Du 02/03 au 09/03: Les agneaux morts

02/03 : Bonjour Tristesse

C’est plein d’émotion que je quitte les bras d’Andrew et de Juanita, les larmes aux yeux et le ventre noué. En route pour de nouvelles aventures dans l’île du sud !

On rentre dans le ferry sans problème, si ce n’est les 231$ qu’on a dû payer. Justine se met dehors et moi je m’assois en face d’un vieux couple à l’intérieur. Je regarde mon téléphone pour connaître l’heure et au même moment un message apparaît : « Dale’s mobile wants to share a picture with you » Je refuse immédiatement cette drôle d’invitation et me demande s’il a pu voir mes photos, s’il sait qui je suis ou s’il partage ses photos avec toutes les personnes connectées sur Air Drop en espérant qu’une personne accepte. Je commence à fouiller mon téléphone pour voir ce que ce Dale a pu voir et j’essaye de repérer le mec en question, sans succès.

Je reprends ma lecture lorsqu’un mec totalement dénué de talent se met à chantonner. Imaginez un mix entre Shakira, Keen V et Sylvie Vartan aujourd’hui et vous comprenez que c’est insupportable. Je me retourne pour découvrir le visage de celui qui me détruit les oreilles et je découvre que c’est le mec qui m’a envoyé sa photo !

Même avec mes écouteurs et le son à fond je continue d’entendre sa voix de chèvre ! Les places assises sont trop rares à bord du ferry pour que je cède la mienne et parte en chercher une autre. Après m’avoir adressé quelques mots au travers de leurs dentiers, le vieux couple ne résiste pas longtemps à la voix de chèvre et part à la recherche d’un endroit plus paisible.

Dale ne s’arrête pas pendant près de deux heures et je pense que la moitié du bateau a envie de lui mettre une droite.

Arrivées à Picton, nous allons faire réparer et changer notre roue pour 15$ et nous arrêtons remplir le réservoir d’essence en demandant notre chemin. Comme d’habitude et à peine 10 minutes plus tard nous sommes perdues et appelons notre hôte pour qu’elle vienne nous chercher.

Sharyn nous réceptionne puis nous fait visiter notre caravane et la ferme. Un autre wwoofer, bosnien d’origine mais ayant grandi au Danemark vient aussi tout juste d’arriver.

Après l’avoir appelé chaque jour par un prénom différent, Dany, Denis, ou Sami nous appronons le troisième jour qu’il répond au nom de Sandi, comme dans Grease oui. Il a 22 ans, est assez grand et très musclé, il fait de la boxe depuis longtemps, il est brun et a les yeux bleus. Attention les filles, un missile dans les années à venir !

Je pars prendre ma douche, enfin j’essaye car l’eau est bouillante, au sens propre du terme.

Il est impossible de se passer le pommeau sur le corps sans penser qu’une bouilloire a ébullition est en train d’être lâchée. Il n’y a pas un filet d’eau froide.

Nous n’avons le droit qu’à une douche tous les deux jours car Sharyn est complètement avare de cette ressource première au primate qui est l’eau. A table ils ne boivent jamais d’eau et on pense que c’est pour l’économiser.

Sharyn et Neville nous ont préparé un barbecue de saucisse de bœuf (ça à le gout de saucisse qu’on met dans la choucroute pour ceux qui trouverait ça bizarre) et une bonne salade pleine de fruits et légumes du jardin.

Nos hôtes ont marqué sur leur profil que les fumeurs n’étaient pas accepté et le soir venu, la cigarette est habituelle, nous nous cachons derrière notre caravane et essayons de savourer ce bref moment malgré un cœur qui bat à 100 à l’heure.

03/03 : Joyeux 6 mois

Ce matin, debout à 7h15, nous prenons notre PDJ toutes les deux devant notre caravane sous le bruit de coups de fusils.

Notre journée commence à 8h et lorsqu’on se présente à nos hôtes les groupes sont déjà formé : je passerais la semaine sous les « ordres » de Neville pendant que Justine et Sandi répondront à ceux de Sharyn.

Ce matin, Neville et moi partons nettoyer le caca des moutons et je lui demande quels sont ces coups de feu qui retentissent depuis 1h déjà. Il m’explique que ce sont des coups de fusil enregistrés et diffusés sur haut parleur dans les vignes pour faire peur aux oiseaux et éviter ainsi qu’ils mangent le raisin. Il m’explique aussi, dans un anglais plus rapide que le français de Julien Leperce, que les oiseaux ont compris que ce n’était que des enregistrements et qu’ils n’avaient plus peur. Les vignerons ont alors mis en place d’autre systèmes tels que celui d’entourer les pieds de vigne par des filets ou de disperser du gaz nuisant aux oiseaux.

Après avoir nettoyé les boulettes digestives des moutons et leur avoir enlevé les mouches collés à leurs fesses, nous partons accrocher les pieds de tomates à des piquets pour qu’ils continuent de pousser en hauteur et permettent une meilleure culture. A la pause mes doigts sont verdâtres et mes ongles noirs. Je les lave tant bien que mal et l’eau qui s’écoule est jaune: le miracle de la nature ! Après avoir bu un bon jus de citron et avoir mangé quelques gâteaux je retourne dans ma serre, sous une chaleur bien plus qu’écrasante, finir mon travail. A 13h passé, le gong retentit, nous avons gagné notre logis et notre pain.

Nous allons chercher dans le jardin quelques tomates et du basilic et nous nous préparons une bonne salade avec des pommes du jardin (les meilleures que Justine ait mangé de sa vie).

L’après midi, j’emprunte un vélo de compétition et nous partons faire un tour dans les vignobles, avant de nous baigner dans la rivière pour remplacer notre douche quotidienne.

Justine n’ayant pas pris sa douche la veille aurait eu le droit de la prendre ce jour mais préfère sauter son tour. Justine a compris comment se faire bien voir !

Le soir nous dinons toutes les deux devant notre caravane des haricots verts et de l’ail que nous avons récolter dans le jardin, ainsi que des tomates du potager. C’est un délice !

04/03 : Je me transforme en ramasse caca ou en tomate ?

Ce matin nous allons, Justine, Sandi, Neville et moi monter les 3 chèvres en haut de la colline. Les 3 wwoofers ayant chacun une corde dans les mains. Il s’agit d’une maman et de ses jumelles chèvres. J’ai la mère entre les mains et ce n’est pas de la tarte que de faire les 800 mètres qui nous sépare de l’endroit où elle dort à l’endroit où elle passe la journée ! Les deux autres sont plus dociles, mais la mère est têtue et veut manger toutes les pommes des pommiers ou manger toutes les feuilles et toute l’herbe verte qu’elle trouve sur son chemin.

30 minutes d’intense lutte plus tard, Neville et moi partons ramasser le caca des vaches. Je me demande si tous les matins je ramasserais un caca différent… La bouse n’est pas toujours bien sèche et même avec les gants, pour vous la faire courte, je m’en mets partout. Après avoir rempli le tracteur de caca de vache, nous déposons les excréments dans un enclos à compost et partons finir d’accrocher les pieds de tomates à leurs piquets. C’est un véritable travail de designer. Si vous connaissez Philippe Starck, dites lui qu’il a de quoi se réinventer dans l’agriculture et qu’au passage il peut prendre exemple sur moi. Je me mets à fond dans cette mission et suis fière de moi lorsque le gong retentit.

Nous préparons une salade avec des haricots verts mélangés à des prunes et des pêches (rouge sang toute les deux à l’intérieur) et des pommes délicieuses. Déjeuner fruité !

Cet après-midi nous partons faire des courses et préparons notre dîner phare avec quelques changements.

Aujourd’hui ce sera cake mais cake de courgette fêta pignons de pin, salade mais salade de haricots verts, tomates, salade, œufs, pommes de terres, oignons de printemps et thon. A part le thon, j’ai récolté tous les produits dans le jardin. Et nous finissons le dessert par un crumble pomme et poire du jardin, sans chocolat !

Le dîner est un succès et nous partons nous coucher le ventre bien plein.

05/03 : Sautes en comme Tarzan !

J’ai passé ma journée avec les tomates, à finir de les accrocher à leurs piquets et à labourer la terre qui les entoure en enlevant les mauvaises herbes.

Ce midi Sandi a déjeuné avec nous et nous sommes parti tous les 3 nous balader à vélo près du Mont Richmond que nous découvrons malheureusement fermé à cause d’un feu récent.

Les environs sont rempli de vignes à perte de vue, c’est d’être dans un film que de s’y balader à vélo, c’est absolument magnifique et les routes sont parfaites pour le vélo. D’ailleurs Sharyn et Neville nous ont acheté un casque chacun et si vous êtes pris à rouler sans casque à vélo, l’amende est de 300$. Justine a vite fait demi-tour pour aller le chercher.

Après une petite heure de vélo, nous nous arrêtons près d’un fleuve et grâce à notre nez et après avoir franchi forêt et rivière, nous découvrons un lagon bleu, profond, surplombé des lianes au dessus de rocher, prêtes à être utilisées pour se jeter dans l’eau.

Sandi part le premier jouer à Tarzan et nous nargue.Ni une ni deux, j’y vais la première (ce qui est étonnant n’est ce pas ?) et après avoir fait ma prière, je saute de l’arbre duquel je suis perchée ! Après être revenu à la surface et avoir sauté ces 4 ou 5 mètres de hauteur, Justine y va à son tour, sans problème vous vous en doutez bien, et nous y retournons toutes les deux.

La branche n’est pas bien grande et c’est donc 5 à 10 fois, mais peut être plus 10 fois que Justine me répète que je dois sauter à ma gauche et elle tout droit pour ne pas qu’on se rentre dedans.

C’est une réussite malgré un petit plat qu’on essaye de traduire par « un small flat » à Sandi, qui reste perplexe, peut être plus que quand on a essayé de lui expliqué ce qu’était que « drink the cup ».

Après cette folle baignage et s’être fait dévoré par les puces de sables néo zélandaises, nous rentrons gentiment en direction de notre ferme.

Je me calle dans la chambre de Sandi pendant qu’il mange avec Sharyn et je cherche un wwoofing pour nous 4 (+ Julien, le copain d’une ex-collègue qui devrait peut-être nous rejoindre).

Sandi, très sain de corps et d’esprit nous promet qu’il payera sa bouteille de vodka si nous trouvons un wwoofing pour 4. Alors que j’envoie mon énième mail, Sharyn rentre dans la chambre et nous demande à Justine et à moi pourquoi nous n’avons pas aidé Sandi à ramener les chèvres dans leur enclos. Parce qu’il nous a pas dit qu’il allait les chercher pardi ! Sharyn n’aime pas Sandi et le fait bien sentir. Elle lui dit qu’il prend trop d’eau pour laver une pomme, qu’il prend trop de lait pour ces céréales, ou qu’il ne comprendrait pas comment marche une faucheuse.

Lorsque nous n’avons plus d’eau dans la caravane, le malaise est à son apogée, nous récoltons l’eau de pluie pour laver notre vaisselle. Nous vivons frustré, surtout moi : je n’ose plus aller aux toilettes parce que tirer la chasse utilise de l’eau, ni me laver les mains, ni faire la vaisselle, je n’ose pas profiter d’internet parce que l’utilisation est limité, j’ai peur de demandé du pain ou du lait car nous n’en avons plus. Je ne peux pas prendre ma douche car l’eau est trop chaude. Et malgré ma frustration que je ne pense pas de cacher, Sharyn nous demande si nous souhaitons rester plus longtemps et, même si le travail est intéressant, la vie ici devient compliquée!

C’est autour d’un bon verre de vin que nous finissons la soirée tous les 3, à pleurer de rire en discutant cartoon et bruitages d’animaux.

06/03 : Pluie et sauce tomate

Nous nous réveillons par une pluie battante et emmenons les chèvres dans leur enclos à 8h comme tous les matins. Moi qui suis la seule à ne pas avoir d’imperméable, j’ai pour tâche d’aller récolter les tomates pendant que Justine et Sandi sont à l’abri en train de préparer les sachets d’ail pour le marché. Justine court gentiment m’apporter son Kway mais malgré ça, je suis trempée de la tête aux pieds, on pourrait m’essorer 10 fois qu’il resterait encore du jus. Sharyn finit par venir me chercher au moment ou je perds patience. Elle m’installe avec mes confrères pour que je les aide à préparer l’ail, en ne manquant pas de faire remarquer à Sandy que, faire les nœuds est un travail délicat et que c’est donc un travail pour des mains de filles.

Après la pause nous sommes réquisitionné pour préparer de la sauce tomates pendant que la pluie continue de tomber très sévèrement.

Pour 4 bouteilles de jus de tomate : 5,5kg de tomates pelées, 150g d’oignons, 40g d’ail, 2 càc de piment, 1 càs de noix de muscade, 1 càs de poivre de cayenne et un 100g de sel. Faire cuire trois heures, tamiser pour enlever les pépins et les résidus et votre sauce est prête !

L’après-midi, Justine et Sandi partent se balader à vélo et faire un exercice du programme de Sandi pendant que je me repose et écris mon journal.

07/03 : Une journée de grisaille

Avant que la pluie ne ressurgisse, je pars récolter mes tomates.

Une fois les box remplies à raz bord je pars récolter les carottes en les tirant par leurs petits cheveux avant de les mettre par botte et de les préparer pour le marché.

Une fois ma mission terminée avec l’aide de Sandi et de Justine, nous déjeunons, préparons un crumble à la pomme et la rhubarbe (un peu de changement !) et regardons un drôle de film d’Abdellatif Kechiche appelé La Venus Noire. Ça se passe à Paris en 1817. A l’Académie royale de médecine, un chercheur dit « Je n’ai jamais vu de tête humaine plus semblable à celle des singes ». Sept ans plus tôt, Saartjie quittait l’Afrique du Sud avec son maître, Caezar, et livrait son corps en pâture au public londonien visitant les foires aux monstres. Femme à la fois libre et entravée, elle était l’icône des bas-fonds, la « Vénus Hottentote » promise au mirage d’une ascension dorée.

Ce qui est encore plus marquant dans ce film à la fois sauvage et d’une tristesse qui nous prend aux tripes, c’est que c’est une histoire vraie. Le moulage du corps de Saartje fut exposé au Musée de l’Homme, à Paris, jusqu’en 1976.

Après ce moment de folie et avoir mangé du maïs avec notre délicieux crumble, Sharyn nous informe du déroulement de la journée du seigneur, le lendemain, dimanche. Et c’est avec étonnement mais aussi avec enthousiasme que j’apprends avoir été choisi pour vendre les fruits & légumes au marché. Je suis triste que nous ne puissions pas y aller tous les trois et en fait la remarque à Sharyn qui reste muette à ce sujet.

8/03 : Le marché

La voiture préparée, un léger stress accompagné d’un remord pour Justine et Sandi, je pars avec Sharyn et Neville en direction du marché des fermes de Blenheim.

Nous installons le stand, je tente en vain d’effacer les « wraps pork sausages » du tableau mi véléda/mi craie et je commence mon commerce sous la tutelle de Sharyn.

Elle s’occupe principalement de la vente des pommes et moi de la vente du reste des légumes. Je me trompe en rendant la monnaie et en réfère à Sharyn qui, à mon étonnement, ne m’en tiens pas rigueur. Je suis toute excitée et la vente se déroule très bien.

Neville donne un cours à des étudiants sur la distribution du marché et je suis invitée à y participer, malheureusement je ne comprends pas grand chose car comme à son habitude, il parle à une vitesse grand V, mais aussi parce que les termes sont techniques. Je préfère donc aller me chercher un chocolat chaud et un bout de pain avant de rejoindre mon stand.

A mon retour, Sandi et Justine sont arrivés et partent explorer le marché. Justine reste environ 30 minutes à un stand pour acheter de la pâte d’amande. Je me demande bien qui de la pâte d’amande ou du vendeur l’intéresse le plus jusqu’à ce que je la vois revenir avec un grand sourire et que ma question trouve sa réponse toute seule.

A la fin du marché et après avoir bien rigolé, nous partons acheté du chocolat à New World, chocolat qui est le péché mignon de Sandi et qui nous fait rire avec ses mimiques et ses phrases toutes faites.

De retour à la ferme et après une séance d’entraînement, ou je m’écroule comme un cachalot échoué sur le sable, alors que Justine résiste comme d’habitude, je pars prendre ma douche, ou plutôt me jeter mon sceau d’eau sur la gueule et me frotter les aisselles.

A son retour et après sa douche, Sandi entame une conversation avec nos hôtes et leur annonce son départ anticipé, il veut partir avec nous et en a marre du sexisme de Sharyn. Lorsqu’il avait discuté avec Neville à ce sujet, celui ci lui avait dit que s’il voulait partir c’était maintenant. Alors il avait attendu le dernier jour.
Je le conduis rapidement à une auberge pas loin et retourne aider à la préparation du dîner.

Justine, Sharyn, Neville et moi partageons un excellent moment tous les 4.

Le dîner est délicieux, le vin organique, et les blagues sortent à fusion.

9/03 : Un danois, un copain, un autostoppeur 

Après avoir amené pour la dernière fois Suzie, Toldie et Sophie en haut de la colline (en sifflant), nous allons enlevé les bêbetes des fesses des agneaux et découvrons que parmi les deux restants, un gît sur le sol, inerte. La mort a rattrapé cette magnifique bête, ce petit agneau, prêt à devenir mouton. Je suis bien triste ! Et que va devenir cet autre agneau tout seul maintenant ?

Neville part l’enterrer pendant que nous désherbons les mauvaises herbes des carottes, ce qui me saoule au plus haut point. Déjà parce que je pense à l’agneau mais aussi parce que trouver les cheveux d’une botte de carotte parmi toutes ces mauvaises herbes ça relève d’une mission impossible.

J’attends donc la pause de 11h avec impatience et lorsqu’elle arrive, je me jette sur les biscuits et le thé avant de demander avec un grand sourire si je peux m’occuper de faire sécher les poires.

Nos hôtes nous l’accordent et nous finissons notre semaine sur ce dernier labeur.

Après déjeuner et avoir rangé la caravane, nous embrassons Sharyn et partons avec Neville à l’aéroport chercher Julien, le copain d’Amandine, une ex collègue de travail qui voyage en Nouvelle Zélande.

Il arrive à l’aéroport et je lui ai proposé de racheter le van des français rentré en catastrophe en France. Après que la roue du van se soit crevée et que nous ayons retrouvé Julien, Neville arrive avec la bête. Julien l’explore, négocie le prix, et repars avec celle qu’on appelle désormais Miss White en honneur à sa couleur et en souvenir du nom de famille de Neville. Nous sommes fière de notre originalité !

Nous prenons un auto-stoppeur, récupérons Sandi, déposons Neville et nous mettons en route pour Motueka, au Nord Ouest de l’île du Sud, où nous attendent nos prochains hôtes !

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