la dégustation d’un café nous apprenons un tas de chose sur les arbres robusta et arabica, la production du café Laotien, l’exportation et la rémunération. Tout d’un coup, je commence à me sentir mal, j’ai mal au yeux, ils s’ouvrent de plus en plus j’ai le sentiment d’être droguée. J’ai mal à la tête.

Après deux heures de visites dans les champs nous revenons à la case départ pour déguster à nouveau un café. Comme le premier il est bien fort mais j’ai bien faim à 16h. On change nos plans et on décide de repartir sur nos pas pour dormir près des cascades. Puis mon mal de tête s’accentue. Je pars chercher quelques bananes en espérant que ça va passer mais ça s’empire.

Les occidentaux s’en vont peu à peu et je souffre de douleur. Un marteau est dans ma tête et ne s’arrête pas de cogner. Les français m’ont donné un doliprane et après avoir tenté de vomir plusieurs fois sans succès, j’ai l’impression que ça va mieux. Si nous devons partir c’est maintenant et je me sens plus ou moins en état de conduire. J’insiste pour partir car je ne veux pas passer la nuit ici et faire autant de route le lendemain mais lorsque Chloé monte sur le scooter, il tombe, et elle prend peur. On décide d’attendre encore un peu mais le mal de tête revient et devient insupportable. Je ne peux plus marcher ni penser. Chloé se débrouille tant bien que mal pour que quelqu’un nous amène en voiture à une auberge. Elle s’occupe de moi comme d’un bébé. Elle m’apporte à manger et vers 20h je commence à me sentir mieux. Soit 3h après. Je mange un peu et malgré la froideur de la chambre ça me réchauffe et me fais du bien.

10/01 : Bobbie 

Je me réveille tremblotante et nous partons chercher le scoot abandonné au café. Après un thé, nous partons tranquillement voir les cascades. C’est magnifique, plus de 60 mètres de haut et on peut se baigner dans les piscines naturelles. Mais nous n’avons pas le temps et nous partons déjeuner au bord de la cascade Tat Fan qui se jette depuis près de 80 mètres de haut.

Après une brève hésitation sur la direction, nous voici en route pour de TaD Lo. Chloé prend son courage à deux mains et conduit Bobbie, notre cher scooter. Le démarrage est mitigé et bien que j’ai faillit y rester, je tiens à notifiez qu’elle atteindra les 40 km sur près de 1km ! Le stress l’empêchera d’en faire plus mais, excellent professeur que je suis, elle surmontera sa peur sur près de 5km !

Nous finissons par arriver à TaT Lo et nous allons regarder des vidéos et prendre l’apéritif au Tat Lo Lodge, l’hôtel classe de ce paradis perdu.

Sur le chemin de l’auberge, nous nous rendons compte que les phares de Bobbie n’éclairent pas suffisamment, Chloé tente alors d’attraper mon téléphone dans ma poche et de déclencher la lampe torche. Heureusement avec sa dextérité hors norme, elle nous accomplit ces actions en 30 secondes et nous évite une route remplie de bosses et de trous.

Nous dormons dans le dortoir d’une auberge, au dessus du bar, presque dehors, sur des matelas aux ressorts énormes et avec pour uniques couvertures deux très fines couches de tissus. Gla Gla.

11/01 : Les adieux déchirants

La nuit aurait pu être pire. Nous partons nous balader et trouvons une charmante auberge tenue par des français pour prendre le petit déjeuner. Au menu des œufs cocotes délicieux ! Je demande à Chloé : t’as de l’eau ? ce qui nous fait mourir de rire car nous sommes à TaD Lo. Après ce festin nous partons nous baigner et en profitons pour se savonner dans la cascade qui se verse dans le Mekong. Les enfants sautent des rochers et se lavent eux aussi. Les adultes n’ont pas le droit d’être dévêtu pour s’y baigner et se lavent tout habillé, si on peut appeler ça se laver.

Après ce rafraichissement nous partons visiter une autre cascade et remontons sur Bobbie, notre sooter rouge taggé liverpool par de nombreux stickers.

Nous nous arrêtons grignoter quelques petits gâteaux et boire du coca avant de reprendre la route. Après deux bonnes heures de route et quelques petits égarements, nous rendons Bobbie à son propriétaire avec grand regret. Il vivra d’autres aventures, mais je suis sûre que la plus belle était avec nous.

Après ces adieux qui me fendent le cœur, nous allons dîner dans un petit restaurant et oublions l’heure. Nous courons à l’auberge pour nous laver. Sur le chemin, je me rappelle avoir donné la lessive à laver à un monsieur dans la rue, mais il n’y est plus ! Nous demandons conseil à la réceptionniste de notre auberge et par chance, ce cher monsieur habite tout près. En courant nous nous y rendons et lorsque je cherche le ticket pour qu’il me rende ma lessive je le vois qui l’apporte à une autre personne ! Je me rue dessus aussi vite que possible et la récupère in extremis! Quelle émotion !

Nous nous douchons rapidement et partons pour la station de bus. Ce soir direction Ventiane !

Nous avons les pires sièges du bus. Juste à l’entrée et en face des toilettes. Nous avons un lit assez confortable et assez grand mais je vous assure que ma place est la pire, j’ai laissé la fenêtre à Chloé dans un moment d’égarement ou de gentillesse extrême qui ne me ressemble qu’à moitié. L’aventure continue, en route pour la capitale !

DSCN7003

Et les enfants laotiens crierent « sabaidee » en coeur

En bateau lent sur le Mekong

Un peu lassée des heures de bus accumulées au cours des derniers jours, c’est a bord d’un « slow boat » que je vis mes premières heures laotiennes. Il s’agit d’un long et étroit bateau a moteur, dans lequel une centaine de personnes prennent place dans des sièges de minibus. Et c’est parti pour deux jours au cours desquels l’activité principale se résume a regarder les paysages alentours. De temps a autre, l’embarcation s’arrête pour décharger/charger quelque chose et c’est l’occasion pour des troupes d’enfants des villages environnants de venir nous saluer depuis le rivage. Attendrie un peu trop facilement, je me verrai, des le premier arrêt, dans l’obligation de me séparer de mon régime de bananes fraîchement acquis. Malgré tout je sens que je vais aimer ce pays

Luang Prabang, fleuron de l’héritage colonial français

Luang Prabang est connue pour avoir conservé la grande majorité de ses bâtiments coloniaux. Je tombe sous le charme de cette ville des mon arrivée: de belles maisons en bois aux volets colorés, des ruelles pavées, des lanternes qui pendent aux arbres, le tout dans un dans un décor montagneux idyllique. Ici le français n’est pas dépaysé, il trouve des crêpes et des croissants a chaque coin de rue et n’a pas besoin de parler anglais puisque la quasi intégralité des panneaux est dans la langue de Molière. Les sacs a dos Quechua sont au moins aussi nombreux que les motos (si si, j’ai tout compté).

Depuis mon départ de Koh Lipe, je ne serai pas restée longtemps voyageuse solitaire car je fais désormais chemin avec Jean-Yves, un français croisé quelque semaines plus tôt en Thaïlande, et qui voyage a durée indéterminée. Le lendemain de notre arrivée, on décide de louer des vélos pour nous rendre a des cascades a une  trentaine de kilomètres de la ville. Jean-Yves a, quelques mois auparavant, parcouru une grande partie de l’Europe en pédalant;  c’est dire si je suis semée dès les premières minutes,  surtout que je m’arrête toutes les trente secondes pour prendre en photo les montagnes et rizières qui m’entourent. Là aussi,  on croise des ribambelles d’enfants assez régulièrement et certains traversent même la route pour venir nous taper dans la main avant de repartir en riant. Comme une impression d’être en tête de peloton pendant le tour de France..

Les cascades d’eau cristalline sont superbes et on a juste le temps d’avaler quelques crêpes et de parcourir Luang Prabang que le ciel décide de commencer à se déchaîner sur nos têtes.  La météo  n’annonçant rien de bon pour la  semaine a venir, la décision est vite prise de fuir vers le sud.  Et puis c’est pas comme si parcourir un pays du Sud au nord puis au sud en quelques semaines était ma spécialité 🙂

Les 4000 îles ou la vie au ralenti

A la frontière entre le Laos et le Cambodge, des milliers de petits îlots émergent du Mekong et sont le repère de dauphins d’eau douce. C’est devenu une des étapes incontournables des backpackers voyageant en Asie du Sud est. Avant d’y arriver, on a eu la brillante idée d’aller visiter les ruines d’un temple de l’autre côté de la rive,quelques cent kilomètres plus au nord. Les transports en commun étant une espèce rare dans le coin,  je m’offre ma seconde expérience d’auto stop, mais je suis confiante car accompagnée d’un expert, et pas des moindres.

La première laotienne que nous prenons pour une âme généreuse finira par nous réclamer vingt euros pour une course censée être gratuite. Nous avons plus de chance avec le second qui semble financièrement désintéressé. Cependant, une âme généreuse qui nous transporte sur cinq kilomètres dans un vieux camion-tracteur roulant au pas, ça n’arrange pas beaucoup nos histoires. Les troisièmes ont clairement des têtes de mafieux, ainsi que les chevalières qui vont avec. C’est pourquoi a la vue d’un aérosol sous le siège du passager avant, la parano que je suis y voit une bombe lacrymogène, et partant, sa dernière heure arriver a grands pas. Les quatrièmes sont de jeunes cambodgiens ignorant visiblement l’intérêt d’adapter la vitesse du véhicule a l’état de la route. Ce fera l’objet de pas mal de frayeurs surtout lorsqu’ a une pause  je vois mon sac a dos s’éloigner dans le pick-up et moi rester  toute bête sur le bord de la route (ils reviendront finalement cinq minutes plus tard et je retrouverai sain et sauf mon fidèle compagnon). Le cinquième et dernier combine la tête de mafieux et la vitesse indécente; il accomplira cependant l’exploit de nous mener a bon port sans avoir échangé un seul mot avec nous. On est récompensés de cette folle journée par la courte traversée en bateau; le ciel commence a rosir et le spectacle des buffles nageant entre les îlots verts tout autour de nous est superbe.

Sur les 4000 îles que compte (en théorie, car je pense que personne n’est jamais vraiment allé vérifier) l’archipel, seulement trois sont habitées. On choisit d’établir nos quartiers a Don Det, la plus animée d’entre elles, même si ce terme ferait doucement rire les îles thaïlandaises, vu qu’il y a seulement une dizaine de restaurants et bars dans un tout petit tronçon de rue et qu’ils ferment tous sans exception a minuit. La seule problématique qui occupe notre esprit en journée est de savoir si on prend a droite ou a gauche une fois montés sur nos vélos. De toute façon les deux routes se rejoignent et en une demi heure on a fait le tour de l’île et de sa voisine. Le soir le dilemme se complique un peu car l’on doit choisir sur lequel des trois spots on va contempler le coucher de soleil.

Comme partout au Laos, il y a de jolies cascades et les enfants continuent, a notre passage, de crier et de balancer les bras de manière acharnée. Et puis les français sont encore une fois en majorité. On sympathise avec des bretons et des perpignanaises et, a mon grand damne, on intègre un nouveau supporter du PSG, Geoffrey, dans l’équipe de voyage.

Boucle a moto sur les routes poussiéreuses du plateau des Bolovens

Seulement deux jours après avoir rejoint Don Det, on se sent déjà comme des lions en cage. On troque alors nos vélos contre des motos et partons a la découverte du plateau des Bolovens. Pendant presque trois jours, on passe dans des villages hors du temps, ou les laotiens se douchent et lavent leur linge dans la rivière, ou la route de terre est bordée par de toutes petites maisons en bois tordues et ou le karaoké bat son plein, quelle que soit l’heure de la journée. Et puis parce que sinon ce ne serait pas le Laos, on voit plusieurs cascades par jour et on fait des coucous aux enfants. Le point culminant est a plus de 1000 mètres, ce qui fait que les nuits sont fraîches et que les laotiens portent ici anoraks et bonnets. C’est une région qui est également réputée pour sa production de thé et de café. On choisit d’aller rencontrer un producteur un peu au hasard, en nous arrêtant a la première pancarte visible sur le bord de la route. Il ne parle que dix mots d’anglais mais parvient malgré tout a nous expliquer son activité et nous fait déguster l’un des meilleurs cafés du voyage. Jean-Yves, qui maîtrise quelques notions de thaï (langue proche du Lao), s’évertue a essayer de lui demander si les grains de café sont décortiqués a la main. La tentative est louable mais vue de l’extérieur, elle ressemble étrangement au troisième tour d’une partie de Times’up. Et puis la question de la mécanisation de la production restera en suspens…

thailande 349

Longue vie au Roi !

La Thaïlande ne comptait pas parmi les destinations phare de mon voyage. Y ayant fait une (trop) brève incursion il y a quelques années, j’avais en tête l’image d’un pays dénaturé par le tourisme de masse, dans lequel j’allais nécessairement regretter le manque d’authenticité. Et pourtant, il y est assez facile de sortir des sentiers classiques. Des plages de sable blanc aux milliers de bouddhas assis couchés et debout, des ladyboys de Bangkok aux femmes girafes du triangle d’or, la Thaïlande s’illustre par une diversité naturelle et culturelle incroyable.

Bangkok en vélo a la locale

Ce qui est bien quand on a travaillé quelques années dans la solidarité internationale, c’est qu’on a des amis aux quatre coins de la planète. A mon arrivée a Bangkok, je suis royalement accueillie par Pauline, qui était ma collègue de bureau lors de mes débuts a la Croix-Rouge, et Jean-Philippe, son copain, qui a choisi de prendre une année sabbatique pour la suivre. Elle travaille sur l’agriculture biologique dans une association locale pendant que lu apprend le thaï fait de la cuisine et du bénévolat. Ils habitent une chouette maison d’un quartier non touristique et j’ai le luxe d’avoir deux étages pour moi toute seule!

Après avoir goûté mes premières padthai dans une petite échoppe de rue, le week-end end commence avec une conférence organisée par l’association de Pauline. L’invité de marque et orateur principal est Rajagopal, leader du plus important mouvement des sans terres en Inde, que j’avais rencontré a plusieurs reprises lorsque je travaillais à Paris pour Solidarité. Je pense qu’il fait semblant de me reconnaître en me disant, tout sourire, « you’re the one » quand je me présente a lui. Et ça nous fait rire tous les deux. Quelques clichés et anecdotes échangées plus tard, je me dis que le monde est vraiment petit et les coïncidences nombreuses.

Pauline et JP sont des cyclistes acharnés (ils sont d’ailleursà l’heure actuelle en train de regagner l’Europe a vélo); c’est donc tout naturellement a vélo que je (re)découvre Bangkok. Après le capharnaüm des grandes villes vietnamiennes, la circulation me parait étonnamment fluide, les taxis rose bonbon mignons comme tout et les automobilistes respectueux des autres espèces (alors que dans l’absolu, pour quelconque citoyen arrivant directement d’Europe, j’imagine que ce doit être vu comme un bazar sans nom).  Pauline m’emmène dans ses quartiers fétiches, loin des hordes de touristes qu’elle fuit comme la peste. Le dimanche matin, on va même faire quelques brasses dans une piscine de militaires et on fait un peu tâche dans le décor; surtout en maillot deux pièces quand la plupart des thaï se baignent tout habillés. La journée se termine par un concert en plein air dans un grand parc, événement hebdomadaire visiblement initié depuis le précédent anniversaire du roi. Autour de nous, la majorité des gens portent un t-shirt jaune, comme symbole de respect envers le roi et la monarchie. Respect ou culte? C’est surprenant de voir la moindre boutique ou habitation de la moindre rue arborer au moins une photo grand format du roi – lorsqu’il était dans son plus bel age bien entendu  car aujourd’hui il a plus de 80 ans et est visiblement bien mal en point. Encore plussurprenant de voir les collègues de Pauline qu’elle a invitées a dîner regarder partout autour d’elles (afin de s’assurer  que personne ne soit susceptible de les épier, enregistrer et dénoncer) avant d’entamer une discussion sur la monarchie dans le pays. En effet, chaque semaine, des cas d’emprisonnement pour crime de lèse Majesté sortent dans la presse.

Au sortir de ces quelques jours à la thai à manger du riz gluant pour apaiser le feu provoqué par la cuisine pimentée et à me demander ce que JP peut bien raconter à ses voisins lors d’une partie de ping pong improvisée dans la rue, on met une touche française dans notre réveillon de noël: du vin rouge, des crêpes et des étoiles clignotantes sur les bougainvilliers.

Baptême d’éléphant a Chiang Mai

Le 25 à l’aube, à l’heure où les coqs entament le dixième rappel de réveil, me voila partie pour rejoindre, dans le nord du pays, Marjolaine, une autre ancienne collègue Croix-Rouge expatriée au Laos depuis un an. Pendant les treize heures de trajet, le son des clips et séries diffusés sur les télés du bus est tel que même avec les boules Quies, j’ ai l’impression d’être en boite. Les thaï eux, semblent trouver cela normal et la majorité dort d’un profond sommeil ou se marre devant l’écran en mangeant des graines de tournesol.

Le tourisme a Chiang Mai s’est développé a une allure folle au cours des dernières années. Le centre ville n’est d’ailleurs qu’une concentration d’hôtels, de salons de massage et agences de voyage; ce qui n’exclut pas de tomber par hasard sur la prière du soir des moines dans un petit temple caché. Une des excursions courantes de la région est de se rendre au triangle d’or et d’aller visiter des villages habités par les minorités ethniques. Nous ne dérogeons donc pas à la tradition et allons prendre une photo là où Birmanie, Laos et Thailande se rejoignent en formant un triangle (« or » faisant allusion à la lucrativité du commerce de l’opium dans la zone depuis les années vingt). Puis nous allons à la rencontre des « femmes girafes », ethnie dont les représentantes sont connues de par les nombreux anneaux en metal qu’elles portent autour du cou, donnant l’impression que ce dernier s’allonge au fil des années. Même si le fait qu’une dizaine de cars de touristes s’arretent dans les mêmes villages en même temps donne tout son sens au concept de « zoo humain » c’est interessant de pouvoir observer et comprendre cette coutume qui ne perdure pas seulement dans un souci de donner du folklore au touriste de passage. Quoiqu’il en soit, après ce bain de foule, je ne suis pas mécontente de partir en trek dans une région plus à l’écart des sentiers classiques. Dans notre équipe de promenade, d’autres français (c’est tellement systématique que je ne m’en etonne même plus), des suisses, des danois et un guide thai qui parle très peu l’anglais mais se passionne pour les araignées. Au milieu de la jungle, au moindre trou apparent, il sort sa brindille pour tenter d’en faire sortir l’occupant,lequel est d’une taille généralement assez significative pour nous rendre très précautionnaux le soir venu, au moment de fermer notre moustiquaire 🙂 Le deuxième jour, on abandonne la marche à pied pour commencer la journée par du « bamboo rafting »; une embarcation sommaire qui prend l’eau de toutes parts à chaque rapide de niveau 0,5 🙂 Les premiers moments sont assez drôles mais au bout de trois heures, on commence à s’ennuyer sérieusement et on n’est pas mécontent de retrouver la terre ferme. Surtout que nous y attendent nos montures éléphantesques et que ça a beau être l’attrappe touriste par excellence, c’est tout de même chouette de traverser la foret en hauteur, en se balançant derrière d’enoooormes oreilles grises.

Cocktails et mer turquoise à Koh Lipe

Etant donné que j’ai décidé d’écarter toute logique dans la construction de mon programme thailandais, je redescends dans l’extrême sud quelques jours après être montée dans le nord, pour fêter le réveillon avec Lisa, copine marseillaise en exil à Singapour, et trois de ses amis.

L’île de Koh Lipe est tout près de la frontière malaisienne. Pour s’y rendre, on doit d’abord passer par Hat Yai, où je découvre encore une Thailande différente de la précédente. La religion principale est l’Islam et dans la jeep me conduisant au centre ville qui n’en est pas un, je suis la seule femme non voilée. Je pense même que je suis la seule femme occidentale dans la ville. En plus du fait d’être la seule touriste dans mon hôtel (décidément je suis une perle rare à Hat Yai). En discutant avec le réceptionniste qui est la seule personne agréable à qui j’ai parlé (promis j’arrête avec le mot « seul »), j’apprends que c’est le lieu de villégiature privilégié des malaisiens qui viennent y faire des courses et trouver des filles à coût réduit. Ambiance… Au bout de quelques heures d’acharnement pour trouver des occupations ou, à défaut, des locaux accueillants, je capitule et finis de me convaincre qu’il vaut mieux réserver mon énergie pour le réveillon du lendemain. Au moment de quitter la ville, ma mauvaise impression de la veille se confirme en voulant prendre le bus pour rejoindre l’embarcadère. Les personnels des différentes compagnies semblent s’être donné le mot et tous refusent de me vendre un billet, pretextant qu’il me faut leur acheter la traversée en bateau qui va avec (traversée que j’ai déja réservée et payée sur Internet). J’ai beau faire ma plus belle moue de détresse, rien n’y fait. Même le chauffeur de moto-taxi à qui je demande le prix de la course pour me rendre à une station de bus où quiconque voudra bien m’emmener sans que je n’aie à acheter le bus en cash, un tour du monde en mongolfière ou une assurance vie, s’est ligué à la troupe des méchants. Après m’avoir proposé un tarif à peu près équivalent à cent fois celui du marché, il me dit que si je ne suis pas contente je n’ai qu’à y aller à pied, assorti d’un « happy new year » en me tirant la langue.

C’est donc avec une joie manifeste que cinq heures plus tard, je débarque enfin sur l’île, retrouve la joyeuse bande singapourienne et prends mon premier bain de mer depuis le début du voyage. On fera le décompte des douze coups les pieds dans l’eau en chantant du Ballavoine et Johnny Halliday ( probablement la faute aux cocktails vodka-coco-piment-citronnelle) et passera la première journée de 2015 à lire et relire les horoscopes bidons proposés par Elle et Marie-Claire, astrologues réputées, le tout sur une plage paradisiaque. Les premiers jours de repos total depuis le début du voyage, sans bus à attraper ni visite à planifier. Des vacances dans les vacances en somme 🙂

Au moment de remonter pour la énième fois vers le nord direction le Laos, je fais mes adieux à la Thailande en vivant – enfin, depuis le temps que l’on m’en parle- mon premier hymne national. Il est 18h dans la gare routière d’Hat Yai quand tout le monde s’immobilise et se lève, arrête sa conversation en cours et porte la main sur son coeur. Oh temps suspend ton vol à la gloire de la nation thailandaise, pendant que moi je continue de décider si je dois faire semblant de chanter avec eux, chercher le portrait du roi pour m’agenouiller devant ou attendre perplexe que chacun reprenne ses activités, deux minutes plus tard.

IMG_8911

Mes 40 Jours: Cambodge

Mes 40 Jours : Cambodge

21/12 : Je marche seule

Ce matin je me réveille seule. Alex & Lola sont partis tôt. Ma mère me dit que 40 est un nombre symbolique et qu’il signifie la mort de soi-même pour une renaissance spirituelle, je ne sais pas vraiment quoi en penser. J’ai redouté ce moment autant que je l’ai attendu. Qui vais-je rencontrer ? Est-ce que je vais vraiment être seule ? Est-ce que les liens qu’on noue avec les gens sont plus fort quand on les rencontre seule plutôt qu’à plusieurs ? Enfin, est-ce que je vais ressentir ce sentiment de liberté dont tant de voyageurs seuls m’ont raconté avoir ressenti ?

J’ai passé la journée à la piscine et à errer dans la ville, à tourner dans les marchés à voir les mêmes shops encore et encore. Avant de revenir à l’hôtel, je passe au centre qui m’a arraché la peau la veille me faire masser et c’est le pire « foot massage » que j’ai eu. Il ne se passe rien au ‘Petit Spa’. Elle me frotte la jambe 30 minutes avec de l’huile, super.

Je fuyais un suisse qui voulait absolument me parler bien que je l’eusse rembarré la veille. C’est le cliché du suisse allemand aux yeux globuleux qui se prend pour un bau gosse. Un débardeur laissant ses gros bras à découverts et racontant des histoires à dormir debout. Il n’était pas méchant mais collant.

Mon tuc tuc arrive pour m’emmener à la station de bus. Je monte et je découvre un sleeping bus très optimisé. Deux lits en bas et deux lits en haut séparés par un couloir pour retrouver à nouveaux deux lits en bas et deux lits en haut. Soit 8 lits par bloc.

Je me retrouve côté couloir à côté d’Indiana Jones. Un homme de la soixantaine, habillé en tenu d’explorateur kaki et qui dort avec son chapeau sur le visage.

A la pause je pars me vider, Malarone effects ?

Pas de chance pour tous ceux qui sont derrière moi !

Lorsque je remonte dans le bus, India n’est plus là et une gentille cambodgienne le remplace. Ce n’est pas un chapeau qui couvre son visage mais un masque de nuit.

22/12 : Une longue journée

J’arrive à Sihanoukville à 6 heures du matin, après 14 heures de trajet. Je dois encore attendre un autre bus pour rejoindre Kep.

Je pars de nouveau me vider, bénissez-moi d’avoir pris du PQ in extremis à Siem Rep. Après deux heures d’attente, je demande à une occidentale de surveiller mes affaires pendant que je retourne aux toilettes et lorsque je reviens, elle a disparue.

Mon bus est là et heureusement mon sac aussi.

J’arrive à Kampot puis à Kep où un Tuc Tuc me dépose à l’auberge Kepmandou. Un cambodgien à l’air hagard fait mon Check-In et me montre le dortoir en me rotant 3 fois à la gueule en moins de 2 minutes et sans que ça n’ait l’air de le gêner le moins du monde. Tout le monde parle français dans l’auberge. Après m’être de nouveau vidée et avoir pris une bonne douche fraîche je pars me reposer.

A mon réveil je me force à manger des lasagnes toutes sèches et après de longs regards interminables Ella, belge de 24 ans, vient me raconter comment elle a échouée à Kep. Tombée amoureuse d’un magicien prof de français ici même, elle a laissé ses copines continuer leur trajet pour profiter de l’endroit et de ce bonhomme. Elle connaît tous les potins de l’auberge et, comme j’adore ça, je l’écoute très attentivement jusqu’à ce qu’un hollandais, Christian, nous rejoigne pour boire des bières. Il est un peu maniéré mais gentil, et après les banalités du routard, nous terminons la soirée tous les deux, Ella étant partie rejoindre son français, à nous demander si notre éducation est la seule raison de notre manière d’agir et de penser aujourd’hui ou s’il y a une part d’innée dans notre ADN dans tout ça.

Lorsque je rejoins mon dortoir, toute une famille dort paisiblement. J’allume la torche et me glisse dans mon lit entouré d’une moustiquaire et j’aperçois une énorme bête qui aurait pu me faire hurler s’il n’y avait eu personne. Je prends sur moi et la mets dehors, elle était vraiment énorme. Prions pour qu’il n’y en ait pas d’autre sinon je suis bonne pour passer la nuit avec elles. Ou elles sont bonnes pour passer la nuit avec de la chair fraîche, moi.

23/12 : Une journée poivrée

Ce matin je rejoins Ella et nous partons visiter la culture du poivre à Kep. Kep est situé dans la région de Kampot d’où le célèbre nom du poivre de Kampot.

Sur le chemin, nous tombons en panne d’essence au milieu de nul part, la première voiture qui passe ne s’arrête pas malgré nos pouces tendus vers le ciel. Et puis si, elle s’arrête quand même quelques mètres plus loin et nous dépose à la plantation de poivre.

Je fais la visite qu’Ella a déjà faite et pendant ce temps elle se charge de remettre de l’essence.

J’apprends que la fleur de poivre est la plus petite fleur au monde et qu’elle se transforme en grain. Le poivre vert se transforme en poivre noir pendant la sécheresse, le poivre rouge peut devenir blanc si on l’écaille. Le poivre rouge est bon avec la viande alors que le blanc est meilleur avec le poisson. Le noir va pour tout. Et Ô lala que ça sent bon !!

Nous partons ensuite nous balader dans les marais salants avant de rejoindre le marché aux crabes où son ami surnommé Brioche déjeune en compagnie de trois françaises : Lucie et Elodie qui voyagent ensemble et Chloé qui voyage toute seule. Nous partons nous baigner et retournons à l’hôtel nous préparer pour une petite soirée qui rassemble beaucoup de monde des villes alentours à Kep.

A la fin de la soirée, je pars à la mer découvrir le plancton et c’est un paysage fluorescent de toute part et incroyable qui s’offre à moi.

24/12 : Joyeux Noël !

Joyeux Noël à tous !

Pendant que vous étiez en famille dans le froid autour d’une bonne raclette, j’ai passé la journée à la plage à me brûler les fesses et puis je suis allée en scooter me balader dans les maisons abandonnées de Kep avec un français : Teddy que j’avais rencontré à la soirée de la veille. Nous sommes allés sillonner les routes du parc national de Kep et nous nous sommes promenés au marché.

Ce soir nous sommes plusieurs français de l’auberge à aller dîner dans le restaurant français d’un hôtel luxueux de Kep. On mange du foie gras, du saumon fumé et du vrai fromage. C’est notre Noël à nous.

En rentrant à l’auberge, le français d’Ella rassemble une foule pour effectuer ses tours de magie. C’est notre cadeau à nous.

25/12 : Kampot, danger !

En route pour la fameuse Guesthouse tenue par 3 bretons à Kampot : le Tiki. Je retrouve avec plaisir Brioche et Chloé et après quelques verres, je pars avec Teddy faire un tour en scooter.

Il me laisse conduire toute seule le malheureux, et heureusement, car je laisse le scoot tombé en essayant de tourner et le rétro se brise. Mais rassurez-vous je n’ai rien et après cet incident je conduis le Scooter comme personne.

On va se balader dans le marché à chercher du poivre pas trop cher, mais c’est « trop » cher quand même. Alors on va boire un verre près du Mékong avant de tourner pendant quelques temps pour trouver un restaurant qui nous convient. Sur le chemin, je croise Christian, mon hollandais rencontré quelques temps avant à Kep.

En rentrant, on décide de se regarder un film : les 4 saisons d’Espigoule et c’est vraiment très très drôle. Je pense que j’aurais pu mourir de rire.

26/12 : Une journée à jouer au Tarot     

Tout est dans le titre.

27/12 : L’île de Mimi Siku

Ce matin je pars avec Chloé à Sihanoukville. Nous sommes dans un mini van de folie rempli de personnes du troisième âge.

Arrivées à Sihanouk, nous partons direction Otres Beach, au Shanti Shanti où nous sommes accueillies comme des reines. Le bateau vient de partir mais il y’en aura surement un autre un peu plus tard, alors nous patientons en dégustant un Gaspacho de tomates bien goûtu, du pain et du beurre.

Vers 15h nous rencontrons Thomas, français qui fait sa troisième saison sur l’île de Koh Ta Kiev, notre terminus. Il nous raconte que les Russes et les Chinois ont racheté les quelques îles face à Sihanoukville, dont celle que nous rejoignons.

Lorsque nous apercevons l’auberge, Coral Beach, nous arrivons dans un autre monde. Le monde de Mimi Siku. Deux françaises débarquent dans la jungle. Il n’y a rien : ni électricité, ni magasin de nourriture ou pharmacie ou autre. Il y a 3 auberges sur cette île et un camping. Il y a aussi et par un grand mystère une distillerie d’absinthe tenue par un Américain.

Nous arrivons sur la plage, ou dans le film La Plage. Les gens sont stones et je me demande si je vais m’acclimater à cette ambiance. Nous accrochons les hamacs, nos lits pour ce soir. Nous retrouvons Teddy et partons nous baigner tous les 3. On boit de la bière et je commande une crêpe au Nutella. Il doit faire 2 degrés en France quand chez nous il en fait plus de 30. Finalement, je pense que je m’acclimaterais plutôt bien à cet endroit malgré les innombrables et les énormes Oursins !

Les repas se prennent à heure fixe et nous avons le choix entre un poisson, une viande et un plat végétarien. Et c’est délicieux.

Ce soir nous repartons sur le continent, à 30 bonnes minutes de l’île ou je recroise l’hollandais, qui me fait une déclaration d’amour touchante. Pourquoi moi ? Je suis assez impulsive et je lui réponds que ce n’est pas possible et il part vexé. Je tente de lui envoyer un message quelques jours plus tard, lorsque je récupère internet sur le continent, auquel il ne répondra jamais.

Mon hamac est situé entre une branche et une table et franchement c’est pas confort. Je décide donc de partir dans l’auberge voisine dormir dans un dortoir ouvert qui donne sur la mer.

28/12 : Joyeux Anniversaire Chloé !

Ce matin j’ai trouvé un bungalow à l’autre bout de l’île. La plage s’appelle « Long Beach ». Et il n’y a pas d’oursin alors de retour à Coral Beach, je propose à Chloé et Teddy de venir y faire un tour.

Pour y accéder, il faut passer par la plage et quelques rochers.

Chloé et son adresse légendaire ne manque pas de faire ami-ami avec un rocher, elle glisse dessus et devient tour à tour verte, blanche et jaune. Elle saigne du genou et elle ne peut plus marcher. Teddy arrive avec des cotons tiges et du désinfectant. Les cotons tiges font rosir les joues de Chloé et après un bon quart d’heure à attendre que la douleur passe, Teddy la ramène tant bien que mal à Coral Beach. On l’abandonne à son triste sort et on finit notre route pour Long Beach où on part faire du masque et tuba dans les eaux paradisiaques de l’île.

Le soir on a concocté une petite surprise pour Chloé. On a demandé au chef de se donner pour préparer un gâteau inoubliable. Après le dîner et à l’arrivée du gâteau, on chante pour ses 26 ans et on déguste cette splendide tarte garnie d’une onctueuse crème pâtissière et de fruits exotiques. Pendant un moment elle oubliera son genou toujours tout rouge, fêlé, brisé, ou carrément cassé ? Suspens… mais surtout et encore bon anniversaire !

29/12 : Adieu le Paradis, Bonjour les Putes

C’est le grand départ de l’île pour Teddy et moi, le grand départ du paradis qui nous ruine peu à peu. Direction Sihanoukville pour faire la fête. On s’arrête dans un bar pour réserver une auberge qui s’avère être à l’autre bout de la ville. Les gros anglais et les gros australiens m’exaspèrent à boire de la bière et à jouer à celui qui criera le plus fort.

On part faire la fête et on se retrouve au milieu d’un nombre incalculable de prostituées, toutes plus jeunes les unes que les autres, encerclées par de vieux hommes vicieux. Les bars et les putes s’enchaînent le long de la côte et vers 4 heures du matin, alors qu’il ne reste que ces jeunes filles dénudées, nous rentrons.

30/12 : Un lourd voyage

Teddy est parti tôt et j’attends Valentin, un jeune français rencontré à Kampot pour retourner à Otres Beach car Sihanoukville ne me réjouit pas.

Valentin me dit qu’en scoot c’est faisable avec mon gros sac et j’ai envie de lui faire confiance jusqu’à ce que je le vois arriver avec son gros sac déjà sur le scoot. Nous partons donc sur deux roues avec nos deux gros sacs à dos en plus de nos deux autres petits sacs à dos. C’est risqué oui. Maman, tu aurais eu une attaque si tu nous avais vu rouler chargé comme des déménageurs sur ces 30 km.

Nous arrivons au Shanti Shanti et je reprends un bon Gaspacho en attendant que ma copine éclopée pointe le bout de son nez.

Entre temps je réserve un hôtel et nous déposons nos sacs. Chloé arrivée, je zone sur le sable en attendant le coucher du soleil, et puis nous allons dîner en compagnie d’un chien paralysée de la partie arrière. Chloé teste le Baracuda et je prends de la viande de bœuf qui ne doit pas être de la première fraîcheur puisque j’ai un mal de dent très intense dès les premières bouchées. Nous sommes tous fatigués et partons rejoindre l’hôtel assez tôt. Nous découvrons un matelas posé par terre sans moustiquaire et un grand lit double au dessus d’un égout (avec une moustiquaire). Le grand lit est mou, il a les traces des corps précédents encore bien marqué ainsi que quelques cheveux restés sur les oreillers. On trouve aussi du sable dans les draps. Après une bonne douche marron, couleur égout, nous nous endormons.

31/12 : Bonne Année !

Nous partons tous les trois, Valentin, Chloé et moi à la recherche de la plage secrète au bout de l’île. Il faut traverser la mer et nous voyons le fond jusqu’à ce que, première dans la lignée, je m’enfonce jusqu’aux épaules dedans, mon sac sur le dos et les mains encombrées.

Finalement installés, des vaches marchent sur le sable à la queue leu leu, et après un bon bain de soleil et une journée à se baigner, nous rentrons nous bichonner pour ce soir. L’eau de la douche est plus claire et nous pouvons nous brosser les dents.

Mon ami Japonais, Aki, rencontré à Chengdu, est aussi à Otres pour le nouvel an. Nous dînons dans un restaurant Italien, entre Français, au Cambodge. Les plats sont vraiment très bon, et le vin aussi. Et puis nous partons au Shanti Shanti boire notre dernier Cocktail de 2014 avant d’admirer les feux d’artifices et les lancés de lanternes sur la plage.

Je vous souhaite à tous une excellente année 2015, remplie de bonheur, de santé et d’amour. Et d’argent aussi.

Nous partons à la fête organisée dans la jungle et, assise à une table à boire mon cocktail, quelqu’un me demande si la place à côté de moi est libre : l’hollandais. Il m’a fuit comme la peste ce soir là et je suis rentrée un peu triste.

01/12 : Direction Phnom Penh

Après une deuxième nuit au dessus de l’égout, je pars demander à quelle heure est le prochain bus pour Phnom Penh. Sur le chemin, je croise une fille nue étendue sur un des lits.

La gérante de l’auberge, une grosse femme anglaise avachie sur un canapé me répond qu’il est à 18h et que l’arrivée à PP est prévue vers 1h du matin. Ces horaires ne me conviennent pas du tout et je pars dans une agence réserver le bus qui part dans 15 minutes. Chloé et moi préparons nos affaires dans l’urgence pendant que mon sandwich au poulet est en préparation par les cambodgiens et que cette grosse gérante anglaise s’endort sur le canapé.

Près de 7heures de bus et nous voici à destination à la recherche d’une auberge. Nous partageons le tuc tuc avec deux hollandaises et passons une bonne partie de la soirée à la recherche d’une auberge potable. Nous voulons une chambre ! Mais celles que nous visitons nous semblent un peu sales et nous finissons dans un dortoir très très propre où nous sommes que toutes les deux ! Une bonne douche chaude, un bon dîner et hop, au dodo.

02/12 : Une française à l’hôpital

Ce matin je convaincs Chloé qu’il faut qu’elle aille à l’hôpital pour son genou. Les infirmiers appellent le docteur et nettoie sa plaie en attendant que celui-ci arrive. En nettoyant sa plaie, l’infirmier prend une sorte de petite pince et sous mes yeux ébahis, mon souffle coupé et les hurlements de Chloé, il lui enlève sa croûte.

Le médecin parle par chance un excellent français. Il lui font une radio et déclare que l’os est très légèrement fêlé et que seuls le temps et le repos le guériront. Elle peut marcher normalement et continuer son voyage sans problème.

Nous achetons nos billets pour partir à Kratie le lendemain et allons visiter le Palais Royal ce que je n’avais pas pu faire la première fois. Il faut que les épaules et les genoux soient couverts, mais ils te refusent l’entrée une fois que tu as acheté ton billet. J’ai ma veste avec moi et Chloé à son écharpe. Nous ne sommes pas habillées convenablement ni elle ni moi. Il faut donc que nous passions chacune notre tour. Je passe la première. Après ma visite et après lui avoir donné ma veste et son écharpe, je rentre à l’auberge où je rejoins Morphée illico.

Je rejoins mon éclopée pour dîner au restaurant White River où un homme d’une cinquantaine d’année remplit sa pipe d’herbe et roule des joints sans arrêt. Il est seul à sa table et se tortille sur sa chaise en continuité. Il se lève même pour danser tout seul. C’est un homme chauve à casquette, plutôt fin et sans trait de drogué particulièrement marqué. Nous pensons qu’il a du connaître un choc dans sa vie pour en arriver là.

Pendant que nous dînons et que les serveurs jouent sur leurs téléphones, nous voyons des dizaines de prostitués défilées avec des hommes gras à leur côté. Ce spectacle m’écoeure et me rend triste.

03/12 : Kratie

La journée dans le bus fut longue mais nous sommes finalement arrivée à bon port. Nous prenons une chambre pour nous et partons dîner dans la ville.

04/12 : Où est la vérité ?

Si j’ai tenu à me rendre à Kratie c’est parce qu’il y a des dauphins d’eau douce. Nous réservons un tour pour les voir et en apercevons quelques un de loin sans pouvoir vraiment les distinguer.

Nous partons ensuite voir les tortues dans un musée, tortues vivantes placées ici pour leur sauvegarde jusqu’à ce qu’elles grandissent et soient en âge de se défendre. Elles sont ensuite replacées dans le Mekong. Nous déjeunons avec notre Chauffeur de Tuc Tuc qui nous apprends que pour se marier au Cambdoge, il faut posséder au moins 2.000$ sinon pas de mariage et donc pas d’enfant. Il nous raconte aussi qu’il sait qu’il ne pourra jamais voyagé et ça me rend triste ces inégalités.

Je ne sais pas si la vie est injuste mais ce clivage est tellement important que je me demande si nous venons de la même planète et je me demande pourquoi nous n’arrivons pas à avoir les mêmes droits. Nous avons tous qu’une vie et qu’est-ce qui est vraiment important ? De voyager, de vivre en communauté, d’avoir un travail ? Chacun sa réponse mais lorsqu’on vient d’un pays comme la France, j’ai le sentiment que nous n’arrivons pas à être satisfait de ce que nous avons et qu’il en faut toujours plus. Peut-être qu’il faudrait réussir à se contenter de ce qu’on a. Cependant nos mentalités et la société dans laquelle nous évoluons nous poussent à toujours en vouloir plus. Notre entourage nous pousse à en vouloir plus. Alors quand on a rien et que notre entourage n’a rien, peut être qu’on vit simplement, et j’aimerais simplement croire qu’on est plus heureux, qu’ils sont plus heureux.

Après le déjeuner, nous allons au sommet d’un temple et sur le chemin du retour, nous proposons à un vieux couple cambodgien de partager notre tuc tuc.

Arrivées à l’auberge nous achetons nos billets pour le Laos et partons admirer notre dernier coucher de soleil Cambodgien sur le Mekong.

IMG_8584

Du 14/12 au 20/12 : Cambodge avec les copains

Du 14/12 au 20/12 : Cambodge avec les copains

14/12 : Les Killing Fields

Ce matin nous allons visiter les Killings Fields (Les champs de la mort).Les Killing Fields sont des fosses où les « ennemis de l’Angkar » (comprenez ennemi de l’organisation révolutionnaire) étaient exécutés à la chaîne. Véritables usines à tuer, ces camps d’extermination étaient régulièrement réapprovisionnés par de nouvelles fournées de victimes apportées par camion. Près de 20 000 fosses communes ont été retrouvées à ce jour, dont le corps de femmes et d’enfants. Les enfants étaient d’ailleurs tenus par les pieds et lancés contre un arbre jusqu’à ce que mort s’en suive devant les yeux de leurs mères. Pol Pote disait que « pour se débarrasser de la mauvaise herbe il fallait aussi arracher la racine. »

La plupart des victimes étaient des prisonniers de la prison de Tuol Sleng S-21, liquidés après avoir été torturés pendant d’interminables interrogatoires. Ce sont les gardiens eux-mêmes qui étaient chargés de la « destruction » pendant la nuit. Ils devaient l’accomplir à coups de pioche, bambou, sabre… afin d’économiser les balles. Nous avons aussi visité cette prison dans le centre de Phnom Penh qui était une ancienne école, où figurent des milliers de photos des victimes ainsi que les récits de certains survivants.

Ciblant d’abord les opposants du régime, les riches, les intellectuels, les étrangers… la machine de mort khmère rouge se tourna vite vers d’autres membres de la société. Il ne fallait pas grand-chose pour être considéré comme un ennemi. Selon l’Angkar, « Il vaut mieux tuer un innocent que de garder en vie un ennemi ».

Ce génocide recense près de 2 millions de morts.

Vous devinez bien que l’ambiance est assez étrange, cependant la sérénité des lieux contraste avec l’horreur des événements. Nous sommes livré chacun à nous même avec l’audio-guide fournit dans ces grands champs où la végétation, particulièrement prolifique, met mal à l’aise. Trente ans après, tous les charniers ne sont pas encore ouverts. Sortent du sol des lambeaux de vêtements des victimes, des ossements, des dents…

Un stupa (temple en forme de tour) y a été construit pour préserver leurs restes et aussi commémorer les victimes du régime de Pol Pot. Il est rempli de milliers de crânes et sur chacun d’eux est collé une petite étiquette pour indiquer la manière horrible dont la personne a été tuée.

Après cette charmante journée nous avons retrouvé Berthille & Antoine avec qui nous avons été dîner, boire des verres sur un toit terrasse et danser pour oublier l’horreur jusqu’au bout de la nuit.

15/12 : Emotions & Transports

Le Royal Palace est malheureusement fermé, nous allons voir le musée national. L’entrée coûte 5$ et le musée ne vaut pas grand chose. Mais si j’ai tant insisté pour le visiter c’est parce que le grand père de mon père l’avait peint lorsqu’il y habitait. Il y a fort longtemps donc. Et l’endroit est toujours intact, avec un peu plus de végétation, certes. C’est une sensation bizarre que de se retrouver devant l’endroit même d’une peinture qu’on a connu toute sa vie et dont on ignorait toute l’histoire. Et ce, à des milliers de km de chez soi.

Les cambodgiens m’embrouillent avec leurs dollars et leur riel (leur monnaie locale). Ici on paye en dollars, mais on vous rend la monnaie en riel. Il faut que je m’habitue au Dollar, car je n’en ai jamais eu entre les mains avant, hé oui, et aux Riels aussi évidemment.

On passe prendre nos affaires à l’hôtel et ce soir on part direction Battam Bang. Le tuc-tuc nous emmène à la station de bus mais le bus part trop tard, on prend donc un autre tuc tuc pour aller à une autre station de bus. Là, on nous dit que le bus arrive dans 30 minutes : Parfait ! Mais nous sommes au Cambodge et le bus n’arrive pas dans 30 minutes, ni dans l’heure, ni 2 heures après. On remonte dans un tuc-tuc pour une autre station de bus, de là on marche jusqu’au bord de la route où on attend encore. On monte finalement dans le bus et par chance, nous sommes bien installés. Et puis on débarque au milieu de nulle part et les insectes nous envahissent. On remonte dans le bus qui nous arrête quelques heures plus tard, au milieu d’une route, oui, encore au milieu de nulle part mais cette fois nous sommes arrivés. Il n’y a pas de Tuc Tuc, nous ne sommes pas en ville, il fait nuit et les moustiques continuent de nous bouffer. Un cambodgien nous propose de nous emmener dans le centre, on lui dit d’aller chercher un tuc tuc et il ramène un copain motard. Il est tard. Hors de questions qu’à 4 nous occupions deux motos, en plus de nos gros sacs et des pilotes. J’appelle l’hôtel pour qu’il nous envoie un tuc tuc et je me fais gentiment envoyer chier. Alex négocie avec une gentille cambodgienne en voiture pour qu’elle nous emmène en ville. Elle n’a pas l’air rassurée et demande s’il peut conduire. Alex se retrouve donc à conduire au Cambodge jusqu’à notre hôtel. L’accueil de l’auberge Ganesha Family Guesthouse se fait par la femme qui m’a parlé au téléphone. Certes il est minuit passé mais elle est payé pour accueillir les clients et pas pour leur hurler dessus. Heureusement que nous avions réservé. On part se coucher illico presto après une douche bien fraîche.

16/12 : 6 millions de chauves souris et moi et moi

Après une affreuse nuit rythmée par les bruits sonores des voitures dans la rue ainsi que les ventilateurs tournés au maximum au dessus de chaque lit, on se réveille pour découvrir Battambang.

Charlotte, Lola & Alex commencent à me faire peur avec la Malaria. Je décide d’acheter les cachets ce qui me coûte un bras. Mais je suis rassurée et ça n’a pas de prix. J’apprends après que les cachets ne sont pas efficaces à 100% …

On part faire l’attraction principale de la ville : le train en bambou. C’est rigolo 10 minutes de s’asseoir sur une planche en bambou et de rouler sur des railles, c’est bruyant aussi, et cher. 5$ par personne pour 20 minutes aller et 20 minutes retour. Et puis il faut laisser un pourboire. La vue ? On devine les rizières mais elles sont cachées par les gros arbustes.

Les voies étant uniques, les Bambou Train doivent être suffisamment légers pour pouvoir être démontés en moins de deux minutes s’ils croisent un autre Bambou Train. L’usage veut alors que le moins chargé des deux cède la place. La procédure est très rapide. Le moteur est désaccouplé de l’essieu moteur. La plateforme est ensuite déposée sur le bas côté de la voie, puis les essieux. L’autre véhicule avance de quelques mètres, puis les deux conducteurs procèdent au réassemblage du train démonté et au réembarquement les passagers ou la cargaison.

Ces rails ont initialement été crées pour le transport de marchandises entre Phnom Penh et Battambang.

Après cette attraction qui nous aura ruinée, on part dans la montagne à la découverte des grottes des chauves souris. Au coucher du soleil on en verra plus de 6 millions sortir de la grotte, le spectacle est impressionnant. (Comment ils les ont compté ? Ils ont placé des ondes dans la grotte pour compter le nombre de chauves-souris)

17/12 : Une balade sur le Mékong

Levés de bonne heure nous prenons le bateau direction Siem Rep. Nous sommes sur le toit et puis comme il fait froid on se met à l’intérieur. Chacun sa technique pour se réchauffer : nous on se met les écharpes sur les jambes et on serre les fesses, d’autres prennent les gilets de sauvetage, d’autres encore rentrent leur bras dans le tshirt, d’autres boivent de la bière et d’autres subissent en silence.

On navigue entre de magnifiques paysages sur le Mékong : entre les rizières, les bateaux de pêcheurs faisant également office d’habitats, des villages flottants.

La chaleur finie par se faire ressentir en début d’après-midi et on retente notre chance sur le toit. Je crame.

On arrive à Siem Rep et logeons à Dowtown Guest House. Une auberge remplie de gros anglais et de gros australiens buvant tout le temps et se jetant dans la piscine entre chaque pinte.

18/12 : Angkor what ? Angkor Vat

Je déjeune une salade au poulet et bacon avec avocat et roquefort. Ça valait bien la peine d’attendre une heure avant d’être servie.

Après ce festin nous partons tous les quatre pour les temples d’Angkor, principale activité touristique du Cambodge, vendu par les cambodgiens au Vietnamiens (plus d’un million de visiteur par an).

Angkor était une des capitales de l’Empire khmer, existant approximativement du IXe au XVe siècle.

Nous partons faire ce grand tour des temples en tuc-tuc, le chauffeur roule très très vite. Si vite que ma glace fond instantanément … sur moi. Je suis toute collante pour admirer le coucher du soleil qui n’est pas formidable suite aux innombrables nuages à l’horizon.

19/12 : Le soleil est bleu

Ce matin nous nous levons très tôt sans savoir vraiment à quoi nous attendre pour ce levé de soleil. Nous arrivons à l’entrée d’Angkor et nous décidons de suivre un groupe de Chinois. Bonne pioche ! Le guide semble être aguerri et nous sommes les premiers sur le site. Nous choisissons nos places, commandons un petit déjeuner contre une couverture, nous asseyons et buvons nos thés. Le spot se remplit et même si nous avons patienté 30 à 60 minutes de plus que les derniers arrivants, nous sommes en première position pour admirer le levé de soleil sur le temple. Les couleurs sont incroyables, du bleu dégradé dans tous les bleus possibles avec la lune en forme de sourire. Une autre grande émotion de mon voyage.

Aujourd’hui nous visitons les temples un peu plus célèbre dont Angkor Vat et Ta Pronh ainsi que les temples tout au Nord (qui n’ont pas très grand intérêt comparé à l’heure aller de tuc tuc nécessaire pour s’y rendre).

Nous revenons à l’hôtel et je pars explorer le marché de nuit avant de rejoindre les amis pour dîner. Je trouve le temps de me faire épiler dans un spa proche de l’hôtel. Et c’est la pire épilation de ma vie. Mes aisselles sont rouges, rouges, rouges. Et mes jambes aussi et toujours avec quelques poils.

C’est le dernier soir de Charlotte et je suis en pleine forme. Je pars faire la fête dans ‘Pub Street’. Un occidental en béquille déguisé en père Noël fait une Battle avec une cambodgienne qui m’en met plein la vue. Je rencontre sur le chemin du retour une troupe de français, étudiants en architecture, en voyage scolaire au Cambodge, chacun sa voix hein ?

20/12 : On sera où l’année prochaine Lola ?

Quand je me réveille Charlotte est partie et je suis un peu triste. Je rejoins Alex & Lola à la piscine après m’être promenée dans la ville à la recherche d’un « foot massage » sans succès. Je me rabats alors sur le marché, seule ‘vraie’ activité de Siem Rep.

Je rejoins Alex & Lola à la piscine, Alex est malade … Malarone bonjour !

Lola et moi nous rendons compte que nous étions à Cuba l’an passé et cette année au Cambodge, ça te va l’Australie l’année prochaine ?

Nous partons voir un spectacle de danse cambodgienne pour leur dernier soir. Il s’agit d’une salle immense remplie de chinois. Inutile de rappeler qu’ils sont partout. Il y a un buffet où il faut se battre pour deux brochettes de poulet, et oui, je me bats pour deux brochettes de poulet. Les chinois ne regardent pas du tout le spectacle qui pourtant est beau. La danse est très lente et les gestes très stylisés, les costumes très travaillés et je suis très contente d’y assister. Nous trinquons à notre semaine passée ensemble avant de rejoindre nos chambres respectives et se souhaiter le meilleur pour les prochains mois. A bientôt !

Je m’endors toute bizarre, demain, je serais seule pour la première fois pendant 40 jours.