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Wwoofons!

 

Le WWOF, sigle issu de l’anglais « World Wide Opportunities on Organic Farms », consiste à mettre en relation des personnes désireuses de découvrir le monde de l’agriculture biologique avec des professionnels de cet univers. Les premières sont logées et nourries en échange de quelques heures de travail quotidien; elles participent au même titre que leurs hôtes aux différentes activités de l’exploitation (ou de la maison, le wwoof s’étant récemment étendu chez les particuliers sans exploitation agricole). Les motivations des seconds son variées; certains cherchant juste une main d’oeuvre bon marché, tandis que d’autres y voient le moyen de partager et d’échanger avec des personnes de nationalités, cultures et secteurs professionnels complètement différents des leurs. Ambiance familiale et écolo sont certainement les maitres mots. Retour rapide sur nos deux dernières expériences en tant que wwoofeuses, ou plutôt apprenties…

Gaston Lagaffe à la ferme

Déplumées de 230 dollars et après avoir passé quelques heures sur le pont du ferry, le visage fouetté par le vent à admirer des paysages dignes des fjords norvégiens, nous voici sur l’ile du sud. La plus belle aux dires de tous. Peut être mais certainement pas la plus compréhensible. Notre premier contact avec l’autochtone sudiste a lieu dans un garage, où Star Kiwi doit changer un pneu défaillant. Je comprends à peine un mot sur vingt, et pas seulement parce que mon interlocuteur disserte sur des sujets automobiles. Alors comme j’en ai pris l’habitude, je sors mon plus beau sourire et fixe avec ardeur la roue qui vient d’être réparée.

Sharyn et Neville, les hôtes de notre second wwofing, ont une grande exploitation dans les Marlborough Sounds, région viticole du nord-est de l’ile du sud (c’est pourtant pas faute d’avoir essayé de caser les quatre points cardinaux dans ma phrase). Nous y arrivons en fin de journée après – une fois n’est pas coutume- avoir demandé une dizaine de fois notre chemin, fait moult détours et demi-tours et fini par les appeler à la rescousse. Nous prenons nos quartiers dans une toute petite caravane. Marie est forcée de se plier en quatre pour rentrer dans son lit et l’on doit pomper avec le pied pendant cinq bonnes minutes pour réussir à laver la moitié d’une assiette. On est ici bien loin du confort de chez Andrew et Juanita mais notre maison roulante est posée dans un somptueux décor, au milieu des pommiers et au pied de superbes collines boisées. Nous partageons notre premier diner avec nos hôtes et faisons la connaissance de Sandi, un autre woofer de 22 ans, mi bosniaque mi danois, qui deviendra vite l’un de nos meilleurs compagnons de voyage. Sharyn, sous une douceur apparente, cache un caractère bien trempé et une tendance quasi systématique à contredire son cher et tendre. Lui, Neville (prénom qui n’existait selon moi que dans Harry Potter), ressemble étrangement à Gargamel et parle à une telle allure et avec un tel jargon que je dois souvent lui faire répéter par deux fois ses propos. Là ou il y a mission à accomplir, la technique du sourire béat montre en effet ses limites.

Nos journées commencent assez tôt et à huit heures pétantes, nous sommes au pied de guerre pour emmener Suzy, Lucy et Goldy brouter sur la colline. Chacun d’entre nous croit tenir fermement sa corde entre ses mains et être à bonne distance de son voisin et pourtant, quand le portail de l’enclos s’ouvre, c’est chaque matin le même numéro raté d’un cirque de village. Les cordes s’emmêlent au bout de deux secondes et nous avec, les chèvres se ruent dans le potager et attaquent les betteraves qui ont le malheur de se trouver en première ligne, le mollet de Sandi est écorché par un bout de corde non maitrisé, je suis trainée sur quelques mètres, Marie part droit dans les pommiers en criant « nooooo ». Nos copines les chèvres refusent chacune leur tour d’avancer et nous narguent en mangeant tout ce qui se trouve sur leur passage, comme si elles étaient dans l’obligation de faire des réserves pour les six mois à venir. Neville les surnomme d’ailleurs les aspirateurs. Le plus étonnant est qu’une fois arrivées sur la colline et libérées de leur corde, elles restent à côté de nous et se frottent la tête contre nos jambes, comme des chats.

Cinq minutes de trajet retour contre quarante minutes à l’aller et nous sommes prêts pour exécuter nos tâches du jour. Marie passe son temps sous la serre avec ses nouvelles meilleures amies les tomates. Elle les noue pour les empêcher de tomber et les aider à bien grandir, les élague, les cueille dès qu’elles sont mures. Je crois même qu’elle se réveille secrètement en pleine nuit pour aller vérifier si elles respirent encore. Mon sort est moins glorieux et je passe ma première matinée à faire du désherbage au milieu des plants d’asperge. Au bout de quelques heures, mes bras ne sont plus que de gigantesques égratignures et j’essaie de cacher sous mon tas les «bonnes » herbes arrachées par erreur.

Le lendemain, on déménage les poules ! Comprendre par là, mettre le poulailler sur le tracteur puis observer les pauvres bêtes ballottées sur 500 mètres, en courant à côté pour empêcher qu’une catastrophe ne vienne mettre à mal cet équilibre précaire. Une fois arrivés sur le nouveau lieu de villégiature (au milieu des cassis, comme cela elles mangent les mauvaises herbes tout en labourant la terre), et après avoir constaté qu’elles se sont toutes échappées en un rien de temps, on joue à la chasse à la poule, la vraie, pas celle de Pâques. Sous le commandement de Sharyn, je cours dans tous les sens pendant un bon quart d’heure, agite des branches, tape sur la mangeoire pour les faire revenir de leur plein gré, et je finis par réussir à en attraper deux qui tremblent comme des feuilles. J’ai tellement de peine que je les relâche aussitôt et reprends ma branche en imitant le « good girls » de leur maitresse.

Après les poules, les agneaux. Je découvre que ces derniers font vraiment « bêêêêêê », qu’ils adorent les pommes et qu’ils sont doux… ben comme des agneaux finalement. Pendant que Sandi s’acharne à vouloir en attraper un pour lui faire avaler un infâme mélange fait de vinaigre et d’ail ( du « tonic » selon Sharyn, personnellement je ne pense pas survivre si on venait à mettre cela dans mon gin), je m’amuse à passer ma main dans la laine, épaisse, du deuxième. C’est assez drôle et ça marche uniquement parce que j’ai une pomme dans l’autre main.

Le troisième jour, Sharyn a le malheur de me confier la débrousailleuse. Pendant cinq minutes, je me prends pour Luke Skywalker (ziiiiiiiiiiiion, ziiiiiiiiion), avant de débroussailler par erreur un piquet d’arrosage. Je reste ceci dit persuadée qu’il avait bien besoin d’être élagué. Au bout d’ un quart d’heure à peine, je n’élague plus rien du tout car j’ai tout cassé et je cherche désespérément les morceaux d’élastique disparus sous les tas d’herbes fièrement découpés. J’ai un peu honte de trainer ma victime jusque Sharyn jusqu’à ce quelle me rassure ; cela arrive souvent, ce n’est pas ma faute et la machine s’en remettra.

Tous les dimanches, Sharyn et Neville vendent leurs fruits et légumes sur le marché. On aide à la préparation du stand en confectionnant des sachets d’ail et en cueillant des pommes, sous une pluie battante, au péril de nos vies (autant en rajouter un peu, ça justifie le prix de vente exorbitant). Avec Sandi, on déplace l’échelle et on tend la main à l’aveuglette – la visière de nos kways tombant un peu trop bas sur nos fronts – en priant pour que ni nous ni les fruits ne viennent s’écraser contre terre avant l’heure du déjeuner. Je suis exténuée au bout d’une heure seulement et j’ai une pensée émue pour ceux qui ont le mérite de faire ça pendant les quelques mois que dure la récolte. Le dimanche venu, seule Marie est conviée à aller jouer à la marchande, Sandi et moi étant abandonnés à notre triste sort, confectionnant de la sauce tomate sagement à la maison. C’était bien la peine de mettre sa vie en péril !

Une semaine est déjà passée, mes bras et mes jambes sont couverts de bleus et d’égratignures, mon estomac se demande comment il va faire pour digérer la soixantième pomme qui vient de lui arriver, mes yeux ont vu des ciels étoilés parmi les plus beaux du voyage et mes doigts ne sont pas mécontents de ne plus avoir à subir le défoulement des chèvres sur leur corde. Le jour du départ, un des agneaux est si triste qu’il meurt de chagrin et les carottes noient leur peine sous une jungle de mauvaises herbes.

Toilettes sèches, compost et julienne de doigts à Atamai eco village

Nous avons tellement de mal à nous séparer de Sandi, l’éternel enthousiaste au sourire Colgate, que nous l’emportons avec nous dans notre suivant wwoofing. On retrouve aussi Julien, un ami de Marie croisé en Chine il y a quelques mois. C’est donc en force que l’on débarque chez Craig, Tracy et William (alias l’enfant roi), auprès de qui nous passerons dix jours. Ils sont sur le point de finir de construire leur maison dans un « eco village », terme un peu flou qui mêle développement durable, recherche de souveraineté alimentaire à l’échelle locale et convivialité entre villageois. En théorie, il s’agit de créer un espace en marge de la société de consommation traditionnelle et un laboratoire de pratiques vertueuses en matière d’environnement. Dans la pratique, on y organise des réunions un jour sur deux, au cours desquelles on vote le droit de se baigner tout nu dans la mare. Et puis tous les quatre jours, on vote si l’on doit voter pour quelque chose et la majorité décide que c’est finalement mieux de ne pas avoir de règle 🙂 La tension entre recherche d’un habitat alternatif et maintien d’un certain niveau de confort s’illustre bien dans le foyer de nos hôtes. Toilettes sèches et compost obligatoire dévisagent le lave vaisselle et le congélateur gigantesque en plein milieu du salon. Poêle et micro onde sont côte à côte. Il me faut bruler une dizaine d’eucalyptus pour faire cuire mes crêpes à l’aide du premier et cinq secondes pour les réchauffer avec le second.

A Atamai, on fait beaucoup de désherbage, et pas des plus faciles. Le « gorse » (ajoncs en français), une plante pour le moins envahissante a élu domicile dans l’immense jardin de nos hôtes et pour venir à bout de cette saleté épineuse aux racines gigantesques, il ne faut pas moins de trois outils et le double de doses de patience et d’énergie. Un peu plus d’égratignures donc en attrapant les branches et un peu plus de bleus quand la racine rompt, qu’on se retrouve catapulté en arrière sur les fesses et qu’il nous faut recommencer de tirer de toutes nos forces pour en venir à bout.

Quand on en a marre de se battre contre les chardons locaux, on coupe du bois, on remplit et vide des brouettes de terre pour le futur potager, on fait un peu de ménage, et certainement l’activité la plus réjouissante, on va aider à traire les six vaches de la ferme du village. Tous les habitants se relaient une fois par semaine, en échange d’un pot au lait qu’ils ont le droit de ramener chez eux. C’est un peu à l’ancienne, on s’assoit sur un petit tabouret puis on utilise une machine avec quatre « presse pies » (si des amis d’enfance normands ont le malheur de lire ce post, ils se demandent certainement quel message j’essaie de transmettre avec mes mot inventés). C’est assez amusant, dommage que ce ne soit pas plus régulier pendant notre séjour. Avec e lait fraichement ramené à la maison, on aide Tracy à faire du fromage, science bien plus exacte que je ne le pensais. On doit notamment attendre que le lait atteigne 93 degrés pour faire de la fêta, et le carnet est Tracy est rempli de tout un tas de protocoles à respecter.

Enfin, il y a l’atelier construction d’un muret qui occupe pas mal nos journées. Prenez un projet de bureau pour Tracy dans le jardin. Ajoutez-y un petit muret de pierre qu’elle a vu dans un restaurant et dont elle est tombée éperdument amoureuse. Cela vous donne quatre woofers qui regardent les pierres, dubitatifs, et se demandent bien comment construire quelque chose qui tienne debout sur un terrain accidenté et sans aucune expérience en la matière. Les garçons se chargent de transporter les pierres pendant qu’avec Marie, on essaie de délimiter, d’aplanir et de désherber le terrain. Marie devient experte en confection de béton et moi j’apprends à mes dépens que l’étaler sur les pierres à main nue, c’est comme utiliser une râpe à fromage sans aucun fromage au bout des doigts 🙂 Et comme la croissance des bleus et des égratignures continue d’aller bon train et qu’il y a quelques jours, je suis tombée la tête la première sur une pierre en voulant franchir une rivière, j’ai de bonnes chances de gagner le concours des éclopées de Nouvelle Zélande. En tout cas, j’y travaille d’arrache pied !

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Du 02/03 au 09/03: Les agneaux morts

02/03 : Bonjour Tristesse

C’est plein d’émotion que je quitte les bras d’Andrew et de Juanita, les larmes aux yeux et le ventre noué. En route pour de nouvelles aventures dans l’île du sud !

On rentre dans le ferry sans problème, si ce n’est les 231$ qu’on a dû payer. Justine se met dehors et moi je m’assois en face d’un vieux couple à l’intérieur. Je regarde mon téléphone pour connaître l’heure et au même moment un message apparaît : « Dale’s mobile wants to share a picture with you » Je refuse immédiatement cette drôle d’invitation et me demande s’il a pu voir mes photos, s’il sait qui je suis ou s’il partage ses photos avec toutes les personnes connectées sur Air Drop en espérant qu’une personne accepte. Je commence à fouiller mon téléphone pour voir ce que ce Dale a pu voir et j’essaye de repérer le mec en question, sans succès.

Je reprends ma lecture lorsqu’un mec totalement dénué de talent se met à chantonner. Imaginez un mix entre Shakira, Keen V et Sylvie Vartan aujourd’hui et vous comprenez que c’est insupportable. Je me retourne pour découvrir le visage de celui qui me détruit les oreilles et je découvre que c’est le mec qui m’a envoyé sa photo !

Même avec mes écouteurs et le son à fond je continue d’entendre sa voix de chèvre ! Les places assises sont trop rares à bord du ferry pour que je cède la mienne et parte en chercher une autre. Après m’avoir adressé quelques mots au travers de leurs dentiers, le vieux couple ne résiste pas longtemps à la voix de chèvre et part à la recherche d’un endroit plus paisible.

Dale ne s’arrête pas pendant près de deux heures et je pense que la moitié du bateau a envie de lui mettre une droite.

Arrivées à Picton, nous allons faire réparer et changer notre roue pour 15$ et nous arrêtons remplir le réservoir d’essence en demandant notre chemin. Comme d’habitude et à peine 10 minutes plus tard nous sommes perdues et appelons notre hôte pour qu’elle vienne nous chercher.

Sharyn nous réceptionne puis nous fait visiter notre caravane et la ferme. Un autre wwoofer, bosnien d’origine mais ayant grandi au Danemark vient aussi tout juste d’arriver.

Après l’avoir appelé chaque jour par un prénom différent, Dany, Denis, ou Sami nous appronons le troisième jour qu’il répond au nom de Sandi, comme dans Grease oui. Il a 22 ans, est assez grand et très musclé, il fait de la boxe depuis longtemps, il est brun et a les yeux bleus. Attention les filles, un missile dans les années à venir !

Je pars prendre ma douche, enfin j’essaye car l’eau est bouillante, au sens propre du terme.

Il est impossible de se passer le pommeau sur le corps sans penser qu’une bouilloire a ébullition est en train d’être lâchée. Il n’y a pas un filet d’eau froide.

Nous n’avons le droit qu’à une douche tous les deux jours car Sharyn est complètement avare de cette ressource première au primate qui est l’eau. A table ils ne boivent jamais d’eau et on pense que c’est pour l’économiser.

Sharyn et Neville nous ont préparé un barbecue de saucisse de bœuf (ça à le gout de saucisse qu’on met dans la choucroute pour ceux qui trouverait ça bizarre) et une bonne salade pleine de fruits et légumes du jardin.

Nos hôtes ont marqué sur leur profil que les fumeurs n’étaient pas accepté et le soir venu, la cigarette est habituelle, nous nous cachons derrière notre caravane et essayons de savourer ce bref moment malgré un cœur qui bat à 100 à l’heure.

03/03 : Joyeux 6 mois

Ce matin, debout à 7h15, nous prenons notre PDJ toutes les deux devant notre caravane sous le bruit de coups de fusils.

Notre journée commence à 8h et lorsqu’on se présente à nos hôtes les groupes sont déjà formé : je passerais la semaine sous les « ordres » de Neville pendant que Justine et Sandi répondront à ceux de Sharyn.

Ce matin, Neville et moi partons nettoyer le caca des moutons et je lui demande quels sont ces coups de feu qui retentissent depuis 1h déjà. Il m’explique que ce sont des coups de fusil enregistrés et diffusés sur haut parleur dans les vignes pour faire peur aux oiseaux et éviter ainsi qu’ils mangent le raisin. Il m’explique aussi, dans un anglais plus rapide que le français de Julien Leperce, que les oiseaux ont compris que ce n’était que des enregistrements et qu’ils n’avaient plus peur. Les vignerons ont alors mis en place d’autre systèmes tels que celui d’entourer les pieds de vigne par des filets ou de disperser du gaz nuisant aux oiseaux.

Après avoir nettoyé les boulettes digestives des moutons et leur avoir enlevé les mouches collés à leurs fesses, nous partons accrocher les pieds de tomates à des piquets pour qu’ils continuent de pousser en hauteur et permettent une meilleure culture. A la pause mes doigts sont verdâtres et mes ongles noirs. Je les lave tant bien que mal et l’eau qui s’écoule est jaune: le miracle de la nature ! Après avoir bu un bon jus de citron et avoir mangé quelques gâteaux je retourne dans ma serre, sous une chaleur bien plus qu’écrasante, finir mon travail. A 13h passé, le gong retentit, nous avons gagné notre logis et notre pain.

Nous allons chercher dans le jardin quelques tomates et du basilic et nous nous préparons une bonne salade avec des pommes du jardin (les meilleures que Justine ait mangé de sa vie).

L’après midi, j’emprunte un vélo de compétition et nous partons faire un tour dans les vignobles, avant de nous baigner dans la rivière pour remplacer notre douche quotidienne.

Justine n’ayant pas pris sa douche la veille aurait eu le droit de la prendre ce jour mais préfère sauter son tour. Justine a compris comment se faire bien voir !

Le soir nous dinons toutes les deux devant notre caravane des haricots verts et de l’ail que nous avons récolter dans le jardin, ainsi que des tomates du potager. C’est un délice !

04/03 : Je me transforme en ramasse caca ou en tomate ?

Ce matin nous allons, Justine, Sandi, Neville et moi monter les 3 chèvres en haut de la colline. Les 3 wwoofers ayant chacun une corde dans les mains. Il s’agit d’une maman et de ses jumelles chèvres. J’ai la mère entre les mains et ce n’est pas de la tarte que de faire les 800 mètres qui nous sépare de l’endroit où elle dort à l’endroit où elle passe la journée ! Les deux autres sont plus dociles, mais la mère est têtue et veut manger toutes les pommes des pommiers ou manger toutes les feuilles et toute l’herbe verte qu’elle trouve sur son chemin.

30 minutes d’intense lutte plus tard, Neville et moi partons ramasser le caca des vaches. Je me demande si tous les matins je ramasserais un caca différent… La bouse n’est pas toujours bien sèche et même avec les gants, pour vous la faire courte, je m’en mets partout. Après avoir rempli le tracteur de caca de vache, nous déposons les excréments dans un enclos à compost et partons finir d’accrocher les pieds de tomates à leurs piquets. C’est un véritable travail de designer. Si vous connaissez Philippe Starck, dites lui qu’il a de quoi se réinventer dans l’agriculture et qu’au passage il peut prendre exemple sur moi. Je me mets à fond dans cette mission et suis fière de moi lorsque le gong retentit.

Nous préparons une salade avec des haricots verts mélangés à des prunes et des pêches (rouge sang toute les deux à l’intérieur) et des pommes délicieuses. Déjeuner fruité !

Cet après-midi nous partons faire des courses et préparons notre dîner phare avec quelques changements.

Aujourd’hui ce sera cake mais cake de courgette fêta pignons de pin, salade mais salade de haricots verts, tomates, salade, œufs, pommes de terres, oignons de printemps et thon. A part le thon, j’ai récolté tous les produits dans le jardin. Et nous finissons le dessert par un crumble pomme et poire du jardin, sans chocolat !

Le dîner est un succès et nous partons nous coucher le ventre bien plein.

05/03 : Sautes en comme Tarzan !

J’ai passé ma journée avec les tomates, à finir de les accrocher à leurs piquets et à labourer la terre qui les entoure en enlevant les mauvaises herbes.

Ce midi Sandi a déjeuné avec nous et nous sommes parti tous les 3 nous balader à vélo près du Mont Richmond que nous découvrons malheureusement fermé à cause d’un feu récent.

Les environs sont rempli de vignes à perte de vue, c’est d’être dans un film que de s’y balader à vélo, c’est absolument magnifique et les routes sont parfaites pour le vélo. D’ailleurs Sharyn et Neville nous ont acheté un casque chacun et si vous êtes pris à rouler sans casque à vélo, l’amende est de 300$. Justine a vite fait demi-tour pour aller le chercher.

Après une petite heure de vélo, nous nous arrêtons près d’un fleuve et grâce à notre nez et après avoir franchi forêt et rivière, nous découvrons un lagon bleu, profond, surplombé des lianes au dessus de rocher, prêtes à être utilisées pour se jeter dans l’eau.

Sandi part le premier jouer à Tarzan et nous nargue.Ni une ni deux, j’y vais la première (ce qui est étonnant n’est ce pas ?) et après avoir fait ma prière, je saute de l’arbre duquel je suis perchée ! Après être revenu à la surface et avoir sauté ces 4 ou 5 mètres de hauteur, Justine y va à son tour, sans problème vous vous en doutez bien, et nous y retournons toutes les deux.

La branche n’est pas bien grande et c’est donc 5 à 10 fois, mais peut être plus 10 fois que Justine me répète que je dois sauter à ma gauche et elle tout droit pour ne pas qu’on se rentre dedans.

C’est une réussite malgré un petit plat qu’on essaye de traduire par « un small flat » à Sandi, qui reste perplexe, peut être plus que quand on a essayé de lui expliqué ce qu’était que « drink the cup ».

Après cette folle baignage et s’être fait dévoré par les puces de sables néo zélandaises, nous rentrons gentiment en direction de notre ferme.

Je me calle dans la chambre de Sandi pendant qu’il mange avec Sharyn et je cherche un wwoofing pour nous 4 (+ Julien, le copain d’une ex-collègue qui devrait peut-être nous rejoindre).

Sandi, très sain de corps et d’esprit nous promet qu’il payera sa bouteille de vodka si nous trouvons un wwoofing pour 4. Alors que j’envoie mon énième mail, Sharyn rentre dans la chambre et nous demande à Justine et à moi pourquoi nous n’avons pas aidé Sandi à ramener les chèvres dans leur enclos. Parce qu’il nous a pas dit qu’il allait les chercher pardi ! Sharyn n’aime pas Sandi et le fait bien sentir. Elle lui dit qu’il prend trop d’eau pour laver une pomme, qu’il prend trop de lait pour ces céréales, ou qu’il ne comprendrait pas comment marche une faucheuse.

Lorsque nous n’avons plus d’eau dans la caravane, le malaise est à son apogée, nous récoltons l’eau de pluie pour laver notre vaisselle. Nous vivons frustré, surtout moi : je n’ose plus aller aux toilettes parce que tirer la chasse utilise de l’eau, ni me laver les mains, ni faire la vaisselle, je n’ose pas profiter d’internet parce que l’utilisation est limité, j’ai peur de demandé du pain ou du lait car nous n’en avons plus. Je ne peux pas prendre ma douche car l’eau est trop chaude. Et malgré ma frustration que je ne pense pas de cacher, Sharyn nous demande si nous souhaitons rester plus longtemps et, même si le travail est intéressant, la vie ici devient compliquée!

C’est autour d’un bon verre de vin que nous finissons la soirée tous les 3, à pleurer de rire en discutant cartoon et bruitages d’animaux.

06/03 : Pluie et sauce tomate

Nous nous réveillons par une pluie battante et emmenons les chèvres dans leur enclos à 8h comme tous les matins. Moi qui suis la seule à ne pas avoir d’imperméable, j’ai pour tâche d’aller récolter les tomates pendant que Justine et Sandi sont à l’abri en train de préparer les sachets d’ail pour le marché. Justine court gentiment m’apporter son Kway mais malgré ça, je suis trempée de la tête aux pieds, on pourrait m’essorer 10 fois qu’il resterait encore du jus. Sharyn finit par venir me chercher au moment ou je perds patience. Elle m’installe avec mes confrères pour que je les aide à préparer l’ail, en ne manquant pas de faire remarquer à Sandy que, faire les nœuds est un travail délicat et que c’est donc un travail pour des mains de filles.

Après la pause nous sommes réquisitionné pour préparer de la sauce tomates pendant que la pluie continue de tomber très sévèrement.

Pour 4 bouteilles de jus de tomate : 5,5kg de tomates pelées, 150g d’oignons, 40g d’ail, 2 càc de piment, 1 càs de noix de muscade, 1 càs de poivre de cayenne et un 100g de sel. Faire cuire trois heures, tamiser pour enlever les pépins et les résidus et votre sauce est prête !

L’après-midi, Justine et Sandi partent se balader à vélo et faire un exercice du programme de Sandi pendant que je me repose et écris mon journal.

07/03 : Une journée de grisaille

Avant que la pluie ne ressurgisse, je pars récolter mes tomates.

Une fois les box remplies à raz bord je pars récolter les carottes en les tirant par leurs petits cheveux avant de les mettre par botte et de les préparer pour le marché.

Une fois ma mission terminée avec l’aide de Sandi et de Justine, nous déjeunons, préparons un crumble à la pomme et la rhubarbe (un peu de changement !) et regardons un drôle de film d’Abdellatif Kechiche appelé La Venus Noire. Ça se passe à Paris en 1817. A l’Académie royale de médecine, un chercheur dit « Je n’ai jamais vu de tête humaine plus semblable à celle des singes ». Sept ans plus tôt, Saartjie quittait l’Afrique du Sud avec son maître, Caezar, et livrait son corps en pâture au public londonien visitant les foires aux monstres. Femme à la fois libre et entravée, elle était l’icône des bas-fonds, la « Vénus Hottentote » promise au mirage d’une ascension dorée.

Ce qui est encore plus marquant dans ce film à la fois sauvage et d’une tristesse qui nous prend aux tripes, c’est que c’est une histoire vraie. Le moulage du corps de Saartje fut exposé au Musée de l’Homme, à Paris, jusqu’en 1976.

Après ce moment de folie et avoir mangé du maïs avec notre délicieux crumble, Sharyn nous informe du déroulement de la journée du seigneur, le lendemain, dimanche. Et c’est avec étonnement mais aussi avec enthousiasme que j’apprends avoir été choisi pour vendre les fruits & légumes au marché. Je suis triste que nous ne puissions pas y aller tous les trois et en fait la remarque à Sharyn qui reste muette à ce sujet.

8/03 : Le marché

La voiture préparée, un léger stress accompagné d’un remord pour Justine et Sandi, je pars avec Sharyn et Neville en direction du marché des fermes de Blenheim.

Nous installons le stand, je tente en vain d’effacer les « wraps pork sausages » du tableau mi véléda/mi craie et je commence mon commerce sous la tutelle de Sharyn.

Elle s’occupe principalement de la vente des pommes et moi de la vente du reste des légumes. Je me trompe en rendant la monnaie et en réfère à Sharyn qui, à mon étonnement, ne m’en tiens pas rigueur. Je suis toute excitée et la vente se déroule très bien.

Neville donne un cours à des étudiants sur la distribution du marché et je suis invitée à y participer, malheureusement je ne comprends pas grand chose car comme à son habitude, il parle à une vitesse grand V, mais aussi parce que les termes sont techniques. Je préfère donc aller me chercher un chocolat chaud et un bout de pain avant de rejoindre mon stand.

A mon retour, Sandi et Justine sont arrivés et partent explorer le marché. Justine reste environ 30 minutes à un stand pour acheter de la pâte d’amande. Je me demande bien qui de la pâte d’amande ou du vendeur l’intéresse le plus jusqu’à ce que je la vois revenir avec un grand sourire et que ma question trouve sa réponse toute seule.

A la fin du marché et après avoir bien rigolé, nous partons acheté du chocolat à New World, chocolat qui est le péché mignon de Sandi et qui nous fait rire avec ses mimiques et ses phrases toutes faites.

De retour à la ferme et après une séance d’entraînement, ou je m’écroule comme un cachalot échoué sur le sable, alors que Justine résiste comme d’habitude, je pars prendre ma douche, ou plutôt me jeter mon sceau d’eau sur la gueule et me frotter les aisselles.

A son retour et après sa douche, Sandi entame une conversation avec nos hôtes et leur annonce son départ anticipé, il veut partir avec nous et en a marre du sexisme de Sharyn. Lorsqu’il avait discuté avec Neville à ce sujet, celui ci lui avait dit que s’il voulait partir c’était maintenant. Alors il avait attendu le dernier jour.
Je le conduis rapidement à une auberge pas loin et retourne aider à la préparation du dîner.

Justine, Sharyn, Neville et moi partageons un excellent moment tous les 4.

Le dîner est délicieux, le vin organique, et les blagues sortent à fusion.

9/03 : Un danois, un copain, un autostoppeur 

Après avoir amené pour la dernière fois Suzie, Toldie et Sophie en haut de la colline (en sifflant), nous allons enlevé les bêbetes des fesses des agneaux et découvrons que parmi les deux restants, un gît sur le sol, inerte. La mort a rattrapé cette magnifique bête, ce petit agneau, prêt à devenir mouton. Je suis bien triste ! Et que va devenir cet autre agneau tout seul maintenant ?

Neville part l’enterrer pendant que nous désherbons les mauvaises herbes des carottes, ce qui me saoule au plus haut point. Déjà parce que je pense à l’agneau mais aussi parce que trouver les cheveux d’une botte de carotte parmi toutes ces mauvaises herbes ça relève d’une mission impossible.

J’attends donc la pause de 11h avec impatience et lorsqu’elle arrive, je me jette sur les biscuits et le thé avant de demander avec un grand sourire si je peux m’occuper de faire sécher les poires.

Nos hôtes nous l’accordent et nous finissons notre semaine sur ce dernier labeur.

Après déjeuner et avoir rangé la caravane, nous embrassons Sharyn et partons avec Neville à l’aéroport chercher Julien, le copain d’Amandine, une ex collègue de travail qui voyage en Nouvelle Zélande.

Il arrive à l’aéroport et je lui ai proposé de racheter le van des français rentré en catastrophe en France. Après que la roue du van se soit crevée et que nous ayons retrouvé Julien, Neville arrive avec la bête. Julien l’explore, négocie le prix, et repars avec celle qu’on appelle désormais Miss White en honneur à sa couleur et en souvenir du nom de famille de Neville. Nous sommes fière de notre originalité !

Nous prenons un auto-stoppeur, récupérons Sandi, déposons Neville et nous mettons en route pour Motueka, au Nord Ouest de l’île du Sud, où nous attendent nos prochains hôtes !

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Du 22/02 au 01/03 : Une semaine, 10 kilos.

22/02 : L’arrivée

Nous ne nous pressons pas vraiment ce matin. Il pleuviote et on replie tranquillement la tente après le petit déjeuner. J’ai voulu aller chercher des toilettes la nuit et j’ai frisé les AVC une dizaine de fois. Entre les arbres et les tentes, difficile de trouver un endroit tranquille, et plus je m’éloigne plus j’ai peur de ne pas retrouver mon chemin dans le noir et, accessoirement, de croiser quelqu’un.

Les affaires pliées, nous roulons jusqu’à Paraparaumu et après nous être perdues comme à notre habitude, nous finissons par arrive devant une charmante maison en bois.

Nos hôtes Andrew et Juanita nous avaient prévenu qu’ils partaient faire une marche ce matin et que leur voisin nous accueillerait. C’est donc au moment où nous coupons le moteur que leur voisin, prénommé Keen, sort de chez lui et rentre chez nos hôtes comme dans sa propre maison en nous montrant l’endroit pour le thé et le café, et nous invite gentiment à nous promener sur la plage en nous indiquant une jolie balade.

Nous nous douchons et partons faire des courses pour leur faire, vous avez devinez, notre repas fétiche composé du Welcome Cake, de la Salade de choux rouge et du Crumble aux fruits et au chocolat (oui je mets des majuscules parce que ce repas devient sacré).

De retour à l’appartement, les courses faites, Andrew nous saute dessus en inversant d’une manière assez certaine nos prénoms. Raté cher Andrew, peut être qu’on aurait du t’appeler Juanita !

Nous sommes accueillies très chaleureusement et Juanita nous fait visiter de la maison. Andrew nous propose d’aller à la plage récupérer son bateau qu’il a prêté à des amis.

C’est rigolo, tout le monde à l’air de pêcher ici, la plage est un vrai parking et tout le matériel nécessaire pour poser son bateau à l’eau et aller le chercher est à disposition.

Une fois son bateau rentré à bon port, c’est l’heure du comptage des poissons ! Une bonne quinzaine et à part le thon je ne comprends aucun nom. Ha si ! Le poisson du « pouce de Jésus » nommé ainsi à cause du cercle noir qu’il a sur le corps et que, d’après la léende, ce serait la trace du pouce de Jésus.

Pendant que Kevin qui tenait un Fish&Chips découpe le poisson, Andrew nous explique notre tache le lendemain et déglutit petit être 10 bières en à peine une heure.

Les néo-zélandais dînent à 19h, il est temps de nous mettre au travail !

Lorsqu’on apporte le repas à table, Andrew n’a pas l’air ravi, c’est le premier végétarien qu’il mange de sa vie !

Il ne se régale pas mais considère avec un enthousiasme particulier l’expérience et quant à Juanita, elle se ressert plusieurs fois.

D’ailleurs vous vous demanderez peut être si elle a des origines espagnoles. Pas du tout. Son nom de famille est Jones et ses parents voulaient un prénom hors du commun.

On reste un bon moment à table discuter ensemble. Juanita travaille pour Warehouse, un magasin où l’on trouve de tout et je lui demande si elle aurait des réductions sur les tables de camping car nous en sommes activement à la recherche, ce à quoi elle me répond gentiment qu’elle ne manquera pas de regarder ce qu’elle peut faire. Quand à Andrew il travaille pour la plus grande entreprise de contrôle de véhicule en Nouvelle Zélande. Il est chargé de manager les différentes équipes des différents magasins au travers du pays. Ils ont 4 enfants dont deux jumelles, une fille et un fils. Deux de leur filles vivent en Australie et les deux sont baby-sitters pour des familles très riches (l’une des familles est d’ailleurs celle de Russel Crowe — Gladiator) et les deux autres enfants vivent à Paraparaumu.

Andrew et Juanita ont eu leurs premiers enfants à 18 ans et à 24 ils les avaient tous les 4 ! Aujourd’hui la cinquantaine tout juste passée ils sont ravis de se retrouver tous les deux et de profiter de leur maison et de leur temps libre tous les deux ou avec les petits enfants.

En fin de soirée, répondant gentiment à leur invitation à regarder la télévision, nous avons le plaisir de regarder X factor qui s’entrecoupe de pub toutes les 5 minutes. Par chance le calvaire se termine très vite et nous partons nous coucher.

23/02 : On ramasse des feuilles ou des canettes ?

Au travail à 10h, je suis très enthousiaste à l’idée de ramasser les feuilles et faire du jardinage !

La journée se déroule bien et en début d’après-midi les sacs sont bientôt pleins ! Nous devions ramasser des feuilles mais nous avons aussi ramassé des cannettes de bières qu’Andrew a laissé échoué dans son jardin.

Notre hôte passe brièvement à la maison plusieurs fois, la première pour chercher de la nourriture, la deuxième pour venir aussi chercher de la nourriture, et la troisième pour nous apporter une table de camping dont il nous fait cadeau et en profiter pour aller se chercher de la nourriture !

C’est extrêmement gentil et la table serait super si elle n’était pas ronde avec un diamètre aussi grand que celui du coffre. Cependant elle rentre dans le coffre et je ne veux surtout pas le vexé car je suis très touchée de l’attention, je lui dis que c’est parfait et lui débite 100 « thank you » à la seconde.

Juanita ne travaille pas le lundi, elle s’occupe de ses petits enfants. La femme d’un de leurs amis ramène aussi ses enfants aussi ce qui fait que la maison se transforme en véritable cours de récréation et l’ambiance est vraiment sympa.

Le soir nous mangeons 3 différents poissons que ses amis ont pêché la veille accompagné de maïs chaud et de pommes de terre. C’est un vrai régal. Il faut que je me renseigne sur les noms des poissons car vraiment à part le thon, je ne sais pas du tout ce que je mange !

Après un petit verre de Bayles (l’alcool de café), nous partons nous coucher car demain matin, départ 6h30, direction Welligton avec Keen, leur voisin !

24/02 : Welligton

Ce matin nous partons avec Keen à Welligton. Je me mets à l’arrière en espérant pouvoir finir ma nuit mais il crie trop fort. Si vous remarquer bien, les gens qui font des efforts pour parler lentement ou pour se faire comprendre parlent toujours plus fort. Je ne peux pas vraiment dormir et le trajet passe assez vite.

Il travaille en plein centre ville et est directeur d’une compagnie qui s’occupe des enfants défavorisés. Il nous montre une jolie balade à faire pour aller à Te Papa, le musée national de la capitale.

On longe le port à la recherche d’un café pour patienter jusqu’à l’ouverture du musée. Il est 8h et le musée ouvre à 10h, on revoit notre itinéraire en dégustant un chocolat chaud en face du port.

Notre première étape sera finalement le jardin botanique de Welligton, accessible par le funiculaire. Couvrant une surface de 25 hectares sur les flancs d’une colline, le jardin botanique de Wellington réunit des milliers de plantes et de fleurs de centaines d’espèces différentes. C’est très agréable de s’y balader ! Il y a même un planétarium à l’arrivée du funiculaire et je décide d’aller y faire un tour jusqu’à ce qu’on m’annonce le prix : 19$ ! A Nantes c’est 5 euros !

Après cette chouette balade odorante, nous prenons le chemin du parlement et en attendant la prochaine visite allons nous balader dans la ville. La ville de la capitale qui se compose uniquement d’une rue bordée de magasins pour la plupart inintéressants.

La visite du Parlement est gratuite et se fait tous les jours aux heures piles. C était très intéressante malgré le besoin de sommeil que je ressentais. Et oui, on a commencé la visite à 11h et qui ne connaît pas le coup de barre de 11h ? !

Minute culture : l’enceinte parlementaire comporte 4 bâtiments dont l’aile exécutive (appelée The Beehive – La ruche).

  • L’enceinte parlementaire héberge les bureaux du premier Ministre et des Ministres du cabinet.
  • La maison du parlement héberge la Chambre de Représentants, le bureau du Président et les bureaux des membres du Parlement
  • La bibliothèque parlementaire et la Bowen House accueillent les bureaux des ministres et des membres du parlement.

On a également pu voir les isolateurs de fondation conçus pour protéger le parlement en cas de tremblements de terre. Ce sont de larges paliers constitués de couches en caoutchouc et d’acier entourant un noyau en plomb. Inventés ici même par l’architecte Bill Robinson, ils sont désormais utilisés partout dans le monde.

Au parlement, les isolateurs de fondation soutiennent le poids des bâtiments et amortissent les mouvements des tremblements de terre mesurant jusqu’à 7,5 sur l’échelle de Richter.

A la sortie de la visite, nous avons mangé nos sandwiches préparés à l’aube dans un petit parc dans le centre ville et nous nous sommes dirigés vers le musée.

Te Papa a coûté 317 millions de dollars et a nécessité 13 années de travaux. Ouverts au public en 1998, ses six étages ultra modernes couvrent la superficie de trois terrains de rugby. En langue maorie, Te Papa Tongarewa signifie « Les trésors de notre terre ».

Le musée a pour vocation de retracer l’histoire du pays depuis ses origines volcaniques jusqu’à la période contemporaine. Il reçoit plus d’ 1 million de visiteurs par an et je ne me suis pas du tout sentie oppressée alors que d’habitude je me sens très très vite oppressée. Les espaces sont très bien organisés, grand et très interactifs.

Le musée est immense et en 2h30 nous n’avons malheureusement pas pu tout voir cependant voici ce que j’ai préféré :

. Soulever les pierres exposées et me rendre compte que plus elles sont proches du noyau de la Terre plus elles sont lourdes.

. Me rappeler que le rayon de la Terre est de 6371 km et que sa chaleur en son noyau est de 5500°C.

. L’expérience d’un tremblement de terre : entrer dans une petite maison montée sur vérins hydrauliques. À intervalle régulier, l’installation reproduit l’effet d’une puissante secousse sismique, 6,5 sur l’échelle de Richter. Cela a été crée en souvenir du tremblement de terre du 2 mars 1987 sur la Bay of Plenty, sur la côte Est de l’île du Nord. Le mobilier intérieur se renverse, les murs penchent tandis que l’on se cramponne pour garder l’équilibre…

. Après j’ai joué au jeu de savoir si ma maison était bien équipée si jamais un tremblement de terre survenait. J’ai eu 3/20. Mais il y avait un chrono qui défilait assez vite et le temps que je comprenne en anglais il était déjà presque finit. C’est pour ça 😉

. Ensuite je me suis retrouvée devant le plus grand calamar géant du monde. Le corps de cette chose mesure plus de 4 m et pèse une demi-tonne. Ces globes oculaires mesure 28 cm, il a les plus gros yeux de tous les êtres vivants au monde !

La présentation de ce musée est ludique et jamais ennuyeuse. Si seulement tous les musées pouvaient être comme celui-ci !

En sortant de Te Papa, frustrée de ne pas en avoir vu plus, nous avons rejoint Keen et sommes rentrése à Paraparaumu.

25/02 : Peignons !

Atelier peinture aujourd’hui ! Il faut peindre un muret en brique. Je n’ai jamais fait de peinture à part sur du papier lorsque j’avais 4 ans. Grande nouveauté et plein d’excitation ! Je commence à peindre mon bout de muret avant de lutter avec les arbres qui l’entourent et que me rentrent soit dans les yeux soit dans les fesses. J’essaye de rediriger les branches pour que le passage soit libre et c’est alors que je m’aperçois qu’Andrew a de nouveau semé ces cannettes de bières dans le jardin! Et nous qui l’avions bien nettoyé !

Andrew nous donne comme instruction de passer 3 couches à 2heures d’intervalles pour que la brique ne se voit plus mais j’ai l’impression que même en y passer 20 couches on la verra encore. A la fin de la journée il nous force à arrêté car il ne veut pas qu’on travaille trop. Il vient nous voir au moins 10 fois en nous demandant d’arrêter gentiment et à la 10ème il nous ordonne carrément de stopper.

Comme ce soir on va manger de la viande et qu’Andrew adore les patates on propose de cuisinier un gratin Dauphinois. Je pars au supermarché acheter de la crème fraiche et en profite pour acheter un soin pour mes cheveux qui ressemblent clairement à de la paille.

A mon retour nous faisons nos couches de patates et mettons notre gratin dans le four. Pendant qu’il cuit, c’est à dire pendant 1h30, je vais prendre ma douche et frotte à me faire saigner pour enlever la peinture de mes jambes! Je fais mon soin pour cheveux et ils sèchent tout brillant et tout doux (c’est très important pour le blog) !

Vers 20h30, alors que le gratin commence toujours à prendre une belle tournure, Andrew et Juanita s’impatientent et décident qu’il faut manger !

Nous avons 1h30 de retard sur leur planning habituel.

Andrew nous propose d’aller pêcher vendredi et je suis ravie ! Je n’ai jamais pêché en mer, seulement une fois autour d’un lac et j’avais rien eu, j’espère que j’aurais plus de chance après demain! Qui sait, peut-être que je pêcherai un calamar plus grand que celui du musée Te Papa !

26/02 : Repos

Dodo, films, dodo, manger, dodo…

A ma décharge j’ai quand même été admirée le coucher du soleil sur la plage, caché dans un des nombreux buissons de la côte ouest.

27/02 : Baracouda !

Ce matin on n’a pas été au summum de notre activité. Juanita nous a demandé de nettoyer les vitres mais ses vitres sont immenses ! Avec un chiffon on pourrait y passer toute une semaine et nous avons à peine 4 heures pour faire intérieur et extérieur !

Et puis Justine découvre l’utilité de la machine que notre hôte lui a donné: un sécheur de vitre qui ne laisse pas de trace. Pas de bol il n’y en a qu’un ! Les vitres que j’ai faites sont encore pires que lorsque je les ai trouvé. Et puis j’avais la pression parce qu’Andrew était là et préparait le bateau.

D’ailleurs à 11h30 pétante il nous a dit d’aller préparer des sandwichs car on partait à midi !

Alors à midi on était prête. On est parti avec Sam, un ami du fils d’Andrew. Tous les 4 dans la voiture direction la plage, on a mis le bateau à l’eau, ou plutôt les hommes ont mis le bateau à l’eau pendant que Justine et moi étions déjà dans le bateau à attendre que « ça se passe ». Une fois tous à bord et les cannes à pêche prêtes à attraper les gros poissons, Andrew nous explique que nous allons commencer par pêcher le thon. Il faut alors laisser les cannes à pêche à l’extrémité de l’eau et faire avancer le bateau et lorsqu’on entend le bruit de la canne à pêche qui se déroule, on s’arrête et on tire le poisson ! J’ai l’honneur de tirer le premier et ça me fait très mal aux bras. Et plus je tire plus je le sens qui résiste et je commence à réaliser que je vais tuer. Un poisson certes mais c’est moi qui vais lui ôter la vie et ça me fait mal au cœur. Finalement je n’ai peut être pas tant envie que ça de le remonter à la surface, alors j’hésite un bon moment et je commence une grande réflexion dans ma tête sur le droit de tuer un poisson. Mais les hommes s’impatientent et mes pensées s’arrêtent brusquement lorsqu’ils tirent sur le filet et sortent le poisson, l’abatte à moitié et le mette à geler dans la glacière. Je suis légèrement traumatisée et n’ai pas le temps de penser au sort de cette pauvre bête bien longtemps avant que les cannes à pêche continuent de se dérouler.

3 thons plus tard, nous partons pour les Tariakhi, l’un des meilleurs poissons de la région. Andrew a noté sur son GPS tous les endroits où il a déjà pêché ce poisson.

Sur le chemin nous assistons à un spectacle extraordinaire : des dauphins sauvage. Je n’en avais jamais vu avant ! Le spectacle magique & magnifique !

Le Tariakhi est plus dur à attraper: le fil de la canne à pêche descend à plus de 100 mètres dans l’eau et lorsqu’il faut tirer un poisson sur cette longueur qui en plus est accommodé d’un poids à son extrémité pour faire descendre a canne, ça devient compliqué ! Je mets toutes mes forces dans cette action pour finalement remonter un Baracouda, poisson qui ne sert à rien si ce n’est en guise d’hameçon. Après un gros coup sur la tête, le poisson complètement sonné se fait découper un bout de chair et continue de pisser le sang en virevoltant de tous les côtés.

Je commence à avoir le mal de mer. Sami pêche un super gros poisson, le Groper qui fait également parti des meilleurs. Et à force de voir tous ces poissons se faire jeter dans la glacière à moitié vivants je prends part au jeu et commence à aimer tirer le poisson à la surface. Du moins jusqu’à ce qu’Andrew pêche un bébé Tariakhi et sous nos regards implorants finissent le remettre à l’eau. Il nous avouera dans la soirée qu’il n’a de toute façon certainement pas survécu.

Le mal de mer se fait intense chez moi et l’on continue un peu de pêcher avant de se diriger vers la rive. Andrew nous laisse conduire Justine et moi à tour de rôle et je pousse la vitesse un peu trop forte comme d’habitude.

Nous arrivons à destination sans problème, restons de nouveau dans le bateau pendant que les hommes se chargent de remonter le bateau à la surface et de l’attacher à la voiture.

On passe laver le bateau et direction la maison pour admirer le futur festin !

11 poissons : 3 thons, 1 Groper, 7 Tariakhi. Kevin, le pro du découpage qui tenait un Fish & Chips vient nous aider à découper le poisson et c’est avec tristesse que nous nous apercevons qu’il ne reste pas grand chose de chaque poisson.

28/02 : Siffler en travaillant

Réveillée de bonne heure et après un bon petit déjeuner je me mets en pôle position pour recommencer et finir mes vitres. Et puis nous commençons le grand ménage de la maison. Vers 12 heures notre tâche est terminée et après avoir mangé des pizzas avec les petits enfants d’Andrew et Juanita, je pars nourrir les canards et jouer à la balançoire et retombe en enfance pendant une bonne heure. Pendant ce temps là Justine nettoie la voiture. A notre retour, Justine nous fait remarquer qu’une roue est légèrement plate et Andrew nous aide à la changer en nous indiquant que les roues ne sont pas identiques et qu’il faudra s’en occuper rapidement.

01/03 : C’est le départ ? Ha non !

C’est le départ, mes affaires sont prêtes mais à mon réveil Justine me dit qu’elle ne se sent pas très bien et qu’elle préfère rester une nuit de plus ce qui me va très bien.

Nos hôtes nous proposent très gentiment de rester en tant qu’invité et nous laisse la journée de libre mais nous décidons de les aider à nettoyer l’appartement de leur fils Matthieu qui a construit une maison juste à côté de la leur. Ils souhaitent la vendre pour partir voyager. Nous nettoyons quelques armoires et après avoir été remerciées et gratifier de « you did an amazing world » plusieurs fois pour avoir empilé des boites de conserve, nous partons pour la maison lorsque Matthieu nous court après pour nous donner 2 bouteilles de vin. Une de rouge et une de blanc. On ne saura jamais s’il voulait qu’on fasse un choix parce qu’on a pris les deux, en refusant tout d’abord comme des jeunes filles bien élevées. De retour à la maison et s’apercevant que le frigo est bientôt vide nous sentons qu’il est bientôt temps de partir.

Nous allons enfin nous balader dans le Park Elizabeth qui est une ancienne base militaire toute sèche où Justine s’éprend d’amour pour la cueillette des mûres.

Sur le chemin du retour nous allons faire quelques courses et, revenues à la maison, préparons des galettes salées et une tarte aux mûres et aux pommes. Nouvelle recette !

Après un bon dîner je redéballe mes affaires et pars me coucher.

02/03 : Bonjour Tristesse

C’est plein d’émotion que je quitte les bras de Juanita et d’Andrew, les larmes aux yeux et le ventre noué. En route pour de nouvelles aventures dans l’îles du sud !

Photo 3

Du 15/02 au 21/02: Starkiwi et ses amies !

15/02 : Starkiwi et ses amies

Starkiwi est de sexe masculin et il est très content car à partir d’aujourd’hui il va trimballer 3 sexy jeunes françaises sur ses sièges. Notre compagne de route s’appelle Chloé. Elle mesure environ 1m60, elle a le visage qui ressemble beaucoup à celui de Kate Blanchet, de très beaux yeux bleus et des cheveux un peu roux, la peau blanche et une bouche bien rose. Elle semble très calme et très sympathique. T’inquiète Faco, personne ne te remplacera jamais.

Nous partons en direction de Coromandel, la péninsule à l’ouest d’Auckland et après avoir eu du mal à trouver notre chemin, nous longeons la côte et les plages d’eau turquoise, le paysage est vallonné, un peu sec mais majestueux. Si vous vous souvenez de Petit Pied, (paye ta référence) ce dessin animé où le petit dinosaure découvre une terre fertile et magnifique, les paysages y ressemblent.

Nous faisons quelques courses à New World, principal grand supermarché du pays, et roulons jusqu’aux plages d’Otama où les campings s’avèrent hors de prix. Nous faisons rouler Starkiwi jusqu’à la plage d’Opito, qui est à la pointe de la péninsule. Nous trouvons un superbe emplacement en face de la mer et même avec des toilettes !

Nous commençons à installer nos affaires lorsque le voisinage nous fait des grands signes. Signes que je ne comprends pas et que je ne veux pas spécialement comprendre s’il s’agit de dégager, et je continue donc de déballer les affaires. Une femme arrive vers nous et nous dit qu’il faut tout ranger car l’hélicoptère qu’il y a au dessus de nos têtes va atterrir.

Nous rangeons donc notre barda à vitesse grand V pour découvrir que l’hélicoptère a 500 mètres.

Nous ressortons tout et montons la tente. Elle est très petite et à 3 dedans ça promet d’être vraiment serré.

Le soleil se couche vers 21h et laisse place à un incroyable ciel étoilé, sans lune apparente.

Nous dormons collé serré, nous dormons mal et Chloé qui s’était mise au milieu termine sa courte nuit dans la voiture.

16/02 : Une émouvante demande en mariage

Ce matin, fatiguée d’une nuit trop courte, nous découvrons avec joie que notre réchaud fonctionne à merveille et buvons du thé en regardant les vagues s’écraser contre les rochers. Il fait doux mais le ciel s’assombrit. Nous remballons notre matériel et partons vers la plage d’Otama.

Nous partons voir la « Cathedral Cove » qui est la première réserve marine de la péninsule de Coromandel. C’est une arche naturelle qui fut établie en 1992 pour préserver les habitats marins. Et sous cette arche nous voyons un homme d’origine asiatique, avec des bagues aux dents, un genou à terre et les mains fermées autour d’une boîte faire la demande de sa vie à sa dulcinée. Et cette jeune fille toute émue se met à pleurer comme vache qui pisse en devenant toute rouge et en répétant « oui » un nombre de fois à se décrocher la tête.

Après cette balade et une baignade écourtée par trop de vent, on se met en route pour la « Hot Water Beach » connue pour ses sources d’eau chaude une fois un trou creusé dans le sable.

Le sable est bien noir et le vent n’a pas cessé, on y déjeune et l’on tente de creuser un trou pour découvrir les sources d’eau chaude, sans succès. Aucune eau n’en sort. Il faut creusé 2h avant la marée ou 2h après. Il est 16h et la marée est annoncée à 11h. C’est donc raté !

Nous roulons dans l’espoir de trouver un camping peu cher voire gratuit mais nous nous éloignons de plus en plus. Et vers 19h nous découvrons un emplacement de rêve dans une réserve naturelle à Oputere.

Je pars me balader dans la forêt avec Chloé et nous découvrons des plages de sables blancs au bout du chemin, toutes sauvages ! Nous sommes passé au travers d’une forêt de pins laissée à l’état sauvage. La plage n’est pas accessible en voiture ce qui la protège des visiteurs fainéants mais surtout de la pollution.

Lorsque je reviens Justine nous fait part de sa découverte: des douches accessible sans payement ! C’est aussi une très grande nouvelle !

Les filles décident d’aller se lever et je commence à monter la tente lorsqu’un vieux couple m’interpelle et me dit que c’est interdit de monter sa tente ici. Seulement les véhicules avec des toilettes le peuvent !

Mais nous avons décidé de camper là alors dès que le couple décide à partir, je remonte la tente.

Les filles revenues, nous préparons notre popote et retentons l’expérience de dormir à 3 dans une tente qui est plus conçue pour 2 personnes que pour 3.

17/02 : « Appeal the fine ! »

Nous dormons mieux, du moins jusqu’à ce que nous nous fassions réveiller de bon matin par une ranger. Une ranger qui nous parle trop vite trop tôt pour que nous ayons le temps de réaliser que nous devons payer une amende. Nous la rattrapons et elle nous explique que nous pouvons faire appel pour ne pas avoir à payer.

Nous remballons rapidement nos affaires et nous dirigeons vers Whangamata qui est la ville la plus proche.

Nous y rencontrons une canadienne, partie anglaise, qui parle très bien français et qui est désolée pour nous. Elle va faire le nécessaire pour que nous n’ayons pas l’amende à payer mais nous informe que malheureusement cela ne dépend pas d’elle. Nous remplissons le formulaire et n’avons plus qu’à croiser les doigts pendant 2 semaines avant d’avoir la réponse fatidique.

Nous croisons un New World et en profitons pour faire le plein de nourriture avant de se remettre en route, direction les grottes de Waitomo. Sur le chemin nous nous arrêtons à Hamilton boire un café, recharger les batteries et se reconnecter au monde. Les villes néo zélandaise ressemblent beaucoup à ce que j’imagine des villes américaines. Des gros blocs, des grands rues, des pâtés de maisons et quelques magasins. Les villes que nous avons traversées pour le moment n’ont aucune âme, aucune rue n’est vieille depuis plus de 200 ans, et toute les maisons se ressemblent.

Arrivée à Waitomo, nous nous renseignons sur les caves à visiter. Chloé décide de visiter la plus célèbre : Glowworm et Justine et moi optons pour le forfait 3 grottes. Nous visitons ensemble Glowworm (le vers luisant) le soir même et nous y découvrons d’impressionnantes stalactites et stalagmites avant d’atteindre une vaste caverne baptisée la Cathédrale. La promenade en bateau sur la rivière souterraine à la fin circuit est clairement le moment fort. Nos yeux accoutumés à l’obscurité, on découvre une myriade de vers luisants formant ce qui ressemble à une voie lactée. C’est dans le silence le plus total que nous sommes toutes les 3 béates devant ce spectacle si particulier et si beau.

C’est avec beaucoup d’émotions que nous sortons de la grotte et partons chercher un camping. Cette fois nous souhaitons dormir dans un endroit sans ranger mais les camping alentours sont tous payants. Nous décidons de payer 2 places pour 3, la réceptionniste étant un peu perché, notre supercherie réussit à merveille !

Une bonne douche chaude et après avoir fait quelques courses de ravitaillement, nous cuisinons un excellent dîner et partons nous coucher. Difficile de dormir à 3 dans une tente qui est constamment imbibée d’humidité et qui nous trempe comme si nous avions pris des douches, Chloé craque et repart dans la voiture au milieu de la nuit. Quand à moi sous les coups de 2h du matin, je me lève vider ma vessie dans la nature et en regardant le ciel à la recherche de la lune j’aperçois une étoile filante !

18/02 : Sous terre, Sur terre, Au dessus de la terre !

Ce matin Justine et moi partons visiter les grottes de Ruakuri et Aranui.

Notre jeune guide se présente sur le parking et nous emmène à l’entrée de la grotte. Il donne quelques explications dont nous avons du mal à saisir le sens complet et appuie sur un bouton qui permet l’ouverture d’une porte caché dans la grotte. J’adore !

On rentre dans la grotte et je ne vois plus rien, j’appelle Justine qui est déjà loin et qui ne doit pas m’entendre, fait du rentre dedans au guide et lorsqu’il allume la lumière découvre que je ne suis pas du tout au bon endroit.

Une fois ma place trouvée et le guide ayant fait son speach sur le vertige, il allume les lumières et on découvre un impressionnant escalier en colimaçon de 15 mètres de haut. Le circuit parcourt presque de 2 km des 7,5 km de la grotte et comprend de vastes cavernes parsemées de vers luisants, des cours d’eau, des cascades et des structures calcaires complexe.

Ce qui est super c’est que nous sommes le premier groupe à pénétrer dans la grotte ce matin et que notre groupe est petit. On a donc tout le temps d’admirer ces stalactites et stalagmites créées à bases d’eau.

C’est absolument impressionnant de découvrir toutes ces galeries sous terre. Il paraît qu’on est à 65 mètres sous terre ! Après près d’1heure et demi de balade, nous sortons de ce site époustouflant.

Nous prenons la voiture et allons découvrir la dernière grotte de notre sélection, la grotte d’Aranui. Celle-ci est moins impressionnante mais notre guide, descendante des maoris nous donne des informations bien plus instructives que notre jeune guide précédent. C’est avec elle et un petit groupe que nous rentrons dans un environnement sec, avec très peu de vers luisants, mais qui se distingue par d’incroyables formations de calcaires dont un plafond hérissé de milliers de fines stalactites. Malheureusement il y a quelques dizaines d’années il n’y avait pas de protection pour les touristes et ceux-ci s’amusaient à les détruire. Il y’en a beaucoup qui sont coupé et pour qu’elles se recréent parfaitement il faudra encore attente des dizaines voire des centaine d’années.

A la sortie de la grotte nous partons faire une petite balade à travers la forêt et y découvrons des tunnels naturels et des grottes immenses.

Nous retrouvons Chloé restée à l’auberge, déjeunons et prenons la route du Parc National.

Après plusieurs détours, qui il faut le dire, deviennent habituels nous arrivons dans les décors du Seigneurs des Anneaux. Un grand désert avec des volcans qui jaillissent de nul part, les nuages au dessus donnant l’impression qu’ils sont en éruption.

Tongariro fut le premier parc national de Nouvelle Zélande crée en 1887. Ses 3 hauts volcans Ruapehu, Ngauruhoe et Tongariro s’élèvent d’un vaste plateau alpin couvert de broussailles. Ils sont tous en activité. (En hiver le parc national devient un domaine skiable très fréquenté).

Arrivées sur place, in extremis à la fermeture du centre d’information, nous décidons que demain nous ferons la célèbre balade d’une journée au sommet du ont Ruapehu.

Ce soir nous dormons dans un DOC camping, ce sont les campings qui ne sont pas surveillés et où l’on doit payer 6$ par personne. Somme que l’on glisse dans une petite boîte verte. On décide de payer mais on décide de payer pour une seule personne soit 6$ pour 3. Encore une superbe supercherie !

Le problème de la balade qu’on a décidé de faire c’est qu’elle commence à un point a et finit à un point b. Certes il y a des navettes à 30$ par personne.

Alors le soir on mène notre enquête et on demande aux gens s’ils peuvent nous monter jusqu’en haut. Malheureusement la plupart des personnes n’ont que deux places dans leur voiture ou ne font pas cette marche demain.

On finit par trouver des allemands qui acceptent de nous déposer à ce qui est considéré comme la fin du chemin pour qu’on commence la balade dans l’autre sens. Il déposera a et b au point de départ, mettra la voiture au point d’arriver et prendra la navette pour rejoindre ses amis. Pour payer moins cher nous acceptons, et lorsque nous leur donnons notre réponse, celui qui devra prendre la navette nous demande de la partager. C’est de bonne guerre certes, mais nous, nous devons commencer le chemin par « la fin ».

Nous dînons et nous préparons à dormir quelques heures, demain départ 5h.

19/02 : Gollum, sors de ta cachette !!

Chloé n’a pas retenté l’expérience de la tente et a directement opté pour la voiture. Moi j’ai eu super froid. La tente était trempée d’humidité, mes cheveux trempés aussi, comme si j’avais fait un shampoing.

A 5h, Chloé vient nous réveiller et c’est dans un froid glacial que nous nous préparons. Des couches de pull et les chaussures de rando chaussés, nous sommes parés et même en avance ! Les allemands arrivent quelques minutes après, je suis fière de les avoir devancé !

Le programme se déroule bien mais les allemands ne perdent pas jamais le nord très longtemps. Après avoir déposé a et b, il ne manque pas de nous demander son dû pour la navette.

Nous prenons le petit déjeuner en regardant le levé du soleil sur le parking et nous mettons en marche. Quelques personnes commencent aussi par cet itinéraire et ça nous rassure. Le mont Tongariro (1968 mètres) n’avait pas montré de signe d’activité depuis 1926 jusqu’à une petite éruption en août 2012. Sur le chemin nous croisons des lacs colorés aux incroyables nuances de vert et de bleu. On commence notre trajet dans une superbe forêt, passons au travers de plusieurs cratères et finissons dans les coulées de lave et la plaine désertique, sous un soleil écrasant. Les paysages ressemblent vraiment au film du Seigneur des anneaux ! on s’attendrait à ce que Gollum sorte d’entre la lave et nous saute dessus.

Après 8h de marche et très peu de sommeil la nuit dernière, nous partons à la recherche d’une auberge pas trop chère et découvrons Erua Backpackers. Une grande auberge aux lits moyennant douillets mais avec un jaccuzzi et des douches bien chaude. Une très grande cuisine et une magnifique vue sur les montagnes.

Nous prenons des lits en dortoir, à seulement 25$ la nuit et Justine et moi courons au Jaccuzzi. Mais pour être bien au Jaccuzzi il faudrait avoir de la bière et des chips. Alors on prend la voiture et on fonce acheter ces produits. La bière est une denrée rare ici, au milieu du rien mais nous finissons par en trouver – quand on veut, on peut !

Une fois rentrée et installées dans le Jaccuzzi, nous nous laissé bercer par les bulles bien qu’à la fin la couleur de l’eau me dégoute un peu. Elle ne doit pas être changée très souvent ! Nous prenons notre douche après et préparons à dîner.

Le soir je meurs d’envie de regarder le Seigneur des anneaux et finis par le trouver en anglais. J’ai un peu peur de le regarder toute seule et les filles dorment déjà. J’attendrais demain !

20/02 : Pas de passeport ? Pas d’alcool !

Ce matin les filles sont parties ce balader et je suis restée dans mon lit le plus longtemps possible.

J’ai pris une longue douche bien chaude, une bon petit déjeuner et j’ai glandouillé.

Quand elles sont revenues, Justine et moi avons planté la tente et je suis partie au supermarché avec Chloé faire des provisions et acheter une bouteille pour fêter notre semaine et surtout se préparer pour notre séparation. Chloé continue sa route du côté d’Hasting à l’est de l’île du sud et Justine et moi allons longer la côte est pour rejoindre Paraparaumu, où notre commence wwoofing commence dans 2 jours.

Arrivées au New World, nous faisons les courses et arrivées à la caisse, on me demande ma carte d’identité pour pouvoir acheter la bouteille de vin.

Mais je ne l’ai pas ! Je leur montre tous mes papiers qui peuvent prouver que j’ai plus de 18 ans mais c’est un non catégorique. J’essaye même de lui dire que Starkiwi est en face et que je peux conduire devant elle si elle veut mais rien à faire, ces néo-zélandais respectent les lois à la lettre et je repars bredouille. Chloé retourne dans le magasin et tente d’acheter la bouteille avec sa carte d’identité, ce qui est aussi un échec. Il faut un document d’identité de nouvelle Zélande ou notre passeport. Aucun autre document n’est accepté. C’est énervées et bredouilles que nous rentrons.

21/02 : Une séparation  

Après avoir demandé à toute l’auberge si quelqu’un allait en direction d’Hasting, Chloé a finit par trouver des italiens qui peuvent la déposer en route. Elle part chercher du travail et c’est donc avec un peu de tristesse que nos chemins se séparent. Mais se recroiserons je l’espère plus au sud !

Justine et moi plions bagages et roulons tranquillement vers Whanganui qui ressemble à une ville déserte du Far West. Les gens ressemblent à des morts vivants, ont un style vestimentaire qui date peut-être de l’époque anté-nos grands parents, ils n’ont pas l’air heureux de vivre et ne sont pas d’une amabilité notable. C’est cependant ici que nous trouvons notre adaptateur cassette ! Enfin nous allons pouvoir écouter de la musique ! Et nous achetons une Tongue désodorisante pour Starkiwi, un superbe sac qui fera office de glacière et quelques conneries.

On s’arrête se connecter au monde à Burger King, où la population ressemble de plus en plus à celle d’un mauvais film d’horreur.

Nous nous arrêtons plusieurs fois sur le chemin et la nuit tombante décidons de suivre les indications de l’appli des campings gratuits. On découvre un immense emplacement au fin fond d’une route ! On plante la tente et essayons de cuisiner une soupe au potiron ! La grande question de ce soir c’est : quelle est la différence entre potiron, potimarron et citrouille ! C’est sûr que des questions d’ordre primordial, on s’en est posé beaucoup.

Demain nous rejoindrons nos hôtes !