Mes 40 jours : Thaïlande / Fin

25/01 : Chiang Mai, enfin ! 

J’avais tellement peur de ne pas avoir le bus pour rejoindre Chang Mai que je me suis levée aux aurores et ai fait levée l’anglaise aussi du coup. A 6h15 nous étions à la station de bus qui ouvre à 6h30. Quelques occidentaux du bateau nous ont rejoint au fur et à mesure. Tout le monde a eu des places, mais je voulais être la première, juste au cas où je n’en ai pas et je doive rester un jour de plus dans ce trou.

Le bus est arrivé à 7h15 et nous avons débarqué à Chang Mai 7h après!

Quelle joie d’être enfin arrivée! Je décide d’aller au Mac Do pour semer mes compatriotes de route ce qui est un échec. Mais je reste plus longtemps et prend le premier hôtel que je trouve.

L’après-midi je me pose à la terrasse d’un café pour regarder le tennis et à peine assise un australien commence à me parler. Pas moyen d’être tranquille rrr. Il s’avère cependant qu’il est très sympathique et nous discutons un bon moment jusqu’à ce que je décide d’aller me faire masser. Au moment de payer je m’aperçois que je n’ai pas mon porte monnaie, aie ! Josh, mon nouvel ami australien, m’offre mon strawberry shake et propose que je lui offre un verre le soir en échange. Traquenard ? Je finis par accepter, je n’ai pas vraiment le choix de toute façon. Je passe à l’hôtel récupérer mon porte monnaie et par me faire masser, ce qui se rapproche plus de la torture humaine.

Cette petite femme, d’une bonne cinquantaine d’année me martyrise et me tord dans tous les sens. Elle me marche même dessus et me coupe la respiration pendant quelques secondes ce qui ne semble pas la déranger le moins du monde.

A mon retour à l’hôtel, je démêle mes cheveux, restés dans la même position sans être lavés pendant 4 jours. C’est un réel combat, surtout avec l’odeur qui s’en dégage.

Et après une bonne douche, je rejoins Josh et nous allons dîner dans un restaurant mexicain. Je prends du poisson thaï et wah, c’est super épicé  et du coup ça me gâche un peu le goût. Lui prend un Burrito qui ne ressemble pas à grand chose et se régale pendant que je crache du feu.

Après dîner nous allons au Zoeys, qui est l’endroit où sort de la jeunesse occidentale de Chang Maï. Nous rigolons bien et après quelques verres la fatigue me rattrape et je laisse Josh en compagnie de ses amis d’auberge pour retrouver Morphée.

26/01 : Une journée couleur saumon !

Après une bonne nuit, je me réveille tranquillement et pars explorer Chang Mai à pied. Je m’assois à la terrasse d’un café et me régale d’une salade au saumon fumé avec des tomates cerises, des betteraves, des radis, des avocats, plein de salade, du pain et du beurre. Un grand festin en somme !

Je passe la journée à errer dans la ville et le soir je dîne du … saumon ! mais grillé cette fois.

Josh me propose d’aller voir un spectacle de lady boy ce qui me tente assez mais ma journée a été intense en dépenses de saumon et je préfère aller me coucher.

27/01 : L’horreur aux longs cous

Aujourd’hui je me mets en route pour le village des femmes au long cou. J’ai toujours été intriguée par ce peuple et me demande si leur cou est vraiment beaucoup plus long à cause des colliers et à quoi ressemble leur vie. Le ‘Long Neck Village’ est situé à une trentaine de km du centre de Chiang Maï. Lorsque j’y pénètre, après avoir payé plus de 10 euros l’entrée, je me rends compte que je pénètre dans un zoo. J’ai la gorge nouée, le cœur qui se serre et les yeux qui s’humidifient. J’assiste à un terrible spectacle. Le village se parcourt très facilement en 10 minutes et toutes les femmes ont un stand le long de la « rue principale », de l’unique rue en fait. Des stands de vêtements, de souvenirs, d’instruments de musiques. Bref que des « attrapes touristes ». Les guides sont autour d’elles et en parlent comme on parle d’animaux. Elles se font photographier à longueur de journée en espérant vendre l’un de leur produit aux nombreux touristes.

La seule raison pour laquelle ces femmes continuent de porter les colliers n’est en rien la perpétuation d’une tradition mais bien le paradis des horreurs pour les touristes. Je ne comprends pas que ce ne soit pas interdit et que les gens continuent d’avoir cette curiosité malsaine envers ces pauvres femmes qui font de leur modes de vie le futur mode de vie de leurs filles simplement pour de l’argent. Il doit être bien né celui qui naît du sexe masculin et qui profite des revenus du village en laissant leurs femmes vivrent dans des conditions que je pense effroyables. Passer la journée à tisser, à jouer de la musique ou à dire ‘hello miss, want something ?’ pour trouver un prétexte à l’exposition d’un coup encerclé de colliers n’est pas une vie. J’y suis allée en me disant que j’allais découvrir une ethnie différente de la mienne et qui m’attirait depuis enfant et j’en suis ressortie triste et maussade.

En faisant quelques recherches sur internet je me suis rendue compte que cette tradition n’est effectivement perpétuée uniquement pour le tourisme et que ce peuple, originaire de Birmanie, vit plus ou moins illégalement sur le peuple thaïlandais.

Un jour j’espère pouvoir me rendre en Afrique et découvrir là le vrai peuple au long cou, qui perpétue réellement une tradition prônée de conviction et non prônée par l’argent. Peut-être que je serais déçue comme je l’étais en sortant de ce village mais je reste persuadée que l’argent n’est pas le maître mot dans le monde entier.

Ce soir direction Bangkok (BKK pour les intimes) par le bus de nuit. Je l’avais déjà remarqué en prenant le bus de la frontière à Chang Maï mais je tiens à préciser que les bus thaïlandais sont probablement les meilleurs en terme de services que tout ceux que j’ai pu prendre avant. Une hôtesse à bord, dans mon cas : un lady boy de 2m de haut avec des mains 2 fois plus grandes que les miennes, qui distribue de l’eau, un jus de pommes et des Oréos ! La compagnie de bus Thaï voudrait elle rivaliser avec la compagnie aérienne du Japon qui distribue des glaces Häagan-Dazs ?

Le trajet se déroule plutôt bien, le siège à côté de moi est vide et je réussis à chiper une autre couverture. Je suis confortablement installée mais le bus fait de nombreux stops où tout le monde doit sortir et j’arrive à Bangkok épuisée.

28/01 : La fin de mes 40 jours

 

Je suis arrivée à l’hôtel de bonne heure et par chance ma chambre était prête. J’ai patienté une bonne heure et je suis allée prendre mon petit déjeuner. J’ai mangé un nombre de toasts incalculables et avec plein de beurre. J’ai regardé un film (avec Pio encore), j’ai somnolé puis pris ma douche et je suis partie me balader.

Bangkok est une capitale de plus de 14 millions d’habitants. Je n’imaginais pas arriver dans une capitale avec autant d’immenses buildings et de trafic. J’imaginais une grande ville paisible, un peu comme HaNoi au Vietnam.

La pollution est-elle aussi au rendez-vous et c’est le long des routes bordées de voitures que je pars me balader. Il fait une chaleur à crever, les restaurants et les salons de massages, les galeries commerciales sont les principales attractions de cette rue. Je passe devant un petit restaurant qui ne m’inspire pas du tout et qui n’est pas du tout inspirant, cependant la foule qu’il y a de part et d’autre retient mon attention et la seule chose que j’aperçois c’est un cierge qui brûle devant le portrait du roi et de la reine de Thaïlande. Je passe mon chemin et continue ma balade, arrive dans un joli parc et rebrousse chemin en m’arrêtant déjeuner dans un joli restaurant typiquement thaï.

Sur le chemin du retour, je vois les marchands qui installent les étalages du marché de nuit. Il est à peine 20h que le paradis du faux commence à vivre le long des rues polluées thaïlandaises. Et puis j’entends une ambulance et je me demande vraiment comment elle va arriver à se faufiler dans le trafic. Et l’ambulance se rapproche de l’endroit où je suis pour s’arrêter à quelques pas. Et là, comme tout humain, on regarde et puis on souhaite ne jamais avoir regardé. Un homme est étendu par terre devant le restaurant ou le cierge brûlait plus tôt. Je n’aurais jamais la certitude qu’il est mort mais j’en suis persuadée. Un homme essayait de le ranimer et lorsque les pompiers sont arrivés j’ai senti qu’il n’y avait plus d’espoir.

 

Mon périple seule s’achève sur cette vision et les jours à venir me laisseront le temps de réfléchir à tout ce qui m’est arrivé et à tout ce que j’ai pu voir.

 

 

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