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Du 09/03 au 19/03 : Laisse béton

Lundi : 09/03 : Un geek dans une maison aux toilettes à compost 

Après un long chemin, une pause près de la mer pour prendre une photo d’un paysage qui ressemblait plus à celui d’une peinture, s’être trompée de chemin, que Sandi nous ait révélé ne pas connaître ni Sister Act ni Lauryn Hill ni les Fugees, avoir appelé notre hôte et n’avoir pas compris ce qu’il disait, avoir manqué de tomber dans le fossé, nous sommes arrivé chez Craig après 21h.

Nous pénétrons à 4 dans une jolie maison en bois, entourée d’on sait pas trop quoi parce qu’il fait nuit déjà. Craig nous présente sa femme Tracy et nous fait rapidement visiter la maison. Justine me fait remarquer qu’il y a et un lave vaisselle et que les toilettes sont des toilettes à compost et m’interroge de ses grands yeux interrogateurs comme si j’avais une réponse toute faite.

La chambre n’est pas bien grande mais suffisante pour y disposer 2 gros matelas dont un gonflable. J’aimerais vous dire que les garçons se sont dévoués pour prendre le matelas gonflable mais ce n’est pas le cas, nous avons dû les forcer.

Nous buvons un thé avec Craig, un australien de 36 exilé en Nouvelle Zélande depuis une petite dizaine d’année, installé ici avec sa femme et son fils William de presque 6 ans. Craig était wwoofer plus jeune mais semble plutôt mal à l’aise et se gratte la tête assez souvent. Il nous fait comprendre que c’est un geek et que sa passion est de fabriquer des cuillères en bois et de jouer à des jeux vidéos. Le thé terminé et épuisée par cette longue journée, je pars me doucher, une vraie douche après 1 semaine, et je m’endors comme un bébé dans mon gros matelas.

Mardi 10/03 : Au travail !

A notre réveil nous découvrons le paysage qui entoure la maison et nous découvrons aussi William, un petit gabarit blond aux grands yeux bleus entourés de longs cils noirs. Il commence par agresser Sandi en voulant boxer avec lui, à 8h avant de nous interrompre en nous hurlant « stop » et étaler sa culture, comportement activement soutenu par sa mère Tracy.

Au menu, du pain, du beurre et du miel, du musli, de quoi nous faire perdre tous les kilos que nous avons en trop !

Craig nous fait découvrir les alentours de la maison et nous informe des taches qu’il y aura à faire cette semaine : fabriquer un mur de pierres (les amener et faire couler le béton pour le souder), désherber une chambre de brique remplie de mauvaises herbes sur une terre très dure, creuser autant qu’on peut et la remplir de terre et de compost avant de planter ce que Tracy décidera de planter, ramasser et trier le bois (le poêle est un poêle à bois) et pour finir, enlever le « gorse », ajonc en français, espèce de plante piquante aux racines bien ancrées dans la terre (il faut utiliser une machine pour les enlever). Les informations transmises et les groupes crées : Julien au bois, Sandi aux ajoncs, Justine et moi au désherbage, nous voici paré pour une demi-journée de travail.

L’herbe est bien tenace mais petit à petit l’oiseau fait son nid et nous parvenons à enlever cette saleté, surtout après avoir découvert un outil qui ressemble à une pioche et dont Justine s’amourache follement. Nous retournons la terre, enlevons les mauvaises herbes et la journée se termine. Ce soir nous cuisinons et devons aller faire les courses. Nous sommes 7 cette fois et les proportions ne sont donc plus les mêmes. Nous augmentons les cakes au nombre de trois (tous différents), la célèbre salade de choux rouge, et un crumble banane nashi chocolat.

C’est une réussite totale, même si le four à bois est assez compliqué d’utilisation. Le 3ème cake ne sera pas prêt pour ce soir mais pour demain !

Mercredi 11/03 : Ensemble ! 

Aujourd’hui c’est toute une journée de dure labeur, il faut continuer d’amener de la terre dans notre bac à brique, de tamiser la terre, et enfin de désherber l’endroit où le studio de Tracy sera implanté, c’est à dire l’endroit où nous devons construire un mur de brique. Pendant que nous désherbons, les garçons commencent à ramener des pierres, bien grosses et probablement bien lourdes !

Il fait une chaleur écrasante mais c’est amusant de travailler tous ensemble !

Le soir venu et après une bonne douche, Tracy nous a préparé un curry de pommes de terre avec des cuisses de poulet. Le curry est bien trop épicé, ça nous arrache tellement que nous n’osons pas dire que c’est bon. Même Sandi évite de se lécher les doigts ce jour là !

Jeudi 12/03 : Compost bonjour !

Une demi journée de travail cette fois, où nous ne donnons pas tout ce que nous avons à part Justine et Sandi qui semblent pris d’amour pour nettoyer le compost des toilettes au petit matin.

Nous ramassons le gorse tous ensemble et après déjeuner, décidons que nous en avons assez fait. Nous nous faisons beau et partons en ville : Julien part faire les papiers de sa voiture, Justine retrouve son espagnol rencontré au marché de Blenheim, Sandi part se faire couper les cheveux et je retrouve Julien pour aller boire du vin avant d’entamer une soirée enflammer et de rencontrer le fameux Vincent avec qui nous aurions pu partir en voyage. Vincent n’est pas méchant mais légèrement inintéressant, des discours trop figés sur la société et le voyage. Nous on préfère quand c’est simple et quand on rigole ! On boit des coups au pub en se racontant des histoires qui nous ont rendu mal à l’aise et on part à la plage 30 minutes rencontrer les fins amis de Vincent autour d’un feu. Que des français ! Pauvre Sandi … Nous lui évitons l’enfer trop longtemps et rentrons à la maison pour être en forme pour demain, randonnée !

Vendredi 13/03 : ne touchez pas à mon fils !

Ce matin nous sentons Tracy et Craig tendu, peut-être parce que nous n’avons pas dîné avec eux la veille, ou peut être parce que c’est dans leur caractère. En tout cas Tracy nous répond très mal lorsqu’on regarde ce que fait William. Trop mal. Est-ce parce qu’on leur a pas dit merci pour le dîner l’avant veille ? William est un prince, il a ses jouets partout dans la maison, un nombre incalculable, le salon est carrément son salon, la maison est son terrain de jouer et ses parents lui vouent un culte sans fin.

Nous partons faire un trek dans le parc naturel d’Abel Tasman et suivons les conseils de Vincent en se dirigeant vers Tekaka. Les garçons se mettent d’accord sur un trek et nous allons marcher à Parapara après avoir fait de bonnes provisions à New World.

Il semblerait que personne ne soit passé par là depuis des lustres, les chemins sont à peine visibles et nous y allons un peu au hasard. A peine rentrés dans la forêt nous avons la chance d’apercevoir des Kiwi. Jarred nous avait dit que c’était impossible !! Je suis trop contente d’avoir vu toute une famille de Kiwi et le plus drôle c’est qu’on en parlait justement !

Justine ne manque pas de jouer les aventurières quelques minutes plus tard et se fracasse la tête contre une pierre en glissant. Bien sonnée mais ayant plus eu de peur que de mal, nous reprenons la route qui grimpe bien et une fois au sommet, déjeunons sur des troncs d’arbre. Sandi nous fait tout un sketch sur la « good et delicious banana ainsi que sur la bad banana ». Nous redescendons en riant tellement que nous sommes obligé de nous arrêter plusieurs fois pour calmer nos fous rires. Avant de reprendre la route nous nous prenons pour des kiwi et essayons de nous relever sans utiliser les bras en nous mettant de côté. Allez n’ayez pas peur, mettez vous par terre et vous aussi tentez la Kiwi Expérience !

De retour à la maison, nous sommes à l’heure pour déguster les pizzas que Craig et Tracy partagent avec leurs amis voisins qui ont deux petites filles. Ils se sont rencontré sur internet et on décidé de s’installer les uns à côté des autres, ils sont passionné de jeux vidéo et nous on pense que notre Craig a une relation avec la femme voisine.

Samedi 14/03 : Dans anguilles toute grasses

Ce matin Justine et moi allons participer à l’aide bi- l’éco village et allons désherber  en compagnie des autres villageois. Une autrichienne expatrié en Nouvelle Zélande depuis des années m’explique le concept qui est de protégé la nature et préserver l’électricité au maximum en réduisant ses besoins tout en continuant de vivre normalement.

D’essayer de préserver au mieux l’environnement en faisant pousser ses propres fruits & légumes, de partager le lait des vaches, le bois, et les taches de jardinage du village comme ce que nous faisons ce matin. Il faut dire que la tache n’est pas vraiment compliqué puisque 30 minutes après notre arrivée il est l’heure de prendre le thé pendant 30 autres minutes et qu’une heure après nous avons finit. Nous allons alors aider les garçons qui ont commencé à couler le béton et à le disposer sur les pierres.

Craig nous propose d’aller au restaurant ce midi, ce que nous acceptons avec plaisir et nous partons tous les 7 dans un charmant petit restaurant où William et nous prenons plaisir à nourrir les grosses anguilles après un déjeuner copieux.

Nous devions retourner au travail mais Craig nous propose de partir déguster de la bière ! Comment refuser ? Sur le chemin nous faisons une halte et certains d’entre nous se baignent (dont moi, oui oui) et nous partons boire de la bière à 7°.

Nous nous jetons du ponton du port et faisons plein de sauts, dînons rapidement au port tous les 7 avant de partir nous changer pour aller à la discothèque de la petite ville de Motueka.

Nous arrivons dans un endroit qui ressemble à une mauvaise boîte de basse province. Obèses, vulgarité, mochetés, personnages sans style et sans goût sont au rendez-vous.

Les garçons jouent au billard pour faire passer le temps et je regarde les gens avant de me dire que quitte à faire passer le temps autant tout donner sur la piste de danse, c’est ce que je me disais avant qu’un boutonneux me saute dessus tentant sa chance et que je parte brutalement pour l’éviter. Je joue avec les garçons au billard et le temps passe vite, à 2heures la super discothèque ferme et nous partons nous coucher.

Dimanche 15/03 : Muddy Buddy

Le grand jour est arrivé, le jour dont Sandi a tant rêvé et nous a tant parlé ! Mais ce matin il ne s’est pas levé du bon pied, après avoir dormi dans le grand et bon matelas deux nuits, il a eu du mal a retrouver l’horrible matelas gonflable ! Il n’est pas enthousiaste et semble triste ! Nous partons au marché, mangeons de la saucisse et une magnifique crêpe au Nutella avant de partir en quatrième vitesse chez Warehouse acheter des déguisements. Nous achetons des espèces de boxer rigolos, des t-shirt pour filles pour tous les 4, on coupera les manches pour les garçons et des serres têtes chapeau verts !

Les Funkiwi sont prêts pour la course du Muddy Buddy, comprenez la course dans la boue !

C’est à ce moment que nous retrouvons notre Sandi, notre coach qui nous encourage, qui nous attend, qui frappe dans ses mains en nous criant : « Go Go Goooo ».

Nous finissons la course et il se fait interviewé en insistant sur le fait qu’il ai paniqué mais que le plus important c’est que nous soyons resté une équipe jusqu’au bout. C’est vrai qu’on s’enfonçait carrément dans la boue, jusqu’aux genoux et il y avait pas mal d’enfant, ça devait être flippant pour eux !

Après cette belle course, nous partons sauter du ponton de la veille, manger un fish & chips et boire de la bière.

De retour à la maison et après une bonne douche, Tracy nous a préparé un nouveau curry avec le fromage que nous avions fait ensemble. Cette fois nous lui répétons chacun 10 fois que c’est très bon et que nous nous régalons, même si ce n’est pas si bon que ça.

Lundi 16/03 : Siffler en travaillant

Journée travail !

Justine et moi aux tâches ménagères, les garçons chargé de continuer d’apporter les pierres pour le mur.

Je demande à Tracy la permission de ranger les jouets de William et la réponse est bien entendu non. Il doit être en train de travailler sur quelque chose voyez vous. Mais comment faire le ménage dans cette maison sans ranger les affaires de William ?!

Internet a coupé l’après-midi, Craig et Tracy n’ont donc pas travailler et Craig n’a rien trouvé de mieux que de tailler le bois à l’intérieur de sa maison, endroit ou nous venions de faire le ménage !

Le soir nous cuisinons du choux rouge cuit et des crêpes. Tout prend un temps fou, ça craint de cuire les aliments au bois. Après dîner et après s’être tous laissé des commentaires d’amour sur le site de couchsurfing, nous regardons des matchs de box et je me prends d’amour pour ces hommes tout musclés et pour la plupart tous tatoués, je commence à comprendre les règles et suis un peu à fond. Mon favori reste quand même le brésilien Jose Aldo (en plus j’ai appris plus tard qu’il avait remporté le championnat !)

Mardi 17/03 : Rien

Au moins cette journée est facile racontée puisque je n’ai rien fait ! Mes 3 compatriotes ont voulu se la jouer Inidana Jones en prenant un canoë sous la pluie mais sont revenu la queue entre les jambes pendant que j’étais bien au chaud !

Mercredi 18/03 : One Hundred Pourcent

C’est notre dernier jour de boulot et on est en mission mur à 100% (c’est l’une des expressions favorites du Danois – «100%»). Justine part désherber les ajoncs pendant que je coule le béton et que les garçons posent le béton sur les pierres et les alignent.

Après un bref déjeuner où Craig nous ramène la spécialité de Nouvelle-Zélande, à savoir des tartes fourrées à la viande et aux fromages, puis s’excite sur Justine en lui demandant de retourner vite au travail aider les garçons et ce pendant que je renverse la moitié du béton par terre.

A la fin de la journée, alors que le mur a pris bonne forme Julien et moi partons traîrent les vaches. Une première pour moi ! On lave les pis et après quelques tractions on pose la machine qui s’actionne toute seule et trait le lait. Une vache produit jusqu’à 8L de lait par jour !

Revenus à la maison, je prépare à manger avec Justine, où je dirais plutôt que nous coupons les légumes sous les ordres de Tracy, nous mangeons un super bon repas, végétarien et délicieux. Tracy est en forme et nous goûtons le vin organique du village avant que leur amie Charlie (la voisine avec laquelle nous soupçonnons Craig d’avoir une relation) passe à la maison et que nous jouions toutes les 4 au pictionnary. Un temps c’est sympathique mais toute une soirée c’est un peu trop, je m’éclipse donc regarder la boxe et parier sur le plus beau joueur pour gagner du chocolat, ce que je fais avec brio !

 

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On trainasse quelques heures et vers 11h le gong retentit, il est temps de procéder aux revoirs, et après quelques photos devant notre merveilleux petit muret et des embrassades légèrement fausses, nous nous séparons de la famille Ambrose. En route pour de nouvelles aventures !

 

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Du 02/03 au 09/03: Les agneaux morts

02/03 : Bonjour Tristesse

C’est plein d’émotion que je quitte les bras d’Andrew et de Juanita, les larmes aux yeux et le ventre noué. En route pour de nouvelles aventures dans l’île du sud !

On rentre dans le ferry sans problème, si ce n’est les 231$ qu’on a dû payer. Justine se met dehors et moi je m’assois en face d’un vieux couple à l’intérieur. Je regarde mon téléphone pour connaître l’heure et au même moment un message apparaît : « Dale’s mobile wants to share a picture with you » Je refuse immédiatement cette drôle d’invitation et me demande s’il a pu voir mes photos, s’il sait qui je suis ou s’il partage ses photos avec toutes les personnes connectées sur Air Drop en espérant qu’une personne accepte. Je commence à fouiller mon téléphone pour voir ce que ce Dale a pu voir et j’essaye de repérer le mec en question, sans succès.

Je reprends ma lecture lorsqu’un mec totalement dénué de talent se met à chantonner. Imaginez un mix entre Shakira, Keen V et Sylvie Vartan aujourd’hui et vous comprenez que c’est insupportable. Je me retourne pour découvrir le visage de celui qui me détruit les oreilles et je découvre que c’est le mec qui m’a envoyé sa photo !

Même avec mes écouteurs et le son à fond je continue d’entendre sa voix de chèvre ! Les places assises sont trop rares à bord du ferry pour que je cède la mienne et parte en chercher une autre. Après m’avoir adressé quelques mots au travers de leurs dentiers, le vieux couple ne résiste pas longtemps à la voix de chèvre et part à la recherche d’un endroit plus paisible.

Dale ne s’arrête pas pendant près de deux heures et je pense que la moitié du bateau a envie de lui mettre une droite.

Arrivées à Picton, nous allons faire réparer et changer notre roue pour 15$ et nous arrêtons remplir le réservoir d’essence en demandant notre chemin. Comme d’habitude et à peine 10 minutes plus tard nous sommes perdues et appelons notre hôte pour qu’elle vienne nous chercher.

Sharyn nous réceptionne puis nous fait visiter notre caravane et la ferme. Un autre wwoofer, bosnien d’origine mais ayant grandi au Danemark vient aussi tout juste d’arriver.

Après l’avoir appelé chaque jour par un prénom différent, Dany, Denis, ou Sami nous appronons le troisième jour qu’il répond au nom de Sandi, comme dans Grease oui. Il a 22 ans, est assez grand et très musclé, il fait de la boxe depuis longtemps, il est brun et a les yeux bleus. Attention les filles, un missile dans les années à venir !

Je pars prendre ma douche, enfin j’essaye car l’eau est bouillante, au sens propre du terme.

Il est impossible de se passer le pommeau sur le corps sans penser qu’une bouilloire a ébullition est en train d’être lâchée. Il n’y a pas un filet d’eau froide.

Nous n’avons le droit qu’à une douche tous les deux jours car Sharyn est complètement avare de cette ressource première au primate qui est l’eau. A table ils ne boivent jamais d’eau et on pense que c’est pour l’économiser.

Sharyn et Neville nous ont préparé un barbecue de saucisse de bœuf (ça à le gout de saucisse qu’on met dans la choucroute pour ceux qui trouverait ça bizarre) et une bonne salade pleine de fruits et légumes du jardin.

Nos hôtes ont marqué sur leur profil que les fumeurs n’étaient pas accepté et le soir venu, la cigarette est habituelle, nous nous cachons derrière notre caravane et essayons de savourer ce bref moment malgré un cœur qui bat à 100 à l’heure.

03/03 : Joyeux 6 mois

Ce matin, debout à 7h15, nous prenons notre PDJ toutes les deux devant notre caravane sous le bruit de coups de fusils.

Notre journée commence à 8h et lorsqu’on se présente à nos hôtes les groupes sont déjà formé : je passerais la semaine sous les « ordres » de Neville pendant que Justine et Sandi répondront à ceux de Sharyn.

Ce matin, Neville et moi partons nettoyer le caca des moutons et je lui demande quels sont ces coups de feu qui retentissent depuis 1h déjà. Il m’explique que ce sont des coups de fusil enregistrés et diffusés sur haut parleur dans les vignes pour faire peur aux oiseaux et éviter ainsi qu’ils mangent le raisin. Il m’explique aussi, dans un anglais plus rapide que le français de Julien Leperce, que les oiseaux ont compris que ce n’était que des enregistrements et qu’ils n’avaient plus peur. Les vignerons ont alors mis en place d’autre systèmes tels que celui d’entourer les pieds de vigne par des filets ou de disperser du gaz nuisant aux oiseaux.

Après avoir nettoyé les boulettes digestives des moutons et leur avoir enlevé les mouches collés à leurs fesses, nous partons accrocher les pieds de tomates à des piquets pour qu’ils continuent de pousser en hauteur et permettent une meilleure culture. A la pause mes doigts sont verdâtres et mes ongles noirs. Je les lave tant bien que mal et l’eau qui s’écoule est jaune: le miracle de la nature ! Après avoir bu un bon jus de citron et avoir mangé quelques gâteaux je retourne dans ma serre, sous une chaleur bien plus qu’écrasante, finir mon travail. A 13h passé, le gong retentit, nous avons gagné notre logis et notre pain.

Nous allons chercher dans le jardin quelques tomates et du basilic et nous nous préparons une bonne salade avec des pommes du jardin (les meilleures que Justine ait mangé de sa vie).

L’après midi, j’emprunte un vélo de compétition et nous partons faire un tour dans les vignobles, avant de nous baigner dans la rivière pour remplacer notre douche quotidienne.

Justine n’ayant pas pris sa douche la veille aurait eu le droit de la prendre ce jour mais préfère sauter son tour. Justine a compris comment se faire bien voir !

Le soir nous dinons toutes les deux devant notre caravane des haricots verts et de l’ail que nous avons récolter dans le jardin, ainsi que des tomates du potager. C’est un délice !

04/03 : Je me transforme en ramasse caca ou en tomate ?

Ce matin nous allons, Justine, Sandi, Neville et moi monter les 3 chèvres en haut de la colline. Les 3 wwoofers ayant chacun une corde dans les mains. Il s’agit d’une maman et de ses jumelles chèvres. J’ai la mère entre les mains et ce n’est pas de la tarte que de faire les 800 mètres qui nous sépare de l’endroit où elle dort à l’endroit où elle passe la journée ! Les deux autres sont plus dociles, mais la mère est têtue et veut manger toutes les pommes des pommiers ou manger toutes les feuilles et toute l’herbe verte qu’elle trouve sur son chemin.

30 minutes d’intense lutte plus tard, Neville et moi partons ramasser le caca des vaches. Je me demande si tous les matins je ramasserais un caca différent… La bouse n’est pas toujours bien sèche et même avec les gants, pour vous la faire courte, je m’en mets partout. Après avoir rempli le tracteur de caca de vache, nous déposons les excréments dans un enclos à compost et partons finir d’accrocher les pieds de tomates à leurs piquets. C’est un véritable travail de designer. Si vous connaissez Philippe Starck, dites lui qu’il a de quoi se réinventer dans l’agriculture et qu’au passage il peut prendre exemple sur moi. Je me mets à fond dans cette mission et suis fière de moi lorsque le gong retentit.

Nous préparons une salade avec des haricots verts mélangés à des prunes et des pêches (rouge sang toute les deux à l’intérieur) et des pommes délicieuses. Déjeuner fruité !

Cet après-midi nous partons faire des courses et préparons notre dîner phare avec quelques changements.

Aujourd’hui ce sera cake mais cake de courgette fêta pignons de pin, salade mais salade de haricots verts, tomates, salade, œufs, pommes de terres, oignons de printemps et thon. A part le thon, j’ai récolté tous les produits dans le jardin. Et nous finissons le dessert par un crumble pomme et poire du jardin, sans chocolat !

Le dîner est un succès et nous partons nous coucher le ventre bien plein.

05/03 : Sautes en comme Tarzan !

J’ai passé ma journée avec les tomates, à finir de les accrocher à leurs piquets et à labourer la terre qui les entoure en enlevant les mauvaises herbes.

Ce midi Sandi a déjeuné avec nous et nous sommes parti tous les 3 nous balader à vélo près du Mont Richmond que nous découvrons malheureusement fermé à cause d’un feu récent.

Les environs sont rempli de vignes à perte de vue, c’est d’être dans un film que de s’y balader à vélo, c’est absolument magnifique et les routes sont parfaites pour le vélo. D’ailleurs Sharyn et Neville nous ont acheté un casque chacun et si vous êtes pris à rouler sans casque à vélo, l’amende est de 300$. Justine a vite fait demi-tour pour aller le chercher.

Après une petite heure de vélo, nous nous arrêtons près d’un fleuve et grâce à notre nez et après avoir franchi forêt et rivière, nous découvrons un lagon bleu, profond, surplombé des lianes au dessus de rocher, prêtes à être utilisées pour se jeter dans l’eau.

Sandi part le premier jouer à Tarzan et nous nargue.Ni une ni deux, j’y vais la première (ce qui est étonnant n’est ce pas ?) et après avoir fait ma prière, je saute de l’arbre duquel je suis perchée ! Après être revenu à la surface et avoir sauté ces 4 ou 5 mètres de hauteur, Justine y va à son tour, sans problème vous vous en doutez bien, et nous y retournons toutes les deux.

La branche n’est pas bien grande et c’est donc 5 à 10 fois, mais peut être plus 10 fois que Justine me répète que je dois sauter à ma gauche et elle tout droit pour ne pas qu’on se rentre dedans.

C’est une réussite malgré un petit plat qu’on essaye de traduire par « un small flat » à Sandi, qui reste perplexe, peut être plus que quand on a essayé de lui expliqué ce qu’était que « drink the cup ».

Après cette folle baignage et s’être fait dévoré par les puces de sables néo zélandaises, nous rentrons gentiment en direction de notre ferme.

Je me calle dans la chambre de Sandi pendant qu’il mange avec Sharyn et je cherche un wwoofing pour nous 4 (+ Julien, le copain d’une ex-collègue qui devrait peut-être nous rejoindre).

Sandi, très sain de corps et d’esprit nous promet qu’il payera sa bouteille de vodka si nous trouvons un wwoofing pour 4. Alors que j’envoie mon énième mail, Sharyn rentre dans la chambre et nous demande à Justine et à moi pourquoi nous n’avons pas aidé Sandi à ramener les chèvres dans leur enclos. Parce qu’il nous a pas dit qu’il allait les chercher pardi ! Sharyn n’aime pas Sandi et le fait bien sentir. Elle lui dit qu’il prend trop d’eau pour laver une pomme, qu’il prend trop de lait pour ces céréales, ou qu’il ne comprendrait pas comment marche une faucheuse.

Lorsque nous n’avons plus d’eau dans la caravane, le malaise est à son apogée, nous récoltons l’eau de pluie pour laver notre vaisselle. Nous vivons frustré, surtout moi : je n’ose plus aller aux toilettes parce que tirer la chasse utilise de l’eau, ni me laver les mains, ni faire la vaisselle, je n’ose pas profiter d’internet parce que l’utilisation est limité, j’ai peur de demandé du pain ou du lait car nous n’en avons plus. Je ne peux pas prendre ma douche car l’eau est trop chaude. Et malgré ma frustration que je ne pense pas de cacher, Sharyn nous demande si nous souhaitons rester plus longtemps et, même si le travail est intéressant, la vie ici devient compliquée!

C’est autour d’un bon verre de vin que nous finissons la soirée tous les 3, à pleurer de rire en discutant cartoon et bruitages d’animaux.

06/03 : Pluie et sauce tomate

Nous nous réveillons par une pluie battante et emmenons les chèvres dans leur enclos à 8h comme tous les matins. Moi qui suis la seule à ne pas avoir d’imperméable, j’ai pour tâche d’aller récolter les tomates pendant que Justine et Sandi sont à l’abri en train de préparer les sachets d’ail pour le marché. Justine court gentiment m’apporter son Kway mais malgré ça, je suis trempée de la tête aux pieds, on pourrait m’essorer 10 fois qu’il resterait encore du jus. Sharyn finit par venir me chercher au moment ou je perds patience. Elle m’installe avec mes confrères pour que je les aide à préparer l’ail, en ne manquant pas de faire remarquer à Sandy que, faire les nœuds est un travail délicat et que c’est donc un travail pour des mains de filles.

Après la pause nous sommes réquisitionné pour préparer de la sauce tomates pendant que la pluie continue de tomber très sévèrement.

Pour 4 bouteilles de jus de tomate : 5,5kg de tomates pelées, 150g d’oignons, 40g d’ail, 2 càc de piment, 1 càs de noix de muscade, 1 càs de poivre de cayenne et un 100g de sel. Faire cuire trois heures, tamiser pour enlever les pépins et les résidus et votre sauce est prête !

L’après-midi, Justine et Sandi partent se balader à vélo et faire un exercice du programme de Sandi pendant que je me repose et écris mon journal.

07/03 : Une journée de grisaille

Avant que la pluie ne ressurgisse, je pars récolter mes tomates.

Une fois les box remplies à raz bord je pars récolter les carottes en les tirant par leurs petits cheveux avant de les mettre par botte et de les préparer pour le marché.

Une fois ma mission terminée avec l’aide de Sandi et de Justine, nous déjeunons, préparons un crumble à la pomme et la rhubarbe (un peu de changement !) et regardons un drôle de film d’Abdellatif Kechiche appelé La Venus Noire. Ça se passe à Paris en 1817. A l’Académie royale de médecine, un chercheur dit « Je n’ai jamais vu de tête humaine plus semblable à celle des singes ». Sept ans plus tôt, Saartjie quittait l’Afrique du Sud avec son maître, Caezar, et livrait son corps en pâture au public londonien visitant les foires aux monstres. Femme à la fois libre et entravée, elle était l’icône des bas-fonds, la « Vénus Hottentote » promise au mirage d’une ascension dorée.

Ce qui est encore plus marquant dans ce film à la fois sauvage et d’une tristesse qui nous prend aux tripes, c’est que c’est une histoire vraie. Le moulage du corps de Saartje fut exposé au Musée de l’Homme, à Paris, jusqu’en 1976.

Après ce moment de folie et avoir mangé du maïs avec notre délicieux crumble, Sharyn nous informe du déroulement de la journée du seigneur, le lendemain, dimanche. Et c’est avec étonnement mais aussi avec enthousiasme que j’apprends avoir été choisi pour vendre les fruits & légumes au marché. Je suis triste que nous ne puissions pas y aller tous les trois et en fait la remarque à Sharyn qui reste muette à ce sujet.

8/03 : Le marché

La voiture préparée, un léger stress accompagné d’un remord pour Justine et Sandi, je pars avec Sharyn et Neville en direction du marché des fermes de Blenheim.

Nous installons le stand, je tente en vain d’effacer les « wraps pork sausages » du tableau mi véléda/mi craie et je commence mon commerce sous la tutelle de Sharyn.

Elle s’occupe principalement de la vente des pommes et moi de la vente du reste des légumes. Je me trompe en rendant la monnaie et en réfère à Sharyn qui, à mon étonnement, ne m’en tiens pas rigueur. Je suis toute excitée et la vente se déroule très bien.

Neville donne un cours à des étudiants sur la distribution du marché et je suis invitée à y participer, malheureusement je ne comprends pas grand chose car comme à son habitude, il parle à une vitesse grand V, mais aussi parce que les termes sont techniques. Je préfère donc aller me chercher un chocolat chaud et un bout de pain avant de rejoindre mon stand.

A mon retour, Sandi et Justine sont arrivés et partent explorer le marché. Justine reste environ 30 minutes à un stand pour acheter de la pâte d’amande. Je me demande bien qui de la pâte d’amande ou du vendeur l’intéresse le plus jusqu’à ce que je la vois revenir avec un grand sourire et que ma question trouve sa réponse toute seule.

A la fin du marché et après avoir bien rigolé, nous partons acheté du chocolat à New World, chocolat qui est le péché mignon de Sandi et qui nous fait rire avec ses mimiques et ses phrases toutes faites.

De retour à la ferme et après une séance d’entraînement, ou je m’écroule comme un cachalot échoué sur le sable, alors que Justine résiste comme d’habitude, je pars prendre ma douche, ou plutôt me jeter mon sceau d’eau sur la gueule et me frotter les aisselles.

A son retour et après sa douche, Sandi entame une conversation avec nos hôtes et leur annonce son départ anticipé, il veut partir avec nous et en a marre du sexisme de Sharyn. Lorsqu’il avait discuté avec Neville à ce sujet, celui ci lui avait dit que s’il voulait partir c’était maintenant. Alors il avait attendu le dernier jour.
Je le conduis rapidement à une auberge pas loin et retourne aider à la préparation du dîner.

Justine, Sharyn, Neville et moi partageons un excellent moment tous les 4.

Le dîner est délicieux, le vin organique, et les blagues sortent à fusion.

9/03 : Un danois, un copain, un autostoppeur 

Après avoir amené pour la dernière fois Suzie, Toldie et Sophie en haut de la colline (en sifflant), nous allons enlevé les bêbetes des fesses des agneaux et découvrons que parmi les deux restants, un gît sur le sol, inerte. La mort a rattrapé cette magnifique bête, ce petit agneau, prêt à devenir mouton. Je suis bien triste ! Et que va devenir cet autre agneau tout seul maintenant ?

Neville part l’enterrer pendant que nous désherbons les mauvaises herbes des carottes, ce qui me saoule au plus haut point. Déjà parce que je pense à l’agneau mais aussi parce que trouver les cheveux d’une botte de carotte parmi toutes ces mauvaises herbes ça relève d’une mission impossible.

J’attends donc la pause de 11h avec impatience et lorsqu’elle arrive, je me jette sur les biscuits et le thé avant de demander avec un grand sourire si je peux m’occuper de faire sécher les poires.

Nos hôtes nous l’accordent et nous finissons notre semaine sur ce dernier labeur.

Après déjeuner et avoir rangé la caravane, nous embrassons Sharyn et partons avec Neville à l’aéroport chercher Julien, le copain d’Amandine, une ex collègue de travail qui voyage en Nouvelle Zélande.

Il arrive à l’aéroport et je lui ai proposé de racheter le van des français rentré en catastrophe en France. Après que la roue du van se soit crevée et que nous ayons retrouvé Julien, Neville arrive avec la bête. Julien l’explore, négocie le prix, et repars avec celle qu’on appelle désormais Miss White en honneur à sa couleur et en souvenir du nom de famille de Neville. Nous sommes fière de notre originalité !

Nous prenons un auto-stoppeur, récupérons Sandi, déposons Neville et nous mettons en route pour Motueka, au Nord Ouest de l’île du Sud, où nous attendent nos prochains hôtes !

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Du 22/02 au 01/03 : Une semaine, 10 kilos.

22/02 : L’arrivée

Nous ne nous pressons pas vraiment ce matin. Il pleuviote et on replie tranquillement la tente après le petit déjeuner. J’ai voulu aller chercher des toilettes la nuit et j’ai frisé les AVC une dizaine de fois. Entre les arbres et les tentes, difficile de trouver un endroit tranquille, et plus je m’éloigne plus j’ai peur de ne pas retrouver mon chemin dans le noir et, accessoirement, de croiser quelqu’un.

Les affaires pliées, nous roulons jusqu’à Paraparaumu et après nous être perdues comme à notre habitude, nous finissons par arrive devant une charmante maison en bois.

Nos hôtes Andrew et Juanita nous avaient prévenu qu’ils partaient faire une marche ce matin et que leur voisin nous accueillerait. C’est donc au moment où nous coupons le moteur que leur voisin, prénommé Keen, sort de chez lui et rentre chez nos hôtes comme dans sa propre maison en nous montrant l’endroit pour le thé et le café, et nous invite gentiment à nous promener sur la plage en nous indiquant une jolie balade.

Nous nous douchons et partons faire des courses pour leur faire, vous avez devinez, notre repas fétiche composé du Welcome Cake, de la Salade de choux rouge et du Crumble aux fruits et au chocolat (oui je mets des majuscules parce que ce repas devient sacré).

De retour à l’appartement, les courses faites, Andrew nous saute dessus en inversant d’une manière assez certaine nos prénoms. Raté cher Andrew, peut être qu’on aurait du t’appeler Juanita !

Nous sommes accueillies très chaleureusement et Juanita nous fait visiter de la maison. Andrew nous propose d’aller à la plage récupérer son bateau qu’il a prêté à des amis.

C’est rigolo, tout le monde à l’air de pêcher ici, la plage est un vrai parking et tout le matériel nécessaire pour poser son bateau à l’eau et aller le chercher est à disposition.

Une fois son bateau rentré à bon port, c’est l’heure du comptage des poissons ! Une bonne quinzaine et à part le thon je ne comprends aucun nom. Ha si ! Le poisson du « pouce de Jésus » nommé ainsi à cause du cercle noir qu’il a sur le corps et que, d’après la léende, ce serait la trace du pouce de Jésus.

Pendant que Kevin qui tenait un Fish&Chips découpe le poisson, Andrew nous explique notre tache le lendemain et déglutit petit être 10 bières en à peine une heure.

Les néo-zélandais dînent à 19h, il est temps de nous mettre au travail !

Lorsqu’on apporte le repas à table, Andrew n’a pas l’air ravi, c’est le premier végétarien qu’il mange de sa vie !

Il ne se régale pas mais considère avec un enthousiasme particulier l’expérience et quant à Juanita, elle se ressert plusieurs fois.

D’ailleurs vous vous demanderez peut être si elle a des origines espagnoles. Pas du tout. Son nom de famille est Jones et ses parents voulaient un prénom hors du commun.

On reste un bon moment à table discuter ensemble. Juanita travaille pour Warehouse, un magasin où l’on trouve de tout et je lui demande si elle aurait des réductions sur les tables de camping car nous en sommes activement à la recherche, ce à quoi elle me répond gentiment qu’elle ne manquera pas de regarder ce qu’elle peut faire. Quand à Andrew il travaille pour la plus grande entreprise de contrôle de véhicule en Nouvelle Zélande. Il est chargé de manager les différentes équipes des différents magasins au travers du pays. Ils ont 4 enfants dont deux jumelles, une fille et un fils. Deux de leur filles vivent en Australie et les deux sont baby-sitters pour des familles très riches (l’une des familles est d’ailleurs celle de Russel Crowe — Gladiator) et les deux autres enfants vivent à Paraparaumu.

Andrew et Juanita ont eu leurs premiers enfants à 18 ans et à 24 ils les avaient tous les 4 ! Aujourd’hui la cinquantaine tout juste passée ils sont ravis de se retrouver tous les deux et de profiter de leur maison et de leur temps libre tous les deux ou avec les petits enfants.

En fin de soirée, répondant gentiment à leur invitation à regarder la télévision, nous avons le plaisir de regarder X factor qui s’entrecoupe de pub toutes les 5 minutes. Par chance le calvaire se termine très vite et nous partons nous coucher.

23/02 : On ramasse des feuilles ou des canettes ?

Au travail à 10h, je suis très enthousiaste à l’idée de ramasser les feuilles et faire du jardinage !

La journée se déroule bien et en début d’après-midi les sacs sont bientôt pleins ! Nous devions ramasser des feuilles mais nous avons aussi ramassé des cannettes de bières qu’Andrew a laissé échoué dans son jardin.

Notre hôte passe brièvement à la maison plusieurs fois, la première pour chercher de la nourriture, la deuxième pour venir aussi chercher de la nourriture, et la troisième pour nous apporter une table de camping dont il nous fait cadeau et en profiter pour aller se chercher de la nourriture !

C’est extrêmement gentil et la table serait super si elle n’était pas ronde avec un diamètre aussi grand que celui du coffre. Cependant elle rentre dans le coffre et je ne veux surtout pas le vexé car je suis très touchée de l’attention, je lui dis que c’est parfait et lui débite 100 « thank you » à la seconde.

Juanita ne travaille pas le lundi, elle s’occupe de ses petits enfants. La femme d’un de leurs amis ramène aussi ses enfants aussi ce qui fait que la maison se transforme en véritable cours de récréation et l’ambiance est vraiment sympa.

Le soir nous mangeons 3 différents poissons que ses amis ont pêché la veille accompagné de maïs chaud et de pommes de terre. C’est un vrai régal. Il faut que je me renseigne sur les noms des poissons car vraiment à part le thon, je ne sais pas du tout ce que je mange !

Après un petit verre de Bayles (l’alcool de café), nous partons nous coucher car demain matin, départ 6h30, direction Welligton avec Keen, leur voisin !

24/02 : Welligton

Ce matin nous partons avec Keen à Welligton. Je me mets à l’arrière en espérant pouvoir finir ma nuit mais il crie trop fort. Si vous remarquer bien, les gens qui font des efforts pour parler lentement ou pour se faire comprendre parlent toujours plus fort. Je ne peux pas vraiment dormir et le trajet passe assez vite.

Il travaille en plein centre ville et est directeur d’une compagnie qui s’occupe des enfants défavorisés. Il nous montre une jolie balade à faire pour aller à Te Papa, le musée national de la capitale.

On longe le port à la recherche d’un café pour patienter jusqu’à l’ouverture du musée. Il est 8h et le musée ouvre à 10h, on revoit notre itinéraire en dégustant un chocolat chaud en face du port.

Notre première étape sera finalement le jardin botanique de Welligton, accessible par le funiculaire. Couvrant une surface de 25 hectares sur les flancs d’une colline, le jardin botanique de Wellington réunit des milliers de plantes et de fleurs de centaines d’espèces différentes. C’est très agréable de s’y balader ! Il y a même un planétarium à l’arrivée du funiculaire et je décide d’aller y faire un tour jusqu’à ce qu’on m’annonce le prix : 19$ ! A Nantes c’est 5 euros !

Après cette chouette balade odorante, nous prenons le chemin du parlement et en attendant la prochaine visite allons nous balader dans la ville. La ville de la capitale qui se compose uniquement d’une rue bordée de magasins pour la plupart inintéressants.

La visite du Parlement est gratuite et se fait tous les jours aux heures piles. C était très intéressante malgré le besoin de sommeil que je ressentais. Et oui, on a commencé la visite à 11h et qui ne connaît pas le coup de barre de 11h ? !

Minute culture : l’enceinte parlementaire comporte 4 bâtiments dont l’aile exécutive (appelée The Beehive – La ruche).

  • L’enceinte parlementaire héberge les bureaux du premier Ministre et des Ministres du cabinet.
  • La maison du parlement héberge la Chambre de Représentants, le bureau du Président et les bureaux des membres du Parlement
  • La bibliothèque parlementaire et la Bowen House accueillent les bureaux des ministres et des membres du parlement.

On a également pu voir les isolateurs de fondation conçus pour protéger le parlement en cas de tremblements de terre. Ce sont de larges paliers constitués de couches en caoutchouc et d’acier entourant un noyau en plomb. Inventés ici même par l’architecte Bill Robinson, ils sont désormais utilisés partout dans le monde.

Au parlement, les isolateurs de fondation soutiennent le poids des bâtiments et amortissent les mouvements des tremblements de terre mesurant jusqu’à 7,5 sur l’échelle de Richter.

A la sortie de la visite, nous avons mangé nos sandwiches préparés à l’aube dans un petit parc dans le centre ville et nous nous sommes dirigés vers le musée.

Te Papa a coûté 317 millions de dollars et a nécessité 13 années de travaux. Ouverts au public en 1998, ses six étages ultra modernes couvrent la superficie de trois terrains de rugby. En langue maorie, Te Papa Tongarewa signifie « Les trésors de notre terre ».

Le musée a pour vocation de retracer l’histoire du pays depuis ses origines volcaniques jusqu’à la période contemporaine. Il reçoit plus d’ 1 million de visiteurs par an et je ne me suis pas du tout sentie oppressée alors que d’habitude je me sens très très vite oppressée. Les espaces sont très bien organisés, grand et très interactifs.

Le musée est immense et en 2h30 nous n’avons malheureusement pas pu tout voir cependant voici ce que j’ai préféré :

. Soulever les pierres exposées et me rendre compte que plus elles sont proches du noyau de la Terre plus elles sont lourdes.

. Me rappeler que le rayon de la Terre est de 6371 km et que sa chaleur en son noyau est de 5500°C.

. L’expérience d’un tremblement de terre : entrer dans une petite maison montée sur vérins hydrauliques. À intervalle régulier, l’installation reproduit l’effet d’une puissante secousse sismique, 6,5 sur l’échelle de Richter. Cela a été crée en souvenir du tremblement de terre du 2 mars 1987 sur la Bay of Plenty, sur la côte Est de l’île du Nord. Le mobilier intérieur se renverse, les murs penchent tandis que l’on se cramponne pour garder l’équilibre…

. Après j’ai joué au jeu de savoir si ma maison était bien équipée si jamais un tremblement de terre survenait. J’ai eu 3/20. Mais il y avait un chrono qui défilait assez vite et le temps que je comprenne en anglais il était déjà presque finit. C’est pour ça 😉

. Ensuite je me suis retrouvée devant le plus grand calamar géant du monde. Le corps de cette chose mesure plus de 4 m et pèse une demi-tonne. Ces globes oculaires mesure 28 cm, il a les plus gros yeux de tous les êtres vivants au monde !

La présentation de ce musée est ludique et jamais ennuyeuse. Si seulement tous les musées pouvaient être comme celui-ci !

En sortant de Te Papa, frustrée de ne pas en avoir vu plus, nous avons rejoint Keen et sommes rentrése à Paraparaumu.

25/02 : Peignons !

Atelier peinture aujourd’hui ! Il faut peindre un muret en brique. Je n’ai jamais fait de peinture à part sur du papier lorsque j’avais 4 ans. Grande nouveauté et plein d’excitation ! Je commence à peindre mon bout de muret avant de lutter avec les arbres qui l’entourent et que me rentrent soit dans les yeux soit dans les fesses. J’essaye de rediriger les branches pour que le passage soit libre et c’est alors que je m’aperçois qu’Andrew a de nouveau semé ces cannettes de bières dans le jardin! Et nous qui l’avions bien nettoyé !

Andrew nous donne comme instruction de passer 3 couches à 2heures d’intervalles pour que la brique ne se voit plus mais j’ai l’impression que même en y passer 20 couches on la verra encore. A la fin de la journée il nous force à arrêté car il ne veut pas qu’on travaille trop. Il vient nous voir au moins 10 fois en nous demandant d’arrêter gentiment et à la 10ème il nous ordonne carrément de stopper.

Comme ce soir on va manger de la viande et qu’Andrew adore les patates on propose de cuisinier un gratin Dauphinois. Je pars au supermarché acheter de la crème fraiche et en profite pour acheter un soin pour mes cheveux qui ressemblent clairement à de la paille.

A mon retour nous faisons nos couches de patates et mettons notre gratin dans le four. Pendant qu’il cuit, c’est à dire pendant 1h30, je vais prendre ma douche et frotte à me faire saigner pour enlever la peinture de mes jambes! Je fais mon soin pour cheveux et ils sèchent tout brillant et tout doux (c’est très important pour le blog) !

Vers 20h30, alors que le gratin commence toujours à prendre une belle tournure, Andrew et Juanita s’impatientent et décident qu’il faut manger !

Nous avons 1h30 de retard sur leur planning habituel.

Andrew nous propose d’aller pêcher vendredi et je suis ravie ! Je n’ai jamais pêché en mer, seulement une fois autour d’un lac et j’avais rien eu, j’espère que j’aurais plus de chance après demain! Qui sait, peut-être que je pêcherai un calamar plus grand que celui du musée Te Papa !

26/02 : Repos

Dodo, films, dodo, manger, dodo…

A ma décharge j’ai quand même été admirée le coucher du soleil sur la plage, caché dans un des nombreux buissons de la côte ouest.

27/02 : Baracouda !

Ce matin on n’a pas été au summum de notre activité. Juanita nous a demandé de nettoyer les vitres mais ses vitres sont immenses ! Avec un chiffon on pourrait y passer toute une semaine et nous avons à peine 4 heures pour faire intérieur et extérieur !

Et puis Justine découvre l’utilité de la machine que notre hôte lui a donné: un sécheur de vitre qui ne laisse pas de trace. Pas de bol il n’y en a qu’un ! Les vitres que j’ai faites sont encore pires que lorsque je les ai trouvé. Et puis j’avais la pression parce qu’Andrew était là et préparait le bateau.

D’ailleurs à 11h30 pétante il nous a dit d’aller préparer des sandwichs car on partait à midi !

Alors à midi on était prête. On est parti avec Sam, un ami du fils d’Andrew. Tous les 4 dans la voiture direction la plage, on a mis le bateau à l’eau, ou plutôt les hommes ont mis le bateau à l’eau pendant que Justine et moi étions déjà dans le bateau à attendre que « ça se passe ». Une fois tous à bord et les cannes à pêche prêtes à attraper les gros poissons, Andrew nous explique que nous allons commencer par pêcher le thon. Il faut alors laisser les cannes à pêche à l’extrémité de l’eau et faire avancer le bateau et lorsqu’on entend le bruit de la canne à pêche qui se déroule, on s’arrête et on tire le poisson ! J’ai l’honneur de tirer le premier et ça me fait très mal aux bras. Et plus je tire plus je le sens qui résiste et je commence à réaliser que je vais tuer. Un poisson certes mais c’est moi qui vais lui ôter la vie et ça me fait mal au cœur. Finalement je n’ai peut être pas tant envie que ça de le remonter à la surface, alors j’hésite un bon moment et je commence une grande réflexion dans ma tête sur le droit de tuer un poisson. Mais les hommes s’impatientent et mes pensées s’arrêtent brusquement lorsqu’ils tirent sur le filet et sortent le poisson, l’abatte à moitié et le mette à geler dans la glacière. Je suis légèrement traumatisée et n’ai pas le temps de penser au sort de cette pauvre bête bien longtemps avant que les cannes à pêche continuent de se dérouler.

3 thons plus tard, nous partons pour les Tariakhi, l’un des meilleurs poissons de la région. Andrew a noté sur son GPS tous les endroits où il a déjà pêché ce poisson.

Sur le chemin nous assistons à un spectacle extraordinaire : des dauphins sauvage. Je n’en avais jamais vu avant ! Le spectacle magique & magnifique !

Le Tariakhi est plus dur à attraper: le fil de la canne à pêche descend à plus de 100 mètres dans l’eau et lorsqu’il faut tirer un poisson sur cette longueur qui en plus est accommodé d’un poids à son extrémité pour faire descendre a canne, ça devient compliqué ! Je mets toutes mes forces dans cette action pour finalement remonter un Baracouda, poisson qui ne sert à rien si ce n’est en guise d’hameçon. Après un gros coup sur la tête, le poisson complètement sonné se fait découper un bout de chair et continue de pisser le sang en virevoltant de tous les côtés.

Je commence à avoir le mal de mer. Sami pêche un super gros poisson, le Groper qui fait également parti des meilleurs. Et à force de voir tous ces poissons se faire jeter dans la glacière à moitié vivants je prends part au jeu et commence à aimer tirer le poisson à la surface. Du moins jusqu’à ce qu’Andrew pêche un bébé Tariakhi et sous nos regards implorants finissent le remettre à l’eau. Il nous avouera dans la soirée qu’il n’a de toute façon certainement pas survécu.

Le mal de mer se fait intense chez moi et l’on continue un peu de pêcher avant de se diriger vers la rive. Andrew nous laisse conduire Justine et moi à tour de rôle et je pousse la vitesse un peu trop forte comme d’habitude.

Nous arrivons à destination sans problème, restons de nouveau dans le bateau pendant que les hommes se chargent de remonter le bateau à la surface et de l’attacher à la voiture.

On passe laver le bateau et direction la maison pour admirer le futur festin !

11 poissons : 3 thons, 1 Groper, 7 Tariakhi. Kevin, le pro du découpage qui tenait un Fish & Chips vient nous aider à découper le poisson et c’est avec tristesse que nous nous apercevons qu’il ne reste pas grand chose de chaque poisson.

28/02 : Siffler en travaillant

Réveillée de bonne heure et après un bon petit déjeuner je me mets en pôle position pour recommencer et finir mes vitres. Et puis nous commençons le grand ménage de la maison. Vers 12 heures notre tâche est terminée et après avoir mangé des pizzas avec les petits enfants d’Andrew et Juanita, je pars nourrir les canards et jouer à la balançoire et retombe en enfance pendant une bonne heure. Pendant ce temps là Justine nettoie la voiture. A notre retour, Justine nous fait remarquer qu’une roue est légèrement plate et Andrew nous aide à la changer en nous indiquant que les roues ne sont pas identiques et qu’il faudra s’en occuper rapidement.

01/03 : C’est le départ ? Ha non !

C’est le départ, mes affaires sont prêtes mais à mon réveil Justine me dit qu’elle ne se sent pas très bien et qu’elle préfère rester une nuit de plus ce qui me va très bien.

Nos hôtes nous proposent très gentiment de rester en tant qu’invité et nous laisse la journée de libre mais nous décidons de les aider à nettoyer l’appartement de leur fils Matthieu qui a construit une maison juste à côté de la leur. Ils souhaitent la vendre pour partir voyager. Nous nettoyons quelques armoires et après avoir été remerciées et gratifier de « you did an amazing world » plusieurs fois pour avoir empilé des boites de conserve, nous partons pour la maison lorsque Matthieu nous court après pour nous donner 2 bouteilles de vin. Une de rouge et une de blanc. On ne saura jamais s’il voulait qu’on fasse un choix parce qu’on a pris les deux, en refusant tout d’abord comme des jeunes filles bien élevées. De retour à la maison et s’apercevant que le frigo est bientôt vide nous sentons qu’il est bientôt temps de partir.

Nous allons enfin nous balader dans le Park Elizabeth qui est une ancienne base militaire toute sèche où Justine s’éprend d’amour pour la cueillette des mûres.

Sur le chemin du retour nous allons faire quelques courses et, revenues à la maison, préparons des galettes salées et une tarte aux mûres et aux pommes. Nouvelle recette !

Après un bon dîner je redéballe mes affaires et pars me coucher.

02/03 : Bonjour Tristesse

C’est plein d’émotion que je quitte les bras de Juanita et d’Andrew, les larmes aux yeux et le ventre noué. En route pour de nouvelles aventures dans l’îles du sud !

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Du 15/02 au 21/02: Starkiwi et ses amies !

15/02 : Starkiwi et ses amies

Starkiwi est de sexe masculin et il est très content car à partir d’aujourd’hui il va trimballer 3 sexy jeunes françaises sur ses sièges. Notre compagne de route s’appelle Chloé. Elle mesure environ 1m60, elle a le visage qui ressemble beaucoup à celui de Kate Blanchet, de très beaux yeux bleus et des cheveux un peu roux, la peau blanche et une bouche bien rose. Elle semble très calme et très sympathique. T’inquiète Faco, personne ne te remplacera jamais.

Nous partons en direction de Coromandel, la péninsule à l’ouest d’Auckland et après avoir eu du mal à trouver notre chemin, nous longeons la côte et les plages d’eau turquoise, le paysage est vallonné, un peu sec mais majestueux. Si vous vous souvenez de Petit Pied, (paye ta référence) ce dessin animé où le petit dinosaure découvre une terre fertile et magnifique, les paysages y ressemblent.

Nous faisons quelques courses à New World, principal grand supermarché du pays, et roulons jusqu’aux plages d’Otama où les campings s’avèrent hors de prix. Nous faisons rouler Starkiwi jusqu’à la plage d’Opito, qui est à la pointe de la péninsule. Nous trouvons un superbe emplacement en face de la mer et même avec des toilettes !

Nous commençons à installer nos affaires lorsque le voisinage nous fait des grands signes. Signes que je ne comprends pas et que je ne veux pas spécialement comprendre s’il s’agit de dégager, et je continue donc de déballer les affaires. Une femme arrive vers nous et nous dit qu’il faut tout ranger car l’hélicoptère qu’il y a au dessus de nos têtes va atterrir.

Nous rangeons donc notre barda à vitesse grand V pour découvrir que l’hélicoptère a 500 mètres.

Nous ressortons tout et montons la tente. Elle est très petite et à 3 dedans ça promet d’être vraiment serré.

Le soleil se couche vers 21h et laisse place à un incroyable ciel étoilé, sans lune apparente.

Nous dormons collé serré, nous dormons mal et Chloé qui s’était mise au milieu termine sa courte nuit dans la voiture.

16/02 : Une émouvante demande en mariage

Ce matin, fatiguée d’une nuit trop courte, nous découvrons avec joie que notre réchaud fonctionne à merveille et buvons du thé en regardant les vagues s’écraser contre les rochers. Il fait doux mais le ciel s’assombrit. Nous remballons notre matériel et partons vers la plage d’Otama.

Nous partons voir la « Cathedral Cove » qui est la première réserve marine de la péninsule de Coromandel. C’est une arche naturelle qui fut établie en 1992 pour préserver les habitats marins. Et sous cette arche nous voyons un homme d’origine asiatique, avec des bagues aux dents, un genou à terre et les mains fermées autour d’une boîte faire la demande de sa vie à sa dulcinée. Et cette jeune fille toute émue se met à pleurer comme vache qui pisse en devenant toute rouge et en répétant « oui » un nombre de fois à se décrocher la tête.

Après cette balade et une baignade écourtée par trop de vent, on se met en route pour la « Hot Water Beach » connue pour ses sources d’eau chaude une fois un trou creusé dans le sable.

Le sable est bien noir et le vent n’a pas cessé, on y déjeune et l’on tente de creuser un trou pour découvrir les sources d’eau chaude, sans succès. Aucune eau n’en sort. Il faut creusé 2h avant la marée ou 2h après. Il est 16h et la marée est annoncée à 11h. C’est donc raté !

Nous roulons dans l’espoir de trouver un camping peu cher voire gratuit mais nous nous éloignons de plus en plus. Et vers 19h nous découvrons un emplacement de rêve dans une réserve naturelle à Oputere.

Je pars me balader dans la forêt avec Chloé et nous découvrons des plages de sables blancs au bout du chemin, toutes sauvages ! Nous sommes passé au travers d’une forêt de pins laissée à l’état sauvage. La plage n’est pas accessible en voiture ce qui la protège des visiteurs fainéants mais surtout de la pollution.

Lorsque je reviens Justine nous fait part de sa découverte: des douches accessible sans payement ! C’est aussi une très grande nouvelle !

Les filles décident d’aller se lever et je commence à monter la tente lorsqu’un vieux couple m’interpelle et me dit que c’est interdit de monter sa tente ici. Seulement les véhicules avec des toilettes le peuvent !

Mais nous avons décidé de camper là alors dès que le couple décide à partir, je remonte la tente.

Les filles revenues, nous préparons notre popote et retentons l’expérience de dormir à 3 dans une tente qui est plus conçue pour 2 personnes que pour 3.

17/02 : « Appeal the fine ! »

Nous dormons mieux, du moins jusqu’à ce que nous nous fassions réveiller de bon matin par une ranger. Une ranger qui nous parle trop vite trop tôt pour que nous ayons le temps de réaliser que nous devons payer une amende. Nous la rattrapons et elle nous explique que nous pouvons faire appel pour ne pas avoir à payer.

Nous remballons rapidement nos affaires et nous dirigeons vers Whangamata qui est la ville la plus proche.

Nous y rencontrons une canadienne, partie anglaise, qui parle très bien français et qui est désolée pour nous. Elle va faire le nécessaire pour que nous n’ayons pas l’amende à payer mais nous informe que malheureusement cela ne dépend pas d’elle. Nous remplissons le formulaire et n’avons plus qu’à croiser les doigts pendant 2 semaines avant d’avoir la réponse fatidique.

Nous croisons un New World et en profitons pour faire le plein de nourriture avant de se remettre en route, direction les grottes de Waitomo. Sur le chemin nous nous arrêtons à Hamilton boire un café, recharger les batteries et se reconnecter au monde. Les villes néo zélandaise ressemblent beaucoup à ce que j’imagine des villes américaines. Des gros blocs, des grands rues, des pâtés de maisons et quelques magasins. Les villes que nous avons traversées pour le moment n’ont aucune âme, aucune rue n’est vieille depuis plus de 200 ans, et toute les maisons se ressemblent.

Arrivée à Waitomo, nous nous renseignons sur les caves à visiter. Chloé décide de visiter la plus célèbre : Glowworm et Justine et moi optons pour le forfait 3 grottes. Nous visitons ensemble Glowworm (le vers luisant) le soir même et nous y découvrons d’impressionnantes stalactites et stalagmites avant d’atteindre une vaste caverne baptisée la Cathédrale. La promenade en bateau sur la rivière souterraine à la fin circuit est clairement le moment fort. Nos yeux accoutumés à l’obscurité, on découvre une myriade de vers luisants formant ce qui ressemble à une voie lactée. C’est dans le silence le plus total que nous sommes toutes les 3 béates devant ce spectacle si particulier et si beau.

C’est avec beaucoup d’émotions que nous sortons de la grotte et partons chercher un camping. Cette fois nous souhaitons dormir dans un endroit sans ranger mais les camping alentours sont tous payants. Nous décidons de payer 2 places pour 3, la réceptionniste étant un peu perché, notre supercherie réussit à merveille !

Une bonne douche chaude et après avoir fait quelques courses de ravitaillement, nous cuisinons un excellent dîner et partons nous coucher. Difficile de dormir à 3 dans une tente qui est constamment imbibée d’humidité et qui nous trempe comme si nous avions pris des douches, Chloé craque et repart dans la voiture au milieu de la nuit. Quand à moi sous les coups de 2h du matin, je me lève vider ma vessie dans la nature et en regardant le ciel à la recherche de la lune j’aperçois une étoile filante !

18/02 : Sous terre, Sur terre, Au dessus de la terre !

Ce matin Justine et moi partons visiter les grottes de Ruakuri et Aranui.

Notre jeune guide se présente sur le parking et nous emmène à l’entrée de la grotte. Il donne quelques explications dont nous avons du mal à saisir le sens complet et appuie sur un bouton qui permet l’ouverture d’une porte caché dans la grotte. J’adore !

On rentre dans la grotte et je ne vois plus rien, j’appelle Justine qui est déjà loin et qui ne doit pas m’entendre, fait du rentre dedans au guide et lorsqu’il allume la lumière découvre que je ne suis pas du tout au bon endroit.

Une fois ma place trouvée et le guide ayant fait son speach sur le vertige, il allume les lumières et on découvre un impressionnant escalier en colimaçon de 15 mètres de haut. Le circuit parcourt presque de 2 km des 7,5 km de la grotte et comprend de vastes cavernes parsemées de vers luisants, des cours d’eau, des cascades et des structures calcaires complexe.

Ce qui est super c’est que nous sommes le premier groupe à pénétrer dans la grotte ce matin et que notre groupe est petit. On a donc tout le temps d’admirer ces stalactites et stalagmites créées à bases d’eau.

C’est absolument impressionnant de découvrir toutes ces galeries sous terre. Il paraît qu’on est à 65 mètres sous terre ! Après près d’1heure et demi de balade, nous sortons de ce site époustouflant.

Nous prenons la voiture et allons découvrir la dernière grotte de notre sélection, la grotte d’Aranui. Celle-ci est moins impressionnante mais notre guide, descendante des maoris nous donne des informations bien plus instructives que notre jeune guide précédent. C’est avec elle et un petit groupe que nous rentrons dans un environnement sec, avec très peu de vers luisants, mais qui se distingue par d’incroyables formations de calcaires dont un plafond hérissé de milliers de fines stalactites. Malheureusement il y a quelques dizaines d’années il n’y avait pas de protection pour les touristes et ceux-ci s’amusaient à les détruire. Il y’en a beaucoup qui sont coupé et pour qu’elles se recréent parfaitement il faudra encore attente des dizaines voire des centaine d’années.

A la sortie de la grotte nous partons faire une petite balade à travers la forêt et y découvrons des tunnels naturels et des grottes immenses.

Nous retrouvons Chloé restée à l’auberge, déjeunons et prenons la route du Parc National.

Après plusieurs détours, qui il faut le dire, deviennent habituels nous arrivons dans les décors du Seigneurs des Anneaux. Un grand désert avec des volcans qui jaillissent de nul part, les nuages au dessus donnant l’impression qu’ils sont en éruption.

Tongariro fut le premier parc national de Nouvelle Zélande crée en 1887. Ses 3 hauts volcans Ruapehu, Ngauruhoe et Tongariro s’élèvent d’un vaste plateau alpin couvert de broussailles. Ils sont tous en activité. (En hiver le parc national devient un domaine skiable très fréquenté).

Arrivées sur place, in extremis à la fermeture du centre d’information, nous décidons que demain nous ferons la célèbre balade d’une journée au sommet du ont Ruapehu.

Ce soir nous dormons dans un DOC camping, ce sont les campings qui ne sont pas surveillés et où l’on doit payer 6$ par personne. Somme que l’on glisse dans une petite boîte verte. On décide de payer mais on décide de payer pour une seule personne soit 6$ pour 3. Encore une superbe supercherie !

Le problème de la balade qu’on a décidé de faire c’est qu’elle commence à un point a et finit à un point b. Certes il y a des navettes à 30$ par personne.

Alors le soir on mène notre enquête et on demande aux gens s’ils peuvent nous monter jusqu’en haut. Malheureusement la plupart des personnes n’ont que deux places dans leur voiture ou ne font pas cette marche demain.

On finit par trouver des allemands qui acceptent de nous déposer à ce qui est considéré comme la fin du chemin pour qu’on commence la balade dans l’autre sens. Il déposera a et b au point de départ, mettra la voiture au point d’arriver et prendra la navette pour rejoindre ses amis. Pour payer moins cher nous acceptons, et lorsque nous leur donnons notre réponse, celui qui devra prendre la navette nous demande de la partager. C’est de bonne guerre certes, mais nous, nous devons commencer le chemin par « la fin ».

Nous dînons et nous préparons à dormir quelques heures, demain départ 5h.

19/02 : Gollum, sors de ta cachette !!

Chloé n’a pas retenté l’expérience de la tente et a directement opté pour la voiture. Moi j’ai eu super froid. La tente était trempée d’humidité, mes cheveux trempés aussi, comme si j’avais fait un shampoing.

A 5h, Chloé vient nous réveiller et c’est dans un froid glacial que nous nous préparons. Des couches de pull et les chaussures de rando chaussés, nous sommes parés et même en avance ! Les allemands arrivent quelques minutes après, je suis fière de les avoir devancé !

Le programme se déroule bien mais les allemands ne perdent pas jamais le nord très longtemps. Après avoir déposé a et b, il ne manque pas de nous demander son dû pour la navette.

Nous prenons le petit déjeuner en regardant le levé du soleil sur le parking et nous mettons en marche. Quelques personnes commencent aussi par cet itinéraire et ça nous rassure. Le mont Tongariro (1968 mètres) n’avait pas montré de signe d’activité depuis 1926 jusqu’à une petite éruption en août 2012. Sur le chemin nous croisons des lacs colorés aux incroyables nuances de vert et de bleu. On commence notre trajet dans une superbe forêt, passons au travers de plusieurs cratères et finissons dans les coulées de lave et la plaine désertique, sous un soleil écrasant. Les paysages ressemblent vraiment au film du Seigneur des anneaux ! on s’attendrait à ce que Gollum sorte d’entre la lave et nous saute dessus.

Après 8h de marche et très peu de sommeil la nuit dernière, nous partons à la recherche d’une auberge pas trop chère et découvrons Erua Backpackers. Une grande auberge aux lits moyennant douillets mais avec un jaccuzzi et des douches bien chaude. Une très grande cuisine et une magnifique vue sur les montagnes.

Nous prenons des lits en dortoir, à seulement 25$ la nuit et Justine et moi courons au Jaccuzzi. Mais pour être bien au Jaccuzzi il faudrait avoir de la bière et des chips. Alors on prend la voiture et on fonce acheter ces produits. La bière est une denrée rare ici, au milieu du rien mais nous finissons par en trouver – quand on veut, on peut !

Une fois rentrée et installées dans le Jaccuzzi, nous nous laissé bercer par les bulles bien qu’à la fin la couleur de l’eau me dégoute un peu. Elle ne doit pas être changée très souvent ! Nous prenons notre douche après et préparons à dîner.

Le soir je meurs d’envie de regarder le Seigneur des anneaux et finis par le trouver en anglais. J’ai un peu peur de le regarder toute seule et les filles dorment déjà. J’attendrais demain !

20/02 : Pas de passeport ? Pas d’alcool !

Ce matin les filles sont parties ce balader et je suis restée dans mon lit le plus longtemps possible.

J’ai pris une longue douche bien chaude, une bon petit déjeuner et j’ai glandouillé.

Quand elles sont revenues, Justine et moi avons planté la tente et je suis partie au supermarché avec Chloé faire des provisions et acheter une bouteille pour fêter notre semaine et surtout se préparer pour notre séparation. Chloé continue sa route du côté d’Hasting à l’est de l’île du sud et Justine et moi allons longer la côte est pour rejoindre Paraparaumu, où notre commence wwoofing commence dans 2 jours.

Arrivées au New World, nous faisons les courses et arrivées à la caisse, on me demande ma carte d’identité pour pouvoir acheter la bouteille de vin.

Mais je ne l’ai pas ! Je leur montre tous mes papiers qui peuvent prouver que j’ai plus de 18 ans mais c’est un non catégorique. J’essaye même de lui dire que Starkiwi est en face et que je peux conduire devant elle si elle veut mais rien à faire, ces néo-zélandais respectent les lois à la lettre et je repars bredouille. Chloé retourne dans le magasin et tente d’acheter la bouteille avec sa carte d’identité, ce qui est aussi un échec. Il faut un document d’identité de nouvelle Zélande ou notre passeport. Aucun autre document n’est accepté. C’est énervées et bredouilles que nous rentrons.

21/02 : Une séparation  

Après avoir demandé à toute l’auberge si quelqu’un allait en direction d’Hasting, Chloé a finit par trouver des italiens qui peuvent la déposer en route. Elle part chercher du travail et c’est donc avec un peu de tristesse que nos chemins se séparent. Mais se recroiserons je l’espère plus au sud !

Justine et moi plions bagages et roulons tranquillement vers Whanganui qui ressemble à une ville déserte du Far West. Les gens ressemblent à des morts vivants, ont un style vestimentaire qui date peut-être de l’époque anté-nos grands parents, ils n’ont pas l’air heureux de vivre et ne sont pas d’une amabilité notable. C’est cependant ici que nous trouvons notre adaptateur cassette ! Enfin nous allons pouvoir écouter de la musique ! Et nous achetons une Tongue désodorisante pour Starkiwi, un superbe sac qui fera office de glacière et quelques conneries.

On s’arrête se connecter au monde à Burger King, où la population ressemble de plus en plus à celle d’un mauvais film d’horreur.

Nous nous arrêtons plusieurs fois sur le chemin et la nuit tombante décidons de suivre les indications de l’appli des campings gratuits. On découvre un immense emplacement au fin fond d’une route ! On plante la tente et essayons de cuisiner une soupe au potiron ! La grande question de ce soir c’est : quelle est la différence entre potiron, potimarron et citrouille ! C’est sûr que des questions d’ordre primordial, on s’en est posé beaucoup.

Demain nous rejoindrons nos hôtes !

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Du 09/02 au 14/02: Une semaine bien agitée !

09/02 : Un long voyage

Nous voici à l’aéroport, prêtes à quitter l’Asie et à découvrir le pays des Kiwi. Quitter le poulet et le riz pour manger de la viande et des légumes, quitter les rues sales et pauvres pour un pays moderne, quitter les asiatiques pour les occidentaux. Adieu les cigarettes pas chères, bonjour la vie de riche.

Je stresse pour ce vol depuis que j’ai acheté mon billet d’avion. 10 heures au dessus de la mer, j’ai peur. Je gobe un Stillnox qui me calme et me rend stone avant de monter dans l’avion. J’ai juste le temps de dîner et je m’endors. Je me réveille assoiffée en plein milieu de la nuit mais les hôtesses dorment. Impossible de trouver de l’eau alors je reste sur mon petit siège, en position Tetris, à attendre que le temps passe pendant que mon stress refait surface petit à petit.

Nous arrivons à Sydney après un petit déjeuner bien copieux. J’ai demandé de l’eau qu’on ne m’a jamais apporté ce qui fait qu’en descendant de l’avion j’ai l’impression d’être un chien dont les babines pendouillent et se dessèchent tellement j’ai soif.

Je me sépare de Justine qui va se balader à Sydney pendant que je vais prendre ma correspondance direction Auckland.

10/02 : Du vomi dans 3m2 au luxe dans 300m2

J’ai la pire place de l’avion : je suis tout derrière, côté couloir juste avant les toilettes. Et mon siège ne s’incline pas.

Je suis la dernière personne de l’avion à avoir son repas. Tout le monde a eu le temps de digérer et en déjeunant j’ai le plaisir de respirer le caca de chaque passager. Et puis mon vieux voisin se met à vomir et sa bonne femme tient les paquets de vomi, un dans chaque main pendant peut être 15 minutes avant de se décider à partir les offrir à l’hôtesse de l’air. L’hôtesse qui va mettre des gants avant de les prendre. Comme il y a la queue aux toilettes, je ne peux pas vraiment me lever pour laisser le passage à la vieille dame et j’ai les sacs remplis de vomi au dessus de moi.

Après ces longues heures de voyage j’arrive enfin à Auckland. J’ai acheté deux cartouches de cigarettes, oui je me suis préparée à l’inflation monétaire que je trouverais en Nouvelle Zélande.

Je fais la queue pendant près d’une heure pour faire contrôler mon passeport et je me dirige dans la zone « rien a déclarer ». Seulement 50 cigarettes sont autorisées et j’en ai 400. Des panneaux et des très grandes affiches « Last chance to declare before an amend of 400$NZ » sont partout dans l’aéroport. Je serre les fesses et donne mon ticket où je ne déclare rien au guichetier. Il commence à m’énumérer chaque point et on arrive au point des chaussures de randonnée. Oui j’ai des chaussures de randonnée, il me demande de les voir et les examine. Je ne sais pas ce qu’il cherche … Il doit être content d’avoir trouvé à redire sur ma déclaration et s’arrête là. Je passe après mon sac aux rayons X. Et là je tremble un peu. J’avais déposé mon gros sac avant, et mes chaussures de rando, justement, sont restées bloquées sur la plateforme. La dame qui regarde ce qu’il y a dans les sacs a donc du se lever pour les libérer et mon sac avec les paquets est passé au même moment. Je ne sais pas si j’ai eu de la chance ou si dans tous les cas elle ne cherchait pas de cigarettes.

Je vois le panneau « sortie » et suis toute excitée ! J’accélère le pas et à ce moment là une femme donne à bouffer à son chien et je change d’itinéraire car juste en face il y a écrit : « Tabacco, leave it here and pay ». Une dernière petite frayeur et je réussis à sortir de l’aéroport avec mon super butin.

J’achète une carte SIM néo-zélandaise où l’on me fait clairement comprendre qu’on ne m’aidera pas à l’insérer dans mon téléphone ni à l’activer.

Je déballe toutes mes affaires pour trouver une épingle à cheveux et enfin arriver à ouvrir l’encoche de l’Iphone. Et ma force n’ayant pas de limite, ma carte SIM française vole dans le magasin, impossible de la retrouver, personne ne m’aide (alors qu’il n’y a pas d’autre client) et mon téléphone ne reconnaît pas la nouvelle carte SIM. C’est donc dépitée que je me dirige vers la station de bus où j’achète mon ticket pour rejoindre le centre ville.

Une petite heure plus tard je suis devant le 238 Karangahappe Road (ou K Road pour les intimes). Impossible de me connecter au Wifi, j’arrête quelqu’un dans la rue et demande son téléphone pour appeler Jarred. Je découvre un type un peu stone, plutôt pas mal, grand et mince aux cheveux bruns assez longs, 37 ans. Mais surtout je découvre une galerie d’art qui lui sert d’appartement : 300m2 dans l’ultra centre d’Auckland. Il me montre ma chambre, ma salle de bain et mon dressing et puis me montre le reste de l’appartement ce qui nous prend environ 20 minutes. Bo concept, Habitat et Rochebobois n’avaient qu’à bien se tenir, ici c’est le grand luxe.

On discute un bon moment et je pars me doucher. Un jet puissant et une pomme de douche tellement grande, parfaitement chaude et chaude longtemps ! La meilleure douche de ma vie peut être, où peut être pas, mais je reviens d’Asie.

Je fais en sorte de me dépêcher ce qui me prends peut être 30 à 40 minutes parce que la salle de bain est trop bien. Demain je prendrais peut être un bain, oui j’ai même une baignoire !

En rejoignant Jarred à la cuisine je m’aperçois qu’il a commencer à cuisiner. Je pars acheter une bouteille de vin. Bouteille que je paye 20$NZ, c’est le premier prix d’une bouteille française. Lorsque je reviens à l’appartement, la table est mise et le repas est prêt. De la viande, de la bonne viande enfin ! et des légumes ; Jarred est au top !

11/02 : T’es bien rouge toi

Driiiing, ça fait à peine deux heures que je dors dans mon grand lit bien propre que mon réveille sonne. Il est temps d’aller chercher Justine. Je m’habille rapidement et à 2h30 pétante je suis dehors et par miracle Justine aussi. Jarred commençait à me faire flipper en me disant que la rue n’était pas très sécurisée. Il avait tenté de me rassurer en me disant qu’il n’y avait personne avec des flingues, ce qui ne m’avait rassuré qu’à moitié.

Justine découvre l’appart et ses yeux s’agrandissent jusqu’à pratiquement sortir de leurs orbites.

Serait-on chez un psychopathe me dit-elle, avec une petite voix qui éveille le doute en moi. S’il avait voulu agir je crois qu’il l’aurait sûrement fait avant.

On se lève vers midi et après les présentations, nou partons tous les 3 en direction de la plage. Après 30 minutes de marche dans les rues bordées de magasins de luxe et 5 minutes de ferry nous voici allongés sous un soleil brûlant à Devon Port. La mer est fraîche et très salée, je suis toute blanche après séchage ! Mais sous le sel, je suis toute rouge. Rougissime même. Moi qui croyais que je ne prendrais plus de couleur après les deux mois en Asie où la couleur de ma peau était restée identique et ce malgré soleil et température extrême.

On se balade au dessus d’un volcan d’où nous avons une vue fantastique sur Auckland.

Avant de rentrer à l’appart nous passons faire des courses, ce soir, c’est nous qui cuisinons. On reste dans fidèle à nous même depuis le début de notre aventure : cake salé, salade de choux rouge aux noix et au bleu, crumble poire pomme banane chocolat.

Les prix nous changent vraiment de l’Asie. Jarred prend le vin ce soir et comme il est dernière nous au supermarché mais avec nous et qu’apparemment je fais moins de 25 ans et que je n’ai pas mon passeport avec moi on lui interdit la vente du vin.

12/02 : Starkiwi 

En route pour étudier le marché des voitures et des vans ! Nous nous rendons dans la banlieue d’Auckland ou j’avais repéré une voiture bien entretenue et peu chère. J’essaye d’appeler le numéro sur l’annonce mais pas de réponse, nous y allons quand même. Après 1 heure de trajet nous arrivons sur place et le garage est fermé. De nouveau j’essaye d’appeler le numéro affiché sur les portes, sans succès. 3 allemands dans la même situation que nous arrivent. Nous attendons tous les 5 pendant une heure, ils finissent par craquer et s’en vont et nous nous continuons d’attendre.

Si nous voulons avoir la dernière navette gratuite pour rentrer il faut partir vers 16h15. Il est 15h30 et nous sommes arrivées vers 13h45.

C’est alors que par miracle, à 15h50, mon téléphone sonne et j’ai au téléphone un chinois tout excité qui me dit qu’il arrive.

Quelques minutes plus tard et le voilà parmi nous. Il n’y a qu’un van dans le garage et il y a plein de voiture.

Nous partons faire un test avec celle que j’ai repéré et nous mettons d’accord pour prendre une voiture. Un van c’est bien trop gros et on se dit que le camping c’est sympa.

La voiture a 140.000 km et le prix est de 1880 dollars néo zélandais ce qui équivaut à peu près à 1300 euros. Je pense que nous faisons une super affaire et aussitôt dit aussi tôt fait, je retire l’argent, nous effectuons le changement de propriétaire et la voiture est à nous !

Au moment de rentrer en ville, le chinois qui nous a hurlé dans les oreilles toute l’après-midi s’aperçoit que la portière ne ferme pas. Il balance le chiffon à Justine en lui disant d’un ton de chinois : « clean it ».

Les grands yeux de Justine s’arrête et ce moment devient magique. Mais le regard du chinois a du être assez fort, car à peine 5 secondes après elle s’est mise à astiquer la voiture. J’essaierai de refaire ce regard !

Il essaye de réparer notre portière rapidement mais ça ne ferme toujours pas. Il nous dit qu’il va appeler son mécanicien et nous décidons alors de laisser la voiture au garage et de venir la chercher le lendemain.

Sur le chemin du retour nous décidons de nommer notre Honda Domani et de lui trouver un nom digne de notre périple. Les idées fusent mais c’est assez rapidement que nous nous mettons d’accord pour Starkiwi. Star car nous comptons sur notre bonne étoile pour nous priver de tout accident ou dommage sur autrui et kiwi car nous sommes dans le pays des kiwi (très fin n’est-ce pas ?).

Les Néo-Zélandais se prénomment ainsi, non pas à cause du fruit qui est le « Kiwi Fruit » mais à cause de l’oiseau qui ne se trouve qu’en Nouvelle Zélande. Il est d’ailleurs pratiquement disparu, mais il a l’air très mignon. Comme notre voiture !

Sur le chemin du retour, Justine rencontre Chloé dans la rue. Elles se sont rencontrées à l’aéroport. Au milieu du passage piéton nous décidons rapidement de partir ensemble visiter l’ile du nord et nos chemins se séparent.

Nous rentrons chez Jarred et dînons en racontant nos aventures de la journée. C’est notre dernière soirée ensemble.

Nous avons déniché un couchsurfer dans l’ouest d’Auckland et partons déposer nos sacs chez lui demain matin avant qu’il ne parte travailler.

Le bus est à 7h du matin.

13/02 : Un psychopate

Jarred s’est levé pour nous saluer et à 6h45 nous sommes dehors en direction de chez Martyn Taylor.

Le trajet se déroule bien mais le temps presse et à 7h45 nous nous rendons compte que nous ne serons pas chez Martyn à temps.

Je l’appelle pour en discuter et très gentiment il me dit qu’il va cacher les clés et qu’il m’envoie un message pour me dire où et comment se rendre chez lui. Jamais nous aurions laissé nos clés à un inconnu mais les néo-zélandais doivent être particulièrement gentils et confiants.

Nous arrivons chez lui et découvrons une petite maison un peu particulière, assez vieille et avec des couleurs passées.

Nous avons dans notre chambre des grands masques d’animaux, des portières de voitures et du matériel informatique déchiqueté. Il y a environ 6 télés dans la maisons et beaucoup de matériel de guerre. Nous allons prendre un thé et dans la cuisine il y a des doigts en plastique qui font office de porte manteau et des haches au mur. Il y a aussi une trappe dans le plafond avec une chaise à bascule juste en dessous. L’atmosphère est particulièrement bizarre. Justine commence à psychoter et me demande si nous ne ferions pas mieux de partir. C’est vrai que l’ambiance est spéciale. Et Martyn Taylor ça sonne un peu Marc Dutroux. C’est alors que nous nous rappelons que sur son profil c’est écrit qu’il n’accueille que des filles et pour rassurer Justine qui commence sérieusement à paniquer, je pars fouiller dans les armoires.

Et dans la première armoire que j’ouvre je découvre … un fusil ! Et puis un deuxième, un troisième et un quatrième. Là, je commence à avoir un peu peur.

Nous décidons tout de même de laisser sa chance à Martyn et ce, après avoir établit un plan diabolique au cas où …

Nous partons chercher la voiture et installées dans Starkiwi nous partons souscrire une assurance. Mais sur le chemin je m’aperçois que l’indicateur de vitesse ne fonctionne pas. Je ne sais pas à combien je roule ! Alors je rappelle le chinois qui n’est qu’à moitié content, j’essaye de la jouer sympa et puis je m’énerve. Mon sang froid ne se compte jamais en minute. Je joue sur le fait que nous avons 24h pour déclarer toute chose qui n’irait pas et il me dit que c’est toute chose en rapport avec le moteur. Alors je hausse encore plus le ton et lui dit que c’est important et qu’il faut qu’il répare ça au plus vite. Et il me dit que je vais devoir payer.

Nous repartons donc en direction du garage et le mécanicien, un chinois pustuleux, est déjà sur place.

Il répare la voiture rapidement et nous demande d’aller faire un tour voir si ça fonctionne.

Effectivement ça fonctionne mais nous ne lui dirons pas car nous ne voulons pas payer et nous repartons vite en direction de l’assurance. Nous prenons l’une des assurances les plus complètes et donc l’une des plus chères et partons à la recherche de matériel de camping.

Quelques coups de klaxons plus tard et après avoir tourné et tourné pour trouver le meilleur rapport qualité/prix, nous nous décidons pour une tente 3 places, 4 chaises, un réchaud, des casseroles et des poêles ainsi que de la vaisselle.

Toutes équipées et bien contente de nos achats nous nous dirigeons vers la maison de Martyn.

A l’entrée plusieurs voix d’hommes se font entendre, nous toquons plusieurs fois et Martyn arrive. Martyn est assez grand, à des yeux bien bleus et des cheveux bruns et une voix irrégulière qui ressemble à celle d’un mouton. Il nous présente Georges son demi-frère et James, un de leur ami.

Martyn est très sympathique et nos doutes s’évaporent en un rien de temps. Nous rigolons un bon moment et Martyn tente de nous expliquer l’histoire d’Auckland à travers des comptes un peu morbides et nous apprenons que sa culture s’est faite lorsqu’il travaillait au Musée d’Auckland. Mais s’il y a travailler c’est parce qu’il conduisait en état d’ivresse et c’était sa punition ! Son devoir envers l’état si on veut.

Au cours de la soirée nous découvrons comment et pourquoi il possède tous ces objets et lui nous dit que toute la journée il a pensé qu’on allait le cambrioler. C’est sûr que récupérer un ou deux fusils auraient pu être utiles pour nous nourrir lors de notre voyage au pays des Kiwi.

Vers 22h, Martyn nous propose de dîner et nous découvrons un magnifique repas sur la table : un rôti de boeuf avec des patates sautées mélangées à une variété de patates douces. Le tout accompagné d’une délicieuse sauce au poivre. Il y a aussi une espèce de quiche aux patates et aux légumes pour Justine.

On se régale, on boit du vin et de la bière, on finit même par un shot d’une très bon whiskey.

James est rentré et nous sommes tous les 4 en ville. Je suis super motivée pour danser jusqu’au bout de la nuit lorsque j’apprends que même au pays des Kiwi il y’a un couvre feu à 3h ! Donc à 3heures et avec ma déception la plus totale, nous rentrons et nous souhaitons bonne nuit et bonne St Valentin.

14/02: Bonne Saint Valentin

On se réveille tant bien que mal, allons prendre le thé et nous doucher, nous recoucher et nous relevons pour partir faire quelques courses. Ce soir nous re-cuisinons et nous mettons difficilement d’accord sur le menu. Il ne faut pas changer les habitudes et nous nous décidons pour un crumble à la ratatouille, des côtes de porc et des crêpes au nutella et sucre/citron en dessert.

Et c’est en cuisinant que Martyn nous apprend qu’il n’aime ni les courgettes ni les aubergines et que son frère est parti. Ce qui se traduit dans ma tête par «  je vous ai laissé dépenser une fortune avec des produits que je n’aime pas et je vous ai laissé en acheté pour un fantôme ».

Au cours du dîner Martyn nous apprend qu’à force de conduire en état d’ivresse il a du porter un bracelet électronique pendant un an qui ne l’autorisait pas à sortir de chez lui avant 7h et après 19h. Aucune exception n’était permise. Quel homme et quelles belles paroles pour une fin de week-end !

Demain, Starkiwi et ses amies partent à l’aventure !

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Mes 40 jours : Thaïlande / Fin

25/01 : Chiang Mai, enfin ! 

J’avais tellement peur de ne pas avoir le bus pour rejoindre Chang Mai que je me suis levée aux aurores et ai fait levée l’anglaise aussi du coup. A 6h15 nous étions à la station de bus qui ouvre à 6h30. Quelques occidentaux du bateau nous ont rejoint au fur et à mesure. Tout le monde a eu des places, mais je voulais être la première, juste au cas où je n’en ai pas et je doive rester un jour de plus dans ce trou.

Le bus est arrivé à 7h15 et nous avons débarqué à Chang Mai 7h après!

Quelle joie d’être enfin arrivée! Je décide d’aller au Mac Do pour semer mes compatriotes de route ce qui est un échec. Mais je reste plus longtemps et prend le premier hôtel que je trouve.

L’après-midi je me pose à la terrasse d’un café pour regarder le tennis et à peine assise un australien commence à me parler. Pas moyen d’être tranquille rrr. Il s’avère cependant qu’il est très sympathique et nous discutons un bon moment jusqu’à ce que je décide d’aller me faire masser. Au moment de payer je m’aperçois que je n’ai pas mon porte monnaie, aie ! Josh, mon nouvel ami australien, m’offre mon strawberry shake et propose que je lui offre un verre le soir en échange. Traquenard ? Je finis par accepter, je n’ai pas vraiment le choix de toute façon. Je passe à l’hôtel récupérer mon porte monnaie et par me faire masser, ce qui se rapproche plus de la torture humaine.

Cette petite femme, d’une bonne cinquantaine d’année me martyrise et me tord dans tous les sens. Elle me marche même dessus et me coupe la respiration pendant quelques secondes ce qui ne semble pas la déranger le moins du monde.

A mon retour à l’hôtel, je démêle mes cheveux, restés dans la même position sans être lavés pendant 4 jours. C’est un réel combat, surtout avec l’odeur qui s’en dégage.

Et après une bonne douche, je rejoins Josh et nous allons dîner dans un restaurant mexicain. Je prends du poisson thaï et wah, c’est super épicé  et du coup ça me gâche un peu le goût. Lui prend un Burrito qui ne ressemble pas à grand chose et se régale pendant que je crache du feu.

Après dîner nous allons au Zoeys, qui est l’endroit où sort de la jeunesse occidentale de Chang Maï. Nous rigolons bien et après quelques verres la fatigue me rattrape et je laisse Josh en compagnie de ses amis d’auberge pour retrouver Morphée.

26/01 : Une journée couleur saumon !

Après une bonne nuit, je me réveille tranquillement et pars explorer Chang Mai à pied. Je m’assois à la terrasse d’un café et me régale d’une salade au saumon fumé avec des tomates cerises, des betteraves, des radis, des avocats, plein de salade, du pain et du beurre. Un grand festin en somme !

Je passe la journée à errer dans la ville et le soir je dîne du … saumon ! mais grillé cette fois.

Josh me propose d’aller voir un spectacle de lady boy ce qui me tente assez mais ma journée a été intense en dépenses de saumon et je préfère aller me coucher.

27/01 : L’horreur aux longs cous

Aujourd’hui je me mets en route pour le village des femmes au long cou. J’ai toujours été intriguée par ce peuple et me demande si leur cou est vraiment beaucoup plus long à cause des colliers et à quoi ressemble leur vie. Le ‘Long Neck Village’ est situé à une trentaine de km du centre de Chiang Maï. Lorsque j’y pénètre, après avoir payé plus de 10 euros l’entrée, je me rends compte que je pénètre dans un zoo. J’ai la gorge nouée, le cœur qui se serre et les yeux qui s’humidifient. J’assiste à un terrible spectacle. Le village se parcourt très facilement en 10 minutes et toutes les femmes ont un stand le long de la « rue principale », de l’unique rue en fait. Des stands de vêtements, de souvenirs, d’instruments de musiques. Bref que des « attrapes touristes ». Les guides sont autour d’elles et en parlent comme on parle d’animaux. Elles se font photographier à longueur de journée en espérant vendre l’un de leur produit aux nombreux touristes.

La seule raison pour laquelle ces femmes continuent de porter les colliers n’est en rien la perpétuation d’une tradition mais bien le paradis des horreurs pour les touristes. Je ne comprends pas que ce ne soit pas interdit et que les gens continuent d’avoir cette curiosité malsaine envers ces pauvres femmes qui font de leur modes de vie le futur mode de vie de leurs filles simplement pour de l’argent. Il doit être bien né celui qui naît du sexe masculin et qui profite des revenus du village en laissant leurs femmes vivrent dans des conditions que je pense effroyables. Passer la journée à tisser, à jouer de la musique ou à dire ‘hello miss, want something ?’ pour trouver un prétexte à l’exposition d’un coup encerclé de colliers n’est pas une vie. J’y suis allée en me disant que j’allais découvrir une ethnie différente de la mienne et qui m’attirait depuis enfant et j’en suis ressortie triste et maussade.

En faisant quelques recherches sur internet je me suis rendue compte que cette tradition n’est effectivement perpétuée uniquement pour le tourisme et que ce peuple, originaire de Birmanie, vit plus ou moins illégalement sur le peuple thaïlandais.

Un jour j’espère pouvoir me rendre en Afrique et découvrir là le vrai peuple au long cou, qui perpétue réellement une tradition prônée de conviction et non prônée par l’argent. Peut-être que je serais déçue comme je l’étais en sortant de ce village mais je reste persuadée que l’argent n’est pas le maître mot dans le monde entier.

Ce soir direction Bangkok (BKK pour les intimes) par le bus de nuit. Je l’avais déjà remarqué en prenant le bus de la frontière à Chang Maï mais je tiens à préciser que les bus thaïlandais sont probablement les meilleurs en terme de services que tout ceux que j’ai pu prendre avant. Une hôtesse à bord, dans mon cas : un lady boy de 2m de haut avec des mains 2 fois plus grandes que les miennes, qui distribue de l’eau, un jus de pommes et des Oréos ! La compagnie de bus Thaï voudrait elle rivaliser avec la compagnie aérienne du Japon qui distribue des glaces Häagan-Dazs ?

Le trajet se déroule plutôt bien, le siège à côté de moi est vide et je réussis à chiper une autre couverture. Je suis confortablement installée mais le bus fait de nombreux stops où tout le monde doit sortir et j’arrive à Bangkok épuisée.

28/01 : La fin de mes 40 jours

 

Je suis arrivée à l’hôtel de bonne heure et par chance ma chambre était prête. J’ai patienté une bonne heure et je suis allée prendre mon petit déjeuner. J’ai mangé un nombre de toasts incalculables et avec plein de beurre. J’ai regardé un film (avec Pio encore), j’ai somnolé puis pris ma douche et je suis partie me balader.

Bangkok est une capitale de plus de 14 millions d’habitants. Je n’imaginais pas arriver dans une capitale avec autant d’immenses buildings et de trafic. J’imaginais une grande ville paisible, un peu comme HaNoi au Vietnam.

La pollution est-elle aussi au rendez-vous et c’est le long des routes bordées de voitures que je pars me balader. Il fait une chaleur à crever, les restaurants et les salons de massages, les galeries commerciales sont les principales attractions de cette rue. Je passe devant un petit restaurant qui ne m’inspire pas du tout et qui n’est pas du tout inspirant, cependant la foule qu’il y a de part et d’autre retient mon attention et la seule chose que j’aperçois c’est un cierge qui brûle devant le portrait du roi et de la reine de Thaïlande. Je passe mon chemin et continue ma balade, arrive dans un joli parc et rebrousse chemin en m’arrêtant déjeuner dans un joli restaurant typiquement thaï.

Sur le chemin du retour, je vois les marchands qui installent les étalages du marché de nuit. Il est à peine 20h que le paradis du faux commence à vivre le long des rues polluées thaïlandaises. Et puis j’entends une ambulance et je me demande vraiment comment elle va arriver à se faufiler dans le trafic. Et l’ambulance se rapproche de l’endroit où je suis pour s’arrêter à quelques pas. Et là, comme tout humain, on regarde et puis on souhaite ne jamais avoir regardé. Un homme est étendu par terre devant le restaurant ou le cierge brûlait plus tôt. Je n’aurais jamais la certitude qu’il est mort mais j’en suis persuadée. Un homme essayait de le ranimer et lorsque les pompiers sont arrivés j’ai senti qu’il n’y avait plus d’espoir.

 

Mon périple seule s’achève sur cette vision et les jours à venir me laisseront le temps de réfléchir à tout ce qui m’est arrivé et à tout ce que j’ai pu voir.

 

 

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Mes 40 jours : Laos / Part 2

12/01 : J’adore les capitales ! 

Nous arrivons à Ventiane à 8h du matin et partageons un tuc tuc à plusieurs occidentaux pour rejoindre le centre. Comme à notre habitude nous visitons chaque auberge avant de faire notre choix et de déposer nos bagages. Sur le chemin nous croisons une boulangerie nommée le Croissant D’Or et nous nous régalons de pains au chocolat et d’un énorme petit déjeuner que nous estimons bien mérité. Nous partons ensuite nous faire épiler, dans la même cabine, l’intimité est à son apogée. Après la disparition de nos poils nous allons nous faire masser. Un super massage laotien ! Je suis super décontractée et je suis ravie de retrouver un vrai lit juste après.

Je décide de rester à Ventiane pour faire mon visa pour la Thaïlande, il semblerait que par voie terrestre il ne soit valable que 15 jours et je ne veux pas perdre de temps sur place à rallonger le mien. Je préfère perdre de l’argent et du temps à Ventiane, après tout être dans une capitale me réjouit : de la bonne nourriture, des bars, des occidentaux. Mais le soir même, après un dîner aux chandelles dans un grand restaurant italien, je me rend compte que le couvre feu retentit à 22h30. Tout le monde au lit ! WTF, même à Ventiane il y a un couvre feu ?!

13/01 : Visa or not Visa ?

Il est impossible d’envisager une séparation après ces 16 jours passés ensemble. Chloé qui ira aussi en Thaïlande décide de faire le visa en même temps que moi et ce matin, de bonne heure, nous nous rendons à l’ambassade. Le tout se goupille assez bien et nous y passons qu’une grosse heure. Nous rentrons à pied et sur le chemin nous passons dans un marché où les laotiens sculptent l’or et l’argent, des monuments magnifiques (ambassades, musées nationaux, le palais royal, des boutiques de textiles et de décoration). De retour dans le centre nous décidons de faire une sieste et je m’assoupie jusqu’au soir. Nous partons dîner dans un super chouette restaurant français, Couleur D’Asie: salade de courgettes au citron et à la menthe, entrecôte de bœuf sauce au vin et frites maison, verre de vin rouge et … et assortiments de desserts : gâteau au chocolat, crêpe, mousse au chocolat, crumble au pomme. Bref c’est magnifique, je me régale.

Chloé apprécie tellement la nourriture et pour me prouver que c’est une vraie, une dure, elle lèche le plat !

Nous rentrons à l’hôtel et nous installons dans nos sacs de couchage, prêtes à regarder Louise Bourgoin et Pio Marmaï (le nouvel homme de ma vie) dans le film ‘un heureux événement’.

14/01 : Pio Pio Pio !

Grasse matinée, Chloé part déjeuner pendant que je regarde un nouveau film avec Pio Marmaï. Mais qu’il est beau !!!

A l’heure du déjeuner nous partons récupérer nos visas et revenons au restaurant français où je me régale d’un hachis parmentier et de salade. Nous écrivons nos journaux respectifs toute l’après-midi et partons nous coucher tôt.

15/01 : Vang Vieng et ses Lady Boy

Les 7h de bus jusqu’à Vang Vieng se déroulent assez bien. Nous visitons beaucoup de bungalows (oui, encore et toujours, nous voulons le meilleur pour nous) et nous en choisissons un tout équipé (comprenez serviettes et eau chaude) près de la rivière. Nous sommes super bien placé. Nous rencontrons Marcello, l’ami que Chloé s’est fait aux 4000 îles. Un Israëlien d’une soixantaine d’année qui nous poursuit, et que Chloé avait également croisé à Ventiane. Il ne s’appelle pas vraiment Marcello mais nous renommons tout, y compris les personnes ayant déjà un nom. Et nous apprendrons son prénom que dans la soirée : Eric. C’est vachement moins glamour non ?

Nous admirons le coucher de soleil sur l’un des nombreux pontons flottants sur la rivière, une bière à la main, maillot de bain enfilés. C’est proche du paradis jusqu’à ce qu’un mec fasse tomber sa bouteille d’eau dans l’eau, saute sur mon ponton et se jette dans l’eau pour la récupérer avant de m’éclabousser avec. J’aurais du lui mettre là où vous savez sa bouteille d’eau !

Nous dînons dans un restaurant rempli d’américains ou de gros australiens et partons pour la soirée open bar (entre 21h et 22h) au Sakura. Nous rencontrons à nouveau Marcello qui nous dévoile sa réelle identité et nous discutons avec des malaysiens. Vang Vieng est remplie de Coréens, Malaysiens, Australiens, Anglais et Américains, nous les quelques français et … des Lady Boy déchainées ! Ils/Elles sont déchainé(e)s et dansent comme des folles en se frottant contre les touristes à qui ça ne semble pas tout à fait déplaire.

Un des malaysiens s’éprend de moi, ils sont tellement dans une bulle Hello Kitty que quand il décide de me faire sienne, sa technique est de mettre son bras autour de mon épaule. Le pauvre, c’est mignon mais non. Je crois qu’il est vexé, pauvre homme.

Nous sommes assis autour du feu car les nuits sont très fraîches, une fille manque de tomber dedans et la communauté de touriste se rue sur elle pour relever cette jeune dépravée ayant abusé des cocktails gratuits.

Nous terminons la soirée dans une boîte de nuit en compagnie des Lady Boy et nous y faisons la connaissance de médecins, qui ont eu comme professeur ma cousine Mahaut. Je trouve ça assez fou comme coïncidence.

16/01 : Fuyez tant qu’il est encore tant !

Ce matin il faut éponger : nous partons déjeuner et nous rassasions d’un gros burger. Nous allons nous balader le long de la rivière et nous dirigeons vers les caves de Vang Vieng. Des français nous abordent pour nous suggérer un chemin gratuit. Nous sommes preneuses, évidemment. Eviter de payer 1 euro et marcher dans la boue en traversant une rivière et en ayant les pieds qui s’enfoncent dans la vase, évidemment ! Nous arrivons aux caves mais elles sont trop sombres pour que nous tentions d’y rentrer. D’autant plus en tong. Sur le chemin nous rencontrons deux français qui sortent des grottes et qui sont tout en sueur, l’un d’eux commence à nous parler sans vouloir nous lâcher. Il s’avère que nous résidons (malheureusement) au même endroit, il souhaite que nous venions prendre une bière et Chloé, dans sa gentillesse naïve, leur répond que oui, nous viendrons.

Nous continuons notre superbe balade le long de la rivière, nous arrêtons manger un pancake à la banane et au lait concentré dans la rue, qui, ma foi, n’est pas trop mauvais même si le nutella aurait sûrement été mieux ;). Après notre longue balade et une bonne douche, nous nous apprêtons à partir dîner mais sur mon chemin, je croise ce drôle de français rencontré plus tôt : Alex. Il n’arrête pas de parler de lui, de lui et de lui. Son pote et la copine de son pote ont les idées bien figées. Il n’est presque pas possible d’avoir de discussion sensée avec eux. Ça me saoule et j’attends un regard de la part de Chloé pour partir dîner. Sauf qu’ils prennent les devants et nous proposent de dîner avec eux. Le repas est inintéressant au possible. Ces gens qui pensent tout connaître et avoir tout vu ça m’exaspère. Je me tais et fais mon frigo. A la sortie du restaurant, Alex, qui ne veut toujours pas nous lâcher nous suit au bar et me dis que je suis un glaçon. Je lui dis qu’il n’a qu’à partir. Ce qu’il fait lorsque nous sortons du bar, alors que Chloé et moi nous dirigeons vers la Jungle Party. Nous arrivons à la jungle donc, entourées de Coréens qui danse tous ensemble en cercle, pendant que l’un d’entre eux se dandine au milieu de tous, sous leurs applaudissements et sifflements de folie. C’est tout rose chez eux, ils s’amusent avec rien. Certains même se font des chorégraphies avec des bruitages. Imaginez quelqu’un dire Ta Ta Ta plusieurs fois et son pote faire une danse à la matrix. Ouai c’est particulier mais nous sommes fan. Un canadien de 22 ans ne me lâche plus, j’essaye de le fuir gentiment quand j’aperçois le gros Alex. Il prétend qu’il ne pouvait pas dormir. En réalité, il voulait revoir son glaçon qui, pas de chance, l’a bien évité. Au bout d’un moment et quand la fuite n’est plus possible, je décide de rentrer, d’autant que le lendemain le bus part tôt.

17/01 : Relax, take it easy 

Nous y sommes maintenant habituées, ou devrions y être habitué nous avons la poisse des places. Après avoir dormi 3h, nous nous retrouvons avoir les places à l’arrière du minivan. Coincées entre les valises, sans appui tête, il fait tour à tour une chaleur à crever et un froid de canard. Et pour couronner le tout, la route est entièrement cabossée. Je saute toutes les 10 secondes de mon siège et ai une envie de vomir incessante. Le reste d’alcool et le manque de sommeil ne m’aide pas. Lorsqu’on arrive dans le brouillard, qu’on n’y voit pas à 1 mètre devant soi et que le conducteur continue de rouler à toute allure, je finis par prendre mon sort à la légère mais un rebond manque de m’étouffer et oui, j’ai envie de tout envoyer valser. Le supplice prend fin un peu plus de 4heures après.

Nous sommes à Luang Prabang et je suis plus énervée que jamais. Nous devons y retrouver notre ami Brioche qui ne connaît qu’à moitié le nom de sa Guesthouse ce qui ne me détend pas vraiment.

Après un bref stop dans un petit restaurant, nous nous rendons sur place, trouvons par chance une chambre grâce à notre GO BriBri et savourons nos retrouvailles.

Nous allons dîner dans un petit restaurant de la rue du marché et lorsque je m’apprête à m’endormir, épuisée de fatigue, les occupants de la Guesthouse décident de faire la fête jusqu’au petit matin, s’ensuit le chant des Coqs, qui, s’ils étaient à côté de moi se feraient étriper, jeter contre le mur, dépecer puis cuire et je les donnerais à manger aux fêtards de la veille.

18/01 : Un mouchoir ou une écharpe ?

Aujourd’hui nous allons à la piscine avec Brioche et un autrichien rencontré à l’auberge. La détente est à son comble, le calme et le soleil sont au rendez-vous. Le soir nous dînons à la cantine du marché : un buffet gigantesque pour 1,50 euros. Je goûte un légume dans l’assiette de Chloé et cherche un mouchoir pour m’essuyer et trouve finalement un bout de tissus, qui s’avère en fait être une écharpe des cuisinières … Au moins, mes doigts sont propres ! …

C’est assez bon et une fois le ventre plein et la nuit tant attendue je pars me coucher. Mais ce soir les résidents ont également décidé de ne pas me laisser dormir. JE vous épargne mes pensées macabres, quoique non, je tiens à vous dire qu’ils étaient tellement horrible que si j’avais pu retrouver une de ces grenades laissées par les Américains et la leur balancer je pense que je l’aurais fait.

19/01 : La Cascade de Kuang Si 

Situées à une trentaine de kilomètres de Luang Prabang, nous nous rendons aux « grandes » cascades via minivan. Le trajet dure une bonne demi-heure et les françaises avec qui nous partageons le trajet, nous font aussi partager leur vie. L’une d’entre elle raconte à sa voisine que sa mère l’a eu à 27 ans, que son père est informaticien chez Bouygues, que sa mère travaille pour le compte de quelqu’un d’extrêmement riche … Je peux vous donner d’autres détails croustillants, n’hésitez pas.

Les chutes sont magnifiques, le parc extrêmement agréable, l’eau turquoise est une invitation à la baignade autorisée à certains endroits. Mais l’eau est bien trop fraîche, même pour Chloé la grande folle !

Pour nous rendre au sommet, nous passons par un mini-zoo où des ours noirs à collerette sont gardés. Ils ont l’air heureux et ont beaucoup d’espace, qui plus est, dans un superbe environnement.

De retour à l’auberge, je pars m’assoupir et me réveille avec des démangeaisons au cou. Lorsque je rejoins Chloé et la tripoté de français, j’assiste au dépeçage d’un cochon d’inde qu’un Laotien fait grillé sur le feu avant de s’en régaler. Miam Miam.

Ce soir nous décidons d’aller à Utopia qui semble être l’endroit branché de Luang Prabang. Pas de chance pour nous, à minuit, Utopia est déjà fermé.

A notre retour au Spicy Guesthouse mes démangeaisons laissent place à des boutons qui se répandent partout sur mon corps. Je pars me coucher en espérant que demain tout sera passé.

20/01 : Je mute

La nuit fut infernale, je n’ai pas dormi pour la 5ème nuit et les plaques apparaissent partout. Ça me démange, je gratte sans arrêt. Je pars à la pharmacie qui, à la vue de ma jambe, me donne l’antihistaminique le plus fort.

Je décide de changer d’hôtel et de prendre quelque chose de plus calme. Après un bon petit déjeuner je pars me reposer, au calme. Les démangeaisons ne s’atténuent pas et les plaquent continuent d’apparaître sur tout mon corps. J’ai peur ! Ma copine Chloé m’a rapporté à manger du marché mais je ne peux avaler que quelques bouchées et je pars m’endormir. Essayer du moins car je me réveille une dizaine de fois pour me gratter, jusqu’au sang parfois. C’est impossible de m’arrêter.

21/01 : La fin de la mutation

Ce matin j’en ai partout sur le visage, je commence sérieusement à m’inquiéter et décide d’aller à l’hôpital.

Deux femmes travaillent dans le même bureau et m’examine devant tout le monde : hommes, femmes et enfants confondus. Heureusement que ce n’est que le dos qu’elles regardent car l’enfant d’une dizaine d’années à côté se fait relooker le zizi sous toutes les coutures et devant tout le monde.

A l’issue de cette brève consultation, elle me donne une crème anti démangeaisons que j’applique de suite. Je vide le tube et les démangeaisons commencent à disparaître petit à petit.

Je ne ressemble pas à grand chose avec mes taches sur la figure mais décide d’y faire abstraction et de me balader avec Chloé toute la journée.

Le soir venu, nous décidons avec Brioche et Marie, une nouvelle arrivée, de nous rendre à Utopia, avant minuit cette fois. L’endroit est magnifique. Très beau bar avec une terrasse splendide sur la rivière Nam Khou où l’on peut s’allonger sur des futons. L’endroit est très relax, un peu hippie, la déco est éclectique. Il y a même un terrain de beach volley et nous apprenons qu’il y a des cours de yoga y sont même dispensés le matin et en fin de journée.

Je ne fais pas long feu à Utopia, mon corps continuant d’appeler mes mains pour le gratter et je rentre dans ma chambre, prend ma douche et me tartine une nouvelle fois de crème à la cortisone avant de passer la première nuit correcte depuis une semaine.

22/01 : Je veux un éléphant

Ce matin ça va mieux, les plaques ont pratiquement disparues et nous décidons de partir prendre le petit déjeuner à Utopia. Petit déjeuner qui, malgré un cadre exceptionnel, laisse à désirer par la lenteur de service et le rapport qualité/prix. Pour la petite anecdote nous avions demandé des œufs pochés coulants et nous avons eu une omelette.

Après de longues tergiversations avec des chauffeurs de tuc tuc nous nous rendons dans un magnifique village d’éléphants, bordé de cascades et de forêt sauvage. Le village est situé à une trentaine de kilomètre de Luang Prabang et une fois arrivé, il faut prendre une barque pendant 10 minutes pour enfin voir les éléphants.

Le spectacle est magique, il sont beaux et semblent bien traités. Les Mahouts (le maître, le guide et le soigneur de l’éléphant) leur parlent et ne les frappent pas. La montée est un peu chère et nous décidons de les nourrir en compagnie de jeunes moines. Quelle brave bête l’éléphant. C’est tellement mignon lorsque sa marche avec ses 4 genoux et ses grosses pates. Tout semble paisible pour lui. Il est calme et relaxé. Il mange tout le temps et vit en communauté. Bref, je voudrais bien un éléphant mais faudrait que je vive dans la savane et même si je pourrais peut être un jour envisager d’aménager mon 20m2 en centre ville, je ne suis pas sûre que la compagnie aérienne accepte une bête qui pèse près de 5 Tonnes.

On part faire une petite randonnée dans la forêt qui est très sauvage et on découvre de magnifiques cascades, peut-être plus belle que celle de Kuang Si parce que moins touristique. Mais moins haute aussi.

Après cette journée riche en émotions nous voilà de retour dans le centre ville, prête à finir la journée en beauté par du yoga à Utopia.

C’est la première fois pour moi et je vous assure que ce n’est pas si facile. Surtout cette satanée position de salutation au soleil. Si on réussit à se convaincre que le ridicule ne tue pas, c’est vrai qu’en sortant de la séance on se sent vraiment mieux, plus relaxé et plus mou.

Nous buvons une bière pour nous féliciter de ce sport intense et partons à la recherche d’un endroit cosy pour notre dernier dîner. On se trouve un barbecue et on trouve ça parfait pour se réchauffer. On mange à une vitesse de folie et on s’étonne des minces portions servies.

Les cocktails de ce restaurant sont chimiques mais le vin est fruité et plutôt bon ! Oui, c’est notre dernier soir alors on se lâche un peu.

De retour à l’hôtel, je salue tout le monde avant de rejoindre ma chambre et propose à Chloé de me raccompagner. Avec un étonnant enthousiasme, elle saute sur l’occasion mais après réflexion décide de rester. J’imagine que les adieux vont être déchirants !

23/01 : Séparation

La nuit fut courte mais bonne, je rejoins Chloé à son auberge où j’ai laissé mes affaires, fais mon sac et descend à la réception où le tuc tuc doit venir me chercher dans 5 minutes. Le tuc tuc est à l’heure et il faut se dépêcher, pas le temps pour les au revoir, ce qui n’est surement pas plus mal car Chloé c’est une grande histoire dont on ne peut pas se séparer sans émotions.

Ma Fatal Biouty, toi et moi on a tellement partagé ! Trop d’émotions, d’histoires, de repas, de chansons. On a tout renommé, Sweet B, Marcello, Bobbie, Josy La Truie, Robert, ton 3ème œil et bien d’autres… Ces Good Morning et ces discussions sur la vie à n’en plus finir.

Tu étais à mon chevet quand l’urticaire me rongeait et je t’ai soutenu quand cet indélicat d’infirmier t’a enlevé Croûtie à la pince à épiler. On a rigolé pour tout et pour rien, surtout quand il s’agissait de ton poignet ou de tes anomalies corporelles. Quand je louf*** et que tu le savais, quand tu faisais pipi la porte ouverte et quand tu me disais : aujourd’hui je me repose alors que tu te reposais depuis 3 jours déjà. Peut être que ça te déclenchera une larmichette parce que tu es sensible, auquel cas lâche toi, pleure une waterfall et n’oublie pas que tu es wonferfull ! Et n’oublie pas aussi … qu’un jour on achètera un bateau vert et blanc J

Après ce bref aparté, je me trouve donc dans mon tuc tuc direction la station de bus. Mais je me retrouve au port ! Quel enfoiré ce tourist information de l’auberge ! De toute façon cette auberge : Spicy Laos c’était de la merde. Je n’ai, à tort peut être, jamais laissé de commentaire nulle part pour rien mais là je vais me lâcher. J’ai payé une fortune mon billet pour faire deux jours de bateaux. Je suis contente bien sûr mais le fait que l’information soit erronée me rend folle.

Je me retrouve donc au port, prête à embarquer.

Il est tôt et lorsque le bateau démarre, j’ai beau être en doudoune, écharpe et legging, j’ai froid. Et je vois tous ces couples qui se réchauffent dans les bras les uns des autres. Et moi j’ai à côté de moi, une anglaise au physique disgracieux et peu plaisant, à l’accent incompréhensible qui, une fois lancée ne s’arrête pas de parler.

Je croyais que nous allions prendre le bus, je n’ai donc rien prévu à manger et je me retrouve à jeûner pendant 9h. Arrivée à Paksang, cette anglaise : Claire, me propose de partager une chambre, ce que j’accepte avec plaisir. Une fois l’auberge trouvée je me rue sur le premier restaurant, mange un bout et m’endors très vite après.

24/01 : Il était un petit navire

Réveillées tôt, nous prenons un bon petit déjeuner, et cette fois je prévois un gros sandwich et des gâteaux pour cette longue journée de bateau.

Les paysages sont magnifiques bien que peu variés.

Nous arrivons à Huay Xai (la frontière) sans problème 9heures plus tard et prenons un tuc tuc avec les occidentaux du bateau. Une dame suisse d’une bonne cinquantaine d’année, qui voyage seule, me hurle dans les oreilles dans le tuc tuc. Même avec des boules Quiiès j’aurais eu l’impression qu’elle hurlait. Je n’ai qu’une hâte, passer la frontière et rejoindre Chang Maï.

Je passe la frontière et ça y’est je suis en Thaïlande! Mais il n’y a plus de bus pour rejoindre Chang Maï.

Nous sommes une dizaine d’occidentaux dans le même cas et logeons tous dans la même auberge, l’anglaise et moi partageons à nouveau la même chambre.

Nous partons dîner tous ensemble et je suis à mon summum en terme d’insociabilité. Entre les uns qui hurlent et les autres qui se bécotent, je ne me sens pas à ma place et lorsque l’anglaise prise de froid décide de rejoindre l’hôtel, je saute sur l’occasion pour l’accompagner.

Nous passons au supermarché faire quelques provisions. Nous sommes bien en Thaïlande, enfin un supermarché avec un rayon produit frais ! Enfin un super marché tout court de toute façon ! Nous rentrons dans notre 10m2 et partons dormir pour finalement prendre le bus qui nous amènera à Chang Maï demain matin.

Mes 40 jours : Laos / Part 1

Mes 40 jours : Laos / Part 1

05/01 : La journée de l’arnaque

Pour rejoindre les 4000 îles au Laos, nous avons acheté nos billets à Kratie pour une somme de 16$ par personne. Oui c’est cher mais pour y aller il faut d’abord prendre un minivan puis un bus et enfin un bateau.

Nous voyageons avec un couple de suisse d’une quarantaine d’année qui sont en vacances. Le minivan est plein à craquer, nous sommes au fond du bus les uns sur les autres. Pas de place pour les bagages à l’intérieur, ils sont disposé sur un châssis à l’extérieur et nous roulons sur de la terre battue qui fait voler la poussière sur le camion et en recouvre nos sacs.

Notre jeune chauffeur s’aperçoit que rouler comme un fou n’est peut-être pas la meilleure solution au moment où la roue crève. Il fait une chaleur tropicale et nous sommes au milieu de nulle part. Le paysage est digne d’un décor de fin du monde : arbres et herbes brûlés, terre battue, pas une cabane à l’horizon, nous sommes totalement seuls au milieu de ce désert aride, sous un soleil de plomb. Heureusement, les cambodgiens qui sont des hommes à tout faire s’en tirent assez bien et assez vite. 30 minutes plus tard, nous revoilà entassés les uns sur les autres.

Nous, les 4 occidentaux sommes arrêtés à un restaurant, nos sacs déposés sur la route, et le chauffeur nous agite sa main pour nous dire au revoir.

Le serveur du restaurant nous indique que le bus arrivera d’ici 2heures. Nous attendons et 2 heures après, un bus de vietnamiens débarque et le chauffeur nous fait signe que nous partons avec eux. Sleeping Bus cette fois, c’est mieux. Arrivés à la frontière, le tamponneur me demande 2$ pour avoir mon tampon ce que je refuse. Et je lui donne mon passeport en lui disant que je sais que je n’ai pas à payer et qu’il doit tamponner mon passeport. Il arrache mon papier de sortie à l’intérieur et le tamponne, je marche alors jusqu’à la frontière côté Laos où je remplie tous les papiers et paye les 30$ demandés. Le contrôleur m’informe que mon passeport n’est pas tamponné côté Cambodge et qu’il faut que j’y retourne. Je remarche les 10 minutes qui me sépare de ces deux pays et m’apprête à insulter le contrôleur de tous les noms s’il ne me tamponne pas mon passeport. Il rend celui de Chloé en premier et garde le mien un peu plus longtemps. Pour me faire peur surement. Mais je n’ai pas payé.

Nous repartons côté Laos et le garde ne veut pas nous redonner nos passeports si nous ne payons pas 2$. Même cinéma je lui dis que je ne dois pas payer et que je sais que je n’ai pas à payer. Mais cette histoire prend du temps et le bus de vietnamiens s’impatiente. Les Suisses ont payés les 2$ chacun mais je ne veux pas céder et le garde finit par nous proposer de payer 1$ chacune et je continue de le regarder droit dans les yeux en lui disant que je ne suis pas d’accord et que je ne payerai pas. C’est du racket, même pour 2 pauvres dollars, ça m’emmerde.

Je suis contente de voir qu’il finit par sourire et je sens que c’est lui qui va finir par craquer.

De retour dans le bus, soulagés et contentes de n’avoir pas payé, nous patientons 30 bonnes minutes puis sommes de nouveau lâchés au milieu de nulle part.

Un panneau indique le lac et nous nous mettons en marche, nos gros sacs sur le dos, dans une direction inconnue.

10 bonnes minutes plus tard, nous sommes ravis d’apercevoir le Mekong au loin. Nous donnons nos billets au gérant de la compagnie de bateau qui nous informe qu’ils ne sont pas valables ici et que si nous souhaitons nous rendre à Don Det il faut payer 12$ par personne. Les Suisses n’ont que très peu de jours au Laos et décide d’y aller coûte que coûte et nous les accompagnons dépitées par cette journée.

Arrivées à bon port, nous découvrons une population où le sourire et l’action ne fait pas parti des moeurs. Ils sont mous et méchants. On finit par trouver une chambre dans une auberge pour pas trop cher, propre et avec eau chaude. Le soir on part boire dîner dans un bar raggae mais cette ambiance m’exaspère un peu et je m’apprête à partir lorsque le couvre feu retentit. Il est 23h, bienvenu au Laos !

06/01 : Une toute petite île parmi 4000

Ce matin et après un bon petit déjeuner, je loue un vélo pendant que Chloé, estropiée s’apprête à passer une journée repos. La femme me crie que le tour de l’île prend 3 heures et je pars bien préparée à cette aventure. Une heure plus tard je suis de retour en ayant pris le plus de temps possible sur le chemin. L’île est toute petite et sur le chemin je croise des enfants rieurs, le sourire jusqu’ aux oreilles, des ado de 12 ans en scooter, des cochons et des cultures de riz toutes sèches. Le spectacle est splendide. A mon retour et avec une grande motivation, Chloé et moi papotons le reste de la journée à refaire le monde. A notre retour dans la chambre nous apercevons une énorme araignée. Horrifiées, nous appelons tout de suite la reception, qui sans grande motivation et sans empressement arrive dans la chambre avec un balai, chasse et tue l’araignée et repars sans un mot ni un regard.

07/01 : Le Journal

Je l’avais presque oublié. C’est difficile de prendre du temps pour tout écrire et en ce 7 janvier je remets le blog à jour de mes aventures récentes. C’est une journée peu active mais riche en rire et en émotions. On regarde ‘Un indien dans la ville’ et, pendant que je continue mon récit, Chloé part se balader. A son retour nous partons dîner dans un bar où des slovaques nous invitent à jouer au billard. Malheur pour eux, nous sommes pires que nulles. Nous ne rentrons pas une boule dans un trou. Ils ne sont pas excellents non plus et après de nombreuses tentatives pour finir la partie nous décidons de dîner et ainsi de mettre fin au supplice.

A côté des toilettes Chloé s’éprend d’un petit singe en cage. Ses petites mains et son regard ressemblent tellement à ceux d’un enfant. Au travers d’un petit trou, il nous tend la main et c’est une sensation spéciale de sentir un animal vous agripper avec autant de force.

Nous rentrons bien joyeuse de cette soirée, un peu triste d’avoir laisser le petit singe dans sa cage malgré un plan d’évasion échafaudé, prêt à exécution, si nous étions sûres qu’il ne serait pas plus malheureux dans la nature.

Arrivée à l’hôtel, le wifi de nouveau intégré à nos téléphones, nous apprenons le triste attentat du magazine Charlie Hebdo. Vive La France. Vive La Liberté.

08/01: Une révolte, une grande émotion

Levées à l’aurore pour admirer le levée du soleil, nous partons faire le tour de l’île à pied et rencontrons un des slovaques qui se joint à nous pour admirer ce paysage rougeoyant.

A notre retour et pendant le petit déjeuner, toutes les deux collées à nos téléphones, nous comprenons mieux que l’attentat vise notre liberté d’expression et nos visages se liquéfient instantanément. Tous les réseaux sociaux sont mobilisés, c’est émouvant de voir que porter atteinte à l’un des principes fondamentaux de notre société rassemble et unifie tant de personne. C’est atterrant et horrifiant de voir que certains puissent se venger d’un dessin et tuer des journalistes pour ce qu’ils ont dessiné des années auparavant. Nous aussi, même de si loin ça nous révolte. Je pense que je voudrais être en France maintenant pour voir toute cette ferveur et toutes ces personnes se mobiliser pour notre liberté. Dans cette triste excitation, nous faisons nos sacs et partons direction Paksé. Après un bateau et un bus nous arrivons à destination et partageons un tuc tuc avec des allemands qui hurlent sur le chauffeur car il ne prend pas le chemin le plus rapide. J’ai envie de lui dire de fermer sa grande gueule de moche car elle a déjà fixé le prix. Peu importe le chemin qu’il prend.

Le gentil chauffeur nous dépose devant notre guesthouse : Sabaidee 2 où nous retrouvons notre ami Brioche du Cambodge.

Direction un petit restaurant où Chloé et moi déjeunons et partageons notre repas. Oui nous devenons intimes  (elle a même fait pipi la porte ouverte !)

Nous avons passé l’après-midi à lire et relire les rapports de presse concernant l’attentat #JeSuisCharlie. C’est crispé que je pars me faire masser pour oublier que s’exprimer en démocratie est, pour certains, un acte dénonciable.

A mon retour Brioche a rencontré un couple d’amis, nous dînons tous les cinq avant de rejoindre l’hôtel ou, avant de partir nous coucher, Brioche ne peut s’empêcher de faire d’innombrables compliments sur les poignets de Chloé.

09/01 : Le café c’est mal

Ce matin Chloé est stressée, nous allons partir pour le plateau du Bolaven et malgré ses nombreuses tentatives de retardement au départ : un café, un autre café, il faut apporter la lessive, aller chercher le scoot, je voudrais checker mes mails et mon compte bancaire, j’ai encore soif, il faut que je regarde ceci et cela, nous finissons par partir. Je suis au volant et tout se passerait mieux si elle ne me disait pas toutes les 30 secondes que rouler à 60 est bien suffisant. Le trajet se passe bien néanmoins et nous arrivons à Paksung 1 heure plus tard. Le problème c’est que l’intérêt de se promener le long du plateau de Bolaven c’est d’admirer les cascades avant Paksung et que nous n’en avons vu aucune. On va donc prendre un café et nous apprenons qu’une visite de plantation de café est en préparation. Nous rencontrons un hollandais d’une soixante d’année aux yeux défoncés, tout rouge, qui vit ici. Divorcé d’une laotienne, ils ont un enfant de 6 ans, Johnny. Un couple d’italien et de français nous rejoignent pour la visite et après la dégustation d’un café nous apprenons un tas de chose sur les arbres robusta et arabica, la production du café Laotien, l’exportation et la rémunération. Tout d’un coup, je commence à me sentir mal, j’ai mal au yeux, ils s’ouvrent de plus en plus j’ai le sentiment d’être droguée. J’ai mal à la tête.

Après deux heures de visites dans les champs nous revenons à la case départ pour déguster à nouveau un café. Comme le premier il est bien fort mais j’ai bien faim à 16h. On change nos plans et on décide de repartir sur nos pas pour dormir près des cascades. Puis mon mal de tête s’accentue. Je pars chercher quelques bananes en espérant que ça va passer mais ça s’empire.

Les occidentaux s’en vont peu à peu et je souffre de douleur. Un marteau est dans ma tête et ne s’arrête pas de cogner. Les français m’ont donné un doliprane et après avoir tenté de vomir plusieurs fois sans succès, j’ai l’impression que ça va mieux. Si nous devons partir c’est maintenant et je me sens plus ou moins en état de conduire. J’insiste pour partir car je ne veux pas passer la nuit ici et faire autant de route le lendemain mais lorsque Chloé monte sur le scooter, il tombe, et elle prend peur. On décide d’attendre encore un peu mais le mal de tête revient et devient insupportable. Je ne peux plus marcher ni penser. Chloé se débrouille tant bien que mal pour que quelqu’un nous amène en voiture à une auberge. Elle s’occupe de moi comme d’un bébé. Elle m’apporte à manger et vers 20h je commence à me sentir mieux. Soit 3h après. Je mange un peu et malgré la froideur de la chambre ça me réchauffe et me fais du bien.

10/01 : Bobbie 

Je me réveille tremblotante et nous partons chercher le scoot abandonné au café. Après un thé, nous partons tranquillement voir les cascades. C’est magnifique, plus de 60 mètres de haut et on peut se baigner dans les piscines naturelles. Mais nous n’avons pas le temps et nous partons déjeuner au bord de la cascade Tat Fan qui se jette depuis près de 80 mètres de haut.

Après une brève hésitation sur la direction, nous voici en route pour de TaD Lo. Chloé prend son courage à deux mains et conduit Bobbie, notre cher scooter. Le démarrage est mitigé et bien que j’ai faillit y rester, je tiens à notifiez qu’elle atteindra les 40 km sur près de 1km ! Le stress l’empêchera d’en faire plus mais, excellent professeur que je suis, elle surmontera sa peur sur près de 5km !

Nous finissons par arriver à TaT Lo et nous allons regarder des vidéos et prendre l’apéritif au Tat Lo Lodge, l’hôtel classe de ce paradis perdu.

Sur le chemin de l’auberge, nous nous rendons compte que les phares de Bobbie n’éclairent pas suffisamment, Chloé tente alors d’attraper mon téléphone dans ma poche et de déclencher la lampe torche. Heureusement avec sa dextérité hors norme, elle nous accomplit ces actions en 30 secondes et nous évite une route remplie de bosses et de trous.

Nous dormons dans le dortoir d’une auberge, au dessus du bar, presque dehors, sur des matelas aux ressorts énormes et avec pour uniques couvertures deux très fines couches de tissus. Gla Gla.

11/01 : Les adieux déchirants

La nuit aurait pu être pire. Nous partons nous balader et trouvons une charmante auberge tenue par des français pour prendre le petit déjeuner. Au menu des œufs cocotes délicieux ! Je demande à Chloé : t’as de l’eau ? ce qui nous fait mourir de rire car nous sommes à TaD Lo. Après ce festin nous partons nous baigner et en profitons pour se savonner dans la cascade qui se verse dans le Mekong. Les enfants sautent des rochers et se lavent eux aussi. Les adultes n’ont pas le droit d’être dévêtu pour s’y baigner et se lavent tout habillé, si on peut appeler ça se laver.

Après ce rafraichissement nous partons visiter une autre cascade et remontons sur Bobbie, notre sooter rouge taggé liverpool par de nombreux stickers.

Nous nous arrêtons grignoter quelques petits gâteaux et boire du coca avant de reprendre la route. Après deux bonnes heures de route et quelques petits égarements, nous rendons Bobbie à son propriétaire avec grand regret. Il vivra d’autres aventures, mais je suis sûre que la plus belle était avec nous.

Après ces adieux qui me fendent le cœur, nous allons dîner dans un petit restaurant et oublions l’heure. Nous courons à l’auberge pour nous laver. Sur le chemin, je me rappelle avoir donné la lessive à laver à un monsieur dans la rue, mais il n’y est plus ! Nous demandons conseil à la réceptionniste de notre auberge et par chance, ce cher monsieur habite tout près. En courant nous nous y rendons et lorsque je cherche le ticket pour qu’il me rende ma lessive je le vois qui l’apporte à une autre personne ! Je me rue dessus aussi vite que possible et la récupère in extremis! Quelle émotion !

Nous nous douchons rapidement et partons pour la station de bus. Ce soir direction Ventiane !

Nous avons les pires sièges du bus. Juste à l’entrée et en face des toilettes. Nous avons un lit assez confortable et assez grand mais je vous assure que ma place est la pire, j’ai laissé la fenêtre à Chloé dans un moment d’égarement ou de gentillesse extrême qui ne me ressemble qu’à moitié. L’aventure continue, en route pour la capitale !

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Mes 40 Jours: Cambodge

Mes 40 Jours : Cambodge

21/12 : Je marche seule

Ce matin je me réveille seule. Alex & Lola sont partis tôt. Ma mère me dit que 40 est un nombre symbolique et qu’il signifie la mort de soi-même pour une renaissance spirituelle, je ne sais pas vraiment quoi en penser. J’ai redouté ce moment autant que je l’ai attendu. Qui vais-je rencontrer ? Est-ce que je vais vraiment être seule ? Est-ce que les liens qu’on noue avec les gens sont plus fort quand on les rencontre seule plutôt qu’à plusieurs ? Enfin, est-ce que je vais ressentir ce sentiment de liberté dont tant de voyageurs seuls m’ont raconté avoir ressenti ?

J’ai passé la journée à la piscine et à errer dans la ville, à tourner dans les marchés à voir les mêmes shops encore et encore. Avant de revenir à l’hôtel, je passe au centre qui m’a arraché la peau la veille me faire masser et c’est le pire « foot massage » que j’ai eu. Il ne se passe rien au ‘Petit Spa’. Elle me frotte la jambe 30 minutes avec de l’huile, super.

Je fuyais un suisse qui voulait absolument me parler bien que je l’eusse rembarré la veille. C’est le cliché du suisse allemand aux yeux globuleux qui se prend pour un bau gosse. Un débardeur laissant ses gros bras à découverts et racontant des histoires à dormir debout. Il n’était pas méchant mais collant.

Mon tuc tuc arrive pour m’emmener à la station de bus. Je monte et je découvre un sleeping bus très optimisé. Deux lits en bas et deux lits en haut séparés par un couloir pour retrouver à nouveaux deux lits en bas et deux lits en haut. Soit 8 lits par bloc.

Je me retrouve côté couloir à côté d’Indiana Jones. Un homme de la soixantaine, habillé en tenu d’explorateur kaki et qui dort avec son chapeau sur le visage.

A la pause je pars me vider, Malarone effects ?

Pas de chance pour tous ceux qui sont derrière moi !

Lorsque je remonte dans le bus, India n’est plus là et une gentille cambodgienne le remplace. Ce n’est pas un chapeau qui couvre son visage mais un masque de nuit.

22/12 : Une longue journée

J’arrive à Sihanoukville à 6 heures du matin, après 14 heures de trajet. Je dois encore attendre un autre bus pour rejoindre Kep.

Je pars de nouveau me vider, bénissez-moi d’avoir pris du PQ in extremis à Siem Rep. Après deux heures d’attente, je demande à une occidentale de surveiller mes affaires pendant que je retourne aux toilettes et lorsque je reviens, elle a disparue.

Mon bus est là et heureusement mon sac aussi.

J’arrive à Kampot puis à Kep où un Tuc Tuc me dépose à l’auberge Kepmandou. Un cambodgien à l’air hagard fait mon Check-In et me montre le dortoir en me rotant 3 fois à la gueule en moins de 2 minutes et sans que ça n’ait l’air de le gêner le moins du monde. Tout le monde parle français dans l’auberge. Après m’être de nouveau vidée et avoir pris une bonne douche fraîche je pars me reposer.

A mon réveil je me force à manger des lasagnes toutes sèches et après de longs regards interminables Ella, belge de 24 ans, vient me raconter comment elle a échouée à Kep. Tombée amoureuse d’un magicien prof de français ici même, elle a laissé ses copines continuer leur trajet pour profiter de l’endroit et de ce bonhomme. Elle connaît tous les potins de l’auberge et, comme j’adore ça, je l’écoute très attentivement jusqu’à ce qu’un hollandais, Christian, nous rejoigne pour boire des bières. Il est un peu maniéré mais gentil, et après les banalités du routard, nous terminons la soirée tous les deux, Ella étant partie rejoindre son français, à nous demander si notre éducation est la seule raison de notre manière d’agir et de penser aujourd’hui ou s’il y a une part d’innée dans notre ADN dans tout ça.

Lorsque je rejoins mon dortoir, toute une famille dort paisiblement. J’allume la torche et me glisse dans mon lit entouré d’une moustiquaire et j’aperçois une énorme bête qui aurait pu me faire hurler s’il n’y avait eu personne. Je prends sur moi et la mets dehors, elle était vraiment énorme. Prions pour qu’il n’y en ait pas d’autre sinon je suis bonne pour passer la nuit avec elles. Ou elles sont bonnes pour passer la nuit avec de la chair fraîche, moi.

23/12 : Une journée poivrée

Ce matin je rejoins Ella et nous partons visiter la culture du poivre à Kep. Kep est situé dans la région de Kampot d’où le célèbre nom du poivre de Kampot.

Sur le chemin, nous tombons en panne d’essence au milieu de nul part, la première voiture qui passe ne s’arrête pas malgré nos pouces tendus vers le ciel. Et puis si, elle s’arrête quand même quelques mètres plus loin et nous dépose à la plantation de poivre.

Je fais la visite qu’Ella a déjà faite et pendant ce temps elle se charge de remettre de l’essence.

J’apprends que la fleur de poivre est la plus petite fleur au monde et qu’elle se transforme en grain. Le poivre vert se transforme en poivre noir pendant la sécheresse, le poivre rouge peut devenir blanc si on l’écaille. Le poivre rouge est bon avec la viande alors que le blanc est meilleur avec le poisson. Le noir va pour tout. Et Ô lala que ça sent bon !!

Nous partons ensuite nous balader dans les marais salants avant de rejoindre le marché aux crabes où son ami surnommé Brioche déjeune en compagnie de trois françaises : Lucie et Elodie qui voyagent ensemble et Chloé qui voyage toute seule. Nous partons nous baigner et retournons à l’hôtel nous préparer pour une petite soirée qui rassemble beaucoup de monde des villes alentours à Kep.

A la fin de la soirée, je pars à la mer découvrir le plancton et c’est un paysage fluorescent de toute part et incroyable qui s’offre à moi.

24/12 : Joyeux Noël !

Joyeux Noël à tous !

Pendant que vous étiez en famille dans le froid autour d’une bonne raclette, j’ai passé la journée à la plage à me brûler les fesses et puis je suis allée en scooter me balader dans les maisons abandonnées de Kep avec un français : Teddy que j’avais rencontré à la soirée de la veille. Nous sommes allés sillonner les routes du parc national de Kep et nous nous sommes promenés au marché.

Ce soir nous sommes plusieurs français de l’auberge à aller dîner dans le restaurant français d’un hôtel luxueux de Kep. On mange du foie gras, du saumon fumé et du vrai fromage. C’est notre Noël à nous.

En rentrant à l’auberge, le français d’Ella rassemble une foule pour effectuer ses tours de magie. C’est notre cadeau à nous.

25/12 : Kampot, danger !

En route pour la fameuse Guesthouse tenue par 3 bretons à Kampot : le Tiki. Je retrouve avec plaisir Brioche et Chloé et après quelques verres, je pars avec Teddy faire un tour en scooter.

Il me laisse conduire toute seule le malheureux, et heureusement, car je laisse le scoot tombé en essayant de tourner et le rétro se brise. Mais rassurez-vous je n’ai rien et après cet incident je conduis le Scooter comme personne.

On va se balader dans le marché à chercher du poivre pas trop cher, mais c’est « trop » cher quand même. Alors on va boire un verre près du Mékong avant de tourner pendant quelques temps pour trouver un restaurant qui nous convient. Sur le chemin, je croise Christian, mon hollandais rencontré quelques temps avant à Kep.

En rentrant, on décide de se regarder un film : les 4 saisons d’Espigoule et c’est vraiment très très drôle. Je pense que j’aurais pu mourir de rire.

26/12 : Une journée à jouer au Tarot     

Tout est dans le titre.

27/12 : L’île de Mimi Siku

Ce matin je pars avec Chloé à Sihanoukville. Nous sommes dans un mini van de folie rempli de personnes du troisième âge.

Arrivées à Sihanouk, nous partons direction Otres Beach, au Shanti Shanti où nous sommes accueillies comme des reines. Le bateau vient de partir mais il y’en aura surement un autre un peu plus tard, alors nous patientons en dégustant un Gaspacho de tomates bien goûtu, du pain et du beurre.

Vers 15h nous rencontrons Thomas, français qui fait sa troisième saison sur l’île de Koh Ta Kiev, notre terminus. Il nous raconte que les Russes et les Chinois ont racheté les quelques îles face à Sihanoukville, dont celle que nous rejoignons.

Lorsque nous apercevons l’auberge, Coral Beach, nous arrivons dans un autre monde. Le monde de Mimi Siku. Deux françaises débarquent dans la jungle. Il n’y a rien : ni électricité, ni magasin de nourriture ou pharmacie ou autre. Il y a 3 auberges sur cette île et un camping. Il y a aussi et par un grand mystère une distillerie d’absinthe tenue par un Américain.

Nous arrivons sur la plage, ou dans le film La Plage. Les gens sont stones et je me demande si je vais m’acclimater à cette ambiance. Nous accrochons les hamacs, nos lits pour ce soir. Nous retrouvons Teddy et partons nous baigner tous les 3. On boit de la bière et je commande une crêpe au Nutella. Il doit faire 2 degrés en France quand chez nous il en fait plus de 30. Finalement, je pense que je m’acclimaterais plutôt bien à cet endroit malgré les innombrables et les énormes Oursins !

Les repas se prennent à heure fixe et nous avons le choix entre un poisson, une viande et un plat végétarien. Et c’est délicieux.

Ce soir nous repartons sur le continent, à 30 bonnes minutes de l’île ou je recroise l’hollandais, qui me fait une déclaration d’amour touchante. Pourquoi moi ? Je suis assez impulsive et je lui réponds que ce n’est pas possible et il part vexé. Je tente de lui envoyer un message quelques jours plus tard, lorsque je récupère internet sur le continent, auquel il ne répondra jamais.

Mon hamac est situé entre une branche et une table et franchement c’est pas confort. Je décide donc de partir dans l’auberge voisine dormir dans un dortoir ouvert qui donne sur la mer.

28/12 : Joyeux Anniversaire Chloé !

Ce matin j’ai trouvé un bungalow à l’autre bout de l’île. La plage s’appelle « Long Beach ». Et il n’y a pas d’oursin alors de retour à Coral Beach, je propose à Chloé et Teddy de venir y faire un tour.

Pour y accéder, il faut passer par la plage et quelques rochers.

Chloé et son adresse légendaire ne manque pas de faire ami-ami avec un rocher, elle glisse dessus et devient tour à tour verte, blanche et jaune. Elle saigne du genou et elle ne peut plus marcher. Teddy arrive avec des cotons tiges et du désinfectant. Les cotons tiges font rosir les joues de Chloé et après un bon quart d’heure à attendre que la douleur passe, Teddy la ramène tant bien que mal à Coral Beach. On l’abandonne à son triste sort et on finit notre route pour Long Beach où on part faire du masque et tuba dans les eaux paradisiaques de l’île.

Le soir on a concocté une petite surprise pour Chloé. On a demandé au chef de se donner pour préparer un gâteau inoubliable. Après le dîner et à l’arrivée du gâteau, on chante pour ses 26 ans et on déguste cette splendide tarte garnie d’une onctueuse crème pâtissière et de fruits exotiques. Pendant un moment elle oubliera son genou toujours tout rouge, fêlé, brisé, ou carrément cassé ? Suspens… mais surtout et encore bon anniversaire !

29/12 : Adieu le Paradis, Bonjour les Putes

C’est le grand départ de l’île pour Teddy et moi, le grand départ du paradis qui nous ruine peu à peu. Direction Sihanoukville pour faire la fête. On s’arrête dans un bar pour réserver une auberge qui s’avère être à l’autre bout de la ville. Les gros anglais et les gros australiens m’exaspèrent à boire de la bière et à jouer à celui qui criera le plus fort.

On part faire la fête et on se retrouve au milieu d’un nombre incalculable de prostituées, toutes plus jeunes les unes que les autres, encerclées par de vieux hommes vicieux. Les bars et les putes s’enchaînent le long de la côte et vers 4 heures du matin, alors qu’il ne reste que ces jeunes filles dénudées, nous rentrons.

30/12 : Un lourd voyage

Teddy est parti tôt et j’attends Valentin, un jeune français rencontré à Kampot pour retourner à Otres Beach car Sihanoukville ne me réjouit pas.

Valentin me dit qu’en scoot c’est faisable avec mon gros sac et j’ai envie de lui faire confiance jusqu’à ce que je le vois arriver avec son gros sac déjà sur le scoot. Nous partons donc sur deux roues avec nos deux gros sacs à dos en plus de nos deux autres petits sacs à dos. C’est risqué oui. Maman, tu aurais eu une attaque si tu nous avais vu rouler chargé comme des déménageurs sur ces 30 km.

Nous arrivons au Shanti Shanti et je reprends un bon Gaspacho en attendant que ma copine éclopée pointe le bout de son nez.

Entre temps je réserve un hôtel et nous déposons nos sacs. Chloé arrivée, je zone sur le sable en attendant le coucher du soleil, et puis nous allons dîner en compagnie d’un chien paralysée de la partie arrière. Chloé teste le Baracuda et je prends de la viande de bœuf qui ne doit pas être de la première fraîcheur puisque j’ai un mal de dent très intense dès les premières bouchées. Nous sommes tous fatigués et partons rejoindre l’hôtel assez tôt. Nous découvrons un matelas posé par terre sans moustiquaire et un grand lit double au dessus d’un égout (avec une moustiquaire). Le grand lit est mou, il a les traces des corps précédents encore bien marqué ainsi que quelques cheveux restés sur les oreillers. On trouve aussi du sable dans les draps. Après une bonne douche marron, couleur égout, nous nous endormons.

31/12 : Bonne Année !

Nous partons tous les trois, Valentin, Chloé et moi à la recherche de la plage secrète au bout de l’île. Il faut traverser la mer et nous voyons le fond jusqu’à ce que, première dans la lignée, je m’enfonce jusqu’aux épaules dedans, mon sac sur le dos et les mains encombrées.

Finalement installés, des vaches marchent sur le sable à la queue leu leu, et après un bon bain de soleil et une journée à se baigner, nous rentrons nous bichonner pour ce soir. L’eau de la douche est plus claire et nous pouvons nous brosser les dents.

Mon ami Japonais, Aki, rencontré à Chengdu, est aussi à Otres pour le nouvel an. Nous dînons dans un restaurant Italien, entre Français, au Cambodge. Les plats sont vraiment très bon, et le vin aussi. Et puis nous partons au Shanti Shanti boire notre dernier Cocktail de 2014 avant d’admirer les feux d’artifices et les lancés de lanternes sur la plage.

Je vous souhaite à tous une excellente année 2015, remplie de bonheur, de santé et d’amour. Et d’argent aussi.

Nous partons à la fête organisée dans la jungle et, assise à une table à boire mon cocktail, quelqu’un me demande si la place à côté de moi est libre : l’hollandais. Il m’a fuit comme la peste ce soir là et je suis rentrée un peu triste.

01/12 : Direction Phnom Penh

Après une deuxième nuit au dessus de l’égout, je pars demander à quelle heure est le prochain bus pour Phnom Penh. Sur le chemin, je croise une fille nue étendue sur un des lits.

La gérante de l’auberge, une grosse femme anglaise avachie sur un canapé me répond qu’il est à 18h et que l’arrivée à PP est prévue vers 1h du matin. Ces horaires ne me conviennent pas du tout et je pars dans une agence réserver le bus qui part dans 15 minutes. Chloé et moi préparons nos affaires dans l’urgence pendant que mon sandwich au poulet est en préparation par les cambodgiens et que cette grosse gérante anglaise s’endort sur le canapé.

Près de 7heures de bus et nous voici à destination à la recherche d’une auberge. Nous partageons le tuc tuc avec deux hollandaises et passons une bonne partie de la soirée à la recherche d’une auberge potable. Nous voulons une chambre ! Mais celles que nous visitons nous semblent un peu sales et nous finissons dans un dortoir très très propre où nous sommes que toutes les deux ! Une bonne douche chaude, un bon dîner et hop, au dodo.

02/12 : Une française à l’hôpital

Ce matin je convaincs Chloé qu’il faut qu’elle aille à l’hôpital pour son genou. Les infirmiers appellent le docteur et nettoie sa plaie en attendant que celui-ci arrive. En nettoyant sa plaie, l’infirmier prend une sorte de petite pince et sous mes yeux ébahis, mon souffle coupé et les hurlements de Chloé, il lui enlève sa croûte.

Le médecin parle par chance un excellent français. Il lui font une radio et déclare que l’os est très légèrement fêlé et que seuls le temps et le repos le guériront. Elle peut marcher normalement et continuer son voyage sans problème.

Nous achetons nos billets pour partir à Kratie le lendemain et allons visiter le Palais Royal ce que je n’avais pas pu faire la première fois. Il faut que les épaules et les genoux soient couverts, mais ils te refusent l’entrée une fois que tu as acheté ton billet. J’ai ma veste avec moi et Chloé à son écharpe. Nous ne sommes pas habillées convenablement ni elle ni moi. Il faut donc que nous passions chacune notre tour. Je passe la première. Après ma visite et après lui avoir donné ma veste et son écharpe, je rentre à l’auberge où je rejoins Morphée illico.

Je rejoins mon éclopée pour dîner au restaurant White River où un homme d’une cinquantaine d’année remplit sa pipe d’herbe et roule des joints sans arrêt. Il est seul à sa table et se tortille sur sa chaise en continuité. Il se lève même pour danser tout seul. C’est un homme chauve à casquette, plutôt fin et sans trait de drogué particulièrement marqué. Nous pensons qu’il a du connaître un choc dans sa vie pour en arriver là.

Pendant que nous dînons et que les serveurs jouent sur leurs téléphones, nous voyons des dizaines de prostitués défilées avec des hommes gras à leur côté. Ce spectacle m’écoeure et me rend triste.

03/12 : Kratie

La journée dans le bus fut longue mais nous sommes finalement arrivée à bon port. Nous prenons une chambre pour nous et partons dîner dans la ville.

04/12 : Où est la vérité ?

Si j’ai tenu à me rendre à Kratie c’est parce qu’il y a des dauphins d’eau douce. Nous réservons un tour pour les voir et en apercevons quelques un de loin sans pouvoir vraiment les distinguer.

Nous partons ensuite voir les tortues dans un musée, tortues vivantes placées ici pour leur sauvegarde jusqu’à ce qu’elles grandissent et soient en âge de se défendre. Elles sont ensuite replacées dans le Mekong. Nous déjeunons avec notre Chauffeur de Tuc Tuc qui nous apprends que pour se marier au Cambdoge, il faut posséder au moins 2.000$ sinon pas de mariage et donc pas d’enfant. Il nous raconte aussi qu’il sait qu’il ne pourra jamais voyagé et ça me rend triste ces inégalités.

Je ne sais pas si la vie est injuste mais ce clivage est tellement important que je me demande si nous venons de la même planète et je me demande pourquoi nous n’arrivons pas à avoir les mêmes droits. Nous avons tous qu’une vie et qu’est-ce qui est vraiment important ? De voyager, de vivre en communauté, d’avoir un travail ? Chacun sa réponse mais lorsqu’on vient d’un pays comme la France, j’ai le sentiment que nous n’arrivons pas à être satisfait de ce que nous avons et qu’il en faut toujours plus. Peut-être qu’il faudrait réussir à se contenter de ce qu’on a. Cependant nos mentalités et la société dans laquelle nous évoluons nous poussent à toujours en vouloir plus. Notre entourage nous pousse à en vouloir plus. Alors quand on a rien et que notre entourage n’a rien, peut être qu’on vit simplement, et j’aimerais simplement croire qu’on est plus heureux, qu’ils sont plus heureux.

Après le déjeuner, nous allons au sommet d’un temple et sur le chemin du retour, nous proposons à un vieux couple cambodgien de partager notre tuc tuc.

Arrivées à l’auberge nous achetons nos billets pour le Laos et partons admirer notre dernier coucher de soleil Cambodgien sur le Mekong.

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Du 14/12 au 20/12 : Cambodge avec les copains

Du 14/12 au 20/12 : Cambodge avec les copains

14/12 : Les Killing Fields

Ce matin nous allons visiter les Killings Fields (Les champs de la mort).Les Killing Fields sont des fosses où les « ennemis de l’Angkar » (comprenez ennemi de l’organisation révolutionnaire) étaient exécutés à la chaîne. Véritables usines à tuer, ces camps d’extermination étaient régulièrement réapprovisionnés par de nouvelles fournées de victimes apportées par camion. Près de 20 000 fosses communes ont été retrouvées à ce jour, dont le corps de femmes et d’enfants. Les enfants étaient d’ailleurs tenus par les pieds et lancés contre un arbre jusqu’à ce que mort s’en suive devant les yeux de leurs mères. Pol Pote disait que « pour se débarrasser de la mauvaise herbe il fallait aussi arracher la racine. »

La plupart des victimes étaient des prisonniers de la prison de Tuol Sleng S-21, liquidés après avoir été torturés pendant d’interminables interrogatoires. Ce sont les gardiens eux-mêmes qui étaient chargés de la « destruction » pendant la nuit. Ils devaient l’accomplir à coups de pioche, bambou, sabre… afin d’économiser les balles. Nous avons aussi visité cette prison dans le centre de Phnom Penh qui était une ancienne école, où figurent des milliers de photos des victimes ainsi que les récits de certains survivants.

Ciblant d’abord les opposants du régime, les riches, les intellectuels, les étrangers… la machine de mort khmère rouge se tourna vite vers d’autres membres de la société. Il ne fallait pas grand-chose pour être considéré comme un ennemi. Selon l’Angkar, « Il vaut mieux tuer un innocent que de garder en vie un ennemi ».

Ce génocide recense près de 2 millions de morts.

Vous devinez bien que l’ambiance est assez étrange, cependant la sérénité des lieux contraste avec l’horreur des événements. Nous sommes livré chacun à nous même avec l’audio-guide fournit dans ces grands champs où la végétation, particulièrement prolifique, met mal à l’aise. Trente ans après, tous les charniers ne sont pas encore ouverts. Sortent du sol des lambeaux de vêtements des victimes, des ossements, des dents…

Un stupa (temple en forme de tour) y a été construit pour préserver leurs restes et aussi commémorer les victimes du régime de Pol Pot. Il est rempli de milliers de crânes et sur chacun d’eux est collé une petite étiquette pour indiquer la manière horrible dont la personne a été tuée.

Après cette charmante journée nous avons retrouvé Berthille & Antoine avec qui nous avons été dîner, boire des verres sur un toit terrasse et danser pour oublier l’horreur jusqu’au bout de la nuit.

15/12 : Emotions & Transports

Le Royal Palace est malheureusement fermé, nous allons voir le musée national. L’entrée coûte 5$ et le musée ne vaut pas grand chose. Mais si j’ai tant insisté pour le visiter c’est parce que le grand père de mon père l’avait peint lorsqu’il y habitait. Il y a fort longtemps donc. Et l’endroit est toujours intact, avec un peu plus de végétation, certes. C’est une sensation bizarre que de se retrouver devant l’endroit même d’une peinture qu’on a connu toute sa vie et dont on ignorait toute l’histoire. Et ce, à des milliers de km de chez soi.

Les cambodgiens m’embrouillent avec leurs dollars et leur riel (leur monnaie locale). Ici on paye en dollars, mais on vous rend la monnaie en riel. Il faut que je m’habitue au Dollar, car je n’en ai jamais eu entre les mains avant, hé oui, et aux Riels aussi évidemment.

On passe prendre nos affaires à l’hôtel et ce soir on part direction Battam Bang. Le tuc-tuc nous emmène à la station de bus mais le bus part trop tard, on prend donc un autre tuc tuc pour aller à une autre station de bus. Là, on nous dit que le bus arrive dans 30 minutes : Parfait ! Mais nous sommes au Cambodge et le bus n’arrive pas dans 30 minutes, ni dans l’heure, ni 2 heures après. On remonte dans un tuc-tuc pour une autre station de bus, de là on marche jusqu’au bord de la route où on attend encore. On monte finalement dans le bus et par chance, nous sommes bien installés. Et puis on débarque au milieu de nulle part et les insectes nous envahissent. On remonte dans le bus qui nous arrête quelques heures plus tard, au milieu d’une route, oui, encore au milieu de nulle part mais cette fois nous sommes arrivés. Il n’y a pas de Tuc Tuc, nous ne sommes pas en ville, il fait nuit et les moustiques continuent de nous bouffer. Un cambodgien nous propose de nous emmener dans le centre, on lui dit d’aller chercher un tuc tuc et il ramène un copain motard. Il est tard. Hors de questions qu’à 4 nous occupions deux motos, en plus de nos gros sacs et des pilotes. J’appelle l’hôtel pour qu’il nous envoie un tuc tuc et je me fais gentiment envoyer chier. Alex négocie avec une gentille cambodgienne en voiture pour qu’elle nous emmène en ville. Elle n’a pas l’air rassurée et demande s’il peut conduire. Alex se retrouve donc à conduire au Cambodge jusqu’à notre hôtel. L’accueil de l’auberge Ganesha Family Guesthouse se fait par la femme qui m’a parlé au téléphone. Certes il est minuit passé mais elle est payé pour accueillir les clients et pas pour leur hurler dessus. Heureusement que nous avions réservé. On part se coucher illico presto après une douche bien fraîche.

16/12 : 6 millions de chauves souris et moi et moi

Après une affreuse nuit rythmée par les bruits sonores des voitures dans la rue ainsi que les ventilateurs tournés au maximum au dessus de chaque lit, on se réveille pour découvrir Battambang.

Charlotte, Lola & Alex commencent à me faire peur avec la Malaria. Je décide d’acheter les cachets ce qui me coûte un bras. Mais je suis rassurée et ça n’a pas de prix. J’apprends après que les cachets ne sont pas efficaces à 100% …

On part faire l’attraction principale de la ville : le train en bambou. C’est rigolo 10 minutes de s’asseoir sur une planche en bambou et de rouler sur des railles, c’est bruyant aussi, et cher. 5$ par personne pour 20 minutes aller et 20 minutes retour. Et puis il faut laisser un pourboire. La vue ? On devine les rizières mais elles sont cachées par les gros arbustes.

Les voies étant uniques, les Bambou Train doivent être suffisamment légers pour pouvoir être démontés en moins de deux minutes s’ils croisent un autre Bambou Train. L’usage veut alors que le moins chargé des deux cède la place. La procédure est très rapide. Le moteur est désaccouplé de l’essieu moteur. La plateforme est ensuite déposée sur le bas côté de la voie, puis les essieux. L’autre véhicule avance de quelques mètres, puis les deux conducteurs procèdent au réassemblage du train démonté et au réembarquement les passagers ou la cargaison.

Ces rails ont initialement été crées pour le transport de marchandises entre Phnom Penh et Battambang.

Après cette attraction qui nous aura ruinée, on part dans la montagne à la découverte des grottes des chauves souris. Au coucher du soleil on en verra plus de 6 millions sortir de la grotte, le spectacle est impressionnant. (Comment ils les ont compté ? Ils ont placé des ondes dans la grotte pour compter le nombre de chauves-souris)

17/12 : Une balade sur le Mékong

Levés de bonne heure nous prenons le bateau direction Siem Rep. Nous sommes sur le toit et puis comme il fait froid on se met à l’intérieur. Chacun sa technique pour se réchauffer : nous on se met les écharpes sur les jambes et on serre les fesses, d’autres prennent les gilets de sauvetage, d’autres encore rentrent leur bras dans le tshirt, d’autres boivent de la bière et d’autres subissent en silence.

On navigue entre de magnifiques paysages sur le Mékong : entre les rizières, les bateaux de pêcheurs faisant également office d’habitats, des villages flottants.

La chaleur finie par se faire ressentir en début d’après-midi et on retente notre chance sur le toit. Je crame.

On arrive à Siem Rep et logeons à Dowtown Guest House. Une auberge remplie de gros anglais et de gros australiens buvant tout le temps et se jetant dans la piscine entre chaque pinte.

18/12 : Angkor what ? Angkor Vat

Je déjeune une salade au poulet et bacon avec avocat et roquefort. Ça valait bien la peine d’attendre une heure avant d’être servie.

Après ce festin nous partons tous les quatre pour les temples d’Angkor, principale activité touristique du Cambodge, vendu par les cambodgiens au Vietnamiens (plus d’un million de visiteur par an).

Angkor était une des capitales de l’Empire khmer, existant approximativement du IXe au XVe siècle.

Nous partons faire ce grand tour des temples en tuc-tuc, le chauffeur roule très très vite. Si vite que ma glace fond instantanément … sur moi. Je suis toute collante pour admirer le coucher du soleil qui n’est pas formidable suite aux innombrables nuages à l’horizon.

19/12 : Le soleil est bleu

Ce matin nous nous levons très tôt sans savoir vraiment à quoi nous attendre pour ce levé de soleil. Nous arrivons à l’entrée d’Angkor et nous décidons de suivre un groupe de Chinois. Bonne pioche ! Le guide semble être aguerri et nous sommes les premiers sur le site. Nous choisissons nos places, commandons un petit déjeuner contre une couverture, nous asseyons et buvons nos thés. Le spot se remplit et même si nous avons patienté 30 à 60 minutes de plus que les derniers arrivants, nous sommes en première position pour admirer le levé de soleil sur le temple. Les couleurs sont incroyables, du bleu dégradé dans tous les bleus possibles avec la lune en forme de sourire. Une autre grande émotion de mon voyage.

Aujourd’hui nous visitons les temples un peu plus célèbre dont Angkor Vat et Ta Pronh ainsi que les temples tout au Nord (qui n’ont pas très grand intérêt comparé à l’heure aller de tuc tuc nécessaire pour s’y rendre).

Nous revenons à l’hôtel et je pars explorer le marché de nuit avant de rejoindre les amis pour dîner. Je trouve le temps de me faire épiler dans un spa proche de l’hôtel. Et c’est la pire épilation de ma vie. Mes aisselles sont rouges, rouges, rouges. Et mes jambes aussi et toujours avec quelques poils.

C’est le dernier soir de Charlotte et je suis en pleine forme. Je pars faire la fête dans ‘Pub Street’. Un occidental en béquille déguisé en père Noël fait une Battle avec une cambodgienne qui m’en met plein la vue. Je rencontre sur le chemin du retour une troupe de français, étudiants en architecture, en voyage scolaire au Cambodge, chacun sa voix hein ?

20/12 : On sera où l’année prochaine Lola ?

Quand je me réveille Charlotte est partie et je suis un peu triste. Je rejoins Alex & Lola à la piscine après m’être promenée dans la ville à la recherche d’un « foot massage » sans succès. Je me rabats alors sur le marché, seule ‘vraie’ activité de Siem Rep.

Je rejoins Alex & Lola à la piscine, Alex est malade … Malarone bonjour !

Lola et moi nous rendons compte que nous étions à Cuba l’an passé et cette année au Cambodge, ça te va l’Australie l’année prochaine ?

Nous partons voir un spectacle de danse cambodgienne pour leur dernier soir. Il s’agit d’une salle immense remplie de chinois. Inutile de rappeler qu’ils sont partout. Il y a un buffet où il faut se battre pour deux brochettes de poulet, et oui, je me bats pour deux brochettes de poulet. Les chinois ne regardent pas du tout le spectacle qui pourtant est beau. La danse est très lente et les gestes très stylisés, les costumes très travaillés et je suis très contente d’y assister. Nous trinquons à notre semaine passée ensemble avant de rejoindre nos chambres respectives et se souhaiter le meilleur pour les prochains mois. A bientôt !

Je m’endors toute bizarre, demain, je serais seule pour la première fois pendant 40 jours.