Du 09/02 au 14/02: Une semaine bien agitée !

09/02 : Un long voyage

Nous voici à l’aéroport, prêtes à quitter l’Asie et à découvrir le pays des Kiwi. Quitter le poulet et le riz pour manger de la viande et des légumes, quitter les rues sales et pauvres pour un pays moderne, quitter les asiatiques pour les occidentaux. Adieu les cigarettes pas chères, bonjour la vie de riche.

Je stresse pour ce vol depuis que j’ai acheté mon billet d’avion. 10 heures au dessus de la mer, j’ai peur. Je gobe un Stillnox qui me calme et me rend stone avant de monter dans l’avion. J’ai juste le temps de dîner et je m’endors. Je me réveille assoiffée en plein milieu de la nuit mais les hôtesses dorment. Impossible de trouver de l’eau alors je reste sur mon petit siège, en position Tetris, à attendre que le temps passe pendant que mon stress refait surface petit à petit.

Nous arrivons à Sydney après un petit déjeuner bien copieux. J’ai demandé de l’eau qu’on ne m’a jamais apporté ce qui fait qu’en descendant de l’avion j’ai l’impression d’être un chien dont les babines pendouillent et se dessèchent tellement j’ai soif.

Je me sépare de Justine qui va se balader à Sydney pendant que je vais prendre ma correspondance direction Auckland.

10/02 : Du vomi dans 3m2 au luxe dans 300m2

J’ai la pire place de l’avion : je suis tout derrière, côté couloir juste avant les toilettes. Et mon siège ne s’incline pas.

Je suis la dernière personne de l’avion à avoir son repas. Tout le monde a eu le temps de digérer et en déjeunant j’ai le plaisir de respirer le caca de chaque passager. Et puis mon vieux voisin se met à vomir et sa bonne femme tient les paquets de vomi, un dans chaque main pendant peut être 15 minutes avant de se décider à partir les offrir à l’hôtesse de l’air. L’hôtesse qui va mettre des gants avant de les prendre. Comme il y a la queue aux toilettes, je ne peux pas vraiment me lever pour laisser le passage à la vieille dame et j’ai les sacs remplis de vomi au dessus de moi.

Après ces longues heures de voyage j’arrive enfin à Auckland. J’ai acheté deux cartouches de cigarettes, oui je me suis préparée à l’inflation monétaire que je trouverais en Nouvelle Zélande.

Je fais la queue pendant près d’une heure pour faire contrôler mon passeport et je me dirige dans la zone « rien a déclarer ». Seulement 50 cigarettes sont autorisées et j’en ai 400. Des panneaux et des très grandes affiches « Last chance to declare before an amend of 400$NZ » sont partout dans l’aéroport. Je serre les fesses et donne mon ticket où je ne déclare rien au guichetier. Il commence à m’énumérer chaque point et on arrive au point des chaussures de randonnée. Oui j’ai des chaussures de randonnée, il me demande de les voir et les examine. Je ne sais pas ce qu’il cherche … Il doit être content d’avoir trouvé à redire sur ma déclaration et s’arrête là. Je passe après mon sac aux rayons X. Et là je tremble un peu. J’avais déposé mon gros sac avant, et mes chaussures de rando, justement, sont restées bloquées sur la plateforme. La dame qui regarde ce qu’il y a dans les sacs a donc du se lever pour les libérer et mon sac avec les paquets est passé au même moment. Je ne sais pas si j’ai eu de la chance ou si dans tous les cas elle ne cherchait pas de cigarettes.

Je vois le panneau « sortie » et suis toute excitée ! J’accélère le pas et à ce moment là une femme donne à bouffer à son chien et je change d’itinéraire car juste en face il y a écrit : « Tabacco, leave it here and pay ». Une dernière petite frayeur et je réussis à sortir de l’aéroport avec mon super butin.

J’achète une carte SIM néo-zélandaise où l’on me fait clairement comprendre qu’on ne m’aidera pas à l’insérer dans mon téléphone ni à l’activer.

Je déballe toutes mes affaires pour trouver une épingle à cheveux et enfin arriver à ouvrir l’encoche de l’Iphone. Et ma force n’ayant pas de limite, ma carte SIM française vole dans le magasin, impossible de la retrouver, personne ne m’aide (alors qu’il n’y a pas d’autre client) et mon téléphone ne reconnaît pas la nouvelle carte SIM. C’est donc dépitée que je me dirige vers la station de bus où j’achète mon ticket pour rejoindre le centre ville.

Une petite heure plus tard je suis devant le 238 Karangahappe Road (ou K Road pour les intimes). Impossible de me connecter au Wifi, j’arrête quelqu’un dans la rue et demande son téléphone pour appeler Jarred. Je découvre un type un peu stone, plutôt pas mal, grand et mince aux cheveux bruns assez longs, 37 ans. Mais surtout je découvre une galerie d’art qui lui sert d’appartement : 300m2 dans l’ultra centre d’Auckland. Il me montre ma chambre, ma salle de bain et mon dressing et puis me montre le reste de l’appartement ce qui nous prend environ 20 minutes. Bo concept, Habitat et Rochebobois n’avaient qu’à bien se tenir, ici c’est le grand luxe.

On discute un bon moment et je pars me doucher. Un jet puissant et une pomme de douche tellement grande, parfaitement chaude et chaude longtemps ! La meilleure douche de ma vie peut être, où peut être pas, mais je reviens d’Asie.

Je fais en sorte de me dépêcher ce qui me prends peut être 30 à 40 minutes parce que la salle de bain est trop bien. Demain je prendrais peut être un bain, oui j’ai même une baignoire !

En rejoignant Jarred à la cuisine je m’aperçois qu’il a commencer à cuisiner. Je pars acheter une bouteille de vin. Bouteille que je paye 20$NZ, c’est le premier prix d’une bouteille française. Lorsque je reviens à l’appartement, la table est mise et le repas est prêt. De la viande, de la bonne viande enfin ! et des légumes ; Jarred est au top !

11/02 : T’es bien rouge toi

Driiiing, ça fait à peine deux heures que je dors dans mon grand lit bien propre que mon réveille sonne. Il est temps d’aller chercher Justine. Je m’habille rapidement et à 2h30 pétante je suis dehors et par miracle Justine aussi. Jarred commençait à me faire flipper en me disant que la rue n’était pas très sécurisée. Il avait tenté de me rassurer en me disant qu’il n’y avait personne avec des flingues, ce qui ne m’avait rassuré qu’à moitié.

Justine découvre l’appart et ses yeux s’agrandissent jusqu’à pratiquement sortir de leurs orbites.

Serait-on chez un psychopathe me dit-elle, avec une petite voix qui éveille le doute en moi. S’il avait voulu agir je crois qu’il l’aurait sûrement fait avant.

On se lève vers midi et après les présentations, nou partons tous les 3 en direction de la plage. Après 30 minutes de marche dans les rues bordées de magasins de luxe et 5 minutes de ferry nous voici allongés sous un soleil brûlant à Devon Port. La mer est fraîche et très salée, je suis toute blanche après séchage ! Mais sous le sel, je suis toute rouge. Rougissime même. Moi qui croyais que je ne prendrais plus de couleur après les deux mois en Asie où la couleur de ma peau était restée identique et ce malgré soleil et température extrême.

On se balade au dessus d’un volcan d’où nous avons une vue fantastique sur Auckland.

Avant de rentrer à l’appart nous passons faire des courses, ce soir, c’est nous qui cuisinons. On reste dans fidèle à nous même depuis le début de notre aventure : cake salé, salade de choux rouge aux noix et au bleu, crumble poire pomme banane chocolat.

Les prix nous changent vraiment de l’Asie. Jarred prend le vin ce soir et comme il est dernière nous au supermarché mais avec nous et qu’apparemment je fais moins de 25 ans et que je n’ai pas mon passeport avec moi on lui interdit la vente du vin.

12/02 : Starkiwi 

En route pour étudier le marché des voitures et des vans ! Nous nous rendons dans la banlieue d’Auckland ou j’avais repéré une voiture bien entretenue et peu chère. J’essaye d’appeler le numéro sur l’annonce mais pas de réponse, nous y allons quand même. Après 1 heure de trajet nous arrivons sur place et le garage est fermé. De nouveau j’essaye d’appeler le numéro affiché sur les portes, sans succès. 3 allemands dans la même situation que nous arrivent. Nous attendons tous les 5 pendant une heure, ils finissent par craquer et s’en vont et nous nous continuons d’attendre.

Si nous voulons avoir la dernière navette gratuite pour rentrer il faut partir vers 16h15. Il est 15h30 et nous sommes arrivées vers 13h45.

C’est alors que par miracle, à 15h50, mon téléphone sonne et j’ai au téléphone un chinois tout excité qui me dit qu’il arrive.

Quelques minutes plus tard et le voilà parmi nous. Il n’y a qu’un van dans le garage et il y a plein de voiture.

Nous partons faire un test avec celle que j’ai repéré et nous mettons d’accord pour prendre une voiture. Un van c’est bien trop gros et on se dit que le camping c’est sympa.

La voiture a 140.000 km et le prix est de 1880 dollars néo zélandais ce qui équivaut à peu près à 1300 euros. Je pense que nous faisons une super affaire et aussitôt dit aussi tôt fait, je retire l’argent, nous effectuons le changement de propriétaire et la voiture est à nous !

Au moment de rentrer en ville, le chinois qui nous a hurlé dans les oreilles toute l’après-midi s’aperçoit que la portière ne ferme pas. Il balance le chiffon à Justine en lui disant d’un ton de chinois : « clean it ».

Les grands yeux de Justine s’arrête et ce moment devient magique. Mais le regard du chinois a du être assez fort, car à peine 5 secondes après elle s’est mise à astiquer la voiture. J’essaierai de refaire ce regard !

Il essaye de réparer notre portière rapidement mais ça ne ferme toujours pas. Il nous dit qu’il va appeler son mécanicien et nous décidons alors de laisser la voiture au garage et de venir la chercher le lendemain.

Sur le chemin du retour nous décidons de nommer notre Honda Domani et de lui trouver un nom digne de notre périple. Les idées fusent mais c’est assez rapidement que nous nous mettons d’accord pour Starkiwi. Star car nous comptons sur notre bonne étoile pour nous priver de tout accident ou dommage sur autrui et kiwi car nous sommes dans le pays des kiwi (très fin n’est-ce pas ?).

Les Néo-Zélandais se prénomment ainsi, non pas à cause du fruit qui est le « Kiwi Fruit » mais à cause de l’oiseau qui ne se trouve qu’en Nouvelle Zélande. Il est d’ailleurs pratiquement disparu, mais il a l’air très mignon. Comme notre voiture !

Sur le chemin du retour, Justine rencontre Chloé dans la rue. Elles se sont rencontrées à l’aéroport. Au milieu du passage piéton nous décidons rapidement de partir ensemble visiter l’ile du nord et nos chemins se séparent.

Nous rentrons chez Jarred et dînons en racontant nos aventures de la journée. C’est notre dernière soirée ensemble.

Nous avons déniché un couchsurfer dans l’ouest d’Auckland et partons déposer nos sacs chez lui demain matin avant qu’il ne parte travailler.

Le bus est à 7h du matin.

13/02 : Un psychopate

Jarred s’est levé pour nous saluer et à 6h45 nous sommes dehors en direction de chez Martyn Taylor.

Le trajet se déroule bien mais le temps presse et à 7h45 nous nous rendons compte que nous ne serons pas chez Martyn à temps.

Je l’appelle pour en discuter et très gentiment il me dit qu’il va cacher les clés et qu’il m’envoie un message pour me dire où et comment se rendre chez lui. Jamais nous aurions laissé nos clés à un inconnu mais les néo-zélandais doivent être particulièrement gentils et confiants.

Nous arrivons chez lui et découvrons une petite maison un peu particulière, assez vieille et avec des couleurs passées.

Nous avons dans notre chambre des grands masques d’animaux, des portières de voitures et du matériel informatique déchiqueté. Il y a environ 6 télés dans la maisons et beaucoup de matériel de guerre. Nous allons prendre un thé et dans la cuisine il y a des doigts en plastique qui font office de porte manteau et des haches au mur. Il y a aussi une trappe dans le plafond avec une chaise à bascule juste en dessous. L’atmosphère est particulièrement bizarre. Justine commence à psychoter et me demande si nous ne ferions pas mieux de partir. C’est vrai que l’ambiance est spéciale. Et Martyn Taylor ça sonne un peu Marc Dutroux. C’est alors que nous nous rappelons que sur son profil c’est écrit qu’il n’accueille que des filles et pour rassurer Justine qui commence sérieusement à paniquer, je pars fouiller dans les armoires.

Et dans la première armoire que j’ouvre je découvre … un fusil ! Et puis un deuxième, un troisième et un quatrième. Là, je commence à avoir un peu peur.

Nous décidons tout de même de laisser sa chance à Martyn et ce, après avoir établit un plan diabolique au cas où …

Nous partons chercher la voiture et installées dans Starkiwi nous partons souscrire une assurance. Mais sur le chemin je m’aperçois que l’indicateur de vitesse ne fonctionne pas. Je ne sais pas à combien je roule ! Alors je rappelle le chinois qui n’est qu’à moitié content, j’essaye de la jouer sympa et puis je m’énerve. Mon sang froid ne se compte jamais en minute. Je joue sur le fait que nous avons 24h pour déclarer toute chose qui n’irait pas et il me dit que c’est toute chose en rapport avec le moteur. Alors je hausse encore plus le ton et lui dit que c’est important et qu’il faut qu’il répare ça au plus vite. Et il me dit que je vais devoir payer.

Nous repartons donc en direction du garage et le mécanicien, un chinois pustuleux, est déjà sur place.

Il répare la voiture rapidement et nous demande d’aller faire un tour voir si ça fonctionne.

Effectivement ça fonctionne mais nous ne lui dirons pas car nous ne voulons pas payer et nous repartons vite en direction de l’assurance. Nous prenons l’une des assurances les plus complètes et donc l’une des plus chères et partons à la recherche de matériel de camping.

Quelques coups de klaxons plus tard et après avoir tourné et tourné pour trouver le meilleur rapport qualité/prix, nous nous décidons pour une tente 3 places, 4 chaises, un réchaud, des casseroles et des poêles ainsi que de la vaisselle.

Toutes équipées et bien contente de nos achats nous nous dirigeons vers la maison de Martyn.

A l’entrée plusieurs voix d’hommes se font entendre, nous toquons plusieurs fois et Martyn arrive. Martyn est assez grand, à des yeux bien bleus et des cheveux bruns et une voix irrégulière qui ressemble à celle d’un mouton. Il nous présente Georges son demi-frère et James, un de leur ami.

Martyn est très sympathique et nos doutes s’évaporent en un rien de temps. Nous rigolons un bon moment et Martyn tente de nous expliquer l’histoire d’Auckland à travers des comptes un peu morbides et nous apprenons que sa culture s’est faite lorsqu’il travaillait au Musée d’Auckland. Mais s’il y a travailler c’est parce qu’il conduisait en état d’ivresse et c’était sa punition ! Son devoir envers l’état si on veut.

Au cours de la soirée nous découvrons comment et pourquoi il possède tous ces objets et lui nous dit que toute la journée il a pensé qu’on allait le cambrioler. C’est sûr que récupérer un ou deux fusils auraient pu être utiles pour nous nourrir lors de notre voyage au pays des Kiwi.

Vers 22h, Martyn nous propose de dîner et nous découvrons un magnifique repas sur la table : un rôti de boeuf avec des patates sautées mélangées à une variété de patates douces. Le tout accompagné d’une délicieuse sauce au poivre. Il y a aussi une espèce de quiche aux patates et aux légumes pour Justine.

On se régale, on boit du vin et de la bière, on finit même par un shot d’une très bon whiskey.

James est rentré et nous sommes tous les 4 en ville. Je suis super motivée pour danser jusqu’au bout de la nuit lorsque j’apprends que même au pays des Kiwi il y’a un couvre feu à 3h ! Donc à 3heures et avec ma déception la plus totale, nous rentrons et nous souhaitons bonne nuit et bonne St Valentin.

14/02: Bonne Saint Valentin

On se réveille tant bien que mal, allons prendre le thé et nous doucher, nous recoucher et nous relevons pour partir faire quelques courses. Ce soir nous re-cuisinons et nous mettons difficilement d’accord sur le menu. Il ne faut pas changer les habitudes et nous nous décidons pour un crumble à la ratatouille, des côtes de porc et des crêpes au nutella et sucre/citron en dessert.

Et c’est en cuisinant que Martyn nous apprend qu’il n’aime ni les courgettes ni les aubergines et que son frère est parti. Ce qui se traduit dans ma tête par «  je vous ai laissé dépenser une fortune avec des produits que je n’aime pas et je vous ai laissé en acheté pour un fantôme ».

Au cours du dîner Martyn nous apprend qu’à force de conduire en état d’ivresse il a du porter un bracelet électronique pendant un an qui ne l’autorisait pas à sortir de chez lui avant 7h et après 19h. Aucune exception n’était permise. Quel homme et quelles belles paroles pour une fin de week-end !

Demain, Starkiwi et ses amies partent à l’aventure !

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